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Après la guerre, la paix nouvelle reste précaire et menacée...
 
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 Danse macabre au bal des vampires [PV]

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Lenny Pinsker
Préfet de Serpentard, 5e année
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MessageSujet: Danse macabre au bal des vampires [PV]   Dim 5 Juin - 22:52:08

D’habitude, il évitait les sorties à Pré-au-Lard, surtout en décembre. En cette période de fêtes, les élèves offraient un spectacle navrant. Les boutiques étaient surpeuplées, les pièces tintaient sans cesse sur les comptoirs, et, en fin de journée, les bars se gonflaient d’une excitation humaine insupportable. Il se fichait de Noël. Il méprisait Noël. Il voulait se tenir le plus éloigné possible de cette fête qu’on lui imposait partout, jusque dans la salle de Serpentard qu’on avait paré de guirlande verte et argent. C’était ridicule. Il n’avait pas envie d’être heureux, encore moins pour une fête qui ne le concernait pas, et dont ces sorciers imbéciles avaient repris les codes sans savoir qu’ils étaient censés célébrer la naissance de l’idole chrétienne. Sinistre période, en vérité. Ses textes s’était considérablement assombris depuis quelques jours. Il écrivait avec une régularité étonnante, qui le surprenant lui-même. Mais, au fond, il n’avait rien de mieux à faire. La barrière qui se hissait entre son frère et lui l’éloignait des autres. Il se voyait seul, trouvait ce constat désespérant et n’avait pourtant aucune envie de communiquer. Pourquoi ? Pour quoi faire ? Ce monde ne voulait pas de lui. Il serait un auteur solitaire, obligé d’écrire pour ne pas devenir fou, pour avoir la certitude d’exister et de n’être pas tout à fait vide à l’intérieur. Il était capable d’éprouver des sentiments, bien entendu, mais sur le papier seulement. En vrai, il se trouvait de plus en plus glacial et indifférent. Athénaïs, elle, était tout le contraire. C’était une jeune fille avide de vie, encore vierge et pleine d’illusion. Une sorte d’Esmeralda de la noblesse sorcière. Elle venait de fuguer, après avoir résisté aux avances d’un fiancé un peu trop pressé, et errait désormais dans les rues sordides de Paris à la recherche du brigand dont elle était éprise. L’histoire s’arrêtait là.

Mal à l’aise dans les rues de Pré-au-Lard, il avait l’impression de s’incarner dans cette jeune femme perdue, surprise par l’agitation d’un monde dont elle ignorait encore tous les usages. Elle trébuchait, se faisait bousculer de tous côtés, attraper par des charlatans, des tanneurs, des poissonniers, alors que ses beaux yeux perdus cherchaient désespérément un visage charmant au milieu de cette misère, celui de son amant. Et il n’était pas là. Son corsage à moitié défait, elle grelottait dans le froid. Ses chaussures s’abîmaient dans les flaques d’eau, ses bas blancs étaient maculés d’une boue grisâtre… Lenny hésitait encore sur la suite à donner à ce passage. Cet amour serait une grande déception pour son héroïne. Il voyait très bien le genre de ce brigand qu’elle idéalisait, un véritable rustre incapable d’aimer vraiment, qu’elle surprendrait dans les bras d’une autre, qui se rirait de ses aventures et ne serait touché par ses sentiments qu’au dernier instant, en croisant son regard sec à force d’avoir trop pleuré sur la place de la Grève. A l’origine, le plan de cette romance ne devait pas être aussi sombre, mais c’était le seul qui continuait à l’inspirer. Cependant, la conclusion n’arriverait pas avant deux cent pages. Athénaïs devait d’abord retrouver cet homme qu’elle adorait dans une maison délabrée, le repère des brigands, où elle pensait naïvement le trouver sans encombre et obtenir sa protection… Ainsi, Lenny avait-il décidé de visiter la cabane hurlante, seul, alors que le jour commençait à décliner. Même si ce n’était guère très prudent, il lui semblait intéressant de se mettre dans les mêmes conditions que son héroïne. Il n’était vraiment pas rassuré, son cœur battait à vive allure tandis qu’il contournait le manoir pour entrer par une fenêtre percée.

Le plancher, couvert de poussière, grinçait sous ses pas. Il alluma sa baguette d’une main tremblante en resserrant sa cape autour de lui, pour se réchauffer, mais aussi pour se donner l’impression d’être mieux protégé. Toutes les ombres devenaient menaçantes. Le bruit de ses propres pas lui donnaient la désagréable impression d’être suivi. Il hésita longtemps avant de s’éloigner de la fenêtre. Les élèves disaient que la cabane n’avait jamais été hantée. Néanmoins, il se méfiait des sorciers qui pouvaient investir un lieu aussi sordide. N’y avait-il pas des traces de sang au bas des escaliers, et une sorte de grattement en haut, à l’étage ? D’une nature peu téméraire, Lenny songeait déjà à s’enfuir en courant. Néanmoins, tant que le danger n’est pas évident, la curiosité a tendance à l’emporter sur la peur. D’ailleurs, que faisaient les personnages des films d’horreurs ? Ils se précipitaient systématiquement dans la gueule du loup. Lenny n’était pas plus intelligent dans cette histoire. Il monta quelques marches grinçantes en songeant pour se donner du courage qu’Athénaïs aurait fait la même chose sans avoir la moindre idée de ce qui l’attendait. Le grattement était de plus en plus fort. Arrivé sur le pallier, il lui sembla même reconnaître une sorte de râle, des craquements d’os et une affreuse odeur de putréfaction. Par Hashem, que faisait-il encore là ! Pris d’un mouvement de panique, il fit volte-face et essaya de s’enfuir mais la chose fut plus rapide que lui, elle le plaqua au sol, face contre terre, avant même qu’il n’ait eu le temps de l’identifier. Le choc bloqua sa voix dans sa poitrine. Il ne pouvait même pas crier.


- Mon petit, mon petit, mon délicieux croissant de sang,
chantonna la bête d’une voix éraillée. Comme ta peau est tendre mon petit, moelleuse et sucrée, elle sera si bonne à déchirer.

Quel étrange sentiment que celui de se sentir complètement perdu. Son cœur s’était affolé et ses pupilles s’étaient dilatées lorsqu’il avait compris. Un doigt râpeux caressa sa gorge, mais la créature… vampire ? goule ? succube ? Le tenait fermement plaqué au sol. Sa baguette lui avait échappée, elle s’était éteinte dans sa chute et gisait quelque part dans l’obscurité. Alors, l’angoisse le saisit, il dût ouvrir la bouche pour continuer à respirer… Mais pour combien de temps ? Pouvait-on vraiment mourir de cette façon ? Pour une imprudence aussi stupide ? Il faudrait alors plonger dans les ténèbres avec la triste certitude de ne rien avoir vécu.


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Calisto Del Alba
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MessageSujet: Re: Danse macabre au bal des vampires [PV]   Dim 5 Juin - 23:17:48

Ses rondes de nuit solitaires ennuyaient fermement le jeune hidalgo, les pas du puissant étalon le menèrent au hasard, comme souvent. Cette fois ce fut dans un lieu des moins rassurants, bizarre que l'équidé se soit senti attiré par la cabane hurlante, serait-il en train de copier le caractère de son maître blasé par cette si longue vie morne. Pourtant Calisto n'était vampire que depuis un an, mais sans son soleil, sans ses plaines verdoyantes d'Espagne, sous le joug de sa sire, il s'ennuyait. De plus en plus il avait envie de la quitter. Déjà humain le jeune homme avait essayé de s'en aller, c'était bien pour ça qu'elle l'avait transformé malgré lui, envers et contre ses désirs mais désormais même ce lien n'était plus suffisant. Cléophée risquait de perdre Calisto, cela ne serait plus long car l'esclave désormais pourvu de crocs lui aussi ne craignait plus la maitresse. Comment faire pression sur lui? Elle n'avait plus rien à quoi il tenait sous la main mis à part son jeune étalon encore adolescent.

Les foulées de l'animal s'apaisèrent alors qu'il jaugeait avec un calme plat cette bâtisse qui aurait du l'effrayer. Il faut dire que protégé par Calisto même des loups garous féroces, il avait apprit à ne plus craindre grand chose. Son instinct s'était déjà fait à l'amour qu'un prédateur né portait pour sa personne, pourquoi craindre l'odeur de putréfaction que son odorat subtile analysait? Tout le monde pouvait donc passer outre sa nature... Un gamin peureux surpasser son caractère et venir en ces lieux chercher on ne sait quoi. Ce fut ce que découvrit le vampire qui était monté pour visiter faute de mieux. La goule était quasiment allongée sur le blondinet or s'il y avait une chose que détestait l'espagnol c'était bien ces sales créatures nuisibles. Des vampires ratés à la situation encore plus pitoyables que lui.

-ôte tes mains de ce jeune garçon vile créature.

Nourrit aux contes de chevaliers et de la main d'une femme issue du 18 ème siècle Calisto avait un certain langage qui allait d'ailleurs parfaitement avec son physique de jeune nobliau malgré ses vêtements modernes-un jean et un tee-shirt ainsi qu'une cape se rapprochant de celle des sorciers.- La chose se retourna et Calisto fronça le nez. Quelle odeur insoutenable! Elle s'éloigna légèrement, très bête mais pas assez pour ne pas craindre son "supérieur".

Le vampire sans cacher sa nature à Lenny bondit en avant, il plaqua la main contre le cou de la goule et la ficha au mur. Toutefois même si ses crocs pareil à ceux d'un loup -en légèrement plus fins, et le reste de la dentition demeurait humaine.- étaient à découvert il ne mordit pas la chose. Premièrement il s'était déjà nourri-sans tuer sa victime comme toujours, histoire de dégoûter un peu Cléophée par sa prétendue pitié.- et deuxièmement il n'accepterait sûrement pas un sang aussi putride dans son organisme.

Toutefois Calisto était encore un très jeune vampire, aussi la goule le ressentant contre attaqua et le griffa, le jeune homme recula, surprit puis le combat s'engagea. La goule était plus expérimentée mais lui était un produit fini au moins; aussi au bout de plusieurs joutes finit-il par avoir le dessus, envoyant la bête à terre après l'avoir tué par étrangement. S'approchant du jeune garçon, le vampire l'examina. Il était mignonnet à souhait avec sa blonde chevelure, ses traits fins de jeune fille et son air égaré. Calisto n'était pas qu'un monstre, il pouvait se sentir attendri par certaines personnes et aimait parfois se mettre en position de protecteur. Pas spécialement pour profiter, juste pour se sentir apprécié en quelque sorte, lui qui avait toujours fonctionné ainsi avec Cléophée qui le chérissait uniquement s'il accomplissait un exploit ou le battait à la moindre bêtise.

S'approchant doucement, conscient que l'inconnu connaissait sûrement sa nature, il veilla à ne pas dépasser la limite et lui tendit la main.

-Hola chico. N'aies pas peur, cette créature ne te feras plus de mal désormais. Comment t'appelles-tu? Je me prénomme Calisto pour ma part.

Sa voix douce imbibée de son accent exotique, son habileté à cacher ces crocs qui ne se rétractaient pas pour on ne savait quelle raison, son allure de jeune noble donnaient confiance mais serait-ce suffisant? Quoiqu'il en soit, le vampire voulait sincèrement aider le gamin, ça l'occupait et puis n'était-il pas craquant? Un adolescent probablement, que faisait-il ici tout seul? étrange. Toutefois Calisto ne parla pas plus, attendant de voir ce qui allait se passer.
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Lenny Pinsker
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MessageSujet: Re: Danse macabre au bal des vampires [PV]   Lun 6 Juin - 16:34:38

Le souffle putride de la créature réchauffait sa joue glacée. Il aurait pleuré s’il n’avait pas été si désespéré. Une main écrasait avec force sa tête sur le plancher, l’autre lui lacéra violemment le cou. Ce n’était pas un vampire mais une véritable bête, une goule folle et assoiffée, impossible à raisonner. Quelle mort stupide, se répéta-t-il. C’était donc le sort qui attendait Athénaïs au bout du couloir ? Les brigands se lèveraient furieux et lui planteraient une lame dans le cœur avant même de lui laisser le temps de s’expliquer. N’était-ce pas mieux ainsi. Les destins romanesques n’existaient pas. Dans la vie, on mourrait à la première difficulté, et il était inutile de prier pour se faire épargner. Il voyait déjà les larmes de sa mère, de son père, de son frère, de toute sa famille démunie devant la douleur qu’il leur infligerait. Personne ne comprendrait ce qui lui avait pris. Il ne savait pas lui-même ce qui lui était passé par la tête. Une chose était certaine pourtant, il avait cherché ce danger, sans y croire, sans s’en soucier. Le futur n’en valait peut-être tout simplement pas la peine. Mais les autres ne connaîtraient pas ses dernières pensées. Elles seraient enfouies en-lui, dans les entrailles mystérieuses d’un corps disloqué. Il ferma les yeux pour chasser en vain l’angoisse qui le saisissait. Il était coincé, il n’arrivait plus à respirer, sa poitrine allait exploser. Ses membres se raidissaient, ses tempes se serraient. Les feuillets de son dernier jet s’étalaient devant lui. Athénaïs s’était moquée du danger parce qu’elle n’avait plus rien à espérer. Sa solitude était profonde, son existence l’ennuyait. Qu’était-elle, sinon qu’une projection plus glorieuse de lui-même ? Elle s’en tirerait probablement sans lui. Oui, elle survivrait, il l’avait vu évoluer au-delà de cette scène, mais lui, il s’arrêtait ici…

Une voix, sortie d’un livre, interpela la créature. Qu’il était doux de rêver, de croire qu’un preux chevalier viendrait vous tirer d’affaire à point nommé. Ces histoires étaient bonnes pour les contes de fée ! Cependant, la goule se figea, lèvres entrouvertes sur la gorge n’elle n’avait pas encore pu goûter. Elle poussa un grognement de rage et l’abandonna pour affronter une silhouette humaine qui se rua sur elle avec une rapidité fulgurante. Lenny se redressa en tremblant. Deux démons de l’ombre se battaient pour lui, et il n’était qu’une proie au milieu des prédateurs. La mort avait reculé pour mieux l’aspirer. Terrifié, il chercha sa baguette à tâtons pendant que les monstres s’entredéchiraient. Mais, au moment où sa paume se referma enfin sur la tige de bois, la nouvelle créature l’approcha. Un lumos, lancé à tout hasard, les éclaira et les larmes lui montèrent aussitôt aux yeux. Le cauchemar se poursuivait. Cette apparence humaine n’était qu’une illusion. Il voyait bien que son sauveur n’avait rien de vivant. Sa peau était lisse comme le marbre, des canines pointaient au bord de ses lèvres et il venait de terrasser une goule à main nues. Ne pas avoir peur ? Allons, ce n’était pas la peine de lui servir son numéro de séducteur. Ils savaient tous les deux comment cette rencontre allait se finir. Aucun vampire ne résistait à l’appel du sang, et le sien imbibait désormais le col de sa chemise. Immobile, il l’écouta se présenter, avec un accent latin qui, dans ce contexte, lui donnait un statut d’étranger encore plus inquiétant.


- L… Lenny…
, bredouilla-t-il afin de ne pas le contrarier. Je ne v… voulais pas vous… vous déranger. Je suis désolé. S’il vous plait… Laissez-moi m’en aller…

Des sanglots muets ruisselaient sur ses joues. Il se releva péniblement en appuyant une main mal assurée sur une tapisserie en lambeaux. Jamais il ne s’était senti aussi pitoyable. Pour s’en sortir face à un vampire, la meilleure solution était d’entrer dans son jeu tant qu’il se montrait ouvert à la conversation. Néanmoins, il était trop troublé pour échafauder un plan de survie. La peur l’abattait tout entier. Il pointa sa baguette devant lui sans y croire. Son état de prostration ne lui permettait pas de lancer un sortilège crédible, et, de toute manière, qu’aurait-il pu faire contre un vampire ? La bête serait derrière lui, prête à lui rompre le cou, avant même qu’il n’ait le temps de prononcer une formule. Il ne lui restait qu’à invoquer la pitié… Autant dire que son sort serait vite réglé… Il n’obtiendrait rien de plus qu’un trépas vaguement plus décent, quelle chance…


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Calisto Del Alba
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MessageSujet: Re: Danse macabre au bal des vampires [PV]   Lun 6 Juin - 17:06:11

Par chance Calisto s'était bien nourrit avant, il n'avait donc aucune attirance pour le sang de Lenny, enfin tout du moins, pas suffisamment pour lui sauter dessus et puis malgré son jeune âge il savait parfaitement se contrôler car sa vie n'avait été que cela, se retenir pour ne pas faire enrager Cléophée; se retenir pour lui survivre, se retenir de ne pas la tirer au soleil pendant son sommeil. Le jeune homme regarda l'humain qui avait levé sa baguette et l'éclairait désormais, la vive lumière blessa légèrement ses yeux vairons qui n'étaient plus habitués à cette douce lueur qu'est l'espoir. Présentement cependant, elle ne faisait qu'illuminer le cauchemar du garçon qui s'était présenté en hoquetant. Calisto le trouvait mignon ainsi, si vulnérable et il n'avait qu'une envie, le faire arrêter de frissonner comme ça. Le vampire se décala, laissant la porte d'entrée libre d'accès même s'il doutait-et espérait- que le sorcier ne s'en irait pas! Il commençait tout juste à trouver cette nuit intéressante! Si jeune obscurité à peine naissante et déjà emplie de promesses. Sortant un mouchoir, le vampire osa s'approcher, il se méfiait de la baguette mais convint finalement que la victime ne l'utiliserait pas. Alors il leva le mouchoir jusque là caché jusqu'au col du dénommé Lenny et essuya doucement les endroits griffés par la goule.

-C'est plutôt moi qui suis venu te déranger non? -Fit-il d'un ton joyeux comme pour dédramatiser la situation.- Enfin, heureusement... Ce serait dommage qu'un jeune à la fleur de l'âge comme toi finisse sa vie entre les mains d'une aussi vile créature. Ceci dit, je ne suis guère mieux à tes yeux, n'est-ce pas? Mais les vampires Lenny, ne sont pas que des êtres assoiffés de sang... Je sais faire attention à mes pauvres victimes, je ne les tue jamais si tu veux savoir, ni ne les blesse fortement et crois moi, je souffre terriblement de devoir faire du mal. Tu vois, je suis différent de cette chose, tu n'as rien à craindre. Mais dis moi Lenny, que faisais-tu ici? C'est bien courageux de venir dans cet endroit seul...

Il préférait dire vaillant que stupide même si c'était un peu des deux. Il n'empêche que l'espagnol admirait le garçon de s'être rendu ici sans accompagnateur. Proposant désormais son mouchoir à l'adolescent, l'hidalgo s'assit un peu plus loin, comme affligé tout à coup.


-Je comprends ton dégoût envers moi. C'est normal, mais hélas je n'ai pas choisi. Et toi, peut-être n'avais-tu pas choisi de venir ici? Qu'est-ce qui t'y a poussé? La vie? Une quête, nous faisons des choses tellement étranges parfois, et bien souvent, cela scelle notre destin à jamais...


L'espagnol se tourna alors vers Lenny afin de voir ses réactions. Assis non loin, il laissait toutefois la porte d'entrée libre; ainsi le garçon pouvait partir... Ou rester! Que choisirait-il? Dans tous les cas Calisto ne le retiendrait pas même s'il était déçu. Bien qu'il déteste perdre il n'était pas un tricheur. Quoiqu'il en soit il ne regrettait pas d'avoir sauvé le blondinet, il y avait des gens comme ça qui obtenaient sa compassion sans qu'ils ne sachent pourquoi mais ça valait mieux pour eux.
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Lenny Pinsker
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MessageSujet: Re: Danse macabre au bal des vampires [PV]   Mar 7 Juin - 15:07:11

Il n’avait jamais vécu ça. Il ne s’était jamais retrouvé dans une situation terrifiante au point de le faire pleurer. Comment garder son sang froid face à une créature démoniaque ? On ne lui avait pas appris à se battre. Le vampire s’approchait de lui et il se retrouva acculé contre le mur. Oh, comme il aurait souhaité passer au travers de ce rempart, se transformer en spectre avant de connaître la longue agonie qui l’attendait. Son cœur cognait sa poitrine. Il résonnait jusque dans sa gorge, nouée et écorchée. Les larmes ruisselaient sur ses joues pâles. Un tressaillement le pris lorsque le démon leva une main sur son cou. D’abord, il serait doux, aussi tendre qu’un amant, ensuite, lécher le sang ne lui suffirait plus, il lui arracherait un bout de chair avec les dents, repousserait sa tête en arrière jusqu’à lui briser la nuque. Les moldus murmuraient que les victimes de vampires se reconnaissaient à la marque de leurs crocs sur la peau. C’était une image séduisante, pleine de symboles. Mais, en réalité, les cadavres que ces bêtes laissaient dans leur sillage étaient tous égorgés, quand leur crâne n’était pas aussi réduit en bouilli. Ces visions lui donnaient la nausée. Sa paume moite glissait sur la baguette qu’il n’arrivait pas à utiliser. Beaucoup de sorts étaient inutiles sur un vampire. La seule solution pour les supprimer était de parvenir à les enflammer. Cependant, même touchées, les créatures trouvaient souvent la force d’entraîner avec elles le sorcier dans leur brasier. Trop pusillanime pour tenter sa chance, Lenny se figura que, dans une situation aussi désespérée, il valait mieux rester passif en attendant d’être tué ou épargné. Ce fut une sage décision. Au lieu de le griffer à nouveau, la créature épongea ses plaies à l’aide d’un mouchoir. Il pouvait recommencer à respirer.

La voix du vampire était rieuse. Sans doute était-ce une aventure follement distrayante pour lui. Il venait de voler le repas d’une goule et celui-ci semblait de qualité. Lenny savait que les vampires adoraient les humains jeunes et charmants. Et il entrait malheureusement dans cette catégorie. Ainsi, les mots de Calisto ne manquèrent pas de l’étonner. Comment ? Il prenait soin de ses victimes et évitaient de les tuer ? Le pensait-il suffisamment sot pour croire à une aussi jolie fable ? Les vampires n’étaient pas des héros. Ils ne sauvaient pas les hommes gratuitement, pour la beauté de l’acte. Mais il arrivait parfois qu’ils ne le fassent que par amusement. Si tel était le cas, alors il pourrait peut-être s’en sortir indemne. La créature n’essayait d’ailleurs pas de le retenir mais il se méfiait trop de ses réactions pour le fuir. Visiblement, il l’intriguait assez pour lui donner envie de parler. Ses questions l’assaillirent soudain. Elles remplacèrent la peur par le malaise. Que faisait-il ici ? Dire qu’il était entré délibérément dans la maison pour écrire une scène terrifiante était définitivement ridicule… Pour la terreur, il était clair qu’il était servi au-delà de toutes ses espérances.

- Je…
- Il pointa sa baguette vers le sol et s’abaissa pour rassembler les feuillets froissées et les montrer au vampire. – J’étais venu écrire… Je pensais que cet endroit pourrait m’inspirer, rien de plus et c’était stupide… Je ne sais pas ce qui m’a pris, murmura-t-il piteusement.

Malheureusement, aucun mensonge ne lui vint en aide. Rien de ce qu’il pourrait dire ne le mettrait à son avantage de toute façon. Il n’était qu’un gosse de quinze ans qui avait commis une imprudence sur un incompréhensible coup de tête. Ses yeux tombèrent sur le mouchoir tâché de sang que le vampire lui avait donné.


- Merci de m’avoir… sauvé…
, dit-il d’un air hésitant, comme s’il s’agissait d’une question. Veuillez excuser ma défiance, je n’avais jamais vu de goule ni de vampire avant, je ne les connaissais qu’à travers les livres… - Il se pinça un instant les lèvres et ajouta : - Votre transformation est récente n’est-ce pas ?

Ses connaissances sur les vampires ne se limitaient pas à celles qu’on avait bien voulu lui enseigner en cours. En réalité, il avait lu des grimoires entiers sur le sujet, ainsi qu’un certain nombre de roman. Ces créatures immortelles l’avaient toujours fasciné mais son intérêt n’allait pas au-delà du fantasme. D’autres se passionnaient pour les mauvais esprits, les zombies ou les extra-terrestres, même chez les moldus, mais qui, aurait souhaité rencontrer l’un de ces monstres en vrai ? Personne, assurément. Il n’y avait que dans les romans où les personnages s’en tiraient avec un pacte d’amitié. Les véritables témoignages sur les vampires étaient en revanche d’une nature assez sinistre. Ceux qui survivaient devenaient généralement vampires eux-mêmes, mais les élus étaient extrêmement rares.


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Calisto Del Alba
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MessageSujet: Re: Danse macabre au bal des vampires [PV]   Dim 19 Juin - 21:31:35

-Ne t'excuse pas sans arrêt Lenny. Puis-je te tutoyer au fait? Je ne sais même plus si je t'ai demandé la permission. Tu peux le faire avec moi dans tous les cas, sache le. Et puis on fait tous des choses stupides parfois. Est-ce que je peux lire, tu me le permets?

Bien entendu le garçon lui avait montré les feuilles mais l'immortel ne voulait pas le froisser et se montrer goujat. Il devait d'abord avoir l'autorisation de l'adolescent. Toutefois il mit un certain temps à répondre en ce qui concernait sa transformation, c'était un sujet réellement difficile pour lui et l'espagnol ne jouait aucun rôle lorsqu'il baissait la tête tristement. Finalement l'homme accepta de répondre, il leva son visage au teint heureusement sauvegardé de la blancheur crayeuse grâce à ses origines de métisse puis répondit après un long silence avec une accentuation appuyée démontrant sa gêne.

-C'est le cas en effet. Pour quelqu'un qui n'a jamais vu de vampire, tu es doué. Mais je n'aime pas trop parler de cela, comme je te l'ai dis, on m'y a forcé... Quel âge as-tu? J'en ai 21.

Fit-il tout heureux soudainement de parler à quelqu'un. Certes l'humain était encore effrayé visiblement mais Calisto n'y prenait pas garde, il était juste content de discuter, il serait d'ailleurs ravi que l'adolescent lui laisse lire son histoire. L'espagnol était sincèrement rieur à présent, le cadavre de la goule ne le dérangeait pas, il avait pleuré devant des gamins vidés de leur sang par sa maîtresse devant ses yeux assez longtemps pour se guérir ensuite mais tenant à épargner Lenny il proposa donc naturellement de sortir; surtout que l'odeur de renfermé et l'enchevêtrement de choses cassées n'étaient pas un endroit des plus plaisants pour s'adonner à la lecture. Calisto agissait comme si c'était une oeuvre d'art entre les mains, il prit grand soin d'attraper les feuilles et de les lisser puis de les porter avec déférence. Qui sait, peut-être que ce serait vraiment une belle écriture? Et son instinct lui disait que ce serait le cas vu l'intéressant jeune homme qui avait prit la plume pour lui donner vie.

-Allons dehors si tu veux bien, si tu acceptes également ma... Je l'admets, sinistre présence. J'aimerais beaucoup lire ces écris, encore une fois, seulement si tu me le permets.

Fit-il, galant, courtois au possible et somme toute, sincère. Il aimait bien paraître et agir comme tel pour que ce ne soit pas qu'une façade. C'était tellement plus agréable quand les gens étaient polis et respectueux les uns envers les autres. Instinctivement sa main se porta doucement autour de l'épaule du garçon dans un geste protecteur. Ce dernier pouvait le rejeter, le métisse ne serait pas en colère, juste un peu déçu. Il était du genre protecteur et possessif avec ses découvertes intéressantes à vrai dire.
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Lenny Pinsker
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MessageSujet: Re: Danse macabre au bal des vampires [PV]   Dim 3 Juil - 21:57:40

Il s’excusait toujours pour tout et n’importe quoi lorsqu’il se sentait mal à l’aise, comme si le simple fait de ponctuer ses phrases de « désolés » pourrait inciter les gens à être plus cléments avec lui. Gêné par la remarque du vampire, il se retint d’ailleurs de ne pas s’excuser de s’excuser sans cesse. De plus, l’étrange créature en profita pour passer au tutoiement avant de lui demander s’il l’autorisait à employer des tournures plus familières. Lenny opina d’un signe de tête. Il était complètement déboussolé. N’importe quel adulte lui aurait directement servi du « tu ». Les adolescents n’avaient pas souvent droit au vouvoiement… Et les jeunes adultes non plus d’ailleurs. Mais le Serpentard ne voulait surtout pas manquer de respect à Calisto. Même s’il pensait pouvoir affirmer que l’humain était encore frais sous cette enveloppe d’immortel, il n’était pas question de se tromper et de se montrer impoli avec une âme de plusieurs siècles… Il devait néanmoins reconnaître que ce vampire lui inspirait une confiance de plus en plus sereine. Au fond, il était même triste qu’il ne fût pas humain, car Lenny n’avait jamais rencontré une personne aussi agréable. Il le rassura une dernière fois et il s’intéressa à ses textes comme s’il s’agissait de la curiosité la plus naturelle du monde. Les joues pâles du frêle garçon blond s’empourprèrent légèrement, mais cette rougeur exprimait moins l’embarras que l’émotion. Il était touché. Cette attention là, il ne la connaissait pas. Troublé, il ne trouva pas la réponse qu’il aurait souhaitée. Elle se perdit au milieu de ses réflexions. Malgré sa centaine de feuillets, son récit n’avait jamais trouvé un seul lecteur. Il pensait que les gens ne pourraient pas en apprécier la lecture s’ils connaissaient l’auteur de l’histoire. Athénaïs n’était pas le genre d’héroïne que l’on pouvait imaginer sous la plume de Lenny Pinsker. Il lui semblait que jeter ce brouillon en pâture aux lecteurs, c’était leur donner accès à des parties de lui qu’il avait toujours su préserver. S’il était sensible et sentimental, il ne voulait pas qu’on le sache, il ne voulait pas qu’on le voit, parce que c’était là une faiblesse qu’il n’assumait pas…

Le silence qui suivit sa question sur la nature vampirique de son compagnon fit cependant revenir toute la tension. Ohlala, ce qu’il venait de dire était affreusement déplacé ! Il l’avait sans doute mis en colère, quel imbécile il faisait ! Lenny se mordilla le bout de la langue pour se retenir de s’excuser à nouveau. Mais, heureusement, Calisto ne s’énerva pas. Il lui avoua que sa transformation était récente et qu’il n’avait que vingt-et-un an. La plupart des vampires vivaient très mal les premiers jours de leur transformation. Certains se retrouvaient métamorphosés sous la contrainte, d’autres regrettaient d’avoir simplement cédé à l’appel plus vain qu’il n’y paraissait du don ténébreux. Une nouvelle rougeur colora les joues du Serpentard lorsque la créature lui déclara qu’il était doué. Il précisa cependant qu’il ne voulait pas évoquer plus longtemps cette histoire car il n’avait jamais demandé à être ce qu’il était… Ainsi, il n’était pas de ces vampires qui, déjà humains, se sentaient une âme de prédateur. Finalement, il avait peut-être bien toutes les chances de survivre à cette rencontre macabres.


- J’ai quinze ans…
, souffla-t-il avant d’ajouter pudiquement en levant à peine les yeux. J’ai lu beaucoup de choses sur les vampires… J’ai essayé de les comprendre sans les voir et… sans vouloir vous offenser, il m’a semblé qu’il y avait encore beaucoup d’humanité en vous… et je… enfin… vous... Tu ? interroga-t-il d'une petite voix. heu… Tu peux lire mon texte si tu veux mais ne t’attend à rien d’exceptionnel, c’est un brouillon…

Il tendit les feuillets au vampire d’une main tremblante et l’entendit lui proposer d’aller dehors pour lire son chapitre inachevé. Lenny était partagé. Il avait envie de quitter cette maison infernale bien sûr, mais la nuit était tombée, il neigeait et il était très frileux. Cependant, il approuva ce choix sans faire d’histoire. En effet, il avait peur de heurter une créature qui ne pouvait plus éprouver ce genre de sensations… Ils abandonnèrent donc le manoir et le jeune garçon se raidit en sentant la main du vampire s’appuyer sur lui. Le sentiment que lui laissait ce genre était étrange. Il n’aurait su dire s’il ne le repoussa pas par crainte ou parce qu’il n’en avait finalement pas envie.
Dans le jardin du manoir, ils trouvèrent un banc de pierre à l’abri des regards sur lequel s’installer et Lenny bredouilla quelques explications à propos de la trame de son récit :


- L’histoire se passe à la fin du XVIIe siècle en France… Ce sont les aventures d’une jeune sorcière de la cour qui cherche à fuir son destin… Enfin, ce n’est peut-être pas ton genre de lecture. Je ne sais pas si c’est bien, personne ne l’a jamais lu…


Sûr de passer pour un imbécile, il retomba dans le silence et se tortilla nerveusement les doigts en grelottant sous la bise hivernale. La réception que pourrait avoir le vampire de son texte l’intriguait et le terrifiait. Il redoutait d’avance la moquerie.


Chapitre V
Athénaïs avait fermé la porte à clé. Elle pleurait depuis le début de la soirée. Les coudes posés sur sa petite coiffeuse blanche, elle voyait son visage se déformer dans son miroir ovale. Ce miroir devant lequel Margot, sa femme de chambre, l’avait préparée juste avant l’arrivée de son abominable fiancé. On l’avait faite belle pour lui. Mais elle se fichait de lui plaire. Ne valait-il pas mieux naître laide ? Songeait-elle en posant des mains horrifiées sur ses yeux gonflés. Au moins, les jeunes filles qui n’attirent personne n’ont pas tous ces soucis. Elles mènent une vie bien tranquille, loin de ces hommes qui sont le nœud de tant de tourments ! Elle se sentait honteuse de ce qui venait de se passer. La scène n’était déjà plus qu’un souvenir confus dans son esprit troublé. Amaury s’était emporté. Il lui avait dit qu’il l’aimait, l’avait attiré contre lui pour plaquer ses lèvres amères sur les siennes. Il disait qu’il n’en pouvait plus d’attendre ce maudit mariage, qu’ils pouvaient consommer leur union avant sans ternir leur honneur puisqu’ils n’en diraient rien. Le rustre avait mis une main dans son corsage. Affolée, elle avait réussi à lui échapper. Elle avait quitté les jardins pour se précipiter au château tandis que Madame sa mère s’inquiétait de son agitation. Amaury était en bas avec ses parents, elle le savait. Elle connaissait aussi suffisamment bien la nature perfide de cet homme pour imaginer le sujet de leur conversation. Il dirait qu’elle l’avait repoussé sans raison en soulignant avec tristesse la fragilité de sa santé mentale. Il dirait que le mal de sa promise l’affectait beaucoup et promettrait à ses futurs beaux-parents – croyait-il ! – de prendre soin d’elle. Il avait une maison de campagne où elle pourrait se ressourcer. Il connaissait les meilleurs médecins. Oh ! Il serait tellement bon pour elle !

Athénaïs le haïssait. Elle en finissait par détester tout ce qui constituait sa vie. Sa chambre prenait des allures de prisons. Bientôt, plus personne ne la sauverait des assauts d’Amaury. Il ne restait plus que deux semaines. Devant l’autel, il faudrait bien prononcer ce mensonge devant l’éternel, oui, je le veux. Que voulait-elle ? Pas de cette vie, jamais. Dieu aurait dû le savoir, mais il n’entendait pas ses prières. Ses souhaits n’étaient pas sages. Sa mère parlait de caprices qui dépassaient toute la raison du monde. Et Amaury était un amour, disait-elle sans cesse. Le genre d’homme qu’une jeune fille raisonnable rêverait d’épouser.
Raisonnable, raisonnable, elle en avait assez d’être raisonnable. Si ce mot condamnait au malheur, alors non, elle ne l’était pas. Son prénom rappelait celui de la déesse Athéna, la divinité de la sagesse comme de la guerre. Mais la sagesse avait montré ces limites. Pouvait-on être sage au milieu d’aveugles ? Assurément non ! Elle arracha d’une main cette coiffure hideuse qui lui imposait de passer deux heures chaque matin devant ce triste miroir ovale. Les épingles tombèrent par dizaines sur la table tandis que ses cheveux d’ébènes s’étalaient en désordre sur ses épaules.
Elle ne pouvait plus rester ici. Pour échapper à ce mariage, il fallait disparaître. Oui, elle se sauverait et elle irait retrouver le seul homme qui avait jamais fait battre son cœur, cet épéiste, ce bandit que l’on cherchait dans tout Paris. Traqué par les uns, admiré par les autres, il était ce que la flamme était à la fumée, l’âme la plus resplendissante de la capitale.

Cependant, sa mère l’arracha à ses rêveries en frappant à sa porte. Elle refusa d’ouvrir.
Elle attendit que tout le monde s’en fût dormir pour se glisser hors de sa chambre et rejoindre le salon pour utiliser la poudre de cheminette qu’elle avait réussi à voler en trompant la vigilance de son père quelques jours plus tôt.
- Paris, chez l’Oracle du Marais, murmura-t-elle.
Puis, elle ferma les yeux et se laissa aspirer.

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MessageSujet: Re: Danse macabre au bal des vampires [PV]   Dim 21 Aoû - 15:27:02

La mignonne petite créature s'empourpra, se tortillant nerveusement. Le vampire se sentait mis sur un pied d'estale par cet adolescent apeuré par sa présence. Toutefois il n'y avait pas seulement de l'effroi, l'espagnol le savait parce que sinon l'échange aurait cessé là. Ce genre de situation ne l'intéressait guère au contraire de sa maîtresse qui adorait infliger la terreur à ceux qui croisaient son chemin. Le jeune homme lui préférait cet exquis mélange d'intérêt et de peur tellement plus fascinant. Il s'empara des papiers que lui tendait l'adolescent et l'écouta attentivement parler de sa trame. De ce fait Calisto mettait le petit blond en valeur, lui montrant que pour l'instant, pour une personne au moins, lui seul existait sur terre. Le vampire était doué pour insuffler ce genre de sentiments chez les autres, ses yeux vairons dirigés savamment sur son interlocuteur, assez directement pour montrer son intérêt mais pas trop pour ne pas effrayer.

Lisant ensuite l'histoire-enfin une partie seulement car il y avait une centaine de feuillets quand même-, lentement, allant jusqu'à revenir plus haut pour vérifier quelque tournure de phrase le vampire prenait son temps pour étudier l'oeuvre. Elle était fraîche, pleine de tourments et d'idéaux qu'un jeune de son âge pouvait ressentir. Il y avait une certaine candeur en elle que jamais Calisto n'avait pu avoir. Il savait imiter partiellement cette impression, cette tendresse exacerber mais pas la ressentir pleinement car sa vie n'était que peur, haine et passion. Lenny semblait être un garçon plus doux, aux contours flous, sans caractère fort. Il semblait nettement avoir besoin d'être dirigé, dominé tout en étant mis en avant. La lecture était agréable, même pour se faire bien voir Calisto ne mentirait pas. S'il n'avait pas apprécié l'écriture il l'aurait clairement dit mais ce n'était pas le cas.

-L'intrigue se tient et ta plume est agréable quoique pas encore assez mûre... Mais cela viendra avec le temps. Cette jeunesse et fraîcheur donne un certain cachet à ta nouvelle. Continue dans ta lancée

l'encouragea le vampire avec un sourire aimable. Il resta sobre, pas besoin d’exubérance, cela aurait gâché la sincérité du compliment. Lenny devait encore s'améliorer mais il était sur la bonne voie en tout cas et venant d'un jeune homme aussi cultivé que l'espagnol c'était un argument de valeur, autant ne pas le gâcher en s'exaltant comme un gamin.

Calisto rejoignit son animal après avoir ouvert la porte au garçon, n'attendant pas de voir si ce dernier allait le suivre car cela lui paraissait évident. En effet ils étaient en pleine discussion et une telle impolitesse lui paraissait improbable. Le frison renâcla en voyant l'inconnu qui accompagnait son maître. Bien que pas encore tout à fait adulte il était déjà très imposant, surtout face à un petit blondinet comme Lenny ou même Calisto qui n'avait pas l'air si fort que cela à cause de sa sveltesse. Souriant il héla la bête qui s'approcha au pas prudemment.

-Depuis combien de temps travailles-tu sur ton oeuvre?

Demanda le jeune homme sans même se retourner et de laisser l'animal là pour s'assoir sur le même banc de pierre que Lenny quoiqu'à l'autre extrémité pour ne pas avoir l'air de vouloir lui sauter dessus. Le garçon avait repoussé sa main tout à l'heure, inutile d'insister donc. Calisto n'avait pas non plus l'habitude d'un contact inutile, cela ne le dérangeait donc pas. Toutefois, voyant le garçon frissonner sous la bise hivernale, le jeune homme dégrafa son manteau et le poussa vers le blondinet avec un sourire montrant que de toute évidence il le lui proposait pour se tenir chaud. Lui même venant d'un pays où le soleil donnait beaucoup avait un peu froid mais c'était largement supportable; de plus, il en avait assez de voir ce petit corps grelotter et tressauter. Il trouvait inutile de laisser son interlocuteur dans cette situation qui dérobait un peu de son attention sur leur conversation qu'il voulait exclusive.
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Lenny Pinsker
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MessageSujet: Re: Danse macabre au bal des vampires [PV]   Dim 11 Sep - 23:44:00

[Lenny m'a manqué alors je me suis emballée :yeux:]

Lenny ne savait plus où jeter son regard. Il n’osait pas fixer le vampire de crainte de le déranger dans sa lecture mais, en même temps, il ne pouvait pas fixer l’herbe ou le ciel avec un air naturel. Les sourcils froncés de son lecteur lui faisait imaginer les pires critiques. Il attendait déjà les encouragements condescendants à base de « tu te débrouilles bien pour ton âge » qui ne correspondaient à rien. Evidemment qu’il sortait du lot ! La plupart de ses camarades n’étaient pas fichus d’aligner deux phrases à la syntaxe correcte. Il le mesurait tous les jours avec les imbéciles qui venaient proposer des articles à la Gazette. Les textes étaient souvent d’une lourdeur invraisemblable. Rien ne s’enchaînait correctement. On saisissait l’idée globale, en identifiant la logique d’écriture maladroite des pseudo-journalistes, mais tout était à remanier. C’était un véritable calvaire. Les élèves qui se présentaient à lui étaient toujours persuadés d’avoir du talent. Il était impossible de les détromper, car leur aveuglement était tel qu’ils n’y croyaient pas. Alors il fallait les aider à reprendre leur phrase, souligner les petits détails qui faisaient que les phrases ne tenaient pas debout… et leur suggérer gentiment de trouver une autre tournure. Mais le fond du problème ne changeait pas. Tout était à réécrire. Le style était simplement mauvais. Lenny avait passé des soirées à s’arracher les cheveux sur des articles que seuls leurs auteurs auraient pu trouver bons. Lorsque le journal sortait enfin, on lui reprochait d’avoir tout modifié. Les élèves qui se plaignaient avaient tendance à déplorer – en particulier – l’absence d’un jeu de mot minable qu’ils avaient trouvé bon, cette trouvaille littéraire merveilleuse dont ils s’étaient vantés tout au long de la semaine en recevant les sourires polis de leurs camarades. Lenny savait que son niveau était bon. Cependant, il lisait assez de romans pour s’estimer très en dessous de ses modèles. Il ne suffisait pas d’écrire correctement pour avoir une plume. Victor Hugo, par exemple, ne se contentait pas d’être correct. Sa virtuosité était à couper le souffle. Il se sentait misérable devait un monument tel que Notre-Dame. Le parcours serait long.

Le vampire s’arrêta au troisième feuillet. Il lui fit un compliment nuancé. L’histoire était limpide mais peut-être trop enfantine. Lenny se mordilla la lèvre. Il se sentait soudain devant une impasse. Si sa prose manquait de maturité, il ne pourrait pas l’améliorer. Il était incapable de dire lui-même pourquoi le texte ne fonctionnait pas comme il le souhaitait. Etait-ce le vécu qui lui manquait ? Les encouragements de Calisto prouvaient que sa candeur traversait toute son œuvre. C’était la raison pour laquelle il refusait de la faire lire. Son récit était trop sentimental, il en avait conscience. Mais il l’écrivait pour se détendre, pour vivre des aventures qu’il s’interdisait. Athénaïs était devenue une bonne amie. La jeune femme existait à sa place. Depuis qu’il l’avait créé, il était plus préoccupé par ses prochaines frasques que par ses soucis existentiels. Qu’avait-il à attendre de ses journées, lui ? Ses rares amis l’ennuyaient et, surtout, ils n’avaient aucune identité propre. Ils se bornaient à consommer de la culture, puis à se gausser des autres. Ils avaient parfois l’air d’oublier qu’ils avaient un corps. L’un d’eux écrivait, tout comme lui. Sa maîtrise de la langue était remarquable, ses histoires étaient d’une violence inouïe, elles se jalonnaient de crimes sanglants, de viols, de vengeances sordides, avec des personnages plus cyniques les uns que les autres. Pourtant, derrière la plus acérée, on ne trouvait qu’un binoclard de Serdaigle. Un brun au regard sombre qui aurait pu être beau s’il ne paraissait pas déjà complètement aigri. Lenny le soupçonnait d’être également plus attiré par les hommes que les femmes. Mais il n’en parlait jamais. Il y avait en réalité peu de chances pour qu’il en parlât un jour. Seule la vie sexuelle des autres arrivait à l’intéresser…

Lenny ne savait pas très bien pourquoi il se laissait envahir par toutes ces réflexions. Peut-être parce qu’il était en train de partager avec un vampire ce qu’aucun de ses amis mortels n’avaient su lui donner. Calisto lui témoignait une attention assez déstabilisante. Même s’il avait accueilli sa critique d’un vague signe de tête, il prenait le temps de la considérer. Ses mots resteraient. Ils avaient de la valeur, parce qu’ils venaient de quelqu’un qui avait l’air de connaître son sujet. S’il s’était contenté d’un simple « C’est génial, tu as vraiment beaucoup de talents ! » Lenny lui aurait rétorqué que c’était faux. Les personnes qui n’entendaient rien à la littérature étaient capables de complimenter les idiots qui imposaient leurs mauvais articles à la Gazette. Il avait suffisamment de recul sur lui-même pour ne pas être sensible aux flatteries.

Après sa lecture le vampire s’éloigna pour aller chercher un cheval dissimulé par l’obscurité. Lenny regarda l’animal avec une certaine surprise. Les sorciers n’utilisaient plus les chevaux depuis longtemps, mais les vampires… L’association était étrange. La vitesse de ces créatures dépassait largement celle d’un cheval au galop. Calisto avait peut-être une passion particulière pour ces animaux… Ce vampire était décidément très atypique et le Serpentard songea qu’il était heureux de cette rencontre. Le climat de confiance qui régnait entre son cheval et lui le mettait doucement plus à l’aise. Il fut cependant surpris de voir Calisto lui tendre sa cape, comme des garçons le faisaient parfois dans le parc de Poudlard afin de se rapprocher d’une fille qui leur plaisait. Il ne savait pas très bien comment interpréter ce geste, mais il prit le vêtement. Sa tête bouillonnait de suppositions farfelues. A quoi jouait-il donc ? La première chose à savoir sur les vampires était qu’aucune de leur apparition n’était désintéressée. Alors Calisto le trouvait à son goût de créature des ténèbres ? Un sourire timide éclaira son visage pâle.


- Merci
, souffla-t-il en passant la cape sur les épaules. Je n’avais pas prévu de rester dehors aussi tard… Elle est vraiment plus chaude que la mienne…

Il était étrange de porter le vêtement d’un autre, surtout lorsque cet autre était à la fois un mort-vivant et un jeune homme très attirant. L’émotion se teintait d’effroi. C’était un peu comme si le contact se resserrait entre eux, alors qu’ils étaient assis aux extrémités du banc. Un autre malaise rampait dans son cœur. Il essaya de répondre à la question du vampire pour l’ignorer :


- En fait, j’ai commencé cette histoire il y a moins de deux mois. Elle tournait dans ma tête depuis un moment mais je n’avais jamais songé à l’écrire. Ça ne me semblait pas assez sérieux mais je…
- Son regard se fit plus hésitant. - … Je m’ennuyais. Je me suis rendu compte que je n’avais plus grand monde vers qui me tourner à l’école, alors j’ai créé Athénaïs pour m’occuper. Finalement, je me suis pris au jeu. C’est assez satisfaisait de voir une histoire s’épaissir de plusieurs pages chaque jour, ça passe le temps, j’en oublie que personne ne m’attend vraiment après les cours…

Il eut un sourire quelque peu désabusé. Pourquoi racontait-il tout cela à cet inconnu ? Il ne disait jamais rien à personne. Tout le monde se fichait éperdument de ses états d’âme. On le voyait comme un bloc de glace qu’aucun soleil ne pouvait éroder. Et ce rôle était difficile à porter, surtout depuis que son frère arrivait à se passer de lui et menait une vie beaucoup plus intéressante que la sienne. Il se sentait si seul que les larmes lui venaient aux yeux dès qu’il arrêtait de penser à Athénaïs. Et que pouvait-il y faire ? Aucun élève ne pouvait l’aider, parce qu’il n’était indispensable à l’existence de personne.

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MessageSujet: Re: Danse macabre au bal des vampires [PV]   Sam 22 Oct - 14:08:41

Oh, le pauvre mignon était seul, vraiment? ça n'étonnait pas vraiment Calisto remarque. Sa maîtresse lui avait en effet enseigné quelques us et coutumes des humains et il s'était révélé que ces derniers étaient extrêmement cruels entre eux. être un peu différent vous emmenait à une mort lente et douloureuse par oubli. Comme les chevaux, ils ne pouvaient vivre seuls et sans le troupeau, n'étant plus rien, ils dépérissaient. Soit à cause d'un prédateur ou de la faim, sort préférable à celui de l'équidé trop malin qui parvenait physiquement à s'en sortir mais qui finissait par se coucher devant l'ennui et le constat de sa solitude. Pour aider le blondinet à combattre ses démons intérieurs le vampire s'approcha un peu plus du petit d'homme, pas trop toutefois pour ne pas l'étouffer ni l'effrayer, juste assez pour lui montrer sa présence et recouvrir une épaule qui avait échappé à la chaleur de sa cape d'une main tendre.

-Moi aussi je suis si souvent seul, il est vrai que les gens vous jugent facilement. J'ai été enlevé dès ma prime jeunesse au soleil, désormais tout le monde pense que je suis un monstre, même quand j'étais humain il en était ainsi, car j'ai été élevé par une vampire. Mais maintenant nous pouvons nous réjouir de notre rencontre n'est-ce pas? Enfin si tu acceptes de me revoir, car désormais il me sera difficile de ne plus penser à Athénaïs tout comme toi.

Façon détournée de dire "de penser à toi", mais ce petit dérivé devrait le rassurer, le plonger dans un cocon de sécurité en se disant que le vampire s'intéressait à ses écrits et non à lui. Ou... S'il en avait l'esprit et le désir, de comprendre son insinuation subtile et raffinée qui sait.

-Mais dis moi Lenny, tu es joli garçon, cela ne m'étonne pas que tu n'aies pas d'amis, car tu fais des jaloux et tu es bien au-delà de la norme, mais je suis en revanche surpris que tu n'aies personne. Aucune jolie fille? Ou bien... Beau garçon peut-être?

Demanda Calisto, ses yeux vairons se dardant sur Lenny. Il avait bien remarqué au creux de cette nuit claire comme le jour pour lui que ce garçon avait des manières éthérées. Il pouvait bien entendu se tromper mais il lui semblait que ce jeune homme était plus attiré par le sexe fort que l'opposé. Et même si ce n'était qu'une supposition, il tendait ainsi la perche au garçon, montrant sa tolérance, l'invitant aux confidences. ça pouvait être intéressant, même si ce jeunôt était tout ce qu'il y avait de plus hétéro, ses réactions seraient toujours agréables à analyser. Les adolescents et l'amour, une étude fascinante, vraiment!

-As-tu déjà embrassé? Athenaïs semble rêver à un prince charmant, et toi donc? Pourquoi avoir choisi un personnage qui te ressemble tant mais qui reste une femme?
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