Oxumorôs

Après la guerre, la paix nouvelle reste précaire et menacée...
 
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 Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]

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Neil Riley
Poufsouffle, 5 ème Année
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MessageSujet: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Ven 6 Mai - 23:49:38

Les choses ne se passaient jamais comme elles le devaient. C’était toujours pareil lorsque les gens s’avisaient de penser à votre place, de sur interpréter vos faits et gestes parce que vous ne vous exprimez pas assez. Neil n’en pouvait plus de ces histoires qui s’accumulaient tous les jours sur son dos. Il arrivait à supporter les piques incessantes de Robin et Simon en répétition, mais depuis qu’Amalia avait décidé de s’immiscer dans sa vie, il avait le sentiment oppressant qu’un piège se refermait sur lui. Tout le monde s’était mis à lui trouver mille défauts, on le trouvait trop bougon, trop rêveur, trop sinistre, pas assez attentif et s’il essayait de réagir, il recevait des « je savais que tu ne comprendrais pas » navrés. Même Eddie commençait à se détourner de lui – un comble ! – et tous avaient en commun d’avoir parlé à la Gryffondor. Tout avait commencé le soir du concert, lorsque, vexée d’avoir été préférée à Liliana, Amalia s’était mise en tête de le capturer en usant de tous les charmes possibles. Mais il avait résisté. Il n’aimait pas cette fille. Sa beauté tapageuse ne lui avait jamais rien inspiré de bon. Hélas, tous ses « amis » voulaient croire en ce couple improbable. Ce serait une bonne chose s’il refusait de reprendre son histoire avec Alyson, disaient-ils. Ainsi, la jeune fille pourrait enfin cesser d’espérer. Les garçons affirmaient qu’à sa place, ils n’auraient pas hésité un instant. Eddie ne comprenait pas son hésitation, Robin et Simon lui assuraient qu’il n’y avait pas meilleur coup à Poudlard… Et justement, il avait envie d’une petite amie, pas d’un « coup ». La Gryffondor qui, pour une raison inconnue, fuyait ses semblables, s’était imposée chez les jaunes et noirs. Tous la trouvaient absolument géniale, drôle, brillante, parfaite. Elle ne perdait pas une occasion d’avoir un tête à tête avec lui et relançait avec un sans gêne effarant ses avances, comme si un « tu veux sortir avec moi » était aussi banal qu’une partie d’échec un dimanche après-midi pluvieux. Il n’en pouvait plus. Et il avait fini par commettre l’irréparable.

Entre Alyson et Amalia, il y avait une autre fille depuis un mois, plus discrète, mais pas moins intéressée par le bassiste des nimbus. Perséis, une jolie blonde de quatrième année à Serdaigle avait profité de son intérêt pour la musique pour se rapprocher de lui. La jeune fille jouait de la harpe admirablement bien, et il s’était laissé tenter par l’idée d’une relation tranquille avec elle. Il y avait Liliana, bien sûr, mais la Serpentard était inaccessible, et il avait besoin d’évincer Amalia de sa vie. Lorsque la rumeur de sa nouvelle liaison s’était propagée dans le château, la Gryffondor l’avait évidemment très mal pris, et Alyson aussi. Ses amis s’étaient aussi montrés très choqués. Deux filles se battaient désespérément pour lui, et il jetait son dévolu sur une fille dont personne n’avait jamais entendu parler ! De qui se moquait-il ? Il avait essayé d’arguer que sa vie sentimentale ne regardait personne mais personne n’était de cet avis. Alyson l’avait jugé cruel de l’avoir fait attendre si longtemps pour sortir avec une fille qu’il ne connaissait même pas – Alors qu’il lui avait clairement dit à plusieurs reprises qu’il n’avait pas l’intention de revenir avec elle - , et Amalia avait complètement inversé les rôles en prétendant qu’il n’arrêtait pas de la chauffer. Le scandale avait gonflé tout au long de la semaine et avait violemment explosé au lendemain d’une fête dans un cachot où Amalia n’était pas censée être invité. Lassé de toutes ces complications, de son aventure avec Perséis qui finissait par ressembler à une mauvaise adaptation d’un Romeo et Juliette sorcier, il avait bu un peu au-dessus de ses limites… Assez en tout cas pour s’endormir dans un coin avant tout le monde en oubliant la moitié de la fête et se réveiller avec une gueule de bois d’enfer et une Amalia couchée en soutien-gorge dans le même fauteuil que lui. Qu’avait-il fait ? Rien, tout le monde le savait, en théorie. La Gryffondor avait débarqué alors qu’il n’avait plus les idées très claires et la fête avait finalement décollée, sans lui. Pourtant, à sa consternation la plus totale, les élèves l’avaient tous dévisagé avec des regards mauvais à son entrée dans la grande salle. Une Perséis à la mine morose l’avait attiré à part avant qu’il n’ait le temps de comprendre quoi que ce soit pour lui dire que ce n’était vraiment pas la peine de rester avec elle s’il préférait Amalia…

Quelqu’un avait en effet rapporté que la fête des Poufsouffle avait fini dans la débauche la plus totale et que Neil et Amalia avait visiblement bien dérapé. Et que disait la Gryffondor ? Ne défendait-elle pas son intégrité ? Non non. Cette salope racontait à qui voulait l’entendre qu’elle n’avait aucune idée de la manière dont elle avait terminé la soirée et qu’elle ne savait pas pourquoi elle s’était réveillée en soutien-gorge. En revanche, elle se souvenait très bien des regards que Neil lui avait soi-disant lancé et demandait à tous les protagonistes de la soirée s’ils étaient certains que le bassiste des nimbus n’avait pas profité de son état d’ébriété pour avoir des gestes déplacés. Les premiers avaient répondus non, les autres qu’ils n’en savaient rien, les derniers avaient hasardé des peut-être, et l’école s’était trouvée convaincue. En revenant vers ses amis, qui étaient pourtant présents, qui savaient très bien qu’il s’était endormi avant tout le monde, il avait eu droit à des « C’est ta faute ». Mais qu’avait-il fait ? Ce gros benêt d’Eddie s’était pris de pitié pour Perséis vis-à-vis de qui il n’avait décidément pas été correct et il avait remballé Alyson sans même savoir ce qu’elle voulait lui dire en clamant d’une voix forte « Si c’est pour me dire que je suis un connard, merci, je suis au courant », à la sortie du dernier cours de cette infernale journée. Et ce n’était pas terminé, oh que non. Amalia l’avait ensuite pris à part, non pas pour le sermonner, mais pour lui susurrer avec un petit sourire entendu que ce scandale n’en était pas vraiment un pour elle et qu’elle ne serait pas contre prolonger l’expérience dans un contexte plus intime. Il avait dû lui répondre quelque chose comme « Toi, va te faire foutre » et elle avait subitement convoqué tous ses talents de comédiennes pour fondre en larmes et hurler qu’elle était la victime d’un parfait salaud. L’horreur absolue.

Sûr que tout le monde aurait fini de prendre le parti de cette nympho avant l’heure du dîner, Neil préféra se retirer dans une salle abandonnée, le plus loin possible de ses camarades. Ses premiers réflexes en entrant furent d’envoyer valser toutes les tables et les chaises qu’il rencontra et de faire exploser contre les murs tous les objets qui pouvaient se lancer. Cette histoire était à se fracasser la tête contre les murs. Il aurait peut-être pu demander à Adam de l’aider… Son frère serait sans doute assez intelligent pour le sortir de cet enfer, mais il n’avait pas envie de pleurnicher auprès de lui pour une affaire aussi ridicule, ni pour lui demander des conseils pour devenir gay. Pourquoi lui infligeait-on ça ? Qu’avait-il fait enfin ? Sa seule erreur finalement avait été de ne pas réussir à virer Amalia dès le début, le soir même du concert. Et l’aurait-il seulement pu ? Cette fille lui faisait l’effet d’une véritable sangsue. Les yeux rougis par la colère, la honte et la frustration, il se laissa glisser par terre et se roula un joint pour essayer de se détendre… même s’il n’y croyait pas trop. Au final, il se fichait bien de s’être fait larguer par Perseis sur un malentendu au bout d’une semaine. Qu’elle aille se faire foutre elle aussi. Il sortit son baladeur magique de son sac et tapota dessus avec sa baguette pour en faire sortir des hurlements gluturaux, des guitares lourdes et saturée, un puissant écho de batterie… Enfin, un groupe de brutal death comme cannibal corpse qu’il avait tendance à n’écouter que dans ses mauvaises passes… Ce n’était pas ce qu’il préférait, mais, en l’occurrence, c’était la seule chose qu’il se sentait disposé à écouter.


Dernière édition par Neil Riley le Mar 17 Mai - 9:14:36, édité 3 fois
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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Dim 8 Mai - 16:10:55

- Laisse cette gosse tranquille, Parker.
- Mais de quoi je me mêle, Vanloock ? Tu n'en as pas eu assez, l'année dernière ? Je serais toi, je ne jouerais pas aux vaillantes héroïnes vis-à-vis des petites sang-de-bourbe si je ne veux pas finir comme ma mère... D'ailleurs... tu as encore son doigt en souvenir ?

Les couleurs sur les joues de la jeune femme s'estompèrent et son poing se referma sur sa baguette. La mâchoire crispée, elle adressa un regard choqué à l'ami de Darla. Seuls les mangemorts avaient été au courant de ce détail, qui n'étaient pas paru dans la presse à la demande de la famille. Ses soupçons se confirmaient. Et dire que le géniteur de cet enfoiré assurait toujours paisiblement son poste au Ministère... C'était intolérable. L'envie de lui jeter le sort le plus puissant qu'elle connaisse lui traversa l'esprit, mais au lieu de quoi, elle baissa sa baguette.
- Méfies-toi, n'en dis pas trop. Ta famille pourrait pâtir sévèrement de ton insolent orgueil. Allez, viens-toi, je t'amènes à ton dortoir.

Liliana tourna sans peur le dos au Serpentard et emmena avec elle la petite Gryffondor qui venait de subir les frais du cinquième année. Il devenait de plus en plus lâche pour tenter de traumatiser une première année en lui faisant croire qu'il était encore une menace au sein du château. Il pouvait l'être, en effet, mais les individus tels que lui n'avaient jamais rien fait d'autre que profiter du pouvoir qui leur était tombé dans les mains par un mauvais coup du destin. La petite remercia la rédactrice, les larmes aux yeux, mais Liliana ne l'entendit même pas. Ce que venait de lui dire Parker lui avait fait atrocement mal, bien plus que n'importe quelle insulte ou menace. Elle se souvint avec horreur du doigt que lui avait jeté Lestrange à la figure et qui portait encore l'alliance de Jane. Son annulaire. Elle en avait été malade pendant des semaines. Elle se souvenait de l'odeur putride de la chair et du sang coagulé, de la rigidité du membre froid et bleuit dans ses mains, juste avant qu'elle ne le rejette au loin, horrifiée. Elle entendait encore avec une netteté troublante son propre hurlement qui avait d'abord semblé s'extirper d'une autre bouche que la sienne.

La colère supplanta la douleur lorsqu'elle vit l'entrée de la salle commune se refermer sur la Gryffondor. Des larmes lui montaient aux yeux. Elle s'appuya contre le mur du couloir et ferma les yeux un instant, mesurant toute l'intensité des émotions qui se mélangeaient en elle. Tout cela était du passé, mais la façon affreuse dont elle avait appris le passage à tabac de sa mère l'avait trop choquée pour que la blessure soit déjà cautérisée. Comment avait-elle réussi à garder son sang froid devant Parker ? Elle l'ignorait. Elle avait seulement désiré ne pas lui faire le plaisir de lui montrer l'intensité de sa douleur. C'était ce qu'il voulait, ce qu'ils voulaient tous depuis qu'ils n'avaient plus d'autre pouvoir que celui des mots. Dans ce genre de situation, une délicieuse envie de réunir quelques anciens rebelles pour faire une descente chez les sang-purs lui crispait le ventre. Elle avait beau se dire qu'il s'agissait d'un comportement aussi bas que le leur, son coeur ne pouvait s'empêcher de réclamer vengeance. Toutes ses vies qui s'épanouissaient encore sereinement malgré les horreurs qu'elles avaient fait pendant la guerre auraient dû être brisées. Mais la Justice n'était pas forcément aussi égale et neutre en pratique qu'en théorie. Certains s'en sortaient pour des enjeux économiques, d'autres pour être des atouts trop importants aux yeux du Ministère. Les magouilles se camouflaient derrière de grandes idées de paix, et tous ces "Fils De" en profitaient pour se pavaner comme des princes sans crainte envers les ennemis du passé. Si seulement elle pouvait perdre ne serait-ce qu'une heure son sens de la morale, pensa-t-elle tandis que sa baguette, toujours dans sa main, lançaient d'inquiétantes étincelles sombres. Face à elle, un dandy dans son tableau lui jeta un regard interloqué et se cala au centre de son cadre pour mieux l'observer d'un air curieux. La main sur la hanche, il l'apostropha, avant d'hausser les sourcils d'un air suggestif :
- Besoin de réconfort, belle jouvencelle ?
Un soupir exaspéré aux lèvres, elle se redressa et s'éclipsa à grands pas du couloir, son chignon soubresautant vivement au rythme de ses pas.

Un battement très reconnaissable commença à frapper ses tempes, tandis qu'elle achevait son dernier cours de la journée. Sa mauvaise humeur ne l'avait pas quittée et elle en subissait maintenant les frais. C'était incroyable comme un abruti pouvait vous gâcher une journée. La mine maussade, Liliana quitta la salle de cours et marcha avec automatisme jusque l'infirmerie, avant de se raviser finalement. Elle savait pertinemment que les légers antidotes qu'administrait Mme Pomfresh ne lui suffiraient pas pour apaiser sa douleur. Son corps s'était habitué à des remèdes bien plus violents depuis l'année dernière. Les comprimés qu'elle avait avalé durant des mois et dont elle avait finit par devenir dépendante étaient les seuls qui supprimaient assez rapidement ses migraines. Cachets qu'elle avait interdiction formelle d'avoir en sa possession depuis les vacances scolaires et dont elle avait du se procurer un équivalent dans une rue mal fréquentée du chemin de traverse, en évitant soigneusement la surveillance drastique de son paternel. Bien sûr, elle ne les avait pas en sa possession étant donné qu'ils étaient interdits aux élèves de Poudlard. Mais évidemment, elle les avait caché dans un endroit où elle était certaine que personne ne viendrait chercher quoi que se soit.

La salle abandonnée où elle avait discrètement rangé son précieux remède était malheureusement à l'autre bout du château, et c'était avec un crâne qui semblait être prêt à se fendre qu'elle arriva jusqu'à la porte de la salle de classe désaffectée. La Serpentard ouvrit la porte, pénétra dans la pièce et... poussa un gémissement de douleur. Qu'est-ce qu'était que ce bruit horrible ? Une musique de sauvage hurlait à travers la pièce suivie par la voix rauque d'un homme semblant vomir ses tripes dans son micro. Dans un réflexe d'animal acculé, Liliana se laissa tomber accroupie contre la porte, la tête dans un bras et l'autre tendu en direction de l'élève qui écoutait cette musique de barbare, son arme, qu'elle avait préalablement sortie pour ouvrir sa cachette secrète, en main.
- Stooop ! Silenc...

Avant qu'elle n'ait achevé le sort, une lumière suivie d'une explosion retentit et la musique s'arrêta brutalement. Un silence bienfaiteur remplaça les décibels et Liliana releva la lentement la tête, à la fois soulagée et interloquée. Le pauvre baladeur que le garçon avait près de lui libérait une fumée sombre. Mais ce n'était pas le pire. Pourquoi avait-il fallu que le garçon en question soit Neil Riley ? Celui-là même qui, au vu des dires qui se propageaient dans les couloirs, vivaient un enfer depuis des jours à cause d'une histoire si complexe qu'elle n'en avait pas compris tous les tenants et aboutissants ? De ce qu'elle avait entendu, Neil passait pour le dernier des salauds pour avoir flirté avec Amalia lors d'une fête et l'avoir rejeté ensuite. Il lui semblait qu'une troisième laronne faisait parti de l'affaire, mais elle ne s'était focalisé que sur le premier détail, choquée par le mauvais goût du garçon en matière de filles. Elle savait néanmoins que cette teigne de Gryffondor avait été capable de faire courir les plus noires rumeurs. Elle était assez culottée pour cela. Cela n'avait guère d'importance, mais le fait était qu'il devait être d'une profonde mauvaise humeur. ...Et qu'il en avait bel et bien l'air.

L'air profondément gêné, Liliana se redressa vivement sur ses jambes. La tête lui tourna aussitôt. Peut-être que si elle gémissait assez à propos de son mal de tête, le bassiste des Nimbus ne lui en voudrait pas pour ce lamentable incident. Malheureusement, ce n'était pas son genre.
- Je suis... désolée. Ce n'était pas du tout ce que je voulais faire. Je... Je vais réparer cela...
Elle s'approcha lentement, longeant le mur pour s'y soutenir. Elle craignait d'empirer la situation en tentant de réparer les dégâts, mais enfin. Cela ne pouvait pas être pire. Toujours sur la défensive, elle tendit sa baguette en direction du baladeur de Neil et murmura un reparo qui, par miracle, fonctionna. La fumée noire disparut et les morceaux d'appareil revinrent à leur place, presque flambants neufs.
- Je suis vraiment navrée, j'espère qu'il va encore fonctionner correctement... Si ce n'est pas le cas, je t'en achèterais un autre, mais par pitié, ne remets plus cette musique le temps que je...
Tiens, tu ne pourrais pas te casser carrément, sinon ? Oh et qu'importait s'il la voyait chercher des drogues illégales dans une pièce oubliée de tous. N'était-il pas en train de fumer un joint ? Elle se détourna et s'éloigna de quelques pas avant de se laisser tomber à genou sur le sol, dans un coin de la pièce. Sous quel carreau de carrelage avait-elle caché la boite, déjà ? Elle hésita, incapable de réfléchir avec ce mal de tête infernal.
- Je te promets de ne pas t'embêter longtemps. J'ai juste quelque chose à chercher et je m'en vais. ...Si je le retrouve.
Murmura-t-elle d'une voix faible, tout en s'affairant à tapoter sa baguette contre tous les morceaux de carrelage vaguement branlants. Dommage, elle qui pensait pouvoir s'isoler ici jusqu'à ce que son mal de tête s'estompe. Bien qu'il fût très charmant avec elle au concert et en d'autres occasions, elle doutait que Neil n'ai envie de la voir traîner dans les parages alors qu'elle venait en sus de lui bousiller en beauté son instant de tranquillité. Si, bien sûr, on pouvait appeler ce genre d'activité un "instant de tranquillité".

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Neil Riley
Poufsouffle, 5 ème Année
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Mar 17 Mai - 16:32:29

Boucherie, libations sanglantes, décapitations, putréfaction, mort et cannibalisme, le programme de ce groupe était des plus éloquents. En cette fin de journée catastrophique, il rêvait d’appliquer les méthodes du chanteur sur tous les étudiants idiots qui osaient croire aux accusations qu’on lui portait. Il pourrait faire une sorte d’holocauste en l’honneur d’il ne savait quel dieu. Amalia serait la pièce maîtresse de la cérémonie, sacrifiée sur une montagne de cadavres à l’issue d’un long supplice… Cette musique violente était douce à son âme. Elle l’emportait dans un imaginaire pourpre où il était bon de se défouler, où les humains n’étaient plus que des créatures ennuyeuses et ridicules à broyer sans regret. Il devenait un instant la bête qu’il ne serait jamais. La colère seule s’exprimait. Elle lui soufflait avec plaisir les pires atrocités. Hélas, dans la réalité, les choses étaient plus compliquées. Les temps barbares dont certains métalleux semblaient nostalgiques, étaient révolus depuis plusieurs siècles. Planter un ennemi n’était jamais jouissif très longtemps. Et, pour avoir eu un aperçu du chaos l’année passée, il savait que les passions meurtrières n’avaient rien de drôle. Cependant, les airs déchirants qui se diffusaient dans la pièce le ramenaient au fantasme. Il tirait nerveusement sur son joint en méditant sur la manière dont il avait envie de torturer la Gryffondor. Visionner un crime qui n’aurait pas fait défaut à Jack l’Eventreur ne l’aiderait pas à trouver une solution pour réintégrer une vie scolaire tranquille mais il avait pris l’habitude de souffrir en silence. Il essuyait chaque affront avec une passivité étrange. A quoi bon s’élever ou se la jouer redresseur de torts ? Qu’y pouvait-il si les gens étaient idiots ? S’il suffisait d’une histoire aussi bête pour détourner le monde de lui, alors le monde n’en valait pas la peine. Il préférait encore rester seul. La vie sociale n’était pas sa priorité. A Poudlard, il pouvait compter sur deux personnes, Adam et Alexia, ce qui était déjà très bien. Il n’était pas certain que tous ceux qui s’intéressaient à son affaire aujourd’hui pussent en dire autant… C’était une vague consolation. Avec un soupire il songea que son bonheur ne tiendrait jamais à cette petite sécurité.

Sa tranquillité non plus n’était pas assurée. Alors qu’il se laissait aller au marasme le plus complet son baladeur se souleva et explosa. La voix gutturale mourut en faisant vœu de démembrer la terre entière. Quel était l’abruti qui osait le déranger ? Qui se donnait le droit de détruire ses affaires sous le seul prétexte de ne pas aimer sa musique ? S’amusait-il à brûler les écouteurs des fan de r’n’b lui ? Et pourtant, lorsqu’il se trouvait coincé dans la même pièce qu’un petit con qui écoutait sa « musique » (mais il trouvait cette appellation inconvenante pour cette vulgaire nuisance sonore) à fond sans avoir le sentiment de déranger il trouvait cette réaction parfaitement légitime. Celui qui s’amusait à le provoquer avait très mal choisi sa cible. Il leva vers l’intrus un regard noir et serra sa baguette. S’il voulait la guerre, il était parfaitement disposé à… L’identité de son agresseur le laissa bêtement inexpressif. Liliana ?? Il était encore plus maudit qu’il le pensait. La jeune fille n’aurait jamais dû le trouver dans cet état de prostration lamentable. En plus, elle venait certainement de le prendre pour ce genre d’ado rebelle stupide qui s’amuse à faire exploser les décibels pour revendiquer ses goûts brutaux. Que lui avait-il dit pour faire son malin lors de la dernière interview ? Qu’il appréciait le post-punk et le rock alternatif… Pour sûr, l’impression était très réussie… Il la fixa sans savoir comment réagir, partagé entre la honte et la colère. Mais, les excuses confuses qu’elle lui livra retinrent les reproches furieux qui menaçaient de franchir ses lèvres. Elle ne l’avait visiblement pas fait exprès… Ou reconnu trop tard peut-être. Neil n’avait pas la force ni l’envie de lui répondre. Il se sentait complètement abattu. D’un air absent, il la laissa réparer le baladeur et ne répondit rien lorsqu’elle le supplia de ne pas remettre cette musique le temps que… Quoi ? Qu’elle quitte la salle ? Sans doute, même si la raison de sa présence était obscure. Un instant, il se demanda si elle ne l’avait pas suivi pour l’interviewer dans le but d’écrire un article sur la « grande » affaire qui secouait Poudlard depuis le début de la journée. Résolu à ne rien céder à personne il se renfrogna et marmonna un vague :


- Laisse tomber, ça ira…
, lorsqu’elle se proposa de le rembourser.

Apparemment, la Serpentard n’était pas venue pour lui. Sa posture le mettait tellement mal à l’aise qu’il préféra l’ignorer et fuir son regard. Elle connaissait sans doute l’histoire dans les détails et avait probablement une bien triste opinion sur son sort. Cette conclusion lui donna un goût écœurant dans la bouche. Il écrasa son joint par terre et ramena ses jambes contre lui pour observer les gestes curieux de Liliana. La jeune fille s’était accroupie par terre et tapotait chaque dalle d’une main fébrile. Elle n’avait pas l’air en grand forme. Son visage lui sembla même anormalement pâle… Quelque peu alerté, le Poufsouffle oublia ses problèmes et se redressa pour se rapprocher d’un pas hésitant vers elle.

- Tu es sûre que ça va ? Tu… Tu as besoin d’aide ?
dit-il à mi-chemin.

Il avait toutes les chances de se faire remballer, mais, pour le coup, ce serait vraiment salaud de sa part de ne pas s’enquérir de son état. La jeune fille lui était apparue sous des jours beaucoup plus flamboyants. Là, il craignait presque de la voir s’évanouir.

- Je suis désolé pour la musique
, ajouta-t-il sans trop savoir pourquoi. Je ne savais pas que tu… que quelqu’un… utilisait cette pièce.

Utiliser était un bien grand mot mais il préférait éviter le terme « cachette » ou « réserve », même s’il était vraisemblablement plus approprié. Quel jeu de malchance ! Dans une aile abandonnée il n’avait rien trouvé de mieux que se poser dans une salle où Liliana avait des choses à cacher… Il était tentant de partir pour éviter de nouveaux ennuis. Ce n’était pas le moment de découvrir un secret qui ne le regardait absolument pas. Il recula au lieu de s’approcher, dans l’attente d’une réponse claire de la part de la rédactrice en chef.



Dernière édition par Neil Riley le Jeu 19 Mai - 21:21:25, édité 1 fois
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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Mer 18 Mai - 15:45:40

Une armée de barbares assoiffés de sang et de viol de jeunes pucelles innocentes couraient épée au poing dans son crâne, face à des cavaliers tout aussi sanguinaires, engoncés dans des armures de fer qui s'entrechoquaient effroyablement. Même les chevaux étaient parés pour une guerre sans nom jusqu'au bout de leurs sabots. Deux armées qui se confrontaient de part et d'autre du front de Liliana. Chacun une tempe. Elle avait envie de se laisser choir sur le sol si frais, tête contre pierre. C'était affreux. Ses mains tremblaient et elle soupçonnait avoir l'air d'une pauvre fille prête à s'effondrer au lendemain d'une soirée trop festive. Les pulsassions de son pouls semblaient frapper jusque dans ses yeux, lui donnant la douce envie de les arracher de ses orbites (oui, je suis une pro du mal de crâne, je retranscris vachement bien, hein ?). Et bien sûr, elle ne pouvait pas se laisser aller aux pires preuves de faiblesse devant Neil. Paraître en forme lui en coûtait trop cependant et lorsque le bassiste s'enquit de son état, elle ne fit aucun effort pour paraître aller mieux. Elle se redressa légèrement en poussant un soupir tandis que du bout des doigts, elle faisait tanguer un dallage branlant. C'était certainement ici qu'elle avait caché ce qu'elle recherchait. Elle releva cependant les yeux sur Neil, qui attendait certainement une réponse à sa question, avant de récupérer son précieux remède.

- Merci, ça va aller pour l'aide. J'ai trouvé ce que je cherchais de toute façon.
Murmura-t-elle en tentant un sourire, avant de soulever la dalle qui semblait peser une tonne dans son état de faiblesse. Elle extirpa du trou une simple petite boite de métal tandis que Neil s'excusait. Le pauvre devait être aussi décontenancé qu'elle un instant plus tôt. La voir agir de la sorte, dans un tel état, n'était pas commun. Liliana cachait fort bien ses migraines au reste de Poudlard et son caractère qui lui donnait cet aspect inébranlable trompait tout un chacun. Malheureusement, il fallait que le Poufsouffle décide de se réfugier dans la même salle qu'elle pour ruminer, se doutait-elle, les affreux ragots qui couraient sur son dos.
Déjà, quelques élèves étaient venu la trouver pour quémander un article retentissant sur les moeurs du jeune homme, mais elle avait refusé. Si la Gazette s'était déjà prêtée à ce genre de jeu par le passé, elle n'avait aucune envie que cela soit fait sous sa direction. Liliana abhorrait ce genre de rumeurs souvent fausses ou exagérées par les on-dit et ne voulait pas transformer la Gazette en torchon et sa réputation de rédactrice sérieuse en rapporteuse de commérages. Elle était lue non plus seulement par les élèves de Poudlard, mais aussi par les parents d'élèves et autres curieux en dehors des murs. Ce genre d'histoire n'était pas du tout ce que recherchaient ces lecteurs. Et si elle pouvait se montrer dure envers certaines personnalités de l'école, Liliana n'avait aucune envie de s'en prendre à Neil. Elle l'appréciait, c'était une très bonne raison de ne pas céder aux bruits de couloir.

- Ne t'excuse pas, tu ne pouvais pas savoir. Je n'imaginais pas non plus que quelqu'un d'autre a trouvé le même refuge que moi. C'est seulement une drôle de coïncidence. J'en rirais si je n'avais pas l'impression qu'un troupeau de troll soit en train de danser la salsa dans ma tête, et si je n'avais pas malencontreusement détruit ton baladeur.
Liliana lui adressa un long regard. Elle aurait bien aimé s'enquérir de son état, elle aussi, cependant elle avait peur de mal faire en tentant d'être agréable. Elle se sentait bonne à rien avec cette fichue migraine et regrettait d'être trop focalisée sur sa propre douleur pour ne savoir comment être sympathique envers le garçon. Ils semblaient décidément voués à se rencontrer dans de drôles de circonstance. Celle-ci était particulièrement désagréable. Que devait penser Neil d'elle en la voyant dans un état pareil ? Elle devait avoir l'air d'une pauvre adolescente incapable de surmonter ses petites douleurs. Or, bien que la douleur ne soit pas si petite, elle se sentait aussi minable que ce ces filles-là, pleurant qu'on les achève pour la moindre petite céphalée. Au moins, la Serpentard ne pleurait pas, bien qu'elle en ressentait l'envie par à coup, à la façon d'une pulsion qui semblait être la solution pour dégager toute la pression qui s'exerçait sur son crâne. Or, elle savait pertinemment que cela n'arrangerait en rien la douleur, bien au contraire. Mieux valait exécuter immédiatement le geste salvateur. Elle ouvrit la boite en ferraille et attrapa un comprimé blanc qu'elle avala sèchement. Puis, au mépris du bourdonnement de son pouls dans ses oreilles, elle rangea le reste sous la dalle qu'elle replaça sans ménagement. Mieux valait sortir de sa vue ses cachets avant qu'elle ne soit tentée d'en prendre un deuxième, qui ne ferait pas partir son mal de tête plus vite, en plus de la shooter complètement. Elle s'y était essayé une fois et cette expérience lui avait suffit pour se prévenir d'une autre.

Il y avait un sérieux inconvénient à cette histoire. Maintenant que Riley l'avait vu avaler un drôle de comprimé blanc caché dans une obscure salle abandonnée, il devait inévitablement être en train de se poser des questions à propos de son attitude et de sa santé. Elle n'avait ni la force de lui expliquer clairement la raison de ses agissements, ni envie d'admettre qu'elle était plus ou moins régulièrement victime de migraines au détriment de son image. Au moins semblait-il être quelqu'un d'assez discret pour ne pas ébruiter cette histoire, au contraire des pies qui s'acharnaient sur le dos du pauvre garçon. La meilleure solution était de faire comme si de rien n'était.

La rédactrice se releva péniblement et s'avança jusqu'à la table sur laquelle elle s'allongea, harassée et une main sur le front. Raté pour le "comme si de rien n'était". Tant pis.
- Tu as dû avoir une journée difficile toi aussi... Je suis désolée de t'imposer ça, mais il faut que je m'allonge un instant. ...En parlant de mauvaise journée, puisque tu es là... J'ai une bonne nouvelle pour toi, si on peut appeler cela ainsi... J'ai... J'ai envoyé promener tout ceux qui sont venus me voir à ton sujet, en vue d'un article à propos des bruits de couloir... Je t'encourage à envoyer un sortilège de chauve-furie au premier pigiste qui viendra t'embêter avec ça. Précise bien que c'est de ma part, ça les calmera. Quoi qu'il se soit passé, ça ne regarde personne. ...D'ailleurs... À ta place, j'enverrais un sortilège de chauve-furie groupé, avec Amalia bien au centre... histoire qu'elle se prenne le gros du sort dans sa sale tête.
Son humour était particulièrement désastreux, mais enfin, cette remarque parvint tout de même à la faire sourire pour elle-même. Elle ignorait ce qu'il s'était passé mais, depuis le début de l'année, Amalia était de plus en plus pénible pour tout le monde et, fautive ou non, Liliana pensait que cela ne lui ferait pas de mal de se prendre en pleine face les conséquences de ses actes. Cela ferait peut-être même grand bien à ceux et celles qui avaient subi sont attitude. Elle ne savait pourquoi, imaginer Amalia avec une centaine de chauve-souris sanguinaires sur la tête semblait apaiser sa migraine.

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Neil Riley
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Ven 20 Mai - 17:07:29

Il observait Liliana d’un drôle d’air, surpris de la voir à terre. La jeune fille au port altier, si droit et si fier, semblait vaincue par un malaise encore indéterminé. Néanmoins, lorsqu’elle souleva une dalle pour prendre une boîte de métal qui contenait des comprimés blancs, Neil fut saisi d’une vive inquiétude. Cette pâleur, ces tremblements, toutes les précautions prises pour dissimuler les cachets… Se pouvait-il qu’une Serpentard qu’il estimait tant fût victime du manque ? De plus en plus mal à l’aise, il recula d’un autre pas. Liliana, camée ? Non, il n’osait y croire. Pourtant, chaque élément mis bout à bout corroborait cette thèse. Elle avait vécu une année difficile, perdu sa mère, un ami proche et subissait visiblement le lynchage de ses camarades sang purs. Or, loin de craquer, elle s’était investi à temps plein dans la Gazette de l’école et ne s’autorisait aucun temps mort. A ce rythme, beaucoup n’auraient pas tenu. Elle prenait peut-être quelque chose… D’ailleurs, n’avait-elle pas défendu le bassiste des Mystics Sombral lorsqu’il avait critiqué son état avant le concert ? Cet homme était un drogué notoire. Si les produits étaient légaux, elle n’aurait pas eu besoin de les ranger en un lieu aussi improbable. Mais il pouvait extrapoler… Il l’espérait vivement. Que ferait-il s’il voyait juste ? La situation serait délicate. Il ne pensait pas rejeter la jeune fille sous ce seul prétexte puisqu’il n’ignorait pas les efforts qu’elle devait donner chaque jour pour survivre, cependant, il était terrifié à l’idée de se retrouver confronté à un problème qui le dépassait.

Alors qu’il se perdait en circonvolutions tragiques, Liliana essaya de plaisanter en lui expliquait qu’elle avait mal à la tête. Neil se détendit légèrement. Au moins, elle ne se sentait pas coupable au point de lui sauter à la gorge pour le faire taire. Elle disait peut-être vrai… Certaines personnes avaient des céphalées particulièrement violentes, surtout les filles, lui semblait-il.Mais cela n’expliquait pas pourquoi les médicaments se trouvaient si loin de son dortoir. Ce n’était pas logique. Il ne s’amuserait pas, par exemple, à installer sa pharmacie personnelle derrière la pierre cassée d’une salle du sixième étage… Toujours sceptique, il acquiesça prudemment et demanda d’une hésitante :


- Tu as… une migraine ?


Si tel était le cas, il fallait lui pardonner ses élucubrations précédentes, il n’avait pas les idées très claires non plus. Le joint ne l’avait pas calmé et il avait l’impression que les pensées couraient à deux cent à l’heure dans sa pauvre tête. Il regarda Liliana s’allonger sur une table avec l’impression d’être complètement halluciné. Cette situation était complètement surréaliste. On aurait dit une patiente sur une table d’opération, songea-t-il mal à l’aise. Elle ne le chassait pas mais il n’était pas certain de vouloir rester, surtout depuis qu’elle avait commencé à lui parler de son abominable journée. Sa « bonne nouvelle » n’en était pas une… Il était atterré d’apprendre que des élèves s’étaient déjà empressés de réclamer un article à la Gazette. L’affaire était allée trop loin, mais il ne pensait pas que certains la verraient comme le grand scandale de l’année… La petite notoriété des Nimbus n’y était pas indifférente, évidemment. Si le groupe continuait d’avancer sur le chemin de la gloire il devrait se préparer à démentir une dizaine de rumeurs par jour… Hélas, la célébrité n’était pas de tout repos. Heureusement, à Poudlard, la rédactrice-en-chef semblait décidée à le préserver des lynchages médiatiques. Ses prédécesseurs n’avaient pas toujours eu la même ligne de conduite. D’une année à l’autre, la Gazette de Poudlard pouvait passer de journal d’information à magazine people, en fonction des personnalités qui tenaient les rênes… Néanmoins, tout le monde était libre de proposer un article et il n’était pas à l’abri des initiatives personnelles de reporters en herbe. Dans ce cas de figure, Liliana lui conseilla sans hésiter de distribuer des sortilèges de chauve-furie à tous les gêneurs et même à Amalia. Ces mots lui arrachèrent enfin un sourire. Maintenant qu’il avait pris le temps de s’isoler, il était à peu près sûr que le prochain curieux se ferait démonter par un sort bien placé. Et il était vraiment rassuré de savoir que la jeune fille n’accordait pas de crédit aux pleurnicheries de la Gryffondor…


- Mais si je fais ça, j’ai peur qu’elle n’arrive à me faire passer pour un véritable fou furieux
, soupira-t-il. Il serra furieusement les poings. Je déteste cette fille. Il faut que tu saches que tout ce qu’elle a pu raconter sur moi est complètement faux. C’est juste qu’elle ne supporte pas que je l’évite. Mais moi, je ne l’ai jamais touchée et il y avait des témoins pour le confirmer pourtant. C’est incroyable qu’elle ait réussi à tous les embobiner…

Il posa ses mains sur la table sur laquelle Liliana était allongée et s’appuya en baissant la tête. Les pensées lui battaient à nouveau les tempes. Cette histoire n’avait ni queue ni tête. Elle était aberrante et, pourtant, elle ne le quitterait pas. Maintenant que le mal était amorcé, il y aurait toujours un malin pour rappeler le non-événement à la mémoire des autres. Au moindre doute, il aurait droit au « souvenez-vous, ce type s’est déjà comporté comme un parfait pervers ». Qu’importait que ce fût vrai ou non ? L’affaire était riche en commérages, c’était tout ce qui intéressait les gens. On ne médisait pas assez sur lui depuis le début du groupe. A côté de Simon et de Robin il gardait une image de garçon sage, ce qui n’avait rien de drôle… Ils tenaient l’un de ses prétendus vices cachés grâce à Amalia et, tant que la jeune fille ne serait pas vue comme une affabulatrice, les soupçons resteraient…

- Je suis sûr que si Amalia avait été à Serpentard, personne ne l’aurait crue aussi facilement. Les Gryffondors sont aussi pourris que les autres,
cracha-t-il d’une voix sombre.

Oh oui, bien sûr, les descendants de Godric avaient un esprit droit, attaché aux grandes valeurs. Mais ce n’était qu’un idéal. Ils étaient tous humains. Et, comme il existait des Poufsouffle présomptueux, on trouvait des Gryffondors menteurs. La force et le courage n’avaient jamais empêché la méchanceté. D’ailleurs, entre Liliana et Amalia, Liliana était celle qui avait le plus de cœur. Il était impossible d’en douter.
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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Lun 23 Mai - 15:04:06

Liliana plia les jambes avec une furieuse envie de se recroqueviller toute entière sur elle-même. Se sentir aussi mal et aussi faible lui était insupportable. Aussi, lorsque Neil lui demanda s'il elle avait une migraine, d'une voix hésitante, comme s'il craignait que cela soit bien pire que ce qu'elle prétendait, elle lui jeta un regard soupçonneux. Qu'imaginait-il ? Les cachets planqués derrière un carreau de carrelage, dans une salle que personne n'utilisait, sa faiblesse et sa pâleur pouvaient suggérer tout autre chose. Elle eut un sursaut, tandis que son coeur se crispait dans sa poitrine. Elle avait la sensation qu'on venait de lui administrer un coup de poing en plein dans l'estomac. Le Poufsouffle imaginait-il qu'elle se droguait ? Si tel était le cas, elle préférait s'expliquer plutôt que de rester aussi évasive qu'elle l'avait été jusqu'à présent. Que le bassiste ait une telle image d'elle n'était pas envisageable.
- Oui, c'est une migraine. Je n'ai pas le droit de prendre ses médicaments sans prescription et Pomfresh a annulé mon ordonnance. Rien d'autre que la griffonia ne me calme. Elle est bien gentille, avec ses conseils contre la dépendance à ce médicament, mais ce n'est pas elle qui souffre. Et je ne suis pas dépendante, d'ailleurs.

Neil n'avait pas intérêt à émettre l'hypothèse, ne serait-ce qu'en pensant, que sa dernière phrase était un mensonge. Il était vrai qu'elle avait largement abusé de la griffonia tout au long de l'année précédente, mais les deux mois de vacances scolaires et la surveillance de son père lui avaient permis un peu plus de quiétude et les migraines avaient finit par s'espacer pour finalement s'estomper. Du moins, jusqu'au début de l'année. Poudlard lui rappelait décidément trop de mauvais souvenirs et elle n'avait qu'une hâte, achever sa dernière année et quitter l'établissement. Si autrefois elle était particulièrement attachée au château millénaire, aujourd'hui, son amour pour les pierres grises des remparts s'étaient estompées à la manière d'un mirage ou d'un songe duquel on vient de s'éveiller. Après tout le mal qui avait été fait ici, son charme enchanteur avait perdu de son éclat...

Heureusement, le jeune Riley semblait ne pas désirer insister à propos de sa faiblesse, pour le moment. Il en était presque heureuse qu'il ait d'autres préoccupations que sa santé, bien qu'elle déplorait que ces dernières soient si démoralisantes. Cela devait arriver, après tout. Neil faisait parti d'un groupe et jusqu'alors, personne n'avait jamais rien eu à dire à son sujet. Il avait eu de la chance d'être épargné alors que le groupe commençait à se faire une petite réputation au sein de Poudlard. Neil ne pouvait continuer ses activités tout en bénéficiant de la tranquilité propre aux gens banals et sans histoires, les spectateurs comme les commères de bas étage demandaient des ragots et jouissaient de parler de la vie privée des personnalités qu'ils côtoyaient comme s'il s'agissait du secret de la vie sur Terre. Il allait bien falloir qu'il s'y habitue, même si cela n'avait rien de réjouissant. Liliana était assez bien placée pour comprendre la colère du jeune homme, elle aussi avait souffert des commérages, en particulier de ceux qui avaient été colportés sur le dos de sa mère tout au long de sa carrière.
Aujourd'hui, on la couvrait des plus belles éloges au seule prétexte qu'elle avait été assassinée. Si elle avait survécu à la guerre, Liliana n'était pas certaine d'entendre les mêmes discours pleuvoir sur la tête de Jane. À présent, c'était à elle que l'on s'intéressait, en tant que potentielle directrice d'Arrawn, on n'avait de cesse de la comparer à sa mère à travers les médias, d'émettre des soupçons, des hypothèses quant aux choix qu'elle se préparaient à faire, si bien que la Serpentard avait décidé de ne plus lire un seul article concernant l'entreprise Arrawn. Elle se demandait sérieusement où les journalistes allaient chercher leurs idées. Leur taux d'imbécilités à la ligne était tout bonnement hallucinant. Une chance pour elle, la rédactrice avait vécu depuis toute jeune dans cet univers, et cela lui passait plus ou moins au-dessus. Elle avait conscience qu'il ne fallait pas tendre l'oreille aux ragots de tout genre afin de ne pas finir par sombrer dans la folie.

Un sourire compréhensif glissa sur ses lèvres quand elle entendit le garçon se justifier et démentir ce qui avait été dit à son sujet. Elle voulait bien le croire, et n'avait aucune difficulté à le faire. Elle ne connaissait pas vraiment Neil mais, du peu qu'elle avait vu, elle ne parvenait pas à l'imaginer tel que ces histoires le décrivaient. D'une étincelle pouvait surgir un incendie ravageur et c'était apparemment ce qui s'était produit.
La Serpentard se redressa lentement et s'appuya sur une main en glissant l'autre dans ses cheveux attachés en chignon, qu'elle défit vivement pour envoyer la pince valser au loin. Le lien qui tirait ses cheveux en arrière semblait lui arracher le crâne. Néanmoins, la douleur c'était quelque peu atténuée. Les battements, bien qu'encore violents, s'espaçaient. Décidément, elle ne pouvait vraiment pas se passer de ces comprimés. Ils étaient miraculeux. Elle eut un maigre rire à la remarque de Neil à propos d'Amalia et hocha la tête, le regard un peu moins éteint qu'auparavant.
- Je l'ai toujours dit... On ne voulait pas m'écouter.

Liliana glissa sa main sur celle du bassiste en un geste amical, puis tenta de s'assoir confortablement, chose malaisée sur une table de classe rigide. Le monde tournait lentement, la lumière qui s'infiltrait à travers la fenêtre entrebâillée semblait irradier la pièce. Elle laissa le temps s'écouler dans le silence tout en rassemblant ses forces et ses pensées. Le calme de la longue minute qui s'écoulait la revigorait.
- Je comprend ce que tu peux ressentir, finit-elle par dire. J'ai été assez épargnée par les quolibets jusqu'à aujourd'hui mais ma mère en faisant souvent les frais dans la presse. Maintenant que je suis sensée reprendre la tête de son entreprise, évidemment, cela me retombe dessus... Le pire dans tout cela, c'est que je n'ai aucune envie de suivre ses traces, de n'être qu'une pâle copie de ce qu'elle était aux yeux des autres. Malheureusement, si tu perce dans la musique, il va falloir t'habituer à ce genre de déconvenues, et t'armer contre elles. L'humain est une espèce jalouse, les personnes comme Amalia trouveront toujours un moyen de te rabaisser ou de te reprocher n'importe quoi au prétexte que toi tu as réussi quelque chose dans ta vie, et que tu as l'effronterie d'aimer cela, qui plus est. Bien sûr, ils ont le don de taper là où cela fait le plus mal...

Un soupir lui échappa tandis qu'elle repensait à Parker et la remarque affreuse qu'il avait osé lui faire. Neil avait raison, certaines personnes étaient de réelles pourritures. Elle reconnaissait ne pas être elle-même une fille tendre envers les individus qu'elle dépréciait, et de savoir frapper sur les points sensibles de ceux qui l'avait blessée, cependant elle n'aurait jamais pu tenir des propos tels que ceux du Serpentard ou encore d'Amalia, seulement pour le plaisir de faire mal ou, pour l'autre cas, de faire parler d'elle en créant le scandale. Ce comportement lui apparaissait comme une bassesse absolue.
- Mais, quand même, je t'interdis d'insinuer que les Serpentard sont tous des menteurs reconnus, c'est tout de même vexant.
Ricana-t-elle afin de détendre l'atmosphère. Elle lui adressa un regard qui se voulait supérieur mais, bien que son mal de tête se faisait plus timide, elle avait toujours l'impression de n'être qu'à dix pour cent de ses performances habituelles, autant dire, pas crédible le moins du monde.

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Neil Riley
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Mer 1 Juin - 23:48:12

Le regard oblique que lui lança Liliana le fit déglutir péniblement. Sa question ne sonnait pas naturel et elle lui reprochait visiblement d’être assez idiot pour imaginer que sa souffrance pût venir d’une cause plus inquiétante. Gêné, il se préparait à lui promettre de n’en parler à personne – ça ne le regardait pas – lorsqu’elle confirma la thèse de la migraine. N’ayant jamais connu de problèmes de santé, il ignorait tout de la griffonia mais imaginait sans mal un remède radical. Les antidouleurs avaient tendance à rendre les patients dépendants. C’était le cas de la morphine, dont William S. Burroughs, un auteur qu’il aimait beaucoup, avait décrit le trafic dans l’Amérique des années 30. Même si ses craintes n’étaient pas tout à fait injustifiées, il se sentait honteux d’avoir supposé à Liliana une telle dépendance. La manière dont elle s’était justifiée lui laissait à penser qu’elle avait parfaitement compris le sous-entendu de son interrogation, voilà qui commençait mal. Il se mordilla la lèvre. Le milieu dans lequel il évoluait ne lui donnait pas des références très saines pour un adolescent de quinze ans. Evidemment, les romans sur la drogue circulaient allègrement dans les classes de cinquième années, mais les plus touchés par cet effet de mode restaient les familiers des concerts, des élèves rebelles qui avaient besoin de référents plus trash que les célébrités populaires.

Heureusement, un autre sujet remplaça leur embarras par un autre point délicat. Neil n’était pas enchanté à l’idée d’évoquer ses mésaventures mais il était soulagé d’être entendu par Liliana. Sa plus grande crainte avait été de la voir s’éloigner définitivement de lui. Leurs dernières rencontres s’étaient bien passées, Amalia n’avait pas le droit de gâcher le lien qui se tissait péniblement entre eux. Qu’elle le fasse rompre avec Perséis était une chose moins grave… Son histoire avec la Serdaigle n’était pas censée durer. Il avait voulu tenter une aventure sans surprises avec une fille facile à séduire. L’échec de cette relation le laissait indifférent. Au fond, il était même préférable. Le cas échéant, il se connaissait assez bien pour savoir que cette relation aurait pu durer jusqu’à la fin de l’année. Toutes ses petites amies avaient tendance à s’accrocher désespérément à lui en sachant qu’il était aisé de le garder en attirant sa pitié. Alyson avait même été jusqu’à utiliser l’argument ultime d’une jeune gamine de quinze ans : elle était prête à coucher avec lui. Les filles ne comprenaient rien. Ou, plutôt, il voulait croire qu’elles étaient plus que des objets à exhiber devant les autres mâles. Ces rivalités stériles auxquelles Robin et Simon s’adonnaient depuis leur troisième année ne l’avaient jamais intéressé. Visiblement, ses camarades ne lui pardonnaient pas sa droiture. Parce qu’il ne ressemblait pas à un intello coincé soudé au premier rang de la classe, il n’était pas autorisé à attendre l’amour pour se trouver une copine. Ce n’était pas drôle, il asséchait une source de potins pleine de belles promesses. L’histoire d’Amalia tombait bien. Tout le monde se fichait de la petite Perséis de toute manière, elle n’était pas assez connue à Poudlard pour représenter une conquête digne d’attention. Mais avec la Gryffondor… Quel scoop ce serait ! L’envie qu’ils avaient tous de le voir finir avec cette pétasse lui échappait. Il semblait que même les filles qui critiquaient Amalia sans la moindre tendresse espéraient que leurs « craintes » se confirmeraient. Tant d’indiscrétion lui donnait envie de s’enfermer dans une cave pour composer en paix, le plus loin possible du genre humain.

Un contact inattendu l’arracha à cette triste considération d’avenir. Comme dans un rêve, la main de Liliana s’était posé sur la sienne et sa peau tressaillit légèrement. Un frémissement traversa son bras, ses pensées se brouillèrent un instant tandis que son cœur accélérait la cadence. La jeune femme avait arraché son chignon. Elle était sublime, avec cet air abandonné, ses cheveux blonds qui cascadaient souplement sur ses épaules. Et il réprima un mouvement de recul d’un tout autre registre. La Serpentard le troublait à un point inimaginable. Il trouvait son malaise ridicule. Les sentiments les plus vifs ne créaient pas ce genre de blocage chez les autres. Pourtant, il préférait encore partir au courant que s’opposer au risque de dire une bêtise à cause de la confusion qui gagnait ses pensées. Liliana lui parlait d’elle, il devait l’écouter, c’était sans doute important puisqu’elle voulait lui affirmer son soutient. Que disait-elle alors ? Qu’elle avait souvent vu sa mère se faire insulter dans la presse. Oui, elle avait raison. Les célébrités n’étaient jamais épargnées. Il était stupide à jouer les princes offensés alors qu’elle avait probablement connu pire. Les gens étaient simplement jaloux et cupides, il ne survivrait pas s’il se contentait de laisser dire en gardant le silence. Mais comment s’armer ? Comment, à défaut d’empêcher les rumeurs, limiter leur propagation en rappelait à quel point ce qu’on lui supposait était infondé ? Le pouvait-il seulement ? Les trois autres membres du groupe n’avaient jamais été soupçonnés de l’inconduite qu’on lui prêtait. Pourtant, dans ce domaine, ils n’étaient certainement pas innocents. Combien de filles avaient-ils fait pleurer, sans le regretter, à côté de lui ? C’était écœurant. Après tout ce qu’il avait subi l’année dernière, pourquoi s’acharner à le détruire encore, pour des choses aussi stupides, dignes d’enfants qui n’avaient jamais souffert ? Avaient-ils un don pour la mesquinerie ciblée ? Non, c’était encore pire que ça…


- Ils frappent sans réfléchir et tout le temps, mais s’ils tiennent quelque chose de vraiment dégradant, ils s’acharnent…
, soupira-t-il d’une voix sombre, le regard baissé.

Son souffle restait court mais son rythme cardiaque se stabilisait peu à peu. Finalement, on s’habituait à cette présence. Il suffisait de penser à autre chose, de se concentrer sur la conversation rare qu’il avait avec Liliana. Ce sujet semblait particulièrement tendu pour la Serpentard. Mais il n’osait pas lui demander ce qui la rendait soucieuse. Ses histoires le dépassaient probablement. Lui, il n’avait qu’à se préoccuper d’affaires d’adolescents. A Poufsouffle, les gens étaient idiots mais pas franchement méchants, rien à voir avec les sang purs frustrés qu’on pouvait rencontrer dans la maison de Salazar. D’ailleurs, la jeune fille lui reprocha avec le sourire de mettre les verts et argent dans le même panier. C’était faux ! Une rougeur s’empara de ses joues, puis, comprenant qu’elle plaisantait, il répliqua sur le même ton.


- Mais c'est pourtant vrai, les Serpentard sont des menteurs, et les autres portent de fausses accusations avec sincérité.


Combien de fois avait-il entendu cette merveilleuse excuse ? « oui, elle avait tort, mais elle était sincère ». C’était probablement ce qu’on dirait d’Amalia dans quelques jours. Il soupira, passablement découragé. Liliana avait l’air un peu plus en forme mais son visage restait pâle. Il laissa un silence passer, absorbé par les vibrations de sa paume. La jeune fille n’avait pas encore retiré sa main, et il espérait qu’elle maintiendrait ce contact le plus longtemps possible. Si elle le retirait trop tôt, c’était que ce geste ne signifiait absolument rien pour elle… Mais s’il durait… peut-être que… Peut-être…

- Tu vas mieux ?
demanda-t-il en s’efforçant de sortir de ses rêveries. Je suis désolé si je te rappelle de mauvais souvenirs. Je sais que cette histoire est complètement stupide, et qu’il y a tellement plus grave que je ne devrais pas réagir de cette manière mais… Je me sens dépassé. Je crois qu’on cherche aussi à me donner une place qui ne me correspond pas, parce qu’on m’associe à des personnes qui n’ont rien à voir avec moi… Et qu’on ne comprend pas que je refuse de me comporter de la même manière… C’est difficile d’être soi-même quand les autres se sont déjà chargés de faire ton portrait par défaut…

Il avait parlé sans réfléchir, pour dire des choses qu’il avait toujours gardé pour lui et qu’il n’arrivait pas encore à analyser clairement. Mais la lumière se faisait peu à peu. Ses idées s’ordonnaient, il lui semblait que l’attitude de ses camarades s’éclaircissait. C’était peut être à cette condition qu’il serait en mesure de lutter contre eux…
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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Ven 10 Juin - 18:47:08

Les autres s'acharnaient. Ils prenaient un plaisir intense à papoter et critiquer, à faire peser leurs regards mesquins sur la nuque de leur cible. Ils étaient capables de détruire les plus faibles sans prendre conscience de la gravité de leurs actes. Liliana l'avait déjà vu. À Serpentard, la virulence avec laquelle les élèves jetaient leur dévolu sur ceux qu'ils jugeaient indignes (ou qu'il était amusant de démonter) n'était certainement pas moindre que dans les autres Maisons. Elle avait assisté, en troisième année, à l'humiliation publique d'une élève de Serpentard et se souvenait encore avec quelle intensité son visage s'était défait. Cette fille avait eu le malheur de s'être toujours montrée trop sage, jamais assez perfide et en avait fait les frais de la part d'une bande de saletés qui avaient réussi à l'atteindre là où cela faisait le plus mal.
On ne l'avait plus revu en cours pendant une semaine. À ce qu'il paraissait, la petite bande avait été sévèrement punie. Quand cette Cassidy - c'était son nom, si ses souvenirs ne la trompaient pas - était reparue, elle avait totalement changé. Elle ne parlait plus à quiconque, à peine à son amie la plus proche et se montrait agressive dès que l'on tentait de l'approcher. Il lui avait fallu du temps pour retrouver son caractère d'antan, et Liliana soupçonnait qu'elle ait fait une profonde dépression suite à l'acharnement qu'elle avait subi. Personne n'avait plus osé se montrer mesquin à son égard après cet incident, mais le mal avait été fait. La perfidie des adolescents pouvaient pousser au pire leurs victimes. Malheureusement, ils étaient souvent trop stupides pour se rendre compte de leur incommensurable bêtise. Rien n'excusait ces comportements, mais rien ne pouvait les empêcher, non plus.

La répartie de Neil la tira de ce triste souvenir. Un sourire amusé s'étendit sur ses lèvres, bientôt suivit d'un rire court et léger.
- Eh bien, nous avons raison de nous penser supérieurs aux autres. Nous ne croyons pas en nos propres mensonges, nos sommes tout de même bien plus lucides !
Rétorqua-t-elle avec emphase, sans remarquer les rougeurs qui s'emparaient des joues du garçon.
Cette phrase pleine de bon sens l'amusait franchement. Neil avait bien plus de qualités et d'intelligence qu'on voulait lui prêter. Il n'était pas donné à tout le monde de tenir une conversation aussi vive et sensée ; Liliana était ravie d'en être la bénéficiaire. Finalement, cette migraine lui avait offert une agréable opportunité. Cette dernière lui avait d'ailleurs fait oublier la douleur et, quand Neil s'enquit à ce sujet, elle hocha la tête et lui adressa un nouveau sourire.
- Ça commence à aller mieux, merci.
Murmura la rédactrice.

Il parla de nouveau et la toucha. Il avait quelque chose d'émouvant alors qu'il révélait sans crainte de son jugement la faiblesse qui le poussait à s'isoler, laissant entendre la crainte qu'il éprouvait à l'idée de ne pas supporter la puérilité de ses pairs. Ses traits plutôt durs encore quelques instants plus tôt s'étaient adoucis. Il ne semblait pas si fragile pour autant, seulement désappointé, et peut-être épuisé. Cette lassitude qui passait sur son visage fin, qui marquait légèrement sa peau lisse, était poignante. D'autant plus poignante que Liliana comprenait parfaitement ce que ressentait Neil, ce qu'il cherchait à lui dire. Elle était stupéfaite de se retrouver dans les propos d'un garçon qui semblait pourtant si différent d'elle. Un monde les séparait. Rien que la façon dont ils se tenaient et s'habillaient les éloignaient. Et pourtant... Pourtant ces mots là, elle les pensait aussi.
Liliana contempla un instant le bassiste, avant de baisser finalement les yeux, surprise par l'attrait soudain et violent qu'il exerçait sur elle. C'est à cet instant qu'elle remarqua sa main sur celle du garçon. Elle pensait l'avoir retirée, elle avait oublié les doigts qu'elle sentait sous les siens et la sensation que prodiguait le toucher lui revint brutalement. Son visage reprit quelques couleurs. Elle tressaillit, troublée tant par le discours qu'elle venait d'entendre que par les sensations qui émergeaient soudain. Elles semblaient avoir toujours été là, cachées derrière la douleur et les préoccupations. Maintenant que ces étranges émotions prenaient le premier plan, la souffrance ne ressemblait plus qu'à une bulle de savon oubliée quelque part au fond du décor. Ses uniques préoccupations étaient de trouver quelque chose à répondre au garçon et... savoir si elle devait ou non retirer sa main. Elle n'en avait pas envie, elle devait bien l'admettre. Peut-être était-ce d'ailleurs pour cette raison que son inconscient lui avait fait oublier ce contact mais, maintenant qu'elle se le rappelait, il était gênant. ...Aussi agréable était-il aussi, paradoxalement. Optant pour un compromis, elle pressa doucement la main de Neil puis se retira, laissant cependant ses doigts à quelques millimètres de ceux du Poufsouffle. Elle ne s'attendait ni n'espérait qu'il tente de nouveau le contact, loin d'imaginer les sentiments que l'adolescent éprouvait à son égard. Elle profitait seulement de l'instant, peut-être unique, qu'ils partageaient. C'était du moins ce qu'elle s'était choisi de se dire.

- Tu n'as pas à t'excuser, finit-elle par dire, le regard perdu devant elle. Au contraire, c'est réconfortant d'entendre quelqu'un partager ce que l'on ressent.
Elle garda le silence un moment, sans savoir que dire, ou n'osant prononcer les paroles qui lui traversaient l'esprit.
- Ce n'est pas toi qui me rappelle ces mauvais souvenirs, je n'ai pas arrêté d'y penser tout au long de l'après-midi, au point de finir dans l'état où tu me vois. Moi aussi j'ai mon Amalia avec toute sa bande... Tant qu'ils voient qu'ils nous touchent, ces gens-là continuent encore et encore... Malheureusement, je ne sais plus comment faire pour me débarrasser de ces vautours. ...Mais qu'importe, nous valons mieux qu'eux, n'est-ce pas ?
Malgré la désinvolture apparente de sa dernière phrase, Liliana coula un regard sérieux sur Neil. Elle poussa un soupir tandis que la mine arrogante de Parker flottait au-dessus de ses pensées.
- Nous avons vécu bien pire, aussi... Ils payeront un jour ou l'autre.
C'était du moins ce qu'elle espérait, mais elle n'y croyait qu'à moitié. Les personnages comme Parker et Steadworthy auraient déjà dû avoir la monnaie de leur pièce, après tout ce qu'ils avaient fait pendant la guerre. Cependant, eux et certains autres se pavanaient encore, intouchables. Elle s'étonnait qu'il n'y ait pas encore eu de règlement de compte au sein du château. Peut-être cela ne tarderait-il pas.

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Neil Riley
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Ven 1 Juil - 15:55:12

Neil se confiait peu. Son regard jugeait, mais il se taisait. Il savait qu’il n’avait pas la personnalité d’un leader, d’un type qui se faisait applaudir à la moindre connerie. On ne lui accordait pas les avis tranchés. Ce n’était pas son genre. S’il allait trop loin, on lui soufflait qu’il exagérait un peu, qu’il fallait voir les choses sous un angle plus clément. Il n’avait pas de temps à perdre avec des aveugles. L’idée d’argumenter lui passait toujours l’envie de s’exprimer. Alors il écrivait pour Robin. Lorsqu’il s’agissait de mettre des textes en chanson, c’était une toute autre histoire. Les adolescents fredonnaient joyeusement des airs révolutionnaires avec le sentiment d’être plus vindicatifs que jamais. Ils approuvaient ce que le conformisme social leur faisait réprimer. Tout passait mieux sur de la musique. Du bruit… c’était tout ce qu’il savait faire. Même s’il ne pouvait pas s’arrêter, il doutait de plus en plus souvent de l’intérêt de sa démarche. Les élèves consommaient la création comme les ragots. Ils en faisaient leur distraction du moment, voilà tout. Cependant, Liliana était moins fermée au dialogue que les autres. Elle ne se moqua pas de lui lorsqu’il s’emporta contre les autres. Elle l’approuvait sans chercher à lui faire comprendre qu’il était bien méchant de penser ainsi. L’avantage du Serpentard était que, contrairement au Poufsouffle, il n’avait pas une image de saint à entretenir. Il avait parfois l’impression qu’il était plus simple d’avoir une opinion sincère une fois jeté du côté des perfides. Qu’elle supposât qu’il se voyait supérieur aux autres le gênait néanmoins. Sans fausse modestie, il ne voulait pas se considérer comme privilégié. Les mensonges n’avaient jamais empêché personne d’avancer. Lui, il ne ferait rien, parce qu’il était trop sincère avec lui-même et avec les autres. Ce monde l’insupportait et, s’il s’en était toujours tenu éloigné, il lui semblait que l’impression d’être un étranger sur cette terre c’était aggravée avec les événements de l’année passée. Ce n’était pas un sentiment clair, mais plutôt une impression de vanité générale qui grandissait sans raison précise et, quand il était shooté, il s’étonnait de frôler sa propre chair sans rencontrer de la fumée. Pourtant, il se contenta d’acquiescer aux mots de Liliana. Pourquoi démentir un compliment qui leur faisait tous deux partager une sorte de panthéon. Ils se comprenaient, c’était tout ce qui comptait, et cette main noyait les discours au fond de sa gorge.

L’abandon qui le gagnait l’aida cependant à dépasser sa réserve. Il n’avait encore jamais parlé de cette manière… Ou plutôt, il n’était jamais allé jusqu’au bout d’un aveu par peur d’être mal jugé. Il commençait et laissait tomber. Quelque chose dans le regard de ceux qui l’écoutaient le décourageait d’avance. Il savait qu’ils interprèteraient de travers, qu’ils lui diraient ce qu’il ne voulait pas entendre, ce qui l’enfermerait plus profondément dans les problèmes dont il essayait de s’extirper. Mais une énergie différente passait entre Liliana et lui. La Serpentard avait une clé que les autres ne possédaient pas. Neil sentait qu’elle ne se moquerait pas de son trouble. Son cœur n’était pas tranquille cependant. Il avait la désagréable impression d’être allé trop loin et cette étreinte presque honteuse le vidait de toutes ses forces. Il se sentait d’autant plus mal que la jeune fille venait de retirer sa main. Elle avait réaffirmé sa présence une dernière fois en la glissant juste à côté de lui, mais il ne savait pas comment interpréter ces signes. En plus de ne pas savoir quoi dire, il ne savait pas quoi faire. La séduction n’avait jamais été son truc. Or, les propos de Liliana laissaient entendre qu’il avait abattu quelques barrières, qu’il la touchait au-delà de tout ce qu’il aurait pu imaginer. Elle disait éprouver la même chose que lui. Il leva un regard surpris vers elle et l’écouta avec la plus grande attention. La pauvre devait affronter des ennemis bien plus dangereux que cette pitoyable Amalia. Il avait vu Steadworthy et sa bande à l’œuvre à plusieurs reprises. Ces gens-là étaient réellement méprisables. Malheureusement, il n’avait pas de solution à lui donner, à part, peut-être, les coincer dans un coin de Poudlard sans leur baguette et leur envoyer la dérouillée de leur vie… Se persuader de valoir mieux que ceux qui nous détruisent, devient vite une question de survie. Il avait beau se dire que des gens aussi mauvais ne pouvaient pas être heureux, il ne pouvait affirmer qu’en étant pur, on pût espérer mieux. S’il y a une lumière, elle est sans cesse ombragée par les frustrations humaines. Ainsi, les mots de Liliana ne le consolaient pas vraiment… Mais il était rassurant que ce soit elle qui les tienne. Malgré son humeur morose, il lui tourna un autre sourir et murmura :


- Je n’aime pas souhaiter du mal aux autres. Je pensais que la colère sclérosait les problèmes au lieu de les résoudre. Mais aujourd’hui, je ne sais plus. J’espère que ceux qui t’ennuient se comportent de cette façon précisément parce que des charognards ont tendance à se battre autour d’un quartier de viande avarié. Leur règne est terminé, et ils le savent. La logique de survie rend les gens dangereux… Mais ce que nous avons vécu nous a aidés à les affronter. S’ils nous détestent, c’est peut-être parce qu’ils savent que, victimes d’un traitement semblable, ils ramperaient depuis longtemps… Enfin, ça fait toujours du bien de le penser. Ils croient que les choses peuvent encore redevenir comme avant… Il faudra que le ministère les détrompe et les laisse à leur propre misère, c’est tout ce que je souhaite.


Depuis quand parlait-il de cette manière ? S’il continuait, il faudrait bientôt qu’il troque son uniforme de Poufsouffle pour celui des Serdaigle. Liliana avait manifestement un don pour l’aider à oraliser ses convictions intimes et, à force de parler, il en oubliait d’être mal à l’aise. Fait rare, il avait le sentiment de ne pas parler pour dire des bêtises plus grosses que lui.
Le silence s’installa à nouveau. Il songea, le regard vague, à tous ces profiteurs de la Milice Pourpre qui avaient détruit l’adolescence de ses camarades. Combien d’élèves avait-il récupéré au coin d’un couloir dans des états qu’il n’osait nommer ? Une deuxième année de Gryffondor avait même failli mourir dans une aile abandonnée. Le visage en sang et les chevilles brisées par un sort, elle avait écorché ses doigts pour avancer sur les dalles poussiéreuses avant de perdre connaissance. L’infirmière l’avait sauvée de justesse lorsqu’il la lui avait apportée. Et qui étaient les coupables ? Des élèves. Des élèves non identifiés qui se pavanaient peut-être toujours dans Poudlard. Au moins, Neil n’avait pas de problèmes avec eux. Certains savaient, après avoir reçu une bonne mise à tabac, qu’il valait mieux éviter de le chercher, mais ils n’en parlaient pas, le souvenir était bien trop humiliant. Et, si la menace des poings combinés à quelques sortilèges offensifs frontaux ne suffisait pas, l’ombre de son frère, plus terrifiante encore, n’était jamais bien loin. Il avait eu de la chance… C’était pour cette raison qu’il faisait son possible pour continuer à protéger les potentielles victimes de ces adolescents ravagés par la cruauté.


- Ils ne comprennent que la loi du plus fort
, dit-il enfin le regard plus sombre. Si tu es bien entourée et que tu leur montres que tu peux leur rendre bien plus que ce qu’ils t’ont fait subir, ils se calmeront. Si l’ennemi est sinueux, deviens directe. Enfin… Je sais que c’est facile à dire comme ça mais en tout cas, sache que s’ils tentent quoique ce soit contre toi en ma présence, ils le regretteront.

Après une mince hésitation, il prononça ces derniers mots avec une ferme résignation. L’expression de son regard dépassait la colère ou la simple présomption, il y avait une violence en lui qui ne se déchainait pas tant qu’il ne l’invoquait pas, et ceux qui l’avaient vu en match de quidditch savaient qu’il ne sa lançait jamais dans une bataille à moitié. Mais ses traits se radoucirent très vite, et il sembla un peu plus perdu. Son regard glissa un instant sur la main de Liliana qui restait proche de la sienne et, sans un mot, il attendit une réaction, une approbation de sa part, après tous ces mots jetés au hasard.
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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Sam 16 Juil - 11:45:10

Rien ne serait jamais plus comme avant et les mots que les deux adolescents partageaient en témoignaient. Neil tout comme Liliana avaient mûri trop vite, trop brutalement, après ce qu'ils avaient vécu. Leurs certitudes étaient ébranlées, la sécurité et le confort n'avaient jamais tant paru comme des luxes éphémères. Tout, d'un instant à l'autre, pouvait se briser. La donne était également vraie dans le parti opposé. Ils s'étaient enfoncés dans un bourbier dont ils peineraient plus encore à se relever que leurs victimes, parce qu'ils avaient perpétré un outrage sans nom au respect de la vie humaine. Si elle n'en avait pas été leur victime, Liliana aurait presque eu de la peine pour eux, d'autant plus que certains avaient été plongé dans le bain de la violence par contrainte. Peu avait eu l'honneur d'avoir le choix. Peut-être même que, finalement, Darla ne l'avait pas eu non plus. Elle été née dans une famille détestable et n'avait d'autre solution que de suivre le mouvement ou d'être reniée. Liliana s'était souvent demandé ce qu'elle aurait fait à sa place. Ce serait-elle montrée était plus grande, plus forte ? Elle ne pouvait le parier. Cependant, tout ce qu'elle désirait à présent, c'était que Steadworthy disparaisse de sa vie. Elle avait eu l'espoir que cela se passe ainsi à la rentrée, mais son espoir c'était transformé en cruelle désillusion. Elle s'était menti à elle même pour se donner le courage de retourner à Poudlard, s'imaginant en essayant d'y croire que tout serait résolu après la guerre. Mais les plaies les plus profondes mettaient du temps à se cicatriser, et les stigmates... des années avant de disparaître, s'ils disparaissaient un jour. Il fallait s'y résoudre, vivre avec ses souffrances. Mais tout ne dépendait pas seulement de sa volonté, ni de celle de Riley. Leurs opposants devaient aussi admettre leur défaite, l'assimiler et s'en défaire pour aller de l'avant.
- Certains ne se remettent jamais d'une victoire, pensant avoir gravi des montagnes juste avec une réussite. D'autres n'admettent jamais leurs erreurs et leurs échecs. S'il n'y a qu'un seul camp prêt à passer outre les humiliations et les affrontements, cela ne peut pas fonctionner... Je pense que la guerre n'est pas complètement achevée. L'air est encore lourd de tout ce qu'il s'est passé. C'est peut-être encore moins supportable pour eux. Tu as raison, ils doivent avoir bien plus peur que nous, d'autant plus qu'il y a quelques murmures qui racontent que certains auraient subit les dommages et intérêts de ce que les partisans des Carrow avaient fait.
Son regard se durcit.
- Mais ils ne s'en prennent qu'à des petites frappes. Ils se révèlent aussi lâches que les Sang-Purs dans leur vengeance. Les pires d'entre eux sont encore à l'abri, pour le moment. Comme d'habitude, ce sont ceux qui le méritent le moins qui paient.

Le conseil de Neil n'apaisa pas Liliana. Ce qu'il lui disait était peut-être valable pour certains des partisans des Carrow, mais ne l'était pas pour Darla. Celle-ci semblait ne jamais vouloir abandonner. Il semblait qu'elle n'avait jamais eu quoi que ce soit à perdre. Elle était acharnée car la violence était tout ce qu'elle connaissait. Il n'y avait rien à espérer d'elle, même pas une capitulation. Sa famille de malades l'avait endoctrinée avec brio, c'était un parfait stéréotype de tout ce à quoi aspirait ces gens. Peut-être même étaient-ils encore pire que les Sang-Purs parce que leur statut sanguin n'était pas clair. Son cousin lui en avait apporté la preuve, les Steadworthy avaient usurpé leur rang. Seule la taille de leur coffre fort devait les protéger d'une telle infamie, d'un côté comme de l'autre. La Serpentard retint un rire amer. Darla n'était pas humaine. Parker n'était rien à côté d'elle, parce que Parker, lui, ressentait la peur. Si elle avait été confrontée à elle plutôt qu'à lui aujourd'hui, elle s'en serait certainement sortie avec de nombreuses balafres, comme la fois précédente, au terrain de Quidditch. Liliana avait eu de la chance que Harry leur tombe dessus. Potter, ce héros.
Le reste des propos de Neil troublèrent Liliana. Il n'était pas rare d'entendre des élèves plus ou moins proches qui se plaisaient à promettre une protection, comme si les sévices subit leur apparaissaient comme parfaitement intolérables alors qu'il ne s'imaginaient pas une seconde intervenir au moment venu. Les gens sincères et prêts à foncer tête baissée pour soutenir une connaissance qu'ils appréciaient étaient rares. Elle ne doutait cependant pas une seule seconde de l'engagement qu'il lui promettait, son regard parlait pour lui. Et c'était bien ce regard qui l'étonna au-delà des mots. Sa conviction paraissait inébranlable. Il transparaissait même une violence jusqu'alors insoupçonnable dans ses yeux bruns. Elle cilla.
- Darla est plus que directe, crois-moi... Murmura-t-elle en un soupir, tandis qu'elle sentait le regard du garçon la quitter.
- Néanmoins, je te remercie, ça me touche. Mais... fais attention à toi, je ne tiens pas à ce que tu te retrouve plongé dans les mêmes problèmes que moi. Je risquerais sinon d'avoir des ennuis avec ton frère.
La Serpentard lui adressa un regard amusé. Elle lui adressa un sourire et tendit la main en direction du baladeur, qu'elle effleura du bout des doigts tout en observant l'objet, l'air quelque peu pensif.
- Finalement, je suis contente d'avoir cassé ton baladeur.
Sa main retomba dans le vide et ses yeux se braquèrent dans ceux de Neil, l'attente et l'interrogation brillant dans le bleu de ses pupilles. Son buste s'était légèrement penché vers le Poufsouffle et si Liliana n'avait pas conscience de ce détail, elle savait pourtant bien ce qu'elle espérait en lui adressant un tel regard.

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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Sam 30 Juil - 16:24:54

Il faudrait du temps. Neil se le répétait chaque jour en voyant les violences qui éclataient au moindre mot de travers. L’ambiance était explosive au château. Les élèves se vexaient d’un rien, en particulier ceux qui se posaient du côté des victimes. Ils voulaient de la tolérance, du respect, de la retenue et tout faisait un lien avec la guerre dans leur tête surchauffée. C’était à un point tel qu’il n’était plus possible de critiquer les moldus sans se faire taxer de néo-mangemort. Ils avaient tous des frères, des mères, des oncles au troisième degré qui avaient perdu la vie au cours de la bataille pour justifier leur colère. Cet acharnement en devenait vraiment ridicule. En tant que né-moldu pur souche, le Poufsouffle se désespérait d’un comportement haineux et sectaire qui n’aiderait jamais les siens à se faire accepter dans le monde sorcier. Il n’y avait pas une société meilleure que l’autre. Chaque monde avait ses défauts, et il fallait composer avec sans se mettre des œillères de fanatiques. Or, les nouveaux pro-moldus voyaient l’insulte partout. Parfois, il se demandait ce qui le retenait d’aller briser leur baguette en leur conseillait d’aller vivre de l’autre côté si tout y était aussi parfait qu’ils le prétendaient. Qu’est ce qui les retenait ? L’envie de jouer les justicier, de flatter leur égo en jouant les rédempteurs. La description de Liliana était, hélas, au plus proche de la réalité. La guerre ne faisait que commencer ou, plutôt, le brasier d’une querelle qui existait depuis le début de l’humanité s’était ravivé plus violemment que jamais. Il acquiesça sombrement lorsque la jeune fille évoqua les rumeurs du château à propos des règlements de compte que les victimes menaient elles-mêmes, sans autre motif que celui de rendre les coups qu’ils avaient subi au premier partisan venu. Seulement, les véritables disciples des Carrow n’étaient pas très nombreux. Nombreux étaient ceux qui avaient été forcés par leur famille, par d’autres étudiants plus forts, à approuver les pseudo-enseignants. Certains étaient soupçonnés d’avoir collaborés à cause de leur nom, de leur blason et de leur attitude trop lâche. D’autres n’avaient que douze ans au moment des faits et avaient à peine compris ce qu’ils faisaient, ils avaient suivi, plus par crainte que par méchanceté, mais les nouveaux vengeurs n’accordaient le pardon à personne… Sauf à ceux qui le méritaient vraiment. Les meneurs n’avaient pas de soucis à se faire : ils avaient souvent des parents puissants assez malins pour avoir su conserver leur place et s’attaquer à eux était la promesse assurée d’une destruction sociale à vie dans le monde sorcier. Il aurait fallu que tout le monde s’élève contre eux. Mais, dans ces cas-là, l’individualisme primait et tout le monde craignait pour sa petite place. Des justiciers en carton-pâte, voilà ce qu’ils étaient.

- Les actions punitives prennent des propensions effrayantes, ajouta-t-il en soupirant. Je ne sais pas si tu connais Lara Stevens, c’est une troisième année de ma maison dont les parents travaillent au ministère. Son père a eu quelques ennuis avec la justice pour avoir couvert un mangemort apparemment et, l’année dernière, il y a eu une histoire à propos d’un élève qu’elle aurait dénoncé aux Carrow… Ils lui ont forcé à avaler une dizaine de pastilles nez-en-sang la semaine dernière à cause de cette histoire… Mais elle avait douze ans… Les Carrow l’ont forcée à parler, elle a eu peur, et que pouvait-elle faire ? Les voilà leurs coupables…

Il revit avec peine la petite rouquine après son retour à l’infirmerie, la tête baissée, les yeux baignés de larmes. Elle pleurait dès qu’on lui demandait qui lui avait fait ce mauvais tour. Après toutes les insultes qu’elle recevait pour avoir vendu un de ses camarades sous la menace, elle n’osait plus dénoncer qui que ce soit de peur d’être encore plus haïe. Oui, il faudrait du temps… Mais les blessures que certains recevaient cette année seraient aussi difficiles à effacer que celles qui avaient été infligées par les mangemorts.

Ce qu’il dit ensuite, sur un ton qu’il sentit beaucoup plus impitoyable qu’il ne l’aurait voulu troubla Liliana d’une manière qui lui fit craindre la bourde. Il se laissait emporter. Parler comme un chevalier moderne avait tendance à effrayer les filles. Néanmoins, il n’avait rien dit pour la beauté de la forme. Il pensait vraiment que s’il voyait quelqu’un s’en prendre à la Serpentard, son cerveau ne le contrôlerait plus. La guerre avait découvert toute la face bestiale de sa personnalité. Lorsqu’il commençait à voir rouge, il était aussi dévastateur et borné qu’un taureau rendu furieux par un drapeau qu’un agitait devant son nez par provocation. Darla était sans doute très dangereuse. Il pouvait la battre s’il le voulait, mais il ne pourrait pas affronter les ennuis qui s’ensuivraient s’il avait affaire à une vipère acharné. Surveiller ses arrières n’avait jamais été son genre. S’il voulait aider la jeune fille cependant, il fallait qu’il s’y efforce. Puisqu’on parlait d’Adam, il ne pourrait pas toujours compter sur son frère pour se sauver la mise à chaque fois qu’il se faisait des ennemis… Il adressa un sourire à Liliana mais répondit comme le garçon buté qu’il était :


- Je ne laisserai personne te causer des ennuis à cause de moi et pour ce qui est du reste, je ne peux rien te promettre. Je sais que je marche parfois trop aux sentiments, je fais ce que je pense juste. Si quelqu’un cherche l’embrouille à une personne qui ne l’a pas méritée, j’interviens, c’est tout.

Une Serpentard ne comprendrait peut-être pas ce point de vue. Il savait le risque qu’il y avait à se faitre traiter de Gryffondor mais, contrairement à ces derniers, il ne cherchait pas à entretenir une belle image de lui. Comme il l’avait dit, il faisait ce qui lui semblait juste, rien de plus. Mais l’était-il toujours ? Un voile passa dans son regard à la pensée de ce Serpentard à qui il avait presque fait perdre la vue. S’il n’était pas intervenu, il ne donnait pas cher du sort de l’enfant qu’il avait protégé. Cependant, il ne se pardonnait pas sa brutalité. Quand il y songeait, il revoyait toujours ces extrémistes pro-moldus qu’il critiquait tant. Au fond, il avait été pire qu’eux… Mais il avait sauvé des élèves. Etait-ce une raison ? Il se mordilla les lèvres. Les idées s’emmêlaient dans sa tête et, comme souvent lorsqu’il ne savait plus où il en était, il fit un mouvement pour s’en aller, comme ça, sans un mot, parce qu’il se trouvait en désaccord avec lui-même.

Liliana le retint avec une phrase étrange. Elle était contente d’avoir cassé son baladeur, et, lorsqu’il leva un regard incrédule sur elle, elle captura ses yeux pour ne plus les lâcher. Ce regard… Il le connaissait bien. C’était celui qu’il fuyait chez Amalia, celui qui l’avait poussé à embrasser Perséis et Alyson la première fois. Son cœur s’emballa à nouveau. Il semblait plus lourd à présent. Ses battements résonnaient jusqu’à ses tempes mais il gardait, au fond de ses prunelles, un sérieux déconcertant. Cette fois, il ne pouvait le nier, il sentait bien que quelque chose se passait, et c’était plutôt intimidant. Le visage de Liliana était proche du sien parce qu’elle s’était penchée, mais il s’était rapproché aussi, sans réfléchir. Il posa une main sur la sienne comme pour s’assurer qu’elle ne s’en irait pas et, comme la jeune fille ne bougea pas, il avança encore, prit son autre main, puis leurs fronts se touchèrent, son nez effleura le sien et leurs lèvres se rencontrèrent dans un baiser simple mais appuyé. Il ne fit pas de mouvement pour se reculer. Son souffle en suspens attendait la suite. Il croyait rêver ce moment et il ne voulait pas le voir s’envoler.
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Dim 21 Aoû - 14:22:31

Les élans du coeur et les pulsions des corps étaient parfois bien étranges. Quelques instants plus tôt, Liliana subissait une migraine à s'en rouler par terre la tête dans les mains. Un moment plus tôt, les deux adolescents entretenaient une conversation sérieuse et douloureuse, dont les enjeux ne les laissait ni l'un ni l'autre indifférent. L'histoire de Lara Stevens, si elle la connaissait, la bouleversait les rares fois où elle en entendait parler, comme s'il s'agissait de la première. N'importe qui aurait pu se retrouver dans sa situation, et craquer. À dix-sept ans, Liliana avait éprouvé toute la difficulté d'assumer ses idées dans une période aussi noire que la guerre. À douze, elle n'aurait pas tenu le choc. Il n'y avait pas besoin d'être clairvoyant pour le savoir. Et ça n'était pas une question de caractère. À douze ans, n'importe quel enfant, aussi caractériel et déterminé soit-il, pouvait être aisément manipulé ou terrorisé. Cette pensée, lui rappelant les souvenirs qu'elle avait de l'année précédente, lui en faisant imaginer d'autres, lui serraient le coeur et lui nouaient la gorge.

Peut-être était-ce ce sentiment de désespoir, de vide, qui, alliés à l'attirance croissante qu'elle éprouvait pour Neil, la poussa à retenir son attention par quelques mots étranges, pour planter son regard, éclairé d'une flamme très reconnaissable, dans le sien, et ne plus lui permettre de s'échapper. À la surprise du bassiste se supplanta très vite un parfait sérieux, et le ventre de la Serpentard se crispa agréablement lorsque leur visage se rapprochèrent. Le contact de sa main sur sa peau, puis de son autre main enfermant la sienne dans sa paume, tandis qu'il s'approchait encore, étaient électrisant.
Les mots qui les avaient animés jusqu'alors n'avaient plus lieu d'être à ce moment. Elle n'avait jamais tant apprécié le silence que lorsque leur visage s'effleura, puis que les lèvres du Poufsouffle se posèrent sur les siennes et les entrainèrent dans un baiser trop vite achevé.

Elle demeura figée, incapable de respirer à nouveau, ni de faire le moindre geste, tandis que leurs lèvres, encore, se touchaient presque et que sa poitrine demeurait à quelques millimètres du buste du garçon, immobile comme celle d'une statue. On ne lui avait encore jamais fait cet effet. C'était déconcertant, mais excitant également. Ses yeux se rouvrirent et elle respira de nouveau, doucement.
Sa main se détacha de la sienne pour se loger contre sa nuque et elle rompit la courte distance qui les séparait encore. Ses lèvres se posèrent sur les siennes, et sa bouche s'ouvrit, guidant celles du jeune homme dans un lent baiser langoureux.
Elle aima la texture de ses lèvres, la saveur de leur baiser. Elle ne s'expliquait pas cette attirance déraisonnable pour ce garçon qu'elle connaissait à peine, mais la vivre était une expérience grisante. Pour une fois, elle avait l'impression qu'elle n'aurait pas oublié cet étrange dérapage le lendemain matin. Il y avait quelque chose chez Neil qui lui plaisait terriblement, sans qu'elle ne puisse se dire quoi exactement. C'était un état de fait, qui ne lui donnait aucune envie de réfléchir sur le bien ou sur le mal de ce qu'elle était en train de faire.
Pour une fois, elle n'agissait pas pour oublier le désespoir qui, parfois, la rongeait. Ni pour satisfaire son orgueil, comme elle l'avait fait dans la forêt, auprès d'Harry. Tout n'était peut-être pas que vanité, finalement. La question de savoir ce que leurs agissements entraîneraient semblait, d'ailleurs, éveiller en elle un intérêt angoissant.

Liliana retira ses lèvres de celles de Neil, à regret. Ses deux mains avaient rejoint les hanches du garçon, et elle s'étonna de sa propre audace. Non pas qu'elle fut timide, mais simplement qu'elle s'était assez oubliée pour ne plus calculer ni mesurer ses propres gestes.
- C'est drôle... Murmura-t-elle en baissant les yeux sur ses lèvres. J'ai l'impression de l'avoir désiré depuis le début...
Elle s'appuya légèrement contre lui tandis que ses mains se refermaient, plissant le tissu de son vêtement, sur sa taille. Son visage toujours proche du sien, elle lui adressa un sourire doublé d'un regard aguicheur, résistant à l'envie d'embrasser encore une fois Neil et attendant avec curiosité sa réaction. Son intuition lui laissait penser qu'ils pouvaient aller plus loin tous les deux, qu'ils pouvaient s'entendre, qu'elle en tirerait du plaisir. Face à cette possibilité, sa raison, cette femme pessimiste et craintive, flanchait. Elle laissait cet instant aux émotions, sachant avec pertinence que demain lui serait réservé, et qu'elle éloignerait avec vigueur cet élément perturbateur, ce danger qui menaçait de faire souffrir, plus tard, lorsque les douces promesses empreintes de fantasmes auront disparu, avalées par la gueule avide du monde réel, cette énorme machine croqueuse de rêves et d'idéals.

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Neil Riley
Poufsouffle, 5 ème Année
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Dim 11 Sep - 20:44:32

Comment une conversation aussi sérieuse et dramatique pouvait-elle déraper de cette manière ? Neil songeait que, finalement, elle n’avait servi qu’à repousser l’instant tant attendu du baiser. Il avait vu des scènes de film similaires. Les deux personnages parlaient, la mine soucieuse, les yeux parfois baignés de larmes, après un acte particulièrement tragique et, soudain, ils se rapprochaient, s’embrassaient et se couraient après le restant du film pour s’unir à la fin. Il n’y avait jamais de surprise. Le spectateur pressentait les couples dès les premières minutes, souvent à cause d’un regard, ou d’une conversation qui s’étirait, comme la leur. Il était aisé de comprendre ce qui se passait. Les corps communiquaient à distance, d’une certaine façon. Il y avait toujours une arrière-pensée sous les poncifs honnêtes, une petite voix qui murmurait « Et sinon, on ne pourrait pas passer à autre chose ? », « Elle est tellement belle, et ses cuisses sont toutes fines, elles ont l’air douces… Et la poitrine tendue sous sa chemise blanche, ça serait agréable de l’avoir au creux de la paume… Si seulement tu pouvais… » Neil faisait comme tout le monde, il montrait le visage d’un garçon correct mais ses envies étaient ailleurs. Il avait senti au fil des mots qu’elles rejoignaient celles de Liliana. Le malaise n’était pas seulement dû au sinistre du sujet sur lequel ils étaient engagés. Il avait ressenti cette tension trois mois plus tôt, à la fin du concert. Si Amalia n’avait pas été là, ils auraient pu passer les frontières de la bienséance. Même si le Poufsouffle continuait à voir la Serpentard comme une fille aussi sublime qu’inaccessible, l’instinct lui avait soufflé, un court instant, qu’il ne la laissait pas indifférente. Evidemment, une fois la soirée terminé, il était convaincu d’avoir pris ses désirs pour une réalité.

Mais Liliana lui avait témoigné d’autres marques d’attention avant ce dénouement. Rien ne le surprenait vraiment. Il avait tellement pensé à cet instant qu’il ne se laissa pas démonter par la panique. Son corps était aux commandes. Il n’avait plus besoin de penser, et de se poser une série de questions inutiles sur le comportement à adopter. La jeune fille ouvrit ses lèvres sur les siennes, et le baiser se prolongea avec l’émotion timide de deux bouches qui apprennent à se connaître. Le souffle lui manquait, il semblait que son cœur allait exploser. Aucune fille ne l’avait jamais étourdi de cette manière. Il pensait que les baisers n’étaient qu’une chose agréable, qu’on se donnait pour officialiser une relation et profiter de la tension sexuelle innocente qu’elle impliquait. Il avait déjà embrassé Alyson des heures sans vraiment songer à plus, juste pour profiter au maximum d’une chaleur humaine collée contre son corps. Là, il touchait une dimension de plus, le désir palpait entre eux, comme un troisième cœur incontrôlable et diablement vorace. Il sentit à peine les mains de Liliana qui s’était agrippé à ses hanches pour l’attirer à elle. Lorsqu’elle rompit le baiser, il eut toutes les peines du monde à retourner sur terre pour saisir le sens de ce qu’elle lui soufflait. Puis, il se trouva idiot de l’avoir fuit tout ce temps alors qu’elle lui avouait un faible qui pouvait bien remonter au mois de septembre, si ce n’était plus. Un sourire frôla ses lèvres.


- Pour moi, ça n’a jamais été une impression, avoua-t-il tandis qu’elle se glissait contre lui.

Les yeux plantés dans les siens, elle guettait sa réaction et la reprise du baiser. Il s’étonnait encore de la facilité avec laquelle les choses se passaient. Regretterait-elle ce laisser-aller lorsqu’ils se sépareraient ? Que disait-on pour retenir la fille dans ces moments-là ?


- Tu es une fille exceptionnelle Liliana, je me demande ce qui te prend de céder à un garçon comme moi, dit-il en essayant de plaisanter.

Mais s’il y songeait trop, le malaise, puis le doute, finiraient pas le gagner. Il les avait étouffés par un regard taquin et un élan plus assuré vers la jeune femme. Le baiser se fit plus violent, mélange de lèvres, de bouches et de dents. L’étreinte se resserra, la poitrine de Liliana s’écrasa contre lui et ses bras se refermèrent à leur tour derrière son dos. Elle avait la taille si fine. Il sentait ses cuisses qui se pressaient de chaque côté de ses hanches à mesure que l’espace entre leurs corps se réduisait. Neil se découvrait une fougue qu’il ignorait. Il ne savait pas très bien si la Serpentard avait, à elle seule, le pouvoir de réveiller la sauvagerie tapie en lui, ou si la frustration de ces derniers jours influait sur sa brutalité. Il y avait probablement des deux. Les filles lui faisaient vivre un véritable enfer depuis la rentrée. Tant qu’il y avait Liliana, qui aurait-il pu regarder ? Le souffle de plus en plus fort, il l’attira soudain contre lui, au point d’en faire sursauter la table. Le raclement du métal sur la pierre le figea. Il réalisa, embarrassé, qu’il s’était complètement oublié. Sa proximité avec la jeune fille devenait franchement éloquente et l’une de ses mains était appuyée sur une cuisse complètement découverte. Que faisait-on dans ce genre de situation, mis à part rire nerveusement, comme pour excuser sa conduite ? Cette fille le rendait complètement fou. Même s’il n’avait pas le cœur à s’éloigner, il espérait presque la voir se comporter d’une façon plus raisonnable. Presque. Il ne savait plus. Mais le feu qui lui brûlait le ventre éclatait en une fureur terrifiante dès qu’il l’approchait. Il ne pensait pas qu’il fût possible de perdre le contrôle aussi facilement.

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Liliana Vanloock
Serpentard, 6 ème Année
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MessageSujet: Re: Et vous appelez-ça une vie rock'n'roll ? [Liliana]   Sam 22 Oct - 21:12:38

Les yeux de Liliana se plissèrent de plaisir, tandis qu'un sourire flatté s'étirait sur ses lèvres. En d'autres circonstances, elle aurait trouvé l'aveux de Neil convenu et simplement flagorneur. Tout comme le sien. Mais la situation était bien plus charnelle, le lien qui les unissait trop intensément sensuel pour que leur phrases innocentes ne prennent pas toute leur saveur, ne symbolisent pas tout le désir qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre à cet instant. Une tumeur furieuse dans son ventre la pressait d'aller plus loin, d'aller de nouveau vers ses lèvres avec toute la passion que son cœur sulfureux renfermait, bien caché derrière les convenances. Mais elle hésitait, comme craignant la réaction de Neil. Elle ne voulait pas le faire fuir, encore moins se livrer toute entière à lui si facilement, bien que son corps le désirait aussi intensément que sa raison rechignait. Mais la raison était loin, simple petite voix étouffée, derrière les pulsations de son cœur.
L'esprit embrouillé, elle sursauta légèrement lorsqu'elle entendit la voix de Neil retentir à nouveau, pour prononcer de bien étranges paroles. Elle fronça les sourcils, perplexe, mais avant qu'elle n'ait pu prononcer le moindre mot, il avait littéralement fondu sur elle pour l'embrasser comme jamais elle n'avait été embrassée. Elle sentait les dents du garçon frôler ses lèvres, les pincer et leur langue s'emmêler tandis que les corps se rapprochaient au point de s'écraser, se heurter l'un à l'autre avec une passion aussi soudaine que flamboyante. Ses cuisses se serrèrent autour de lui, l'emprisonnaient tandis que les mains de Neil glissaient de ses hanches jusqu'à leur chair rose et tendre. Ces doigts qui empoignaient ses cuisses la firent frémir et un gémissement étouffé surgit d'entre ses lèvres lorsque le jeune homme la souleva presque de la table, qui protesta en un grincement de métal. Ils se figèrent. Ses ongles s'étaient emmêlés dans la boutonnière de Neil tandis que l'autre s'était figée contre sa hanche, sur sa peau. Elle ne remarqua qu'à cet instant qu'elle avait dégrafé plusieurs boutons de la chemise du bassiste et que sa jupe laissait entrevoir la quasi totalité de ses jambes. Elle avait le souffle court et elle sentait sur ses joues autant que dans ses yeux la marque du désir qui la consumait avec une fureur inouïe. La chaleur qui irradiait de son ventre en avait quelque chose d'effrayant.

Elle aurait préféré qu'il ne cesse pas, qu'elle n'ait pas le temps de réfléchir. Qu'ils continuent, sans se soucier du fait qu'ils étaient au beau milieu d'une vieille salle de classe et qu'ils risquaient de se faire surprendre. Sa main se détacha de la chemise de Neil et tomba sur celle du garçon, qui tenait encore sa cuisse.
-En effet, ce serait trop facile si je cédais aussi vite. N'est-ce pas ? »
Murmura-t-elle au bord de ses lèvres. Elle se recula légèrement, un sourire aux lèvres, et, sans prévenir, attrapa sa baguette magique qui traînait encore sur la table. Elle glissa la pointe de son arme le long de la gorge de Neil, puis la braqua en direction de la porte qui, d'un sortilège informulé, se scella. La Serpentard repoussa le garçon puis descendit de la table, afin de se tenir debout devant lui, contre lui.
- Mais compte tenu de l'état dans lequel tu m'as mise, je dois bien dire que je m'en fous.

Et, sans autre sommation, elle déboutonna d'un diffindo la chemise de Neil et arracha sa cravate avec la même fureur qu'il l'avait attiré contre lui un instant plus tôt. Puis sa baguette vola à travers la pièce, jetée comme un vulgaire morceau de bois, sa cape tomba à ses pieds et ses mains attrapèrent celles de Neil. Elle les fit glisser le long de ses hanches, de sa taille pour les faire remonter jusqu'à la boutonnière de son chemisier. C'était si facile, si simple finalement, il n'y avait aucune raison de se poser davantage de question. Elle désirait Neil. La tension qui avait régné entre les deux adolescents depuis le concert ne pouvait qu'éclater maintenant qu'ils étaient seuls l'un en face de l'autre. Il ne demeurait plus que cette effusion de pulsions et d'émotions qui ne demandaient qu'à être libérées. Son esprit lui même le demandait, pour échapper enfin à cette pression qu'elles exerçaient sur son ventre, sur son cœur et le reste de son corps. Elle ne se sentait plus que comme le simple jouet de cet appétit. Ses mains tremblaient lorsqu'elles agrippèrent la ceinture de Neil qu'il fut plaqué contre elle, hanche contre hanche. Elle ferma les yeux, embrassa la peau brûlante de son torse, celle plus fine et fragile de sa gorge et, sur la pointe des pieds, s'abandonna contre sa bouche.

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