Oxumorôs

Après la guerre, la paix nouvelle reste précaire et menacée...
 
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 Loin du froid de Novembre [Pv Liliana]

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Darla Steadworthy
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MessageSujet: Loin du froid de Novembre [Pv Liliana]   Sam 19 Fév - 19:34:24

    L'aile était enneigée, quelques trous dans le toit laissaient entrer la neige hivernale. Quelques sorts puissants l'auraient rapidement réparée, mais elle n'était pas utilisée et on l'avait donc naturellement abandonnée. La plupart avaient même oubliés son existence. Darla montait les escaliers en colimaçon d'un pas sacadé. Elle aimait particulièrement cette tour, malgré son apparence délabrée, le froid et les araignées qui s'y étaient installées. Elle aimait le vide, l'impression de liberté et le vent froid qui lui caressait la nuque. C'était une de ces rares choses qu'elle aimait. Elle se voyait dans cette tour: froide et abandonnée. Sans autre choix que d'avançer et de subir les intempéries.

    Elle posa sa main droite sur sa bouche et souffla un peu dessus pour la réchauffer. Sa main gauche glissait sur la rampe en pierre au fur et à mesure qu'elle avançait. Le temps semblait s'arrêter, et parfois il lui semblait discerner des ombres du coin de l'oeil. Mais plus aucun fantôme ne venait ici, plus personne ne venait. Il n'y avait aucune raison pour que quiconque y vienne, à part s'il se perdait ou était curieux. Mais ils revenaient rarement, voire jamais. La seule à revenir dès qu'elle pouvait se le permettre, c'était Darla. La raison pour laquelle elle venait était stupide, enfantine.

    Mais peu importait, elle voulait juste un peu d'intimité, une intimité qu'aucun autre lieu de Poudlard n'était capable de lui offrir. Et si elle n'avait pas cet espace sacré où se réfugier, elle deviendrait folle. Elle était certaine qu'elle le deviendrait, mais peut être était-ce déjà le cas? Comment expliquer sinon qu'elle vienne à l'heure même où le soleil disparaissait dans l'horizon enflammé, à cette maudite heure où le vent se levait mystérieusement et soufflait rageusement dans l'aile sombre et cruellement vide? Qu'elle venait l'emplir d'un froid qui pouvait s'avérer meurtrier pour ceux qui ne s'y étaient pas préparés? Venir ici était simplement fou, mais elle pouvait ainsi être certaine que personne ne s'y risquerait et ne l'y trouverait.

    Cette certitude la calmait et lui permettait de se diriger sereinement vers la pièce confinée qui l'attendait. Personne ne viendrait, et chaque pas qu'elle faisait l'éloignait de la salle froide des Serpentards, des regards mal à l'aise des imbéciles de cette école. Chaque pas, aussi douloureux soit-il, la rapprochait de sa source de réconfort. Elle s'éloignait de cette misérable existence. Loin du froid de Novembre.

    Elle s'arrêta enfin devant une lourde porte en bois sombre qui pivota dès qu'elle la poussa un peu. Une salle confinée au haut plafond l'accueillit. Les recoins de la salle n'étaient pas très visibles à cause de l'obscurité qui régnait, et Darla constata que les violents assauts du vent avaient dégagés une partie de la poussière. Il y en avait encore une partie d'inscrustée, mais c'était nettement mieux qu'avant. Elle soupira doucement.

    Elle avait pointé sa baguette vers le haut et murmuré quelque chose, un sort dérivé de l'Impervius. Il y eu comme une onde discrète qui sortit de sa baguette, puis la neige et le vent cessèrent d'entrer. Un moldu aurait assisté à un spectacle étrange: il aurait vu la neige se stopper en l'air et former une couche fine sur quelques chose d'invisible. Mais les moldus pouvaient difficilement imaginer l'existence d'un bouclier et n'avaient pas à la connaitre d'ailleurs. Elle se tourna et repris, un peu plus fort:

    « Assurdiato. »

    Elle faisait attention à son intonation et à son articulation, même si elle maitrisait parfaitement ses formules; il suffisait d'un moment d'innattention, d'une formule mal prononçée et le sort ne la protégeait pas comme elle l'entendait. Or elle avait besoin d'avoir l'esprit tranquille. Après s'être assurée que tout était en ordre, elle revint se placer au centre de la pièce, et leva ses mains au dessus de ses épaules:

    « Appareo. »

    Quelques objets apparurent alors dans la salle vide: dans le coin, des bûches en bois qu'elle avait discrètement fait léviter jusqu'à la salle juste avant les vacances, à côté de la cheminée, un fauteuil pourpre qu'elle avait eu du mal à réagrandir après l'avoir rétréci. Le plus dur avait été de le porter jusqu'à la salle, car malgré sa petite taille ( il tenait alors dans son sac), il avait gardé son poids d'origine et son acharnement n'était pas parvenu à faire diminuer ce poids. Mais elle y était arrivé, et le fauteuil avit retrouvé sa taille d'origine après beaucoup de tentatives. Elle n'avait pas amené de table basse: le fauteuil lui avait servi de leçon et elle n'avait pas envie de repasser cette épreuve si ce n'était pas absolument indispensable.

    Elle s'effondra dans le canapé, fit léviter une bûche jusqu'à la cheminée. Elle prononça le "Wingardium Leviosa" encore quelques fois, lâcha encore une ou deux bûches et se décida à s'approcher du feu. Elle se pencha sur la cheminée, vérifiant que son pseudo-bouclier n'empêcherait pas la fumée de sortir comme la dernière fois, et lança un dernier sort qui avait pour but de rendre la dites fumée -et tout ce qui sortait par la cheminée- temporairement invisible. Le sort n'était pas puissant: tout ce qui sortait de ladites cheminée à l'extérieur de l'aile prenait la même teinte que le paysage, devenant difficilement visible, avant de reprendre ses teintes d'origines quelques minutes plus tard. Si des élèves venaient à voir de la fumée sortir de l'aile abandonnée, cela les alerterait et ce sort discret n'était pas assez puissant pour être repéré parmis tous les sorts lancés au sein de Poudlard. Il permettait, entre autres, de rendre la fumée qui sortait du conduit difficilement visible la fumée (sauf si l'on se concentrant sur l'aile et scrutait pendant un petit moment ce qui sortait du conduit). Elle ne reprenait ses couleurs qu'une fois dissipée, et elle n'était déjà plus visible alors...

    La première fois qu'elle avait mis en place son bouclier, il avait bloqué la fumée à l'intérieur de ses parois et Darla avait dû se dépêcher d'annuler son sort. Heureusement, un aguamenti eut tôt fait d'éteindre le feu et la fumée se dissipa bien vite. Cet incident n'eut donc pas beaucoup de répercussions puisqu'elle n'en entendit pas parler le lendemain. Elle avait eut de la chance ce jour-là.

    « Lashlabask »

    De petits jets de flammes sortirent de sa baguette et mirent le feu aux bûches. Ce sort ne servait pas à cela à la base, mais il faisait l'affaire. Elle observa un moment les bûches, soulagée par le fait qu'elle ne soit pas humides, et retourna s'asseoir. Enfin, un peu de paix...



Dernière édition par Darla Steadworthy le Lun 28 Fév - 15:14:51, édité 1 fois
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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Loin du froid de Novembre [Pv Liliana]   Mar 22 Fév - 16:04:23

La valse numéro deux de Chostakovitch tournait dans la salle d’étude, berçant de ses violons en rondes harmonieuses Liliana, qui se tenait droite devant sa table, auprès du gramophone miniaturisé qui ne libérait la mélodie que pour elle seule. Sa plume d’oie caressait la courbe délicatement aigüe de son menton tandis que, pensive, elle réfléchissait à une découverte que venait de lui signifier son père dans la missive qui était couchée sur le lit de bois, et qu’elle caressait distraitement d’un index délicat. Un autre morceau de parchemin était déplié à côté de la lettre, seulement maculé d’un « Cher papa » qui n’avait jusqu’alors trouvé aucune suite. Il y avait tellement de choses qu’elle avait envie de poser sur le papier, de confier dans l’intimité d’une lettre, outre sa réaction face à la découverte de son père, qu’elle n’avait encore rien réussit à écrire de plus. Des doutes stagnaient, des craintes, des angoisses et se transformaient peu à peu en marécage nauséabond qui altérait les forces de la jeune femme. Il y avait même des moments, lorsque la mélancolie revenait, où elle n’arrivait plus à maîtriser la magie. Ses sorts demeuraient sans effet et elle se sentait vide, comme une coquille rejetée par la mer, usée par l’iode et gorgée d’un sable grossier qui effritait sa carapce. Dans ces moments là, un profond désespoir l’agitait et toutes ses mauvaises pensées et ses sources d’anxiété venaient courir en ronde acharnée autour de son esprit, comme une horde de lutins facétieux, de gamins rigolards et cruels. Si elle avait disparu du monde magique comme elle l’avait projeté avant la rentrée, ils ne reviendraient pas à la charge contre sa raison et sa santé, mais elle serait demeurée un simple coquillage vide.

« Cette nouvelle que tu m’apprends est incroyable et effrayante à la fois. »

Finît-elle par écrire d’un tracé fin, élégant et sec sur la feuille jaunie. Commencer par le principal sujet de conversation. Peut-être qu’au terme de ce dernier, elle n’éprouverait plus l’envie de se confier à son père. Comment pourrait-il le prendre, d’ailleurs, si elle se révélait sous un jour si sombre et si fragile ? Il lui avait toujours soutenu qu’il fallait agir et demeurer forte depuis qu’elle était enfant. Qu’il n’y avait pas de place pour les douleurs et les peurs, car se focaliser sur ces émotions ne menait à rien d’autre qu’à de plus grandes souffrances. Chacune de ses peines d’enfant avait été sévèrement sermonnée, ses larmes n’avaient jamais trouvé de bras réconfortant, car Jane suivit de son père détestaient la fragilité que suggérait la tendresse. Ses nombreuses gouvernantes n’avaient jamais eu l’occasion de jouer ce rôle auprès d'elle, tant Liliana avait eu le don de les déboussoler et de les exaspérer en un temps record, si bien qu’elles démissionnèrent les unes après les autres.
Mais depuis la mort de Jane, la sécheresse de coeur de Vincent s’était largement émoussée, comme s’il avait enfin compris qu’une armure de glace ne protégeait pas contre le chagrin. Mais jusqu’où avait-il changé ? Les yeux dans le vague, Liliana se remémora le jour où, pour la première fois après la mort de sa mère, ils s’étaient retrouvé. Pas un mot n’avait été prononcé. Ils s’étaient longuement regardé et, comme une même personne, s’étaient enfouis dans les bras l’un de l’autre dans une longue étreinte plus significative que de vaines paroles. Une sorte de tolérance et de compassion s’étaient développées entre eux, mais cela n’empêchait qu’il ne se soient parlé que rarement. C’était une relation étrange, aussi peu familière pour le père que pour la fille. Une souffrance sans nom stagnait entre eux et les rapprochait, mais lorsque le mal devenait trop insupportable, c’était dans sa chambre et non dans les bras de son père que Liliana se réfugiait. Et les lendemains de ces crises, elle trouvait un cadeau sur le pas de sa porte ou sur la table basse du salon. Un bijou, une robe, un livre d’histoires, une place de choix dans quelque événement artistique. Parfois, quand son emploi du temps le lui permettait, il invitait sa fille dans un restaurant gastronomique où ils passaient leur soirée à parler de tout, de rien, où Vincent riait pour dérider la jeune femme, comme si la vie était belle et avait en cet instant une saveur toute particulière. Jusqu’à temps qu’elle se mette à le penser aussi et qu’un sourire ne s’encre sur son visage. Vincent n’avait jamais montré son amour autrement que par les présents, lorsqu’elle était plus jeune, pour satisfaire quelques jours son âme capricieuse d’enfant ou simplement pour s’excuser de n’être jamais là pour elle, bien qu’à l’époque, elle ne se l’était jamais imaginé ainsi. Elle secoua la tête pour évincer ces souvenirs.

« Papa, j’aimerais parler dans la Gazette de l’école des réminiscences dont tu viens de m’entretenir, mais j’aimerais avoir avant tout ton accord. Crois-tu être le premier a avoir fait cette découverte, ou penses-tu que le Département des Mystères puisse déjà travailler dessus ? Lorsque tu travaillais pour eux, c’était, il me semble, le genre d’affaires qui étaient souvent traité. Je te serais reconnaissante de me tenir au courant. »

Impossible de se concentrer sur ce sujet. Ses affres revenaient à peine avait-elle posé le point qui achevait la phrase précédente.

« J’espère que tu ne te sens pas trop seul, dans le loft vide de toute vie autre que la tienne. Personnellement, un sentiment de vide et de solitude me ronge malgré la vie qui bouillonne autour de moi. Même en la plus agréable compagnie, quelque chose semble me manquer. C’est un sentiment étrange dont je n’arrive pas à me défaire. Je crois que je me sens égoiste, aussi. Égoiste de penser à démanteler la dernière fondation qui survit à l’image de maman. Je ne sais que faire. Suivre ses pas au risque de passer à côté de toutes les autres choses qui m’intéressent, ou de détruire Arrawn et avec elle, son souvenir. Et rien ne me dit, de plus, que si je reprenais l’entreprise, j’aurais les épaules assez larges pour la faire survivre à la disparition de sa fondatrice. L’échéance n’est plus que dans quelques jours. La pression de l’équipe et des médias devient de plus en plus intolérable. Mon silence les rend un peu plus tenaces chaque jour. C’est une situation à laquelle j’ai... »


– À qui tu écris ?
Roucoula une jeune fille en se penchant sans gêne sur la lettre de Liliana. La Serpentard lui adressa un regard féroce et plia la missive sans un mot, avant de jeter toutes ses affaires dans son sac et de se lever.
– Tu n’as vraiment aucune éducation, Estela.
– Oh, pardon, je ne pensais pas que ce serait aussi privé, excuses-moi !
Liliana s’était déjà détournée et marchait d’un pas sec jusqu’à la sortie, tandis que résonnaient derrière elle les excuses de l’impudente.
– Ne le prend pas comme ça, enfin !

Si, elle le prenait comme cela. Un peu plus et Estela aurait découvert ce que pour rien au monde, Liliana n’avait envie qu’on apprenne d’elle. Cette pensée faisait battre son coeur à tout rompre, d’effroi autant que de colère. Elle avait été idiote de ne pas s’isoler pour écrire quelque chose d’aussi personnel et intime. Elle ne pouvait s’en prendre qu’à elle-même. D’un pas décidé, elle alla jusqu’au seul endroit où elle savait être assurée d’y trouver la paix et la solitude. Un endroit que personne d’autre qu’elle ne fréquentait, à sa connaissance. Un des lieux les plus froids et les plus isolés du château, situé dans une aile que la majorité des élèves évitaient de peur des courants d’air, mais surtout parce qu’il n’y avait depuis des siècles plus rien à y faire. Même les jeunes couples ne s’y aventuraient pas en quête de solitude. Personne ne voudrait s’embrasser et se caresser au milieu de la poussière et les toiles d’araignées.

Au fond de son sac, le gramophone libérait encore sa mélopée quand elle ouvrit la porte. C’était à présent la Sarabande d’Haendel qui l’accompagnait, à demi étouffée par le tissu sous lequel elle était enfermée. Elle avait le don d’écouter les chansons les plus gaies lorsque son humeur n’était pas au beau fixe, pensa-t-elle en soupirant tandis qu’elle fermait doucement la porte derrière elle.
Elle s’avança sans rien regarder autour d’elle, n’entendant que la musique et le bourdonnement du feu dans l’âtre. Du feu ? Liliana se figea. Personne ne venait allumer de feu ici. Elle regarda autour d’elle avec suspicion et remarqua aussitôt le sortilège qui empêchait la neige de tomber à l’intérieur de la salle, les divers objets apparus de nul part, le fauteuil tourné vers la cheminée d’où n’apparaissaient qu’une paire de mains blanches et fines et le sommet d’un crâne surmonté d’une chevelure de jais. Son coeur rata un battement. Elle se faisait des idées, ce ne pouvait tout de même pas être elle ! Mais elle aurait reconnu ces mains entre mille. On n'oubliait pas les doigts qui s’étaient déjà serré sur sa gorge, ces doigts qui avaient battus, lancés de terribles sortilège jusqu’au doloris. Les mains de Darla, elle pouvait même se les représenter les yeux fermés.
Elle avait soudainement envie de se faire toute petite. C’était à peine si elle osait encore respirer, de peur que la Serpentard ne se retourne. Elle voulait faire marche arrière et repartir comme elle était venue, dans le plus profond des silences. Mais si elle n’avait pas proféré un seul mot jusqu’alors, elle savait que le claquement de la porte avait trahit sa présence, autant que le claquement de ses talons sur la pierre froide du sol. Que faire ? Liliana était fatiguée, elle n’avait aucune envie de se battre, ne serait-ce qu’oralement. D’autant plus qu’elle savait pertinemment qu’avec Darla, on ne se contentait jamais de paroles mesquines. Ce n’était même pas la peine de chercher à s’expliquer pour s’en aller, leur haine était trop féroce. À la moindre faiblesse, Steadworthy se jetterait sur l’occasion.
Elle pourrait la surprendre, jeter un sort qui l’immobiliserait ou la rendrait inconsciente pour fuir aussitôt, mais, plus son regard demeurait sur les mains pâles de Darla, plus une lourde hargne s’élevait dans son estomac. L’image de la fiole de poison retrouvé sous son oreiller lui revint, puis la bataille au terrain de quidditch, puis la lettre de menace et s’ensuivit un défilé de souvenirs abjects jusqu’à ce que son esprit s’arrête au doloris que son ennemie d’enfance lui avait lancé au détour d’un couloir, l’année dernière. Un rictus barra ses lèvres et, instantanément, elle sortit sa baguette de la poche de sa cape de sorcière.

– Pourquoi faut-il que tu sois toujours sur mes pas ?
Entonna-t-elle d’une voix altérée, tandis qu’elle laissait tomber son sac au sol. La Sarabande se brisa comme un éclat de verre tandis que l’aiguille du gramophone se tordait en tombant sur le sol.

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Darla Steadworthy
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MessageSujet: Re: Loin du froid de Novembre [Pv Liliana]   Mar 1 Mar - 20:21:52

    « Pourquoi faut-il que tu sois toujours sur mes pas ? »

    Darla leva les yeux au ciel. Dieu qu'elle n'aimait pas cette voix. Elle lâcha un soupir exaspéré: La propriétaire de cette odieuse voix avait une bien étrange vision du monde celle-là: distordue et illogique. Comme si cela ne suffisait pas que quelqu'un ait eu la mauvaise idée de lui rendre visite, il eut fallu que la personne sur laquelle se referme cette porte soit Vanloock. Ce mois-ci, la chance n'était visiblement pas de son côté. Mais au point où elle en était, ce n'était plus qu'elle manquait de chance mais qu'elle faisait preuve de malchance.

    « Tu sais »

    Elle avait le chic pour faire ce qu'il ne fallait pas celle-là. Toujours là où on ne voulait pas la voir, quand on ne voulait pas la voir.

    « Je n'ai jamais apprécié qu'on se mêle de mes affaires »

    Sa tête tournoyait, et le plic ploc de la neige fondue résonnait étrangement. Une lueur étrange se propagait sur la surface lisse et transparente des gouttes. Plic. Elle suivait un sillon sur la bouclier invisible. Ploc. S'effondrait. Plic. Une nouvelle goutte créait un nouveau sillon. Ploc. Et la voilà qui se fondait dans la précédente. Encore et encore, jusqu'à une petite flaque se forme sur les rebords de la fenêtre. Le bruit était discret, irrégulier. Les gouttes tombaient par intermittence, comme attirées par une force invisible et irrésistible.

    « Vanloock »

    Sa tête était lourde, et sa baguette tremblait légèrement au bout de ses doigts. Mais la fatigue, ni aucune possible maladie, ne changeait sa froideur. Elle gardait un masque de glace, la tête enfoncée dans le dossier de son fauteuil, et la baguette toujours pointée vers le centre de la pièce. Elle ne pouvait voir son invitée, lui tournant le dos, mais les craquements du parquet en bois lui indiquaient vaguement là où sa mortelle ennemie se trouvait.

    Sa main gauche était passée sous son bras droit et tenait avec une assurance moindre la baguette en cèdre. Son coude était posé sur le bois sombre de l'accoudoir et sa main était suspendue en l'air, inerte. Les flammes éclairaient cette main d'une pâleur inquiétante, et il arrivait de temps en temps que le feu crépite. Ce crépitement résonnait comme une protestation sourde dans le silence, et la main y répondait en se serrant encore un peu plus. Elle tenait quelque chose.

    Un long moment passa avant qu'elle ne se décide à reprendre la parole. Elle était fatiguée, irritée et lasse.

    « Tu sais, je ne t'ai jamais aimé Vanloock. »

    Elle inspira doucement, ramenant sa main à son ventre. Cet hiver était plus froid et plus dur que les précédents, il semblait. Ou peut être était-ce la tempête qui rendait l'air sec et l'hiver dur? Elle n'en savait rien, elle n'y portait pas vraiment attention. Ses lourdes paupières se refermaient doucement et son attention se concentrait sur ses oreilles. Mais tout ce qu'elle entendait était le sifflement du vent qui se faufilait par la fenêtre, se fracassait contre le bouclier et se calmait à l'intérieur. Il y avait encore un peu de vent qui rentrait par la cheminée, Darla le sentait lécher ses pieds.

    Elle serra les paupières, presque autant que ce qu'elle tenait dans sa main. Ses jointures se blanchirent encore et elle toussa. Violemment d'abord, en crachant ses poumons, et puis plus doucement jusqu'à ce que sa toux se dissipe. Satanée poussière. Sa poitrine était douloureuse, sa gorge la brulait et sa tête était lourde. Pourtant, malgré tous, elle sentait son cœur froid et dur se serrer, son ventre se nouer et ses épaules se tendre à la simple idée d'avoir Vanloock dans la même pièce qu'elle. Sa présence à quelques mètres d'elle était insupportable, presque aussi épuisante que ce vent violent. Sa voix basse sifflait toujours, il s'était mué en un murmure inaudible qui s'évanouissant dans les flammes.

    « Non, je ne t'ai jamais aimé. »

    Elle semblait parler seule, et ne s'en rendait pas compte. Mais elle parlait trop, beaucoup trop. Elle fit tournoyer sa baguette gracieusement, le bruit du bois dans son dos la rassurant. Les réserves se trouvaient dans le coin, à l'obscurité. Et il y avait fort à parier que Vanloock ne les avait pas vus. Elle leva encore un peu sa baguette, s'humectant les lèvres et s'enfonçant encore un peu plus profondément dans le dossier de la chaise. Son murmure disparut presque aussitôt, emporté par le fracas du bois coupé qui roulait par terre. Elle faisait abstraction de son environnement, et se concentrait sur la magie qui émanait de ses doigts. Elle la sentait circuler dans son corps, électrique.

    Elle dirigea deux des morceaux de bois les plus lourds vers Vanloock, le premier se précipitait là où devait se trouver ses pieds, et tournait dans les environs avec violence, aveugle à ce qui l'entourait. Il heurtait tout ce qu'il rencontrait sur sa trajectoire. Le deuxième lévita un moment dans l'obscurité avant de contourner la serpentarde par le flan et de lui foncer vers le bas du dos. Darla s'agitait avec frénésie, une force sauvage, électrique l'habitait et l'incitait à se battre. Elle laissa bien vite tomber les rondeaux de bois, sachant sans surprise qu'ils n'avaient pas heurtés sa victime, pour enchaîner aussi vite sur ce qu'elle avait l'intention de faire depuis le début.

    Darla avait peut être manqué d'attention, mais elle n'était pas sotte. Bientôt, de longues vipères se faufilèrent entre le plancher et cernèrent Vanloock. Les vipères n'aimaient pas le froid, et étaient attirées par la chaleur. Une information qui n'avait pas échappé à Darla quand elle les avait accueilli ici. Elle avait su qu'un jour ces dernières serviraient.

    « Qu'il fait froid... »

    Elle lâcha enfin son bibelot pour se gratter le cou, ramena ses jambes à elle et repris le bibelot en main. Elle s'étira doucement, le regard presque aussi vide que son large sourire.

    « Mais fait comme chez toi. »


Dernière édition par Darla Steadworthy le Ven 4 Mar - 7:16:27, édité 1 fois
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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Loin du froid de Novembre [Pv Liliana]   Jeu 3 Mar - 12:42:14

Malgré l'âtre ronronnant à quelques pas d'elle, Liliana ne ressentait plus aucune chaleur. Le son de la voix de son ennemie semblait avoir refroidit l'air. Cette voix si connue, si exécrée avait le don d'attirer de désagréables picotements sous sa peau. Ses muscles se bandèrent au premier mot et, sans qu'elle n'y prête attention, de minces étincelles pourpres s'extirpèrent de sa baguette. Elle aurait préféré tomber sur un épouvantard plutôt que sur Steadworthy. Si elle avait su, elle aurait supporté avec plus de patience l'indiscrétion de l'espagnole.
Elle ne répondit pas à la déclaration de Darla. Parlementer ou rétorquer qu'elle non plus n'appréciait pas sa tendance à s'incruster dans sa vie comme une sangsue sur le mollet d'un baigneur aurait été tout bonnement inutile et n'aurait peut-être fait qu'accélérer le moment où la vipère passerait à l'attaque. Elle demeurait le regard rivé sur l'arme de la Serpentard, prête à riposter à la moindre menace. Elle n'avait pas envie de se battre, mais elle savait qu'elle n'avait pas le choix. C'était le genre d'instant pénible où le temps s'égrenait lentement, de plus en plus lentement. Même les flocons de neige chutant contre le bouclier magique semblaient s'écraser plus lentement au fil des secondes. L'atmosphère était tendue, comme prête à se déchirer.
La blonde osa un léger pas de côté pour mieux apercevoir sa cible potentielle. À présent, elle discernait son profil pâle et maladif. Seul le reflet des flammes rouges sur ses tempes lui conféraient un peu de couleur. Comme pour répondre au doute inconscient de Liliana, Steadworthy se mit à cracher littéralement ses poumons, emportée dans une violente quinte de toux. Elle aurait pu en profiter pour lui jeter un sortilège mais, au lieu de quoi, elle raffermit sa prise sur son arme. À présent, la voix détestée ne ressemblait plus qu'à un murmure.


- J'avoue, Darla, que tu ne m'as pas laissé le temps de t'apprécier non plus.
Finit-elle par murmurer avec ironie, bien que son coeur n'était plus à l'humour. Elle entendit sa voix se répercuter faiblement sur les parois de la salle, à la manière d'un chuchotement mélodieux, presque chanté. Un soupçon de chaleur demeurait dans ses intonations, qui contrastaient violemment avec celles froides et sèches de son antagoniste.
Si elle voulait avoir l'avantage, Liliana devait attaquer en premier, elle le savait. D'ici, Steadworthy était incapable de discerner ses mouvements. Les seules informations qu'elle pouvait capter sur elle était sa position, que le grincement du plancher sous ses talons révélait. Elle tentait de rester le plus immobile possible, mais le bois était vieux, émoussé par endroit et le moindre mouvement lui tirait une longue agonie. Informuler un expelliarmus aurait été facile, bien trop facile. C'est pourquoi elle pris son temps pour viser, puis élever le plus doucement possible sa baguette vers le plafond. Mais, comme d'un commun accord, Darla s'était activée elle aussi. Déconcentrée par une anxiété fulgurante, elle avorta son sort, pour se tourner vers les souches sèchent qui s'écroulaient bruyamment derrière elle.

Elle n'eut qu'un bond à faire pour éviter le rondin de bois qui fusait sur ses chevilles, mais la Serpentard pesta intérieurement. En se déplaçant, elle permettait à Darla de mieux la situer dans la pièce. D'ailleurs, cette dernière élança un second rondin à la charge, qui manqua de peu de percuter violemment ses flancs. Puis, sans insister, les bûches de bois s'écrasèrent au sol avec fracas, aussi inertes qu'elles l'étaient quelques secondes plus tôt. La rédactrice poussa un soupir las, avant de se tourner à nouveau vers son opposante. Si la haine qu'elle lui inspirait la conduisait à de si piètres performances, elle oserait presque parier que sa hargne s'émoussait ou, au moins, que la leçon au terrain de quidditch l'avait plus affectée que cela. Les deux cas auraient été à eux seuls un petit miracle, aussi elle ne comptât pas trop dessus. Ç'aurait été trop beau, comme elle le constata presque aussitôt. Des frottements sinueux caressèrent le bois et, bientôt, Liliana vit apparaître cinq grandes vipères qui se pressèrent pour l'encercler de leur queue et de leur crocs.
Elle grimaça de dédain. Si une vipère ne pouvait lui faire grand mal, la morsure de cinq pourrait se révéler plus dangereuse mais... Quoi, c'était tout ? Si elle ne faisait pas un geste brusque, les reptiles ne l'attaqueraient pas, à moins que Steadworthy ait osé un imperium sur les créatures, ce dont elle en doutait. Informuler un sortilège interdit demanderait une puissance que Darla ne maîtrisait pas. Aussi resta-t-elle calme et douce dans ses mouvements, le regard braqué sur le serpent le plus proche d'elle, qui, nerveux malgré le calme de la rédactrice, lui montrait ses canines acérées. S'il attaquait, la panique prendrait les autres vipères, qui attaqueraient à leur tour.

- C'est bien aimable de me le proposer.
Rétorqua Liliana à l'invitation sarcastique de Steadworthy. C'était une caresse à rebrousse poil, la dernière banalité avant d'agir à son tour.

Le bras de la jeune femme fendit l'air et un rayon de lumière nacrée fusa de la pointe de sa baguette comme une lame de lumière pure en direction de la première vipère. Deux petits bruits de chute retentirent mollement, alors que le corps du reptile se détachait en deux parties égales. Une odeur puissamment âcre s'éleva dans l'air. Un serpent sentait fort, mais la mort de cette créature dégageait une odeur pestilentielle, que Darla ne manquerait pas de sentir. Sans se formaliser de l'odeur, Liliana braqua de nouveau son arme sur les autres vipères qui s'agitaient, déboussolées par le fumet du corps de leur congénère. D'un nouveau sortilège informulé, elle les envoya en un groupe confus vole-planer jusqu'au siège de Darla, avec le vague espoir que l'une d'elle s'accroche de ses dents à sa gorge.

- Je me suis permise de faire un peu de ménage, pour commencer.
Railla-t-elle d'une voix hautaine.
À nouveau, Liliana éleva sa baguette au dessus de sa tête et dessina un arc de cercle dans les airs accompagné par sa main gauche. Elle tenta d'enchainer un "expelliarmus" tandis que le siège se tournait de lui-même jusqu'à ce que Darla se retrouve face à elle.

- Il y a quelque chose que je voudrais que tu m'expliques. Qu'est-ce que j'ai bien pu te faire, pour que même la guerre achevée, tu continues de mettre ta vie en jeu en t'en prenant à moi ? Je me suis pourtant montrée assez explicite au terrain de quidditch. Je ne me laisserai plus faire. Alors, qu'allons-nous faire, continuer à nous battre jusqu'à ce que l'une de nous deux périsse de cette petite guerre inepte ? J'avouerais volontiers que te voir baigner dans ton sang impur me procurerait une grande jouissance mais je suis raisonnable... Je sais de toute façon que quoi que tu fasses, tu es finie.

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MessageSujet: Re: Loin du froid de Novembre [Pv Liliana]   Ven 4 Mar - 8:12:54

    Les lèvres fines de Darla s'écartèrent légèrement quand un des cadavres de vipères atterrit à ses pieds. Haa. Liliana était tombée dans le piège: elle avait tué les gardiennes des lieux, emportée par ses sentiments. Elle avait déclenché son piège naïvement, sans y donner trop à réfléchir. Darla ricana légèrement, mais son ventre douloureux la rattrapa vite et une toux plus intense que la précédente la pris. Elle avait déjà ramené ses jambes à elle, et passait désormais son bras droit en dessous. Sa baguette tournoyait quant à elle toujours dans sa main gauche. Elle regardait l'âtre avec une fixité cadavérique, impression que sa pâleur renforçait un peu plus. Liliana, songea-t-elle, était toujours aussi prévisible. Elle se laissait aller à de trop nobles sentiments, guidée par cette utopie idéaliste qui ne correspondait pas à la réalité. Elle était hautaine, et sa fierté n'avait d'égal que sa stupidité. Pourtant, Darla n'avait jamais considéré Vanloock comme quelqu'un de stupide, au contraire. Mais sa mortelle ennemie n'était pas assez mature : elle agissait en suivant ses sentiments, ses instincts. Comme un animal fier. Darla était plus contrôlée, ses émotions ne s'affichaient pas aussi facilement et des années d'une vie froide l'avaient poussé à s'en détacher.

    C'est ce qu'elle avait toujours cru jusqu'à son entrée à Poudlard, où elle s'était découverte des sentiments qui lui étaient jusqu'alors inconnus et dont elle voulait se débarrasser. Elle n'avait vécu que dans la froideur et la haine - le reste lui faisait peur. Il lui arrivait de faire des cauchemars, de rêver qu'à nouveau elle s'habituerait à ses sentiments - y prendrait même goût! Mais pour quoi faire? On les lui arracherait de la pire des façons. Et elle se retrouverait à son point de départ, un point de départ plus douloureux encore car cette fois-ci, contrairement au précédente, elle saurait ce qu'elle perdait. Elle regretterait. Et elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas montrer cette faiblesse. La peur était une émotion paralysante, quand on avait connu le pire, on avait peur de rien. Bientôt, Darla connaitrait le pire - et cela la libèrerait de cette enveloppe pitoyable. Bientôt, elle ne connaitrait plus la peur, elle serait peur. Et ça, rare étaient les sorciers qui comprenaient ce que cela voulait dire.

    Elle s'était complètement enfoncée dans le dossier de sa chaise, et attendait Liliana. La plus fidèle de ses ennemies ne tarda pas, contournant la chaise pour se trouver en face d'elle. Darla ne pointa même pas sa baguette vers elle. Elle n'en avait plus la force, ni la nécessité. Elle se contentait de contempler Vanloock comme un amateur contemplait une statue grecque, ses paroles était un venin auquel Darla s'était immunisé. Ce que pensait Vanloock ne lui faisait rien, ses paroles auraient de la valeur quand ses actions auraient un sens. Elle l'observa un moment, les yeux luisants. Elle n'avait pas peur, malgré le fait que Vanloock pointait sa baguette sur elle. Elle n'avait pas peur car elle savait - dans ce moment de délire- que Vanloock ne lui ferait rien. Elle ne faisait rien sans raison et n'agirait certainement pas par vengeance- de peur de ressembler à Darla en le faisant. Liliana était plus prévisible qu'elle ne le pensait, et en ça elle était l'opposé de Darla. Malgré son intelligence, sa simplicité d'esprit la rendait prévisible et Vanloock ne semblait pas s'en rendre compte.

    Ce que Liliana représentait pour Darla? C'était étrange à dire, mais Darla se voyait comme le passé, et voyant en Liliana le futur. Quelque chose qu'elle lui enviait. Malgré la haine qu'elle ressentait pour les sang-de-bourbe, haine dictée par des années de lavage de cerveau, son intelligence et sa perspicacité lui avaient vite fait sentir que cela ne marcherait pas, que si elle voulait survivre, il lui faudrait s'adapter. Pourtant, loin de s'adapter, elle s'imposa. Elle suivit le chemin qu'on lui avait tracé. C'était la seule chose qu'elle connaissait, une autre attitude aurait été invraisemblable. Ceux qui l'avaient destiné à cette voie n'avaient pas encore compris un détail important, et qu'elle ne pouvait qu'assumer en attendant qu'ils ouvrent les yeux. Ses paroles n'avaient aucune valeur. Elle était la fille Steadworthy, une digne serpentarde de Poudlard. Aussi froide que ses prédécesseurs, c'était une vipère parmi d'autres. Mais elle ne pouvait pas expliquer ça à Liliana, quelqu'un qui avait connu la liberté toute sa vie et qui ne la comprendrait pas. Il n'y avait qu'une personne qui comprenait sa situation, et c'était Jun'. Vanloock avait malgré son intelligence eut l'idiotie de révéler son secret par vengeance, sans penser plus loin qu'à la remettre en place, et elle n'avait aucune idée des répercussions que cela aurait. Aucune.

    « Il y a un proverbe arabe qui dit : restes proche de tes amis, et encore plus proche de tes ennemies. »


    Lorsqu'elle regardait Liliana, elle voyait la même chose qu'elle avait vu à son premier jour à Poudlard. De la liberté, la force de vivre et une espèce d'aura digne qui aurait valu à Liliana une place à Gryffondor. C'était quelque chose d'un autre monde que Darla avait envie de toucher, quelque chose de différent qu'elle voulait connaitre. Et ça, c'était un danger. La fascination qu'elle avait ressenti, elle avait l'impression qu'elle pouvait avoir accès à un échappatoire, loin de cette dure réalité. Fascinant et effrayant. Au premier regard, elle semblait avoir compris l'essence même de la serpentarde, et cela la répugnait. Ca l'effrayait au plus haut point. Elle savait maintenant, elle avait deviné de façon flou que ce qu'elle avait ressentie ce n'était pas de la haine. La haine était un sentiment avec lequel elle vivait depuis des années et qu'elle ne connaissait que trop bien. Elle comprenait aujourd'hui que l'hostilité ouverte et les agressions de Vanloock n'étaient pas importants: elle ne représentait pas réellement une ennemie. C'était ce que représentait Liliana qui effrayait Darla. La serpentarde en elle-même était fascinante, mais elle émanait quelque chose d'unique dans lequel Darla ne voulait pas se retrouver prisonnière. Ses sentiments entremêlés étaient complexe, elle décelait de la jalousie, de la colère, de la fascination et ... de la peur. La peur venait souder tous ces sentiments, et rendait le comportement de Darla envers Vanloock agressif.

    Elle ne pouvait mettre de mot dessus: du charisme? de la prestance? C'était quelque chose de différent mais elle ne saurait mettre le doigt sur quoi. Darla avait toujours eut le sentiment que leurs chemins étaient destinés à se croiser, un jour ou l'autre. Avaient-ils tous vu le potentiel de la serpentarde? Blondy elle-même le réalisait elle? Surement pas. Darla n'avait d'abord pas su comment agir, et voyant d'inutiles mouches s'agglutiner autour d'elle, elle avait préféré les chasser. Le moyen le plus efficace de chasser des mouches embêtantes était d'éliminer la source du problème: ce qui les tentait. Elle avait fait de Vanloock son ennemie. Et à l'époque, on avait encore peur de la colère d'une Steadworthy. Aussi les mouches s'étaient dispersées et seules les plus téméraires étaient restées au côtés de Vanloock. Elle lui avait toujours joué de sales tours, sans parvenir à trouver une raison concrète à son comportement. Et aujourd'hui, elle devait la tuer. Elle retint un soupir. Quel mal de tête. Liliana était un nœud qu'elle ne parvenait pas à démêler, un souci dans son existence.

    Vanloock avait ainsi, depuis le commencement, considéré Darla comme quelqu'un qui la détestait. Un sentiment qu'elle lui avait bien rendu. Mais Darla n'attendait ni sa compréhension et ne voulait certainement pas de son amitié. Elle ne pouvait attendre que quelqu'un comme Liliana comprenne son univers tordu, ses raisonnements sinueux et interprète correctement ses actions. Liliana n'était pas la pire ennemie du genre, elle était son opposée et malgré cela Darla avait le sentiment qu'elles pourraient se comprendre. Mais ces idées provoquaient une certaine répulsion, après autant d'années. Elle inspira profondément, tentant de faire disparaitre sa nausée, et détacha enfin son regard de Liliana. Vanloock était une ennemie, mais la noblesse dont elle tentait de faire preuve la rendait inoffensive, incapable de tuer. Et la seule chose capable d'effrayer Darla dans cet état, c'était la mort.

    Elle cessa de contempler Vanloock, pour reporter son attention sur le feu. Ce qu'elle mettait en place aujourd'hui, personne ne le comprendrait jamais, personne ne saurait qu'elle agissait pour le bien de tous. Ils oublieraient un jour son existence, mais ses actions laisseront des traces. Il fallait qu'elle garde la tête froid et qu'elle relativise. Mais sa nausée rendait le contrôle de ses sentiments plus dur, et son ventre qui se serrait encore, sa tête qui s'alourdissait. Elle fit un signe de main à Liliana:

    « Ne fais rien d'inutile et ne me déranges pas »

    Comme elle n'entendait rien, et que cette dernière ne semblait pas bouger. Elle siffla, exaspérée par l'idiotie dont elle était en train de faire preuve.

    « Tu n'as pas encore compris? Tu peux baisser ta baguette. Elle est maintenant inutile. »


    Qu'elle était exaspérante vraiment! Vanloock, tu fais honte à l'intelligence dont tu es dotée. Darla soupira en se massant les tempes, elle indiqua d'un geste las.

    « Les serpents. »

    Vanloock avait eu le malheur de tuer les serpents, les aurait-elle simplement figés et le piège n'aurait pas été activé. Mais elle avait agi sans réfléchir et en payait désormais les conséquences. Ne comprenait-elle donc toujours pas?

    « Jamais entendu parler de gardiens d'un lieu? »

    Elle la dévisageait, cherchant sur ses traits la lueur qui lui indiquerait qu'elle avait compris. Elle était tendue, et l'envie de se battre avait été dissipée par son état. Elle n'était bonne à rien d'autre qu'à murmurer de petits sorts. Elle manquait de puissance et se sentait vulnérable, bien qu'à l'abri de tous sorts. Pour le moment.

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MessageSujet: Re: Loin du froid de Novembre [Pv Liliana]   Lun 14 Mar - 21:00:04

Ses propres propos lui laissèrent un goût désagréablement amer sur la langue. Garder sa sérénité devant un individu comme Darla lui demandait plus de contrôle d'elle-même qu'en n'importe quelle autre situation. La Serpentard était capable de garder son sang-froid devant une situation critique, une armée d'employés sous pression qui lui conjuraient de prendre une décision rapide pour l'entreprise dont elle avait hérité, devant la menace d'une baguette braquée sur son poitrail, devant ses propres faiblesses mais devant Darla, elle se sentait aussi faillible qu'à ses premières années à Poudlard.
Sa main ne tremblait pourtant plus comme l'année précédente. Son regard semblait moins résigné, plus déterminé. Elle semblait même sincère lorsqu'elle s'imaginait la voir croupir dans une flaque de sang. Qu'elle le désire réellement était un tout autre sujet.

Darla l'inquiétait, oui. Elle était l'ombre menaçante derrière son dos, un fardeau qu'elle traînait bien malgré elle comme un ancien prisonnier tient ses souvenirs d'enfermement bien enchaînés à sa cheville. Elle priait afin de s'en débarrasser un jour, mais elle savait qu'entre elles, rien n'était simple. Leur relation était une agglomération de noeud serrés et complexes qui n'avait fait que s'étoffer sur le fil des années. Le sentiment qui rugissait dans son ventre était lui-même indéfinissable. Cette haine réciproque la rongeait. Néanmoins, l'ébauche d'un sourire jaune parvint à se dessiner à la réplique de Steadworthy.
Sa seconde réplique, en revanche, la laissa muette. Il semblait presque que Darla tolérait sa présence sous conditions. Quelque chose clochait dans cette déclaration. Que sous-entendait-elle exactement par "ne pas la déranger" ? Qu'elle puisse rester, ou qu'elle puisse partir comme si rien ne venait de se produire ?
La baguette toujours rivée sur son ennemie, elle s'envasait dans ses interrogations, jusqu'à ce que l'antagoniste insiste. Une nouvelle vague d'angoisse lui escalada les tripes et elle baissa son arme avec un léger temps de retard. Elle sentait qu'elle venait de tomber dans un piège qu'elle n'avait même pas soupçonné. Les lèvres plissées, elle jeta un rapide coup d'oeil au serpent tranché par le milieu qui gisait dans un petit flot de sang sombre et mince. Peut-être n'aurait-elle pas dû, ce que lui confirmât dans la seconde Steadworthy. Ils étaient les gardiens de l'aile abandonnée, quelle ironie ! Des serpents pour garder l'antre préférée de la vipère. Un soupir agacé s'échappa de ses lèvres.


- Notre magie est devenue totalement inefficace, n'est-ce pas ?
C'était une question rhétorique. Elle savait pertinemment quel genre d'envoûtement déclenchait la mort d'un gardien et, si rien de dramatique ne s'était produit, c'était que leur baguette était devenue complètement obsolète, bâillonnée par la puissance de la protection magique. Elle ne la rangeait pourtant pas et la gardait contre son flanc, fermement retenue entre ses doigts en guise d'ultime protection. Ça n'était qu'une défense psychologique, mais elle valait mieux que demeurer comme nue devant une dangereuse ennemie.
- Si nous ne pouvons nous battre, c'est qu'il est peut-être temps de laisser place aux mots, tu ne penses pas ? Murmura-t-elle avec prudence.

Elle n'imaginait pas une seule seconde que Darla puisse accepter l'offre de paix, aussi éphémère était-elle, que lui offrait Liliana. Mais il y avait plus de chances de démêler un temps soit peu leurs sentiments en engageant la conversation plutôt qu'en fuyant lâchement. Rien n'était gagné par avance. Darla était à nouveau dans une situation profondément critique des suites de l'article que Liliana avait rédigé quelques mois plus tôt. L'affaire, contre toute attente, était ressortie par la main des médias. La rédactrice elle-même n'en avait pas été informée avant sa parution dans la gazette du sorcier et savait désormais qu'elle ne contrôlait plus la suite des évènements. C'était, d'ailleurs, une situation tout aussi désagréable pour elle. Elle savait qu'elle risquait d'en subir les retombées. Ce n'était qu'une question de temps avant que la famille Steadworthy ne réplique. Elle avait conscience qu'elle devait songer à faire appel à ses avocats. Ils l'avaient déjà contactée, d'ailleurs. Liliana avait seulement préféré faire la sourde oreille.
Réengager le combat lui semblait futile et vain, cela l'épuisait rien qu'à le penser. À quoi bon crier vengeance ? S'acharner sur les vaincus était certes parfois nécessaire, mais si elle pouvait retarder l'échéance, elle le ferait. C'était une responsabilité qu'elle ne se sentait pas encore la force d'assumer. Et pourtant, qu'elle le veuille ou non, elle devrait s'y confronter bien plus tôt qu'elle ne le pensait, elle le sentait sans l'admettre.

- Il va arriver un temps, bien plus proche que nous voulons bien l'admettre, ou nous ne pourrons plus faire marche arrière. Tu n'as plus grand chose à me prendre, et je n'ai plus grand chose à te retirer non plus. L'orgueil et la fierté sont deux vertus inutiles lorsque l'on gît six pieds sous terre. Ce que tu vas vivre ces prochaines années, je l'ai traversé. Ce ne sera pas une partie de plaisir. Ne t'illusionnes pas, à la vérité je suis le moindre de tes soucis à l'heure actuelle.

Liliana était certaine que Darla courait après des chimères. Sa guerre contre elle lui permettait de garder un semblant de place à Poudlard, mais ce but était un mirage, qui s'effacerait lorsque les victimes de la guerre se tourneraient enfin contre elle. La colère et la haine grondaient encore dans les coeurs des nés-moldus et de tous les autres sorciers qui avaient subit la guerre de plein fouet, et elle n'était pas prête à se résorber.
Elle ignorait la raison à cela, mais une étrange anxiété l'escaladait lorsqu'elle pensait à ce que pourraient subir les anciens tyrans lorsque les représailles tomberaient. L'angoisse était certes moins forte envers Darla qu'envers les sang-purs demeurés innocents malgré les avantages qu'ils avaient à laisser la dictature s'imposer. Elle était bien là cependant, bien qu'elle sache au fond d'elle que Steadworthy mériterait les souffrances qu'elle risquait d'endurer. Elle avait agit contre les nés moldus et les sang-mêlés sans retenue, elle l'avait torturée, elle avait tué son chat en guise d'exemple parce qu'elle avait osé soigner des victimes des Carrow. Mais qu'aurait fait Liliana si son père avait été un radicaliste à l'instar de celui de Darla ? Elle avait eu tout l'été pour y réfléchir et l'ignorait encore. Peut-être que, si elle avait eu une chance de protéger sa mère, elle aurait rallié la cause de Steadworthy et des autres avant qu'elle ne meure des suites des sortilèges d'un mangemort, seule sur son lit d'hôpital. Peut-être, mais rien ne s'était passé comme elle parvenait difficilement à se l'imaginer, et elle avait dû tenir bon jusqu'au bout ou plutôt, jusqu'à ce que son esprit craque et chancelle devant l'horreur.

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MessageSujet: Re: Loin du froid de Novembre [Pv Liliana]   Mar 15 Mar - 0:08:56

    Darla secoua la tête, visiblement lasse. Vanloock avait légèrement baissé sa baguette, même si elle s'y cramponnait toujours avec un désespoir qui, Darla devait bien l'avouer, se revelait amusant.

    « Il va arriver un temps, bien plus proche que nous voulons bien l'admettre, ou nous ne pourrons plus faire marche arrière. »

    Il lui était déjà difficile aujourd'hui de faire marche arrière... et puis, pourquoi le ferait-elle? Elle ne laisserait pas tomber par peur, pas après autant d'années de sueurs froides et de détermination. La peur était le dernier de ses souçis, juste après Liliana. Mais il lui faudrait tout de même se débarasser de ses deux choses avant de s'en prendre à l'essentiel. Quand allaient-ils réaliser? Il leur fallait attaquer les mauvaises plantes dès la racine, ne l'avaient-ils pas encore compris? Attendre était tellement exaspérant... Mais c'était bien la seule chose qu'elle pouvait faire aujourd'hui.

    « Tu n'as plus grand chose à me prendre, et je n'ai plus grand chose à te retirer non plus. L'orgueil et la fierté sont deux vertus inutiles lorsque l'on gît six pieds sous terre.»

    C'était là que Vanloock se trompait. Puisqu'elle et Darla étaient vivantes, c'étaient qu'elles avaient encore quelque chose à prendre de l'autre. Il y avait milles choses que Darla pouvait lui voler mais Vanloock ne semblait pas s'en rendre pas, elle ne semblait pas réaliser que tous ces sentiments pouvaient disparaitre, que sa liberté pouvait lui être retirée. La mort semblait parfois bien douce à côté de cela - qui aurait bien pu se douter qu'on pouvait prendre plus de plaisir six pieds sous terre que sur terre? On avait trop peur de la mort. Cette dernière effrayait même Darla: l'inconnu effraye toujours.

    Oui, il y a pire que la mort. Rares étaient ceux qui comprenaient ça car ceux qui ont toujours vécu libres ne s'adaptaient pas forcément à l'enfermement, la privation et le sentiment de vide existentiel qui les accompagnaient. Ces choses futiles, et pourtant essentielles : Qu'était l'inconnu comparé à tout ce vide? Oh, ils y en avaient qui s'adaptaient, mais rares étaient ceux qui avaient survécu arrivés au fond du vice. Et ceux-là ne disaient rien. Il n'y avait rien à dire sur le vice. Qui déterminait sa limite après tout? Un sorcier l'avait bien défié avant, alors pourquoi pas maintenant? La mort n'était peut être pas si effrayante, songeait Darla en tremblant un peu des doigts.

    « Ce que tu vas vivre ces prochaines années, je l'ai traversé. Ce ne sera pas une partie de plaisir. Ne t'illusionnes pas, à la vérité je suis le moindre de tes soucis à l'heure actuelle. »

    Darla ne put retenir un sourire froid, dénué d'émotions. Ses yeux paraissaient vides d'âme mais restaient plus expressifs que son sourire. « Ne te fais pas d'illusions ». Pour cela, il aurait encore fallut qu'elle ait de l'espoir - existait-il vraiment une illusion sans l'espoir de la voir se réaliser? Certainement pas. Darla n'avait donc pas d'illusions, elle n'avait que la dure vérité qui l'attendait. Elle répugnait à l'admettre, mais ces paroles restaient vrais: Liliana n'était pas la priorité. Malheureusement, ce n'était pas à elle qu'il fallait le dire.

    Elle regardait le feu crépiter, silencieuse. De toute façon, quoi qu'elle fasse maintenant, le mal était fait. Darla ne pouvait changer le passé, et le présent ne lui laissait pas beaucoup de marge de manoeuvre. Elle ne pouvait qu'attendre que le cataclysme lui tombe dessus. Leur colère allait s'acharner sur eux, et certains sorciers purs le payeraient de leur sang. Son sourire s'élargit à cette idée: de toute façon, elle n'avait pas prévu de vivre longtemps. Dans quelle tristes abymes voguait-elle?

    Il y avait quelque chose d'étrange dans la salle, était ce l'atmosphère? Le crépitement irrégulier du feu? Darla avait perdue la notion du temps, plongée dans ces pensées. Son visage se détendit. L'espace d'un instant, il redevint aussi froid et inexpressif qu'un masque de Venise. Et le temps s'arrêta un moment. Lorsqu'elle sortit de ses songes, elle eut l'étrange impression d'avoir passé une éternité dans cette position. Elle détendit ses jambes engourdies et les posa sur le sol. C'était étrange de voir combien la lumière du feu les faisait paraitre fine et pâle. On aurait dit un corps malade, en attente d'être achevé. Personne ne se serait douté de la force que cachait ces frêles jambes, personne n'y aurait d'ailleurs porté attention.

    Quand elle parla, elle ne s'adressa même pas à Liliana. Il lui fallait faire abstraction de sa présence pour se concentrer. Elle tendit sa baguette, prête à ranimer le feu mourrant.

    « Ah... »

    Elle ne pouvait utiliser sa baguette. Elle avait oublié. Sans même prononcer la formule, elle la baissa et l'enfouit dans une des poches de sa jupe. Les plis sombres du tissus frémirent doucement avant de se rabattre enfin sur sa jambe. Elle observait le feu, ennuyée. Sa tête tournait encore et elle ne se sentait pas la force de se lever pour le ranimer. Quelle poisse.

    « Quelles sont les probabilités pour que les Serpentards remportent la coupe cette année? »

    Elle ne se sentait pas vraiment d'humeur à parler, mais il lui fallait porter l'attention de Liliana sur autre chose pour que cette dernière ne voit pas l'état lamentable dans laquelle elle se trouvait. Et pour la première fois de sa vie, Darla parla du futur. Mais pas de plans futurs, de stratatègemes tordus dont elle cherchait les moindres failles. Simplement de probabilités, de quelque chose de commun. Elle aurait pu rajouter tellement de choses: Qu'ils gagneraient évidemment, que les nouveaux adhérents étaient d'excellents joueurs ou encore que les statistiques étaient en leur faveur. Elle aurait pu dire tellement de chose si elle en avait eu envie. Mais elle se contentait de passer sa main gauche dans ses cheveux sombres et de lancer un regard légèrement agaçé sur le feu mourrant.

    On ne pouvait pas prédire avec exactitude le futur. On pouvait par contre prévoir les futurs possibles, faire preuve d'intellect. On pouvait deviner tellement de choses dans des regards ou des gestes... Mais ces derniers temps, Darla n'avait plus la force de se plonger dans le triste futur qui l'attendait. Elle se laissait lourdement entraîné par le présent, en s'accrochant désespérement et nostalgiquement au passé. Il n'y avait pas grand chose auxquelles se raccrocher, et elle lâchait vite prise. A quoi bon?

    « On gagnera... »

    Les Serpentards gagnaient toujours au final, peu importait le score. C'était un sentiment que Darla ne pouvait expliquer. Tout les jours, elle tombait un peu plus bas et il ne lui resterait bientôt plus que sa fierté et ses convictions. Ceux qui n'avaient jamais atteints le fond ne pouvaient pas comprendre ce que c'était que de creuser encore, dans l'espoir de trouver pire que soit. De trouver plus profond que notre fond. Ce qui différenciait un sorcier digne de ce nom d'un sorcier commun était sa capacité à se renouveler, à ne pas vaciller au final. A faire preuve de malice et d'intelligence pour s'adapter à ce trou sans fond dans lequel il tombait sans fin. Ce que Liliana avait pu traverser n'était certainement rien comparé au traumatisme de l'enfance de Darla. Ces paroles étaient naïves et auraient été exubérantes si Darla les avait pris à coeur.

    Steadworthy ne prenait plus grand chose à coeur ces derniers temps. Elle commençait à comprendre ce que cela signifiait d'être seule, de se préparer à affronter quelque chose dont personne n'a idée et que personne ne peut comprendre, malgré toute la volonté du monde. Et puis, personne ne cherchait à comprendre. C'était Darla la méchante sorcière. Darla la vipère. Et ça lui convenait comme ça. Sa main glissa dans sa nuque, la grattant nerveusement. Ca lui avait toujours convenu.

    « ... n'est ce pas? »

    Elle avait cette espèce d'incertitude qu'elle ne pouvait expliquer. C'était comme si elle s'apprêtait à se jeter dans le vide devant elle. Qu'elle se préparait à s'y jeter en sachant qu'elle s'écraserait, sans même vérifier qu'elle y survivrait. Son coeur se serrait douloureusement tandis que son ventre faisait à nouveau des siennes. Vanloock lui provoquait vraiment de ces nausées, c'était incroyable.



Dernière édition par Darla Steadworthy le Lun 11 Juil - 17:30:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Loin du froid de Novembre [Pv Liliana]   Dim 27 Mar - 14:43:55

Si Darla s'illusionnait aux yeux de Liliana, cette dernière en faisait tout autant en pensant qu'elle aurait pu tenir une conversation cohérente avec son ennemie de toujours. Son intelligence était un honneur qu'elle lui avait fait, mais à voir les réactions de la Serpentard, la rédactrice se mettait à douter de la réalité de cette qualité chez Steadworthy. Peut-être son teint malade et sa toux étaient de véritables signes de maladie, peut-être était-elle aussi peu capable d'écouter ce que Liliana avait à lui dire que de mettre véritablement en danger cette dernière. Au contraire même, elle l'avait protégée grâce aux gardiens qu'elle avait envoyés sur elle.
La blonde se décida, enfin, à ranger sa baguette. Elle se sentait étrangement malhabile ainsi les mains vides, immobile. Elle détestait ce calme, trop intense pour ne pas être le précurseur d'une tempête entre les deux sorcières. Et elle avait la sensation d'être retenue ici, par une force indéfinissable qui la clouait sur place. Elle ignorait s'il s'agissait de son imagination ou de l'effet de l'enchantement des serpents sur elles. Elle ne chercha pas à le savoir auprès de Darla.

Cette dernière parlait de sa voix glaçante, cette voix qui semblait, aux oreilles de Liliana, ne libérer aucune intonation permettant de l'associer à une voix humaine. Elle avait quelque chose de mécanique, comme des fils électrique grésillants, le roulement grinçant d'une machine d'usine. C'était tout ce qui lui conférait, d'ailleurs, un peu de charisme. Là, vautrée sur son fauteuil et les jambes rabattues, le haut du crâne à hauteur de la poitrine de Liliana, elle semblait plus petite et insignifiante.
Ce qu'elle demanda acheva de faire douter Liliana sur sa prétendue intelligence. Darla était folle. Tous ses ennemis, du moins, étaient unanimes sur le sujet. Si Vanloock n'en était pas convaincue quant à elle, elle commençait à remettre l'état mental de Steadworthy en cause. Quel était l'intérêt de cette phrase ? C'était le genre que l'on réservait à ses amis, ces questions anodines et stériles que l'on lâche dans les conversations où l'on avait rien à dire. Darla n'avait certainement rien à dire, au contraire de Liliana. Elle ne parlait pas, s'extériorisait encore moins. Elle ne devait connaître qu'une seule sorte de dialogue, celui qui s'écrivait dans le sang. Il n'y avait rien à tirer d'elle, c'était une coquille vide, seule et sans intérêt. Un fossile grossier et gonflé d'iode échoué sur une plage de sable fin. Elle ne valait pas la peine d'un effort. Pourquoi ne se sentait-elle pas la force de filer hors de son antre ? Elle lui abandonnait volontiers, plutôt que de supporter la stérilité qui s'échappait au compte-goutte de sa bouche.
Liliana ravala l'exaspération qui commençait à gonfler sa poitrine et se concentra sur sa respiration. Elle ne devait pas s'énerver, c'était inutile. Elle fit le tour du siège et jeta un regard vers la porte qui la séparait du couloir. Elle n'avait qu'à faire quelques pas.

- Les compétitions enfantines entre maisons ne m'intéressent plus depuis longtemps. On finit toujours par se lasser des futilités. La coupe des quatre Maisons n'est rien d'autre qu'un morceau de métal et les émeraudes dans le sablier, que des pierres. Il y a bien d'autres victoires plus intéressantes.

Liliana s'avança jusqu'à la porte à pas rapides. Cependant, plus elle s'avançait, plus il lui paraissait difficile de mettre un pied devant l'autre. Son coeur s'accéléra bientôt sous l'effort qu'elle dû prodiguer. Elle s'arrêta finalement, à trois ou quatre pas de la porte, essoufflée et légèrement voûtée. C'était impossible d'approcher de la porte, elle n'avait pas rêvé. Le sortilège la retenait coincée ici. Coincée avec la vipère. Pourquoi n'avait-elle pas préféré son dortoir à cet endroit ? Les secondes s'égrenaient, elle se sentait prise au piège et cela lui était de plus en plus insupportable. La présence de Darla derrière son dos la rendait nerveuse.
Elle se laissa tomber dos contre le mur. Le cadavre d'une des gardiennes gisait toujours sur le sol et elle manqua de sortir sa baguette, par réflexe, afin de le faire disparaître.

Le vent grondait et malmenait le feu dans l'âtre. Quelques flocons de neige glissaient à travers l'interstice dépourvu de protection. Le charme avait défait le bouclier de Darla et l'air devenait de plus en plus froid. Liliana se frotta les bras en réprimant un frisson. Elle jeta un regard au dossier du fauteuil. L'inertie de Steadworthy l'énervait. Elle avait envie de la voir réagir, de se comporter enfin un peu comme une personne normale et humaine.

- Au fait... Comment va ton père ? L'enquête en cours l'a-t-elle blanchi de ses mensonges ?
Peut-être qu'aborder enfin clairement le sujet réveillerait un peu Darla. Anxieuse, Liliana attendit un signe, ne serait-ce qu'un tout petit mouvement d'agacement. Les sens en alerte, elle observait son profil du mieux qu'elle le pouvait de l'endroit où elle se trouvait.

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Loin du froid de Novembre [Pv Liliana]
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