Oxumorôs

Après la guerre, la paix nouvelle reste précaire et menacée...
 
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 Cléophée White

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Cléophée White
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Date d'inscription : 17/03/2010
Age : 27

MessageSujet: Cléophée White   Mer 14 Avr - 10:07:51

Nom : White
Prénom : Cléophée
Âge : 246 ans, mais 33 en apparence.
Profession : Comment décrire ce que je fais dans la vie. Séduire, tuer ? Oh, pas toujours... surtout rôder, fouiner, embrouiller...
Origines : Oxford
Sang : Moldu, mais à présent, cela n’importe plus. Glacé, presque inexistant dans mon corps et tout ce qu’il y a de plus vampirique… Mais je ne fais pas de chichi quand il s’agit d’en boire.
Statut Social : Ancienne aristocrate, à présent plutôt exclue de l’ordre social dirons-nous.

Physique du personnage :
Si je ne vois pas l’intérêt de vous décrire mon physique d’autrefois, à part que j’étais plutôt blonde aux yeux clairs, mais je peux vous décrire mon physique de vampire d’aujourd’hui…
J’ai une peau blanche, si blanche qu’elle en paraît translucide et fragile. La froideur que je dégage est pareille à une brise d’hiver, un bref contact avec la neige. Mes cheveux contrastent fortement avec mon teint : ils sont d’un noir d’encre, un noir de ténèbres, ils rappellent ces nuits sombres où vous reconnaissez votre dernière heure qui approche. Ils me tombent dans le dos, ni lisses ni ondulés, plutôt portés par le vent de la nuit. J’ai des yeux très brillants dans lesquels se plongent mes victimes avant d’agoniser. Des yeux d’un mélange étrange, très sombre, de vert et de bleu. Si mon regard peut effrayer, j’arrive parfois à en faire ressortir une douceur sans pareille. J’ai l’œil vif, n’espérez pas échapper à mes prunelles. Mes lèvres, habituées à accueillir du sang humain, en ont presque pris la couleur vermeille, et, paraissant extrêmement douces, elles peuvent un instant vous donner l’envie d’y déposer un baiser, avant qu’un sourire ne dévoile mes canines. Mes traits fins ont pour but de vous attirer vers mes crocs pointus, que je n’essaye pas toujours de camoufler. Mon corps, de taille normale, un mètre soixante six, est fait de courbes séduisantes, non pas pour vous servir, mais pour me servir. Il est vrai que je n’ai jamais eu l’occasion de me voir telle que je suis à présent de mes propres yeux, mais il m’arrive de demander à mes repas de me décrire avec précision, avant que je ne les vide de leur sang. J’ai l’habitude de porter surtout des robes, quelles qu’en soit la couleur, du moment que ma peau blanche est visible, assez pour attirer l’attention quand il le faut. Lorsque je sors, normalement je me cache, il est vrai. Mon "statut" m'empêche de me dévoiler à vous directement.
En vérité le propre de mon apparence est de vous inspirer deux émotions à la fois : la crainte, et l’attirance.


Caractère/Psychologie du personnage :
Douce, douce folie, tendre violence, plaisirs et souffrances de la vie éternelle.
Je connais l’évolution du monde. J’ai tellement appris durant ces deux siècles et demi, qu’il me suffit de regarder vos yeux pour deviner vos terreurs les plus profondes. Souvent, elles viennent de moi, et j’en suis fière. J’aime à changer mes humeurs, pourtant si elles changent ce n’est pas moi qui en suis la cause. Finalement la cause est peut être mon passé.
Manipulation. Voilà un mot qui réveille en moi un plaisir extrême. Manipuler un individu, ou un groupe. Ne croyez pas que je passe mon temps à mordre ou à d’autres plaisirs, j’aime aussi la réflexion, embrouiller les gens, provoquer des conflits (surtout entre sorciers, ça m'amuse énormément), parfois je me contente aussi de passer mon chemin, j’apprends par moi-même, j’apprends avec mes yeux, mes oreilles, tous mes sens.
Extrêmement possessive et jalouse, je m’approprie tout ce que j’aime, et suis prête à tuer si l’on y touche. « Ce » peut surtout désigner Calisto, petit être volage, néanmoins je ne fais preuve moi-même d’aucune fidélité. J’aime trop la diversité pour me contenter d’un. Et cela me plaît !
Lorsque je me fixe un but, inutile d'essayer de me le sortir du crâne. Je suis la seule à pouvoir régner sur moi-même. Calisto y arrive sûrement par moments mais mes colères explosives et ma douceur alternées sont une preuve que ma folie est encore indomptable. Ma folie, c'est moi-même, je suis animée de pulsions sadiques qui parfois sont stoppées par ma raison et mon esprit calculateur, mais le vampirisme n'est pas domptable, non.
Contradiction. Un mot qui me définit, tragiquement. Chez moi beaucoup d'émotions et sentiments sont présents à la fois. J'aime, je hais. Compatibles ou non, tout coexiste, paranoïa et calme d'avant-tempête, je désire et repousse, je rattrape et tue. Je bois et hurle, je souffre et jouis. Lorsque je ris, c'est souvent la terreur qui vous prend aux entrailles. A ce moment là, vous devenez ma cible.
Oh non ne me prenez pas pour une sorte de "bourreau", je sais bien que tuer, tuer, et ne faire que ça, ne sert pas à grand chose ; au début oui j'adorais tellement cela que c'était mon passe-temps préféré, une nécéssité. A présent cela relève d'un luxe. Bon d'accord, un luxe fréquent. Mais je suis forcée de m'écarter de la population, je ne peux m'y mêler. Promenez-vous la nuit seulement et vous risquez gros.
Oui, je suis dangereuse. C'est incontestable.


Famille :
- Père : James White, aristocrate anglais du 18e siècle, un passionné de philosophie, totalement perdu de vue, mort depuis longtemps vraisemblablement.
- Mère : Melody White, aristocrate anglaise du 18e siècle, passionnée de musique entre autres, totalement perdue de vue, morte depuis longtemps vraisemblablement.
- Autre(s) : Mon jeune « compagnon » Calisto, avec qui tout est… compliqué… ! Amour, jalousie, protection, haine, plaisirs, dépendance, sadisme, manipulation, supériorité... Et d'autres encore, innombrables.
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Cléophée White
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MessageSujet: Re: Cléophée White   Mer 14 Avr - 10:12:49

Histoire/RP :

Si j’essaye de me rappeler mon ancienne vie, celle qui paraît si lointaine, floue, et d’où les souvenirs surgissent tels des fantômes risibles… Si j’essaye de tout raconter, comme si ce personnage de l’époque n’était pas moi… Si je vous explique comment cette pure petite personne est devenue le Moi de maintenant, ce Moi éternel et maléfique…

« Les nuits d’automne laissaient percevoir les fraîches étoiles au dessus de la ville d’Oxford.
En 1752, naquit Cléophée, enfant du Siècle des Lumières. Sous les cris de douleur maternelle, elle inspira pour la première fois l’air du Monde, dans un lit tâché de sang, des draps blancs et purs qui l’accueillirent ironiquement dans la couleur de sa future condition. La nuit tâchée de rouge, le début de sa Vie.

Cléophée White, jeune aristocrate aux cheveux d’un blond foncé, grandit dans l’univers philosophique et artistique de sa famille. Une famille Moldue, certes, mais étant donné qu’on ne croyait plus tellement aux « sorcières », le mot « moldu » n’était qu’un alignement de lettres sans aucun sens, il n’existait pas. Absurde.

Le père de Cléophée, James White, un grand homme austère et infirme aux yeux gris perçants, lisait énormément. De Leibniz à Hobbes, en passant par Locke et Descartes, il réfutait, ou défendait des thèses controversées. Ecrivant peu, il se contentait de critiquer, et être écouté. Melody White, sa femme, passionnée de l’Antiquité, une grande blonde aux boucles nettes, chantait à la harpe. Parfois, elle peignait, reproduisant des tableaux connus et appréciés de l’époque, mais jamais elle ne tentait d’innover : il fallait faire attention à sa réputation. C’était une petite famille faisant partie du « cercle d’intellectuels », ou en tout cas, c’est ce qu’on aimait dire. Ici, on apprenait les mathématiques, le français, l’italien, le latin, et le grec. On tentait même de lire Pascal non-traduit. La religion était un domaine important chez les White. Et Cléophée, fille unique, apprit à faire ses prières tous les soirs, à écouter la Bible, et à respecter le Divin comme il se devait.

Quand elle atteint l’âge de quatre ans, la guerre éclata entre la France et l’Angleterre. Tandis que ses cousins âgés et oncles partirent se battre, elle observa son père, renfrogné, regarder d’un œil mauvais sa jambe de bois qui l’empêchait d’accompagner de nouveau ses compatriotes. Pendant la guerre, bénéficiant d’assez de protections, ils n’eurent qu’à se terrer et beugler « la mort aux Français » jusqu’en 1763.

A l’âge de onze ans, les cheveux de la jeune enfant avaient déjà tourné vers le sombre. On ne pouvait encore dire qu’elle était brune, mais elle s’éloignait fermement de la couleur d’origine, le blond. Elle suivait des cours variés et intenses, des sciences aux langues, jusqu’à la musique, et le théâtre. James et Melody avaient bien l’intention de marier leur fille une fois parfaite et sage. A douze ans, on commença à lui bassiner des concepts philosophiques auxquels elle ne comprenait rien. Là éclata la colère de son père devant une tête aussi restreinte. Comment pouvait-on ne pas comprendre la philosophie ? C’était stupidité. Les années passèrent, et Cléophée s’efforçait de suivre le rythme de plus en plus accéléré et dur que lui infligeaient ses parents. Elle devait être polie, ne pas répondre à un homme, et apprendre, toujours apprendre, porter des robes qui l’étouffaient, se tenir droite, se taire, lire, et à quinze ans, se marier.

Garry Helmet était un homme au visage boursouflé, une vraie plaie. Il avait une fortune qui apparemment ne lui servait qu’à manger et boire en abondance. Il avait le regard torve et les bajoues rouges. Lorsqu’il souriait, il laissait sortir des chicots répugnants. Mais cet homme était très respecté. De plus il avait quarante ans, et exigeait d’avoir une femme jeune, qui pourrait s’occuper de lui.
« - S’il cherche une mère de substitution de quinze ans seulement, c’est qu’il est louche… »
Une claque. Le rouge du sang de Cléophée s’étala sur sa joue droite, sous la peau, qui brûlait de la main de sa mère.
« - Je ne t’ai pas envoyée au couvent, et c’est pour que tu grandisses dans le monde et que tu aies l’opportunité d’apprendre des choses que des jeunes femmes de ton âge n’imaginent même pas. Tu devrais être fière de te marier. Tu t’appelleras Cléophée Helmet, et je t’interdis de me décevoir, de décevoir qui que ce soit d’ailleurs, c’est bien clair ? »

…C’est donc en 1768 que le cauchemar commença. La cérémonie lui parut comme un séjour en Enfer, alors qu’elle fut forcée de dire « oui » devant les yeux flamboyants de cet homme qui prétendait être digne d’elle. Ses parents l’abandonnèrent dans les « bras » de cet homme qui avait pas mal de projets pour sa femme. D’une part, les Helmet déménagèrent. Soumise, Cléophée ne put que suivre son vieux de mari, et le « couple » s’installa dans une demeure austère, coupée du monde, à des kilomètres au nord de l’Angleterre. Elle ignorait le nom de la ville, il n’avait rien voulu lui dire. D’autre part, la jeune femme devint fantôme sans intérêt, avec interdiction de fréquenter d’autres gens. Certes il y avait la ville, où l’aristocratie existait toujours, mais Cléophée, elle, n’avait droit qu’à ses livres, et encore, pure ironie, Garry trouvait cela « louche » qu’elle s’intéresse tant à la lecture…

Il l’étouffait, la forçait à s’occuper du foyer bien qu’ils eurent les moyens d’employer des gens pour le faire, et elle devait encore et toujours faire ses prières. Il ne voulait pas d’enfant. Elle n’en voulait pas non plus de lui. Elle refusait même son nom. Au fil des années, elle se rendit compte que cet homme était un véritable monstre. Il frappait, buvait, criait, riait et lorgnait sa poitrine, ramenait des femmes chaque fois différentes le soir et les chassait le matin, mangeait comme un porc, ordonnait à Cléophée d’assouvir quelque désir malsain. Par bonheur, (et il lui en coûtait de penser ce mot), comme il la traitait comme son esclave, elle avait ses « appartements » à l’écart de sa chambre.

Il devint LE cauchemar, et elle développa une pure haine à son égard. Les livres devinrent sa délivrance, mais bientôt ils ne suffirent plus. Elle ne supportait pas de le voir, de le sentir, elle supportait encore moins qu’il la touche, elle voulait lui cracher à la figure, l’égorger, et répandre son sang sur le sol de la maison. En fait, la folie envahissait son esprit au fur et à mesure que le temps passait.

La nuit devint son domaine. Pendant que le monstre s’adonnait à des jeux répugnants avec ses maîtresses, elle, s’enfuyait dans le noir, vêtue de la discrète couleur de la nuit, et elle rôdait, avec pour rêve de dégoter du poison à verser dans son vin. Elle se mit à lire de sombres histoires, que sa folie grandissante lui faisait apprécier, et non craindre. On y parlait de magie, de malédictions, de vampires, de mort. Elle priait le Seigneur de répondre à ses espoirs. Les ruelles sombres grouillaient d’ombres étranges et d’êtres effrayants, dont finissait par se mêler Cléophée. Et elle mena une deuxième vie. Elle avait son existence du jour, là où elle obéissait à l’homme qu’elle haïssait de tout son cœur, de toutes ses tripes, et elle avait celle de la nuit, pendant laquelle elle ne dormait pas, ou presque pas. Elle observait la lune, parlait aux étoiles, poursuivait des gens, rôdait dans la forêt, riait aux éclats quand elle percevait quelque chose d’effrayant. Bien sûr elle était plutôt inoffensive avec son gabarit de jeune femme, son minois de porcelaine, néanmoins ses cernes dues au manque de sommeil et accentuées par sa folie ne rassurait guère les promeneurs nocturnes, qui pensaient avoir affaire à une sorte de …sorcière.

C’était la nuit qu’elle se sentait le plus vivante, elle finit par oublier sa vie normale. Elle oublia la religion, elle oublia plus ou moins d’où elle venait, elle oublia ce que c’était de n’être pas souillée, elle oublia même le temps...Pourtant les années passaient, toutes plus sombres et rapides les unes que les autres. La nuit, elle oubliait les horreurs qu’elle subissait le jour, ou en tout cas, elle n’en avait plus peur. La haine la poussait à vouloir faire peur elle-même.

Une nuit d’hiver, pendant l’année de ses 32 ans, là où les étoiles hurlent le vent glacial et où la lune semble représenter un sourire de travers, un rictus machiavélique, elle remarqua une silhouette étrange, et irrésistiblement attirante. Son instinct dérangé lui commanda de suivre la silhouette, qui visiblement, avait remarqué sa présence.

L’heure de la course poursuite, l’innocent agneau bafoué poursuit le loup affamé, qui court toujours plus vite en avant. Il s’agissait d’un vampire, sûrement très ancien, mais Cléophée l’ignorait, elle sentait seulement cette puissante attirance la guider vers sa proie. Une proie bien plus puissante que son attirance elle-même. Elle courut, l'euphorie la rendait rieuse, et l'on pouvait entendre ses rires retentir dans la nuit, derrière le silence du vampire. Soudain elle reconnut l'endroit. C'était la maison. Qu'allait faire ce voleur, ce furtif inconnu ? Déjà, il montait par la fenêtre de l’étage, (elle ne savait comment) et Cléophée, d'en bas, entendit des hurlements. Reconnaissant la voix de son porc de mari, elle sentit un drôle de soulagement, une satisfaction sans pareille l'envahir. Garry et l'une de ses maîtresses se faisaient attaquer, peut être assez même pour être blessés. Elle poussa avec un enthousiasme violent la porte d’entrée et monta à l’étage, fiévreuse, pour voir le massacre.

Ils étaient morts, bien morts. La femme, elle s’en fichait totalement. Mais ce sale Helmet… Elle se mit à rire, sentit les larmes couler sur ses joues, le cœur léger, folle de joie. Le vampire, qui semblait avoir de la craie sur le visage, l’observa avec attention, léchant ses lèvres encore tâchées du sang de ses victimes.
« - Quelle étrange humaine fais-tu… La folie t’a frappé, mon enfant. Tu devrais t’enfuir en hurlant ton désespoir et ta terreur. Au lieu de cela tu ris… Et voilà que tu t’approches de moi ! »
« - Vous l’avez tué ! Vous l’avez déchiqueté comme un légume ! » Lança-t-elle, le ton léger, riant toujours, et elle approcha sa main du visage du vampire.
Vampire qui s’éloigna volontairement, méfiant, il laissa alors paraître ses crocs acérés, et Cléophée n’eut plus aucun doute sur la Nature de son interlocuteur.
« - Tu sais, tu as de la chance que je n’aie plus soif. Ici, c’est la chaleur du sang chaud qui m’a attiré, ces deux corps qui s’adonnaient au plaisir. Mais tu aurais pu y passer aussi… N’as-tu pas peur ? »
« - Non ! Je veux être comme vous. Mordez-moi ! »
« - Si c’est ce que TU veux, alors n’y compte même pas. Je ne suis pas là pour obéir à TES désirs, pauvre humaine. »
Et il partit en sautant par la fenêtre ouverte. Cléophée le suivit du regard, frustrée. Elle allait le traquer. Elle n’avait pas peur.

Plus rien ne la retenait dans cette demeure sans intérêt, bientôt, à la mort de Garry Helmet et de sa maîtresse, on ajouta la disparition de Cléophée, qui « reprit » le nom de White, qui la contredisait elle-même. White pour une âme aussi sombre... Qu’importait les papiers et le mariage, jamais elle n’avait porté le nom de cet homme répugnant. Il pouvait bien être écrit dans quelque dossier qu’elle s’appelait Helmet, pour elle ce n’était pas le cas.
Mais sa disparition n’inquiétait personne, au contraire. Certaines personnes voulaient depuis longtemps la condamner au bûcher, et vite. Bizarre comme elle était, on se réjouissait plutôt de ne plus la voir rôder la nuit, bien qu’aucun crime n’ait jamais été commis par cette folle, on lui attribuait le meurtre de son mari. Elle aurait bien voulu, oh oui, mais elle n’en avait que faire, à présent l’important était ceci :
Retrouver ce vampire et faire en sorte de devenir comme lui. Mourir n’était pas son but, bien que cette alternative ne l’effrayât point. L’existence d’une telle créature ne la choquait même pas. Maintenant elle avait son avenir en vue.

Durant un mois elle cavala, surtout de nuit, autour de la ville, dont elle se fichait du nom. Le vampire finit par revenir vers elle, intrigué. Il refusait toujours de faire d’elle sa semblable, et n’avait pas envie de la tuer, car elle l’amusait. Sa fiévreuse folie avait beau s’être calmée grâce à la mort de Garry Helmet, elle se découvrait un côté infernal, irréversible. A présent elle ne riait plus telle une dérangée. Elle suivait simplement la Bête.
Le vampire, répondant au nom de Gray, ne la fuyait plus. Elle mettait au point des plans destinés à l’assoiffer, elle tentait de le séduire. Elle mit presque un an à trouver la bonne méthode. A présent qu’ils se fréquentaient, lui refusant toujours de lui obéir (simplement parce que « mords-moi » était un ordre et qu’il ne le supportait pas), elle attendait qu’il se réveille de sa cave abandonnée au coucher du soleil, et dès qu’il en sortait, elle faisait tout pour qu’il ne voie qu’elle. Lui, fasciné par l’étrangeté de Cléophée, acceptait de rester, mais il avait tellement soif que résister au sang tout proche relevait de l’impossible.

Ce fameuse nuit, il la mordit, furieux de s’être laissé embobiné bêtement par une humaine, et assoiffé, avec d’abord l’intention de la tuer. Mais après qu’il eût planté ses canines dans son cou brûlant, la soif commençant légèrement à s’apaiser, il renonça à la condamner à mort, et lui permit la transformation, curieux de voir quelle vampire elle ferait, et, voulant la garder comme compagne, il la fit jurer de rester avec lui… »

Que ce conte me charme, bien qu’il soit à l’origine de mon mal… Là, je reconnais ce Moi puissant, ce Moi que je suis et non celui que je fus. La nuit devient une promesse d’Eternité. Mais surtout promesse de Mort. Le Monde m’a puni en m’infligeant ce mariage, j’allais punir le Monde en lui infligeant des tortures, je vais me venger, une juste vengeance, faire couler du sang, je vais semer la pagaille, et je n’aurai même pas à me forcer : ma condition m’y oblige à présent. J’ai soif, soif de sang, et soif de la vie d’autrui… Tu cherches à m’échapper, n’arrives qu’à m’amuser, avant de te faire déchiqueter.
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Cléophée White
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MessageSujet: Re: Cléophée White   Mer 14 Avr - 10:18:24

J’ai cherché…

…J’ai ouvert les yeux sur un Monde où règne une soif éternelle. Si elle semble s’apaiser parfois, c’est pour mieux revenir ensuite. Voyez, s’il fallait endurer une soif aussi douloureuse, je n’avais pas envie de m’encombrer de troubles sentimentaux ou autres. Mon Immortalité, qui conduirait à la vengeance, était assez difficile pour m’effrayer en fin de compte, et il n’y avait qu’un seul moyen d’éviter d’en souffrir toujours. Profiter. Perdre toute humanité. J’étais prête à m’abandonner totalement à ma nouvelle condition. C’est pourquoi j’ai trahi ma parole : j’ai aussi abandonné Gray. Il aurait pu me poursuivre et me détruire, oui, j’étais une faible et jeune vampire, lui une puissante créature, et je lui devais beaucoup. Mais lorsque je suis partie, sa déception l’a dégoûté au point de ne rien faire pour que je reste.

Parfait, je n’avais nullement besoin d’obstacles. Devant moi s’étalait le Temps, j’avais pleinement conscience de l’éternité, et je savais comment m’occuper. Certes, parfois je me disais que si je vivais pour toujours, lorsque le Monde s’éteindrait, je serai toujours là… Et ma peur prenait le dessus, mais au fur et à mesure que je découvrais, j’oubliais mes terreurs existentielles.

J’ai habité dans d’innombrables contrées : l’Angleterre m’avait lassé dès la fin de mon existence humaine, alors je partis en Italie. C’est en prenant le temps d’observer tout ce que je pouvais, que j’appris l’existence de la magie. Des sorciers peuplaient ce monde, depuis toujours, aussi secrets que le peu de vampire que nous étions. Ils avaient une société, s’organisaient de façon incroyable. Je fis la connaissance de certains, ouverts d’esprit et pas trop méfiants, et partis à la découverte de ce monde nouveau. Il existait des auberges ou des tavernes où des gens au courant nous servaient du sang frais à boire, mais cela ne valait pas la chasse, je rechignais donc à m’abreuver de sang tout prêt dans des verres. Mes proies avaient tous les goûts, toutes les origines, magiques ou pas, je buvais le sang d’humains de tous les âges, mais je piégeais surtout des hommes mariés, je les emmenais chez moi, la nuit, et les croquais sans ménagements. J’ai continué à étudier un peu de tout, quand l’ennui me prenait, et lorsqu’un pays n’avait plus rien de nouveau à m’offrir, je partais. Ainsi de l’Italie, je partis pour la France, en 1820.

Je voyais le Monde évoluer, et cela m’émerveillait quelques temps, avant de m’ennuyer. C’est à Paris que je pris le temps pour la première fois de savourer le sang humain. Je vivais dans un charmant manoir. Un couple de parisiens pour plus proches voisins, j’usai de mon charme pour m’en faire des « amis ». Mon air exotique, ou plutôt étrange, a du les attirer, et c’est avec délectation que je les enfermai dans mes beaux cachots. Un soir je mordillai un bras, le lendemain soir c’est un cou palpitant qui passait sous mes canines. Ils ne survécurent pas longtemps, malheureusement, mais je sus, pendant des années, attirer les humains dans mon lit, gouter aux vrais plaisirs de la chair, jouer de la torture et du chantage puis m’abreuver du sang des victimes.

« - Arrêtez, pitié, par pitié libérez-moi ! Je ne suis qu’un pauvre sorcier, je… je n’ai rien fait ! »
« - Hé bien, tu as si peur ? »
La victime ne répondit pas, le souffle court, les yeux larmoyants et écarquillés devant mon sourire démoniaque et doucereux. Je portai une main à son visage, caressai son menton, puis son cou. Tendrement, j’approchai mes lèvres du creux de son oreille.
« - Sais-tu ce qui m’effraie, moi ? » chuchotais-je.
Silence entrecoupé de la respiration palpitante du pauvre Dan. Je le trouvais beau. Mais trop… banal, ou commun. Devant son incrédulité, j’amenai la réponse moi-même :
« - Vivre pour toujours sans jamais oser briser les interdits humains. Je fais ce que je veux. »
Peu avant l’aube, je contemplais son corps nu et sans vie. Un fulgurant, foudroyant plaisir. Oui, j’avais dévoré son existence, comblant par là la mienne.

Je menais une Vie sans crainte de m’éteindre et je profitais de chaque instant, chaque découverte. En 1910, je partis pour la Russie, et m’en allai rapidement vers l’Irlande, en 1919, insouciante devant les guerres des humains, les massacres sans intérêt, ou plutôt qui alimentaient ma distraction. Vers 1960, me vint l’envie de fréquenter quelqu’un plus longtemps qu’une semaine. Si je ne tuais pas ? Si je choisissais un compagnon ? La Solitude était appréciable par moments, et ma supériorité me plaisait, mais si je ne voulais pas laisser l’ennui me trouver, il valait mieux réfléchir à cette option avec plus d’attention. J’avais besoin d’un véritable jouet, de quelqu’un qui puisse m’obéir mais aussi m’accompagner. En 1962, c’est l’Espagne qui m’accueillit. Je m’y installais, préférant la ville de Tolède pour un temps, ville qui l’avait charmée, avec l’intention de dégoter dans ce pays là mon futur compagnon. Devais-je mordre un adulte ? Et s’il réagissait comme je l’avais fait avec Gray ? Il n’avait pas intérêt de partir. Il faudrait peut être que je morde un enfant. Mais l’idée ne m’intéressait pas, je ne voulais pas d’enfant comme toutou de compagnie, non il me fallait bel et bien un jeune adulte, mais sans attache à sa famille. Il fallait qu’il ne s’attache qu’à moi. Cet être serait de MA propriété. Peut-être serais-je moins cruelle avec lui qu’avec les autres. Peut être plus…

En 1970, après plusieurs années passées à chercher le profil idéal, c’est la colère qui m’envahit. Personne n’avait l’air de pouvoir vraiment répondre à mes attentes et je fouillai jusqu’aux îles alentour. Mon esprit avait déjà le plan… J’arrivai aux îles Baléares, et à Palma de Mallorca, j’espionnai durant 6 ans un couple de sorciers qui projetait d’avoir un enfant. Ils paraissaient comme deux idéaux. Leur odeur sucrée et ensoleillée, bien que je ne sorte que de nuit, m’attirait, et je disposais de tout mon temps pour patienter et venir leur voler le trésor une fois mis au monde.
C’est en 1976 que l’enfant vit le jour. Ou plutôt la nuit. J’avais guetté cela depuis assez longtemps pour ressentir l’impatience faire vibrer mon corps. J’avais coupé tous les moyens de communication afin de ne permettre à personne de venir m’interrompre dans mon plan parfait. Ses parents, eux, ne verraient plus jamais le jour. L’odeur du sang m’attirait comme un puissant sortilège. C’était bien lui qu’il me fallait. Cette nuit là mes yeux ont brillé dans l’obscurité, tels deux sphères animées d’un désir flamboyant.

Je TE voulais, Calisto, et je t’ai eu…

Une ombre blanche, une lumière ténébreuse jaillissant de la nuit. Mes crocs appelaient le précieux liquide vermeil, j’approchai telle une louve, un sourire démoniaque accroché à mes lèvres assoiffées. Je voyais rouge, partout où mes pas me menaient.

Et j’ai frappé.
Telle une vipère.
Soudainement.
Mordu.
Dévoré.
Tué.
Sans pitié.

Seul un souffle, un prénom, retint mon attention. Calisto. Peut être cette femme voulait-elle que je veille sur son fils, alors qu’elle était morte de ma monstruosité. Un étrange souhait. Un souhait désespéré, qui ne me toucha point. Ou plutôt qui me fit sourire. Certes, Calisto allait survivre, mais parce que JE l’avais décidé. Il allait vivre pour moi. A présent il m’appartenait. Je me félicitai d’avoir si bien choisi la famille, dont le sang était chaud et alléchant, le charme débordait de cet être. Ses yeux me fascinaient. Je caressai de ma main la joue du bel homme, père de celui qui allait devoir me suivre. Embrassai ses lèvres sans vie, comme un adieu sournois et provocateur. Mon rire cingla le vent chaud dans les dernières minutes du règne de la lune.

J’emportai dans mes bras l’enfant dont les pleurs allaient alerter les alentours. Ignorant ses cris effrayés, je courais dans la dernière ombre nocturne, le temps de rejoindre mon refuge, une belle demeure dans laquelle je me terrais pendant le jour. Qu’il soit humain n’allait pas l’empêcher de vivre comme moi. J’allais lui faire oublier le soleil, que moi-même j’avais décidé de bannir de mon existence.

La lumière m’avait toujours fuie, même du temps où j’avais été humaine. On m’avait privée de ma vie, de mon libre-arbitre, on m’avait vendue. Ce passé oublié allait mener mon avenir. J’étais prête à présent, mon immortalité, voilà à quoi elle m’avait menée. Voilà quel en était le but. Dans deux décennies, j’allais marquer ma trace sur son être et son âme à jamais.

Les années passèrent doucement, rythmées par un jeu tout nouveau pour moi. L’élever ? Oh non, je n’avais pas que cela à faire. Bon, certes, j’allais lui apprendre ce qu’il lui faudrait savoir. Mais une éducation banale… Non, j’avais en tête MON éducation, bien sûr je n’avais pas l’intention de le laisser ignare. Mais j’étais à présent sa maîtresse, et lui allait obéir, quels que soient mes ordres.
Un nouveau-né a besoin d’amour, de contacts physiques, du son de la voix. De nourriture spéciale. Ce que je volais sans scrupule dans les magasins, la nuit. Une vitre brisée, une caméra hors-service, et m’en allais. Je ne portais aucun amour à l’enfant, laissant de façon hypocrite les elfes de maison lui porter l’affection que je n’avais pas encore. Un être qui pleurait et bavait, voilà qui me lassait vite.

« Tes yeux et l’odeur de ton sang seulement me fascinent, je rêve de cet or rouge qui un jour coulera dans ma gorge, et j’espère, j’espère cet avenir que je conçois pour toi, juste pour moi… »

Mais ma condition d’immortelle me permettait d’imaginer que le temps passait plus vite lorsque je le voulais. J’avais un début, mais aucune fin arrêtée. Lorsque l’enfant fut en âge de parler, je décidai de ne jamais lui révéler son identité. Je connaissais son nom, malgré tout il n’en aurait aucun. Au plus profond de la négation de son être… Petit enfant égaré, privé de soleil, je lui appris comme toute première règle que JAMAIS il ne devait sortir au grand jour. L’astre doré était dangereux, néfaste, maléfique. En tout cas, s’il l’était pour moi, j’avais décidé qu’il le serait aussi pour lui. Il allait subir les mêmes choses que moi, hormis la soif. Pour l’instant.

Durant ses six premières années, ce minuscule bourgeon en quête d’existence se révéla être une sorte de distraction. J’apprenais à lui porter l’affection recherchée. Lorsqu’il m’obéissait, mes yeux dévoraient le creux de son cou, et mes lèvres embrassaient avec un sourire sa maigre joue. Il apparaissait comme un ange que je me plaisais à détruire à petit feu. Une destruction qui ne l’anéantirait pas toutefois. Le plus souvent il obéissait à ma voix impérieuse et sans réplique. Mon ton catégorique et mes yeux flamboyant, ma beauté aussi, l’impressionnaient. Lorsqu’il lui prenait cependant d’ignorer mes demandes, lorsque je comprenais qu’il me testait, pour voir mes limites, le son qui sortait de ma gorge était si terrifiant que ses yeux s’écarquillaient. Alors je le privais de repas.

Cependant un jour il me désobéit franchement, peut être guidé par un instinct encore tout enfantin, une curiosité que je réfreinais sans cesse. Mais il avait dans cet acte négligé une chose.
Je ne pardonne jamais, et ne tolère pas la désobéissance.
Ce jour là, ou plutôt la nuit suivante, il pleura beaucoup. J'ai fracassé deux portes, hurlé, et j'ai passé ma main blanche autour de son cou pour l'affoler, sentant sous mes doigts son pouls palpitant. Sans doute s'en souvient-il encore, et moi, moi je riais à gorge déployée devant ses sanglots, ses larmes intarissables. Plus je riais, plus tu pleurais petit ange, et plus tes sanglots étaient forts, plus je riais. Je sais que je l'effrayais, et cela déclenchait de nouveau en moi des vagues de rire, résonnant, dans ses oreilles, dans son esprit, dans son sang même, dans sa mémoire. Je me suis approchée, et j'ai murmuré...

« - Pauvre petit... Tu passeras la journée enchaîné. »

Mon sourire a du lui faire peur. Les chaînes ont laissé une légère trace. Pendant que je dormais, il contemplait, attaché, les volets qui empêchaient le soleil d'entrer dans la pièce.
Ses petites escapades se répétèrent. Mes colères furent moins fulgurantes. Néanmoins ma cruauté, incontrôlable, prenaient des mesures tyranniques.

« - Il faut que tu comprennes, que tu n'as pas le droit de me désobéir. Tu ne mangeras pas demain. Moi, je le ferai devant toi. »

Sur le coup, le petit enfant ne comprit pas. S'attendant à ce que je le nargue, il fut choqué lorsque j'amenai devant lui un de ses camarades de jeu, gosse avec qui il avait fait connaissance sans savoir que j'étais là, tout près, à l'observer... Mes crocs de vampire eurent tôt fait de se planter dans la gorge de ma toute jeune victime, et Calisto en fut marqué. Cette punition fut la plus efficace. Je m'en félicite encore. Quand il m'obéissait, je m'assurais de lui apporter une récompense. Il avait dix ans, il ne me restait plus très longtemps à attendre...

Nous voyageâmes souvent, portés par mes propres désirs, et à travers l'Espagne, j'emmenais Calisto qui, ignorant toujours son nom, son identité, commençait à se fatiguer de la vie. Je ne m'en rendis pas compte tout de suite. Il lui fallut attendre encore trois ans pour que je lui accorde des libertés fondamentales. Cela m'en coûta, mais j'avais fini par comprendre qu'à ce rythme là, il allait mourir, en tout cas m'échapper.
Première liberté fondamentale : le droit d'être. Sous ses demandes brûlantes, je lui délivrai son nom. Calisto. Calisto del Alba. Enfant de l'aube. Mais avec une pointe d'ironie, un poignard de cruauté, je lui sussurai violemment :

« - Tu es né pour le soleil, Calisto, oui, mais tu existes pour l'ombre. Profite de ces instants de lumière... »

Paroles embrouillées, il ne chercha pas tout de suite à comprendre le sens de ces derniers mots. Il avait l'autorisation de sortir de jour, et cela avait un avantage. Il était chaque nuit plus coloré, plus vivant, moins léthargique, il était moins ennuyeux. Mais il était trop fatigué.
Il ne dormait pas le jour, pour être là pour le soleil.
Il ne dormait pas la nuit, pour être là, par obligation, pour moi.
Sa fatigue me mettait dans une colère noire. Pour l'instant jamais je n'avais donné lieu à une confrontation physique : cela l'aurait complètement brisé, ce qui était inutile ; mais la confrontation mentale était bien présente.
Il me défiait, avec une peur et une insouciance mêlées, que j'admirais, et qui m'enrageaient aussi. A lui donner une petite liberté, j'avais éveillé en lui une plus forte rébellion. Ce n'étaient pas des tests, c'étaient des défis.
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Cléophée White
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MessageSujet: Re: Cléophée White   Sam 8 Mai - 18:40:49

« Mitigée. Je suis devenue mitigée, mélangée, j'étais deux, trois, j'étais plusieurs, j'étais colère, ou satisfaction... Cela allait empirer. »

Un coeur glacé arrive encore à s'attacher. Je m'étais emprisonnée moi-même dans cette affection que je lui portais malgré-moi. J'étais dépendante de lui et souvent, je sombrais dans des rageuses folies. Cette faiblesse, je l'avais fait naître moi-même, pourtant c'était lui qui allait payer...
Finalement, l'idée me venait d'un jour le laisser. Peut être mourrait-il, abandonné dans le monde, sans repère, mais j'avais l'ambition naissante de lui rendre sa totale liberté, puisqu'avec ironie il me privait peu à peu de la mienne, sans même s'en apercevoir. Peut-être finalement ne serait-il pas mon compagnon éternel. Je ne savais même pas si c'était là une preuve que j'avais un "cœur" ou bien si ma pensée n'était due qu'à mon puissant et délectable égoïsme. Sûrement un peu des deux, oui, sûrement.

Lorsqu'il eut seize ans, bien que jamais je ne fêtai ses anniversaires (quelle idée..), je lui annonçai son futur rôle. Il devait se préparer à prochainement être mon amant. Je goutais régulièrement aux plaisirs de la chair, mais j’avais hâte de faire découvrir à Calisto ce que je pouvais lui offrir.

« - Mais pour l'instant, et à partir de maintenant, ton devoir consiste à chasser. Ramène-moi des proies alléchantes. C'est un ordre. »

Pendant que ma folie reprenait le dessus, lui, cavalait pour me rapporter du gibier. Des gens que je voulais attirants. Je m'étais lassée de ce jeu, pendant un petit moment, et j'attendais de voir comment Calisto se débrouillait en tant qu'humain pour cet art qu'était la chasse vampirique. Durant ces dernières années, j'avais, dans mes innombrables demeures, ramené d'innombrables victimes torturées, dévorées, et souvent sous les yeux de Calisto, que cela ne choquait même plus.
Mais il se révéla d'abord médiocre, m'amenant des proies sans goût, sans charme, sans rien. Au fur et à mesure, il commença à capturer des gens plus intéressants. Des hommes d'une quarantaine d'années, charmants, des corps musclés, des corps alléchants, des sangs appétissants, des femmes de qualité.

Lorsqu'il eut dix-huit ans, je l’invitai avec délectation, à passer ses bras autour de mon corps blanc comme neige, et nous nous livrâmes physiquement l’un à l’autre. Ce jour-là je me perdis encore plus. Et je gagnais de lui un peu plus paradoxalement. Malgré ce détail, que je compris très peu de temps après.

Je ne lui montrai jamais, ma colère, ma frustration, ma fureur, mon courroux. Il allait payer, bien plus que je ne me l’étais dit au départ. Calisto avait offert sa virginité avant que je ne l’autorise à penser cet acte. Peut être même qu’il l’avait offerte à une de mes victimes. Il s’était vengé, il m’en voulait. Mais j’allais lui faire comprendre que ses défis ne me démoliraient jamais et qu’il mettait en péril sa propre existence. Je l’avais trop laissé s’échapper, et j’allais le faire revenir de force. Cette fois je me délecterais de sa souffrance, j’allais lui donner ce qui précisément le révulsait. Et il allait bientôt comprendre son erreur.

Mes hurlements terrifiants ne dépassèrent pas les murs de mon millième manoir. Calisto était dehors alors que je laissai éclater ma fureur noire. Oui, j’étais une furie, et dix hommes moururent sous mes crocs en une nuit. Je ne sais pas pourquoi je souffrais autant, mais il fallait que je me reprenne. Le lendemain, deux autres hommes moururent dans mes bras, dans le sang, dans la sueur, alors qu’un cri d’extase emplissait la pièce.

Deux années passèrent dans cette ambiance. Indescriptible. Une passion étrange me dévorait, le désir de vengeance, de faire souffrir, de prendre dans mes bras, d’embrasser avec violence. Une dépendance, une haine, et un rejet. Si Calisto s’engageait totalement dans son rôle d’amant, et qu’il me donnait satisfaction, je ne me gênais pas (pas moins que lui), à aller chercher ailleurs des plaisirs charnels.

Mon attention allait à droite, à gauche, et très vite j’entendis parler d’une guerre sorcière en Angleterre, ma terre natale. Ce pays qui m’avait négligée. J’avais l’intention de m’amuser… J’enquêtais, je me renseignais à propos de toutes ces querelles. Oh que oui j’avais un plan et il allait sûrement plaire à Calisto. Enfin, il allait falloir qu’il goute à ma vengeance d’abord, ce qui allait moins lui plaire…

Nous partîmes vers l’Angleterre, retrouver la pluie et la grisaille fréquente, c’était déjà une part de ma vengeance accomplie pour Calisto qui se désolait de laisser le soleil derrière lui… Moi, je me dirigeais vers plus de distraction. La guerre entre les sang-mêlés et les sang-purs étaient une bataille effrénée qui, je le savais, allait m’amuser un moment. Semer la pagaille dans un camp, fouiner dans l’autre pour apporter les informations au clan ennemi. Je jubilais d’avance : du piment dans mon éternité, du sadisme et pas mal de spectacle m’attendaient. Ils allaient être pour la plupart de pauvres petits pions manipulés.

...Pas avant cet instant que j’avais attendu…

Un sourire, une étreinte violente, un baiser, un rire, des crocs, et il fut emprisonné dans mes bras puissants. Calisto, tu m’as désobéi. Tu en souffriras pour l’éternité. Je te condamne. Crois-moi j’aime ça. J’aime ces mots, cet acte, te condamner. Mais tu trouveras ton compte dans cette éternelle expérience. Je t'ai appris comment manipuler. Ton or liquide, brûlant, rouge, ton sang se répand dans ma gorge, enfin.

« - Dis Adieu au soleil, tu as été misérable, pauvre humain pitoyable et sans défense, dis Adieu au soleil, je fais de toi une créature de la nuit. »


Baguette : Aucune. Je n'ai aucun pouvoir magique, à quoi cela me servirait? Je peux bien m'en passer...

Animal : Animal de compagnie ? Aucun, c’est trop ennuyeux, je préfère de loin les humains de compagnie, mais Calisto me plaît également, il m'amuse beaucoup, ...si l’on peut le caser dans cette catégorie.

Autre chose à signaler ? Non je ne crois pas.


Questions HJ :

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Alix Craft
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MessageSujet: Re: Cléophée White   Mer 19 Mai - 9:17:33

Bonjour à toi Vampirette... Très belle fiche ! Je te valide Smile Very Happy
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MessageSujet: Re: Cléophée White   

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Cléophée White
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