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Après la guerre, la paix nouvelle reste précaire et menacée...
 
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 En fin de journée [ Lenny ; ouvert ]

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Mary G. Summerby
Poufsouffle, 3 ème Année
Poufsouffle, 3 ème Année
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Date d'inscription : 15/08/2010
Age : 28

MessageSujet: En fin de journée [ Lenny ; ouvert ]   Ven 20 Aoû - 11:44:42

[ HJ : Lenny s'est gentiment proposé pour me répondre, mais je ne pense pas me tromper en disant que n'importe qui peut nous rejoindre Smile ]

A Poudlard, il y avait un parc.
Aux abords de ce parc, du côté opposé au château, il y avait un lac.
Au bord de ce lac, sur la rive qui donnait sur le parc, il y avait un arbre.

Cet arbre n'était pas très vieux et il n'était même pas très impressionnant. C'était, en fait, un arbrisseau. D'ici quelques années, il deviendrait un saule pleureur, un vrai, grand et majestueux. Ses branches se pencheraient vers l'eau de son lac bien-aimé, ses feuilles en effleureraient la surface. En tombant, elles iraient se décomposer, se joindre à la vase ; un cycle éternel se mettrait en marche, l'arbre nourrissant l'eau et l'eau nourrissant l'arbre.
Mais pour l'instant, ce n'était qu'un tronc un peu sec et surmonté d'une petite touffe de branchages feuillus – vision assez ridicule, soit dit en passant – qui ne payait pas de mine face aux autres occupants du parc.

La plupart des habitants du château en ignorait jusqu'à la simple existence, mais Mary l'aimait bien. Il avait été planté l'année de son arrivée à l'école, peu après la rentrée. D'une certaine manière, cela les liait aux yeux de la Poufsouffle. Elle aimait à s'asseoir près de lui, les pieds dans l'eau, pour lire un peu ou rêvasser gentiment. C'était un des lieux qui lui avait le plus manqué l'année d'avant, son jardin secret. Oh, elle se doutait bien qu'il était connu d'autres élèves – mais elle n'y avait croisé personne pour l'instant.

En ce jour d'Octobre, le temps était frais et à peu près sec. Quelques nuages agrémentaient le ciel d'un bleu vif. Le soleil se rapprochait déjà dangereusement de l'horizon : c'était la fin de l'après-midi. Les cours étaient terminés depuis un petit quart d'heure déjà, mais Mary Georgia n'avait aucune envie de s'enterrer dans sa Salle Commune. Elle voulait profiter des derniers jours agréables, où la nuit ne tombait pas dès la fin des cours. Le climat écossais lui avait toujours été assez déplaisant, car le Sussex dont elle était originaire était plus chaud et moins humide. On n'y portait pas de cape avant Hallowe'en, alors que la jeune fille ressortait la sienne dès la mi-Septembre à Poudlard.

Sous la petite bise qui soulevait les plis de sa jupe et dévoilait ses collants aux couleurs de sa maison, Mary s'était donc assise sous son arbre. Elle avait apporté un livre sur l'histoire des relations entre moldus et sorciers – ce n'était pas comme si le sujet la passionnait, mais c'était au programme – et son balais. C'était le dernier modèle que revendait son père, un Nimbus 2003, qui ne sortirait que dans quelques semaines. M. Summerby recevait toujours un exemplaire des produits Nimbus en avance et il en faisait toujours profiter ses enfants. Le frère de Mary, Adrian, ayant eu droit à l'avant-dernier, il n'était que justice que la blonde prenne celui-ci.

Personne ne semblait avoir remarqué jusqu'à présent qu'elle utilisait un balais théoriquement inédit, mais elle comptait bien en faire profiter l'équipe de Quidditch de sa maison. On ne pouvait pas dire que les résultats de Poufsouffle aient été reluisants ces dernières années – maintenant qu'une paix toute relative était arrivée, il était temps que cela change.
Voilà ce qui occupait ses pensées, alors que la lumière déclinait doucement autour d'elle, bien loin des divers traités et autres décrets destinés à limités la visibilité des sorciers aux yeux des moldus. C'est ainsi qu'elle ne remarqua pas, absolument pas, les bruits de pas qui se dirigeaient vers elle.
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Lenny Pinsker
Préfet de Serpentard, 5e année
Préfet de Serpentard, 5e année
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Messages : 489
Date d'inscription : 19/01/2010
Age : 28

MessageSujet: Re: En fin de journée [ Lenny ; ouvert ]   Mer 25 Aoû - 23:04:11

Les notes envolées d’une ronde de violons tournaient dans l’air fraichi d’une saison naissante. Elles frappaient les fenêtres poudrées d’or. La joue réchauffée par le soleil, Lenny s’était honteusement abandonné à un plaisir de cancre, celui de renoncer au cours pour regarder par la fenêtre les feuillages encore verts, piqués ça et là d’ocelles orangées. Et la musique de Vivaldi avait enveloppé d’un nuage de coton les paroles de l’enseignant. Il se souvenait des premières notes, vives et rythmées. C’était une entrée joyeuse, une danse imposée au premier coup d’archet, comme si la joie devait éclater une dernière fois avant la mélodie glacée de l’hiver. Le Serpentard avait passé des heures devant la partition de l’Automne. Enfant, il rêvait de la maîtriser à la perfection. La dure réalité de l’apprentissage l’avait souvent découragé. Il devait revenir sans passion à des séquences plus lentes, simples et sans ambition. Mais les années de travail obstiné avaient fait renaître la musique du compositeur italien sur le violon qu’il tenait de son grand-père. Il s’était exercé en secret, et avait appelé Maman le jour où le crin ne geignait plus sur les cordes de l’instrument et que sa main filait sans hésiter. Bien que sa génitrice fût un piètre juge, incapable de nommer le titre joué, il se souvenait avec fierté de son regard touché, absorbé, puis admiratif. Elle s’était même trouvé un intérêt tout particulier pour le programme de l’opéra de Portsmouth. Le talent de son fils lui donnait l’accès à un lieu où il était bon de se faire voir. Ils avaient vu de nombreuses pièces, auxquelles elle ne comprenait rien mais dont elle parlait avec animation devant ses amis en hélant son ‘enfant prodige’ dès qu’une question trop technique la mettait dans l’embarras. Maman lui manquait. Pourtant, ses lettres s’espaçaient. Trop de sentiments contradictoires l’habitaient depuis son retour à Poudlard, il ne savait plus comment tourner son courrier.

La sonnerie le fit sursauter avec l’endormi du dernier rang. Il avait rangé ses affaires à la hâte, son envie soudaine de rejoindre le parc devenait oppressante. Il voulait sentir le vent terreux et humide de l’automne, et il ne pleuvait pas aujourd’hui, un miracle du climat écossais. Etait-ce la place vide d’Alix Craft qui tourmentait son inconscient ? Non, il se fichait des tribulations de cet imbécile. Son quotidien était plutôt tranquille ces derniers temps. Les dernières frasques de Samuel remontaient à la dernière semaine de septembre, Lorelei ne lui cherchait plus querelle, ils arrivaient à former un duo de préfets cohérents à Serpentard et ses derniers devoirs affichaient des résultats satisfaisants. La première Gazette de Poudlard avait également rencontré un beau succès, la nouvelle équipe de rédacteurs fonctionnait à merveille, et même Luna Lovegood, intégrée dans le groupe pour ne pas contrarier McGonagall, les avaient agréablement surpris. Mis à part les événements troublants du concert de Pré-au-Lard, la tranquillité du château était assez incroyable. Les tensions sous-jacentes se devinaient mais, mis à part son article provocateur sur Alix, rien n’éclatait. Il lui semblait que Poudlard sommeillait depuis la fin de la guerre, comme si chaque élève s’était enfermé dans un cocon de soie rempli de ténèbres. Il n’aimait pas ce calme là.

Mais près du lac, les énergies négatives de ses camarades se dissipaient. Il n’y avait plus que l’air, l’eau, et le chant des violons. Son coin préféré était celui des saules pleureurs. En été, des idiots qui ne savaient rien apprécier s’amusaient à se pendre à ses branches souples pour se jeter dans le lac. En automne, ils oubliaient complètement son existence et guettaient d’avance la chute des premières neiges. Quand le froid ne rendait pas les boiseries de la bibliothèque plus accueillantes, Lenny se recueillait de temps à autre contre le tronc d’un saule. Il lui semblait qu’un bon environnement honorait ses lectures et inspirait les réflexions plus ou moins profondes qu’il posait parfois sur un parchemin raturé. Il écrivait beaucoup en ce moment. Ses mots prenaient des directions surprenantes. C’était étrange, lorsque les idées lui venaient, il pensait différemment, il devenait vulnérable un instant, pour le papier, avant de cacher les meilleurs paragraphes dans un coffre jalousement protégé pour retrouver ce masque de Serpentard blafard et impassible que tous lui connaissaient. Mais il ne ressentait pour l’instant qu’une vague mélancolie. Le seul roman de son sac était abîmé à force d’être parcouru et écrasé par ses manuels scolaires. Il avait abandonné les Souffrances du jeune Werther au début du deuxième livre. Il ne savait pas pourquoi. Ce n’était qu’une simple pause au début, il devait quitter la salle commune pour le dîner, puis, il avait repris l’histoire au début, la finir ne lui disait rien. Après tout, qui ne connaissait pas la fin de cette sinistre ou exaspérante correspondance ?

Alors, il n’avait rien à lire, rien à faire ni à penser. C’était une curieuse situation pour cet esprit constamment en ébullition et à la recherche d’activité intellectuelle. Il fredonnait l’Automne de Vivaldi. La lanière de son sac en cuir pendait lâchement sur son épaule. Lenny s’était adossé contre le tronc épais d’un saule en observant les environs, le regard brumeux. Une petite fille blonde de Poufsouffle s’était installée avec un livre près du plus jeune saule pleureur du parc. L’arbre avait bien poussé en une année, on pouvait presque s’abriter sous ses branches clairsemées, à l’écorce encore lisse et jaune. Il s’étonnait de trouver quelqu’un pour le remarquer. Les adolescents n’avaient généralement pas d’inclinations romantiques pour la nature. Mais le visage de cette fillette ne lui évoquait rien. Ni son âge, ni sa maison n’avaient pu la rendre intéressante un jour. C’est son balai qui attira son attention. Liliana Vanloock, rédactrice en chef tyrannique de la Gazette, lui avait imposé un sujet sur l’ouverture de la saison de Quidditch. Elle s’occuperait de la page sport plus tard disait-elle, quand les articles deviendraient plus intéressants, qu’il serait possible de critiquer un par un les joueurs de l’équipe vaincue à l’issue d’une rencontre officielle et de calomnier sur les querelles et ragots qui éclataient au sein des groupes... Mais qui avait envie de lire une bête présentation ? Cette année les équipes étaient révisées à un tel point que la plupart des visages seraient inconnus du grand publique. Il n’y avait aucun angle polémique possible, et il détestait le Quidditch.

L’entraineur de Serpentard lui avait infligé quelques jours plus tôt l’inventaire détaillé du matériel de l’équipe en pérorant sur les qualités de tel ou tel balai sans s’inquiéter de son absence totale de prise de notes. Et voilà qu’à cause de cet énergumène aussi remonté qu’un vif d’or, il étudiait malgré lui un balai en se remémorant toujours malgré lui son discours sur les meilleurs balais du moment. Celui-là semblait en faire partie, mais il ne le reconnaissait pas… En même temps, il n’avait pas appris les références de Quidditch magazine par cœur, Dieu l’en préserve. Tenait-il le début d’un petit scoop ? Non, il se fichait de ce sport, et une gamine de treize ans tout au plus n’avait rien à lui apprendre. Il essaya de s’en détourner mais son arrivée trop peu discrète avait attiré le regard de la Poufsouffle sur lui pendant qu’il étudiait ce maudit balai avec ce qui ressemblait à de l’intérêt. Quelques rougeurs barrèrent ses joues lorsqu’il croisa – presque horrifié – son regard et, il ouvrit d’un geste brusque son sac pour retrouver son roman. N’était-il pas ici pour lire ? Il ne réagissait certainement pas de cette façon pour signifier à cette jeune fille qu’il avait des intérêts autrement plus élevés. Bien sûr, comme toujours dans ce type de situation extrême, l’objet salvateur fuyait cruellement ses doigts pendant qu’un encrier mal fermé prenait un malin plaisir à s’ouvrir dans sa paume, qu’il referma brusquement sans oser la retirer afin de limiter les dégâts en priant pour que la jeune et noire fût trop absorbée par la beauté du paysage pour remarquer son étrange pantomime.

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Cliiique sur Chantale !

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