Oxumorôs

Après la guerre, la paix nouvelle reste précaire et menacée...
 
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 Lost On The Other Side [Siobhan ♥]

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MessageSujet: Lost On The Other Side [Siobhan ♥]   Sam 19 Mar - 22:14:50

[Tiens tiens... Je suis la première à poster ici, mais j'ai tous les droits parce que je suis la plus belle.]

« I've been looking in the mirror for so long
That I've come to believe my soul's on the other side » *

Je détestais la pluie. Ça manquait d'originalité, en soi, parce que presque personne n'aime cette eau stupide qui se donne le droit de se jeter du ciel jusque sur de pauvres sorcières qui ne lui ont rien demandé, mais j'éprouvais ce soir-là une haine indescriptible envers elle. Il y avait bien trois jours que le ciel nous crachait dessus et j'en avais marre du ciel gris et des visages mornes qu'elle créait. On aurait dit que, puisque le soleil était caché, il fallait éviter toute manifestation de joie qui pourrait retarder son retour. Les couloirs étaient plus silencieux, les cours plus longs et les sourires beaucoup plus rares. J'en avais ma claque. Aussi, cet après-midi là, quand un timide rayon s'était frayé un chemin entre les épais nuages, j'avais fait comme d'autres élèves avides de beau temps et j'avais couru à l'extérieur pour profiter de ce maigre espoir lumineux. C'était avec un sourire radieux que j'avais soupiré d'aise en marchant sous ces restants de nuages qui n'avaient plus l'air de menacer la terre de la noyer. J'étais allée près de la forêt, pour écouter les bruits curieux qu'elle émettait quand le mauvais temps venait tout juste de disparaître en ne me doutant de rien. Je pouvais être très cruche, parfois.

Une goutte d'eau. Une fine larme arrivée de nulle part, du moins je l'ai crû pendant quelques secondes, avait glissé le long de ma tempe. J'avais levé un regard incertain vers cet ignoble nuage très noir que j'avais crû très, très loin en sortant de Poudlard et qui, désormais, se trouvait exactement au-dessus de ma tête. J'avais à peine eu le temps de réaliser que je n'avais pas pris de parapluie avant qu'une averse éclate et me trempe autant que si on m'avait jetée dans un lac. J'avais alors couru le plus rapidement possible vers l'école en espérant arriver avant que l'eau ne ruine tout mon maquillage. Raté. J'y serais peut-être arrivée si la pluie des derniers jours n'avait pas rendu le sol si glissant. Malheureusement pour moi, ma jolie tenue, mes cheveux, mon maquillage et, surtout, ma réputation, tout près de l'entrée, j'avais perdu équilibre et je m'étais étallée dans la boue devant beaucoup trop de témoins. Je m'étais donc relevée lentement, en évitant très soigneusement les regards moqueurs posés sur moi et je m'étais dirigée d'un pas rageur vers mon salut : une bonne douche. J'y étais restée près d'une heure, sous une eau brûlante qui n'avait rien à voir avec celle qui avait ruiné ma journée.

J'avais boudé l'univers en sautant un repas et en évitant tout contact avec qui que ce soit durant le reste de la journée. Une fois la nuit tombée, j'avais décidé de quitter le dortoir pour essayer de trouver un peu de joie entre les murs de ce cher château. Je savais que je n'en aurais pas trouvé dans le dortoir, car Siobhan avait la fâcheuse habitude d'y dormir à tous les soirs... J'étais donc sortie, à peine coiffée et sommairement maquillée, et je m'étais promenée, sans destination, un peu partout dans le château. J'avais un peu cherché les frères Pinsker, mais je n'avais pas envie de faire semblant que je ne voyais pas qu'ils n'avaient pas du tout envie de passer du temps avec moi. Je me sentais veule et vide.

Mes pas avaient fini par me conduire aux escaliers et je m'étais presque amusée à perdre du temps à monter et descendre. Au bout d'un moment, toutefois, mes jambes avaient crié grâce et je m'étais vue obligée d'arrêter mon activité des plus stupides. Je m'étais alors retrouvée à errer au quatrière étage sans but précis.

Je commençais à me dire que je devrais peut-être retourner affronter ces si agréables dames de Serpentard dans leur dortoir quand je vis un objet très...particulier. Il s'agissait d'un très grand miroir qui me paraissait plutôt ancien. Ma curiosité surpassa ma très frêle raison et je décidai d'aller le voir de plus près plutôt que repartir en enfer, avec les démones vertes qui ne souhaitaient que ma chute pour profiter un peu des projecteurs de l'attention publique à ma place. Ce ne fut pas son cadre qui attira mon attention mais bien ce que je vis là où devait se retrouver le reflet des lieux autour de moi. Je fus tellement surprise que je regardai bien autour de moi pour vérifier si, soudainement, je n'étais plus seule. Pourtant, je l'étais encore, même si le miroir devant moi me montrait d'autres personnes. Je me plantai donc devant le mystérieux objet et, après avoir bien regardé ce qu'il me montrait, je me sentis incapable d'en détacher mes yeux. Ma main gauche essuya toute seule une larme sur ma joue.


*Breathe No More, Evanescence.
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Siobhan Greene
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MessageSujet: Re: Lost On The Other Side [Siobhan ♥]   Dim 20 Mar - 18:45:20

(Gniii ça m'avait manqué! I love you )


Être une petite peste à temps plein était un travail éreintant, mais c'était ce qui me permettait, depuis le début de l'année, de ne pas perdre pied.

La fumée de ma cigarette qui s'insinua dans ma gorge déjà irritée me donna l'impression de m'arracher les organes; je toussai, plusieurs fois, peinant à reprendre ma respiration. Le parc devant moi, gris, humide, vide, était le reflet parfait et désolant de ma désillusion. J'aimais la pluie, pourtant; elle était si habituelle dans mon pays. Je la préférais de loin au soleil qui me brûlait la peau, me faisait plisser les yeux et pouvait provoquer des vertiges, quand il me dardait de ses rayons bien trop brûlants ou que sa luminosité était trop forte. Pas de toute, j'étais une enfant de la nuit et de l'ombre. Ajouté à cela que par mesures purement esthétiques, je n'aimais pas être bronzée, je préférais ma peau blanche comme elle l'était, presque trop pâle, surtout quand je n'étais pas en forme - comme aujourd'hui. Putain de maladie... A chaque crise d'épuisement s'ajoutait une crise de colère et d'énervement qui, évidemment, ne faisaient pas bon ménage et me plaçait dans un douloureux cercle vicieux. Plus j'étais harassée et incapable de lutter contre ma maladie, plus je m'énervais, ce qui m'usait les nerfs et m'épuisait encore plus. J'en avais assez; je tirai une nouvelle bouffée sur ma cigarette, rageusement. Encore une fois la fumée me fit un mal de chien et les larmes me montèrent aux yeux mais je payai le prix de ma bêtises sans broncher. La sensation presque immédiate d'ailleurs, la tête qui me tournait, c'était un soulagement, et si seule la cigarette pouvait me le procurer en cet instant, au diable la toux qui me déchirait la poitrine.

Assise sur un rocher recouvert de mousse en lisière de la forêt interdite, j'étais dans un sale état. Un grand pin centenaire, probablement, me protégeait de la pluie, plus ou moins. Des goutelettes s'immisçaient entre les aiguilles et venaient parfois s'écraser sur mes cheveux ou mon visage. Je les essuyai rapidement, avec la manche du sweat d'Alek. Je me l'étais approprié il y avait de cela un mois ou deux, ne lui laissant pas le choix, et je devais dire que c'était une riche idée car il était chaud et confortable. Je portai mon jean déchiré, mes bottines en cuir et un simple haut noir et moulant, et je m'étais pelotonnée dans le pull de mon Serdaigle de petit-copain histoire de ne pas trop provoquer les éléments qui semblaient contre moi ces derniers temps. Mes cheveux détachés encadraient mon visage pâle, presque translucide, et j'avais caché à grand renfort de maquillage les cernes violettes qui se dessinaient sous mes yeux. Là-dessus je les avais cerclés de noir pour donner l'impression que cette allure de mort-vivant était voulue, et le tour était joué.

Je ne trompais que moi.

Je fumai, lentement, la fin de ma cigarette, en méditant sur l'inutilité de ma vie ces derniers temps. Alek m'ennuyait. L'amour qu'il avait pour moi et que je lisais dans ses yeux me fatiguait : c'était comme si il n'y avait plus aucun challenge, le jeu était gagné. Dès lors, cela ne m'amusait plus. A côté de cela il y avait les autres évidemment, cet après-midi d'ailleurs j'avais passé deux heures en compagnie d'un Serpentard de 6ème année que je savais fortement intéressé par moi. Mais cela ne m'avait pas amusée. Je l'avais provoqué du regard, par des positions suggestives, des allusions. Il avait marché à fond. Trop facile, trop simple. Trop chiant. Et puis je l'avais planté là, en lui disant que j'avais d'autres choses à faire, en lui parlant mal, et j'avais eu envie de lui rire au nez méchamment parce que je savais pertinemment que si je revenais vers lui demain il ne broncherait pas et s'empresserait de redevenir mon petit toutou. Tout était pareil, depuis que, et cela me faisait mal de le dire mais c'était hélas la vérité, depuis que je n'étais plus amie avec cette connasse de Vélane. J'avais l'impression d'avoir un petit truc en moins, qui m'empêchait de m'amuser, de profiter. Alors j'étais devenue plus salope que la reine des salopes, plus insupportable que jamais, je profitais de tout le monde, je draguais et je me tirais, je fumais, je buvais, pour oublier tout ce merdier. Je jouais avec le feu aussi, et j'en payais le prix, comme aujourd'hui, car la fatigue m'avait terrassée. J'avais pris mes médicaments, car j'étais habituée à ce genre de crises récurrentes, mais inutile de se voiler la face : ma santé reviendrait quand bon lui semblerait. J'avais encore quelques petits jours à vivre en ermite et à ramper au sol tant mon corps entier me faisait souffrir. Il me fallait également cacher tout cela aux yeux des autres.

Au prix d'un effort infini je m'arrachai de mon fauteuil de fortune, jetai mon mégot et, fermant la fermeture Éclair de mon sweat jusqu'en haut, je croisai les bras comme bouclier face au froid et à l'humidité et traversai le parc pour retourner au château. Je zappai la case dîner, je n'avais pas faim, j'étais prise de nausées; de toute façon l'heure était passée et il ne me restait plus qu'à retourner au dortoir. Ce dont je n'avais nullement envie. J'errai, lentement, parmi les couloirs vides et froids. Je tremblai des pieds à la tête car j'étais mouillée et transie, mais je m'en foutais. Cela ne pouvait pas être pire. La tête baissée, je priai pour ne croiser personne. J'étais l'ombre de moi-même, l'anti-Siobhan, ou plutôt l'anti-celle que tout le monde connaissait, la jolie petite brune aux yeux bleus, la petite peste de Serpentard, qu'on craignait ou qu'on adorait, au choix.

Mes pas me menèrent dans un couloir sombre du quatrième étage - j'errai le plus loin possible de ma salle commune. C'est alors que, passant devant une salle à la porte entrouverte, j'aperçus un éclat de lumière, ou plutôt un éclat de lumière renvoyé par un objet que j'avais oublié mais dont je connaissais l'existence depuis longtemps. Oui, j'avais lu tout ce que je pouvais sur Poudlard, sur la Magie, non pas à cause d'un gêne Serdaigle inavoué mais parce que j'avais passé ma jeunesse enfermée et que le seul moyen de m'évader avait été les livres, que j'avais dévoré les uns après les autres. Je m'arrêtai net et observai par la porte, sans faire de bruit : face au grand miroir que je savais être le Miroir du Risèd, il y avait une silhouette, immobile elle aussi. Mes yeux, après un moment d'adaptation à l'obscurité, reconnurent avec stupeur celle de Lorelei Summers, mon ex-meilleure amie, cette pute blonde que je ne pouvais plus voir en peinture, celle qui, enfin, était la cause de tous mes soucis - j'avais décidé de tout remettre sur elle.

Que faire? Mon coeur, mon coeur fatigué, s'était mis à battre plus vite à cause de l'adrénaline, et déjà mes temps bourdonnaient. Attention. Il ne fallait pas que je me laisse aller, sinon c'était aux pieds de Lorelei que j'allais m'effondrer, et à cela je préférai la mort. D'ailleurs il me semblait, en parlant de ridicule, qu'elle s'était ridiculisée en public car j'avais entendu d'une oreille deux gamines glousser en parlant de Summers qui s'était affichée devant tout le monde. Tant mieux. C'était toujours une corde supplémentaire à mon arc.

En la contemplant, de dos, j'avais envie de me jeter sur elle et de la griffer comme une lionne, de lui faire mal, pour le simple et unique but de lui rendre la pareille, de lui faire du mal tout autant qu'elle m'en avait fait. Oeil pour oeil, dent pour dent. Tout d'un coup elle s'essuya le visage, et j'y vis là l'un de ces gestes de quand on s'essuie les yeux. Allons donc, qu'est ce qui faisait pleurer Barbie?! N'y tenant plus je cédai, et je m'engouffrai dans la salle à mon tour, silencieuse comme la hyène. Je me postai derrière elle, adossée au mur, les bras croisés, et après un instant de silence, je lui demandai alors, ma voix froide et moqueuse brisant le silence qui nous enveloppait :


- Qu'est ce qui peut bien faire pleurer Miss Parfaite? Peut-être que si tu étais un peu moins conne tu n'aurais pas de désirs inassouvis, tu sais...
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MessageSujet: Re: Lost On The Other Side [Siobhan ♥]   Lun 21 Mar - 2:26:42

[À moi aussi ♥]
[Désolée si ma réponse est moins longue que la tienne, mais je tenais à te répondre ce soir.]

Je devais avouer que, si je détestais la pluie de ruiner toute ambiance de joie, j’en voulais souvent au soleil pour mille et une raisons. Entre autres, il avait cette fâcheuse tendance à faire ressortir des reflets dorés sous ma précieuse teinture brune et, quand je voulais avoir la paix, je détestais les effets de brillance qu’il créait si facilement. Si j’osais rester longtemps sous les rayons du soleil, il me fabriquait presque un halo de lumière et tout le monde, particulièrement les garçons, me regardait à s’en faire éclater la rétine. Jamais moyen d’avoir la paix avec le soleil. Il était aussi ignoble que la pluie, au final.

Il me semblait que seules les nuits fraiches de l’été méritaient d’exister, et elles étaient si rares. J’avais toujours préféré la nuit au jour, sans oser le dire à voix haute. La nuit, en dehors des fêtes éclairées aux soleils artificiels de toutes les couleurs, je n’étais pas obligée d’être confiante, exubérante et magnifique. Je pouvais juste vivre tranquillement, dans le noir, sans que personne ne m’observe en attendant que je commette une erreur. Il me semblait, d’ailleurs, que c’était ainsi que se déroulait ma vie : dans l’attente d’une erreur qu’on pourrait me reprocher jusqu’à ce que j’en crève.

Peut-être l’avais-je commise, en couchant avec Alek, mais je n’arrivais pas à le regretter et je ne pensais pas finir par m’en rendre malade un jour. Étrangement, je m’en voulais tout de même de la peine que je finirais par faire à Siobhan lorsqu’elle l’apprendrait, mais je savais, au fond de moi, que c’était précisément le but de mes actions. Dès que j’avais commencé à me rapprocher d’Alek, mes intentions avaient été de faire du mal à Siobhan. Carrément. Pourtant, elle ne m’avait rien fait et nous nous adorions. De plus, je n’avais rien à faire de ce mec, et je n’en avais toujours rien à faire, maintenant que je l’avais attiré là où je l’avais voulu. Tout ce dont j’avais besoin, c’était de lui faire du mal, et je n’arrivais pas à m’expliquer pourquoi. C’était simplement une sorte de pulsion au fond de moi, alors que j’aurais lentement détruit quiconque oserait seulement songer à blesser Siobhan. Je ne me comprenais pas moi-même.

Et je ne saisissais pas comment je pouvais voir ce que je voyais dans ce connard de miroir. Il y avait plein de gens en dehors de moi alors que la vraie pièce autour de moi était vide. J’étais là aussi, mais j’avais quelque chose de différent. Après quelques secondes à fixer mon reflet, j’avais compris la différence : la fille qui se tenait devant moi n’avait pas une beauté surnaturelle. Il n’émanait pas d’elle un éclat dérageant et la foule autour d’elle semblait presque ignorer son existence. Une fille ordinaire. Ce foutu miroir me montrait de quoi pourrait avoir l’air ma vie si je n’avais pas ces gênées contre-nature dans mon sang. Il y avait cependant une personne qui semblait remarquer la présence de mon reflet. Siobhan. Elle aussi était dans le miroir, et elle regardait cette fille ordinaire avec une adoration que je n’oserais jamais espérer d’elle dans la vraie vie. Il m’était intolérable de voir ce mensonge se jouer sous mes yeux, mais j’étais parfaitement incapable d’en détourner les yeux.


- Qu'est ce qui peut bien faire pleurer Miss Parfaite? Peut-être que si tu étais un peu moins conne tu n'aurais pas de désirs inassouvis, tu sais...

Je fus tellement surprise d’entendre sa voix que j’en oubliai presque de porter attention à ses paroles. Heureusement pour moi, je me repris vite et, tout en essuyant bien mes yeux, je me retournai vers Siobhan. Ses mots avaient ravivé un souvenir dans ma mémoire et, doucement, il me revint quelques notions sur un miroir magique qui montrait nos désirs… Étais-je tombée sur ce truc? Se pouvait-il que j’aie vu se matérialiser sous mes yeux les images de ce que je souhaitais vraiment au fond de moi? Bien sûr, je n’étais pas totalement surprise de ce que j’avais vu. Je ne me voilais pas la face : je ne me faisais pas croire que j’appréciais d’être une Vélane. Aux autres, je démontrais une confiance en moi-même des plus calculées mais, en mon fort intérieur, je maudissais cette partie de moi que je n’arrivais pas à accepter. Alors, me voir en fille ordinaire dans ce miroir magique ne m’étonnait pas. Cependant, la matérialisation de ce besoin que je ne verrais jamais prendre forme réellement me blessait profondément. J’avais l’impression qu’une autre, mon reflet, profitait de ce que je voulais le plus au monde. Je l’aurais tuée pour prendre sa place. Néanmoins, il n’était pas question que je laisse savoir à cette peste à quel point j’étais bouleversée par ce que je venais de voir.

-Ce sont des larmes de joie, ma petite. Je sais que j’obtiens toujours ce que je veux. Mais toi, qu’est-ce que tu fais à te promener toute seule? Ta peluche de Serdaigle ne t’amuse plus autant?
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Siobhan Greene
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MessageSujet: Re: Lost On The Other Side [Siobhan ♥]   Dim 3 Avr - 22:54:27

(Moi aussi c'est court, pardon, mais je voulais te répondre, enfin! Vive nous <3)

Ce qui me crevait le coeur, c'est que je savais ce qui la faisait pleurer. Je savais ce qu'elle voyait dans ce miroir de merde, dont je ne voulais surtout pas croiser le maudit reflet ensorcelé. Je le savais, parce que Lorelei Summers, c'était ma vie depuis quatre ans, c'était mon double, c'était ma compagne de chaque instants, c'était celle avec qui je riais, c'était celle avec qui je faisais des conneries et avec qui je me faisais punir, c'était celle avec qui je faisais mes devoirs, c'était celle avec qui je dansais le soir lorsque notre salle commune revêtait une peau de dancefloor pour un temps. C'était celle avec qui je faisais des messes basses, c'était celle avec qui je me moquais des gens. C'était celle avec qui je partageais mes silences, enfin, avec qui je taisais mes secrets, avec qui je marchais sans rien dire, parfois, mais c'était celle avec qui je vivais. Dans ce miroir elle se voyait elle, juste elle, avec son putain de pouvoir en moins, elle se voyait une simple fille normale et jolie, jolie dans la normale, pas jolie à en rendre chèvre les mecs et à lui faire manger dans la main. Son reflet c'était celle qu'elle rêvait d'être, celle qu'on aimerait pour ce qu'elle était et pas pour son beau cul et ses traits parfaits. Et me dire que je la connaissais au point de savoir ce que lui montrait le Miroir du Risèd, ça me tuait. Ca me tuait parce que cela me mettait devant le fait accompli de sa trahison, de sa putain de trahison, qu'elle avait osé m'infliger alors que je lui avais accordé ma confiance et qu'elle était la seule personne sur terre à qui cela était arrivé.

D'où ma haine viscérale devant cette conne de Summers qui chouinait devant cette belle image d'elle qui n'existerait jamais. Bien fait. Et dire que je ne savais même pas si cette salope pouvait deviner ce que moi j'y voyais - l'horreur d'être la plus attachée à elle et donc la plus faible me glaça le sang l'espace d'un instant.

Mais non. J'étais la plus forte. Peut-être pas physiquement, d'autant plus que je sentais mon coeur taper lourdement dans mes temps, et que mes muscles tremblaient, mais mentalement, ça, oui. Je la dégommai d'une pichenette. Je l'écrasai de la pointe de mon talon. Et de toute façon, ce foutu miroir, je ne m'y regarderai pas.

Je ne bronchai pas quand elle s'adressa à moi, la dardant de mon regard enflammé, toujours un sourire mauvais aux lèvres. C'était comme dans la salle commune : je me réjouissai de ces petits combats que nous nous livrions. Là, tentant de ravaler ces larmes et me mentant délibérément, elle me parut pathétique, un instant, et un sentiment de déception m'envahit. J'en fus étonnée. J'avais presque envie qu'elle m'ait épargné cela - que je ne l'aie pas vu pleurer. Peut-être parce que la voir affaiblie me mettait mal à l'aise. Pourquoi donc... Je n'avais, pas encore, de réponse.


-Ce sont des larmes de joie, ma petite. Je sais que j’obtiens toujours ce que je veux. Mais toi, qu’est-ce que tu fais à te promener toute seule? Ta peluche de Serdaigle ne t’amuse plus autant?


Elle aussi, faisait mouche, évidemment. Parce qu'elle savait le rôle d'Alek. Parce que même si depuis que nous nous parlions plus je me plaisais à lui faire croire et à lui montrer que je vivais une idylle avec lui, pour la faire rager, je savais qu'elle n'était pas dupe. Elle ne me connaissait que trop bien. Jamais je ne pourrais vivre une idylle pour la simple et bonne raison que je n'accordais pas ma confiance. A personne. Sauf à elle. Alek avait toujours été et restait un jouet; que je maniais à souhaits, mais qui commençait à me lasser. Comme tous les autres garçons que j'aurais pu rajouter sur mon tableau de chasse. Il me fallait autre chose, que je mettais du temps à trouver - mais que j'allais trouver.


- Je me lasse vite de ce qui est acquis, c'est vrai, mais au sujet d'Alek ne t'inquiète pas, il me surprend de jour en jour,
mentis-je avec aplomb, un sourire mielleux aux lèvres, et puis je lui jetai un regard dédaigneux, pour lui montrer qu'elle n'aurait jamais ce que je vivais moi.

J'eus envie, alors, de la pousser dans ses retranchements. Sans doute fut-ce le frisson fiévreux qui me parcourut des pieds à la tête et me fit mal jusque dans ma chair, sans doute le sentiment de défaite que je sentais naître en moi face à cette crise de fatigue, sans doute tout cela me poussa à agir de manière complètement extrême. Un sourire mauvais illumina à nouveau mon visage et, comme le lynx qui cerne sa proie, je me mis en mouvement et marchai doucement autour de Lorelei, décrivant un cercle, sans une seule fois croiser le miroir des yeux.

- Tu veux que je te dise ce que tu voix dans ce miroir? fis-je doucement, avec la voix du bourreau qui explique lentement à sa victime ce qu'il va lui faire subir alors que tous les instruments de torture sont bien en évidence devant ses yeux. Tu te vois toi, juste toi, avec ton pouvoir de Vélane en moins... Pauvre, pauvre, pauvre Lorelei, qui voudrait qu'on l'aime pour ce qu'elle est et pas parce qu'elle est magnifique... C'est moi qui vais pleurer... J'eus un petit rire sarcastique et je lui laissai le temps d'enregistrer mes paroles. Cela me faisait un plaisir incommensurable de lui montrer combien je la connaissais, que j'étais le maître, en quelque sorte. Continuant mon petit manège, je lui dis alors, d'un ton un peu plus provocant : Et tu veux que je te dise autre chose? Il n'y a rien de toi que je ne sais pas...

J'osai affirmer cette déclaration car je la savais vraie. Tout comme elle savait un nombre de choses inavouées à mon sujet, j'en étais persuadé, je l'avais tant cotoyée, je l'avais tant soutenu dans tous les moments possibles et inimaginables, jusque dans les chiottes des filles quand nous avions trop bu, que je savais que j'avais raison, et que je prenais un malin plaisir à la mettre devant tout ce qu'elle avait perdu en me rayant de sa vie.
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MessageSujet: Re: Lost On The Other Side [Siobhan ♥]   Mer 20 Avr - 4:05:26

[Je t’aime à la folie]

Plus j’y pensais, plus je réalisais que j’étais une salope de la pire espèce. Bien sûr, je m’efforçais de ne pas trop solliciter ma conscience, au quotidien, mais il se trouvait que, depuis la rentrée, j’avais beaucoup de temps pour réfléchir. Ma meilleure amie avait décidé que je ne valais plus la peine qu’on me parle alors que, techniquement, elle ne se doutait même pas d’à quel point elle aurait dû m’en vouloir… J’étais donc souvent toute seule, ou encore au milieu de gens tellement inintéressants que j’en oubliais de me concentrer sur leurs propos. Il n’y avait qu’avec les Pinsker que je ne m’ennuyais pas totalement. Faire enrager Lenny était très libérateur et, avec son frère, je pouvais m’amuser à rendre la quasi-totalité de la population masculine de l’école jalouse. J’adorais me coller outrageusement sur lui devant tout le monde ou l’embrasser au milieu d’une conversation avec une autre personne. C’était impoli et cela manquait de classe, et c’était justement ce qui me plaisait. J’assumais d’être une garce, au fond, même s’il n’y avait qu’Alek et moi qui savions à quel point je l’étais.

D’ailleurs, pendant un temps, j’avais crû que cette petite larve était allée tout raconter à Siobhan à propos de nos aventures répétées de l’été. Il me semblait que cela justifiait amplement que mon ancienne meilleure amie me déteste aussi ouvertement. Je m’étais même demandée pourquoi elle ne me témoignait pas plus de haine; je le méritais bien. Au bout d’un moment, j’avais fini par comprendre que cette chère Siobhan ne se doutait de rien — pauvre sotte — et que, si elle était si fâchée, c’était simplement à cause de mon comportement plus que distant du jour de la rentrée. Elle était complètement ridicule d’être prête à jeter notre amitié si facilement, pour une telle connerie. Toutefois, sachant qu’elle avait fait le choix d’être en couple avec son adorable et ennuyant Alek, son comportement futile ne m’étonnait pas outre mesure. De plus, je la connaissais assez pour savoir qu’elle s’enflammait parfois pour des détails, et il me faisait plaisir d’être un de ces détails qui lui brûlaient le regard jusqu’à le noircir totalement. Il me semblait qu’Alek ne l’avait jamais atteinte à ce point d’aucune manière, et cette constatation me comblait.

Je ne comprenais qu’à moitié pourquoi j’avais couché avec ce corps dont l’esprit semblait vide d’intérêt. Il était trop doux, timide, prévisible… Tout ce que je ne serais jamais et tout ce que je dédaignerais probablement toute ma vie. Il me donnait l’impression de n’être qu’à moitié en vie, d’exister en dehors de la réalité, entre deux pages de livres. À quoi bon vivre si ce n’est qu’à moitié, en effleurant à peine toute l’intensité de l’existence? Le savoir avec Siobhan, qui était tout le contraire de lui, me dégoûtait et m’étouffait presque. Au début de leur relation, je n’avais pas vraiment porté attention à lui : je me disais qu’il passerait, comme les autres. Je croyais que mon amie profiterait un peu de son fanatisme avant de le larguer pour un autre, à la fois pareil et différent. Mais non. Il avait fallu que cet imbécile s’incruste au point que je me demande ce qu’il avait de si spécial pour qu’elle l’aime assez pour le garder près d’elle. Comment pouvait-elle l’embrasser, se coller sur lui, le laisser poser ses mains sur elle, lui murmurer des secrets qui les faisaient rire tous les deux alors qu’il était si terne à côté d’elle?

D’accord, il était assez beau, dans son genre… De grands yeux, un petit sourire mystérieux (qui ne cachait rien, au fond), d’épais cheveux bruns… Mais c’était tout. Il n’était pas vraiment spécial; un adolescent comme les autres. Une victime pareille aux autres. Il avait réagi exactement comme je l’avais prévu quand j’avais voulu le séduire. Aucune surprise. De toute manière, ce n’était pas lui que j’avais voulu atteindre en couchant avec lui. C’était à ma vengeance, ou simplement à ma méchanceté, que j’avais offert ma virginité. De toute manière, je n’avais jamais été destinée à être pure éternellement.

J’en voulais à ce miroir magique d’oser me montrer une réalité qui n’avait aucune chance d’exister un jour. Je savais que ce rêve était impossible. Même si, par miracle, j’arrivais à me débarrasser de la partie en moi qui était cette pathétique et charmante créature magique, je savais que ma personnalité en serait à jamais teinté. J’étais malheureuse à cause de mon pouvoir, mais je ne serais probablement jamais heureuse si on me l’enlevait. Je le détestais, mais j’avais besoin de lui, car il faisait partie de qui j’étais et, même si je détestais cette personne, je ne pouvais pas en être une autre. Et c’était peut-être cela le plus horrible, de ne même pas pouvoir espérer.


- Je me lasse vite de ce qui est acquis, c'est vrai, mais au sujet d'Alek ne t'inquiète pas, il me surprend de jour en jour.

Petite garce, attends de coucher avec lui et tu vas voir qu’il n’est pas si surprenant que ça… Vraiment, je détestais ce couple. Ils me donnaient envie de vomir, même quand ils n’étaient pas pathétiquement collés l’un à l’autre, comme deux pièces de puzzle.

- Tu veux que je te dise ce que tu voix dans ce miroir? Tu te vois toi, juste toi, avec ton pouvoir de Vélane en moins... Pauvre, pauvre, pauvre Lorelei, qui voudrait qu'on l'aime pour ce qu'elle est et pas parce qu'elle est magnifique... C'est moi qui vais pleurer...

Mon visage n’exprimait aucune émotion. Aucune. Je crois que cela trahissait encore plus mon émotion que n'importe quel air que j'aurais laissé échapper. J’aurais tué Siobhan. Aucune insulte, aucun mot ne peut décrire ce que je ressentais à ce moment-là. Cette salope me connaissait trop. Je m’étonnais d’ailleurs qu’elle n’ait pas déjà deviné à quoi j’avais occupé mon été, puisqu’elle semblait si omnisciente. Je crois que, ce qui me dérangeait le plus, ce n’était pas que mon ancienne meilleure amie arrive à savoir ce que je voyais dans ce foutu miroir. Ce qui me blessait vraiment, c’était que, moi, je n’avais aucune idée de ce qui pourrait s’y refléter pour elle, si elle y jetait un œil.

- Et tu veux que je te dise autre chose? Il n'y a rien de toi que je ne sais pas...


Elle en semblait persuadée. Tellement que j’eus envie de la détruire, à cet instant, plus que jamais. Elle n’avait pas le droit d’avoir ce pouvoir sur moi.

-Tu en es certaine? Alors… tu dois savoir qui est l'unique mec qui a eu la chance de se faire inviter dans mon lit, puisque tu sais tout sur moi. Une telle chose ne peut pas t’avoir échappée.

Tout en parlant, je m’étais approchée d’elle. Je voulais m’éloigner de ce connard de miroir et, surtout, j’avais besoin de vriller le regard de Siobhan du mien, lequel était parfaitement accordé à mon ton de voix mielleux et condescendant.
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Lost On The Other Side [Siobhan ♥]
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