Oxumorôs

Après la guerre, la paix nouvelle reste précaire et menacée...
 
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 Le grand concert de rock !

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Neil Riley
Poufsouffle, 5 ème Année
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Jeu 9 Déc - 22:02:20

Apparemment, ses réponses intéressaient la Serpentard. Elle l'écoutait avec attention et l'incitait à continuer. Une fois lancé, Neil n'avait pas vraiment de difficultés à s'exprimer. Il réalisait dans ces moments qu'il avait une opinion plus développée qu'il ne le pensait. Lorsqu'une bonne discussion s'amorçait avec lui, elle s'étendait parfois jusqu'à une heure plutôt avancée de la nuit. Plus cultivé qu'il ne le laissait paraître. Il pouvait débattre avec aisance de musique comme de politique et, malgré des avis parfois tranchés, il restait ouvert à la discussion. Décrire le rôle de son groupe n'était cependant pas aisé. Il avait une idée de ce qu'ils devaient apporter aux autres, un idéal. Mais il serait prétentieux de placer ses objectifs au même niveau que celui de ses grands modèles. Sa description s'était faite plus succincte. Hélas, Liliana força la part d'ombre de son discours avec une question plus précise. Elle le renvoyait à ces mois terribles où la souffrance s'était inscrite dans son quotidien. Les concerts des Nimbus étaient devenus sa seule raison de vivre. Il avait refusé de quitter Poudlard pour ne pas abandonner le groupe. Jouer envers et contre tout lui semblait d'une importance capitale. Arrêter découragerait toute la flamme de résistance qu'ils avaient réussi à maintenir avec quelques morceaux pleins de maladresses. Son rôle n'était pas de lutter mais d'accompagner le soulèvement, et il était prêt à se sacrifier à la mémoire de tous les artistes qui avaient osé nourrir ce genre d'idéaux. Robin et Simon avaient leurs défauts, cependant, ils avaient affronté cette épreuve avec lui, sans jamais renoncer devant les difficultés. Ils avaient même un talent certain pour contourner les règlements. Les menaces de torture n'avaient jamais eu d'emprise sur eux. Ces garçons étaient des héros, ils avaient pris bien plus de risques que lui. Mais, finalement, le courage n'est parfois qu'une qualité au milieu d'un nombre impressionnant de défauts. Les romans mentaient. Leurs manifestations s'étaient retrouvées bloquées au début du printemps par les mesures drastiques du Ministère. S'ils s'acharnaient, la mort les attendait, et les Carrow commençaient eux-même à perdre patience. Neil était trop exposé. Même s'il avait tout d'abord refusé d'être protégé, il avait dû se terrer à son tour, disparaître du monde jusqu'à la libération. D'autres né-moldus comme lui avaient disparus sans laisser de traces. Ils étaient toujours recherchés. D'ici quelques années, on les compterait sans doute parmi les victimes de guerres, « morts à Poudlard », faute de savoir où les corps étaient passés. Son visage s'assombrit sur ces dernières pensées. Il fixa Liliana un instant, oublia son malaise vis-à-vis de la jeune fille et répondit avec le plus grand sérieux :

- Je ne pense pas qu'on puisse affirmer que continuer la musique venait d'une volonté affichée de se rebeller contre le régime des Carrow. C'était une façon de continuer à vivre. Et puis derrière ce besoin de jouer, il y avait aussi un message plus fort à faire passer. Quand les dictatures se mettent en place, l'art est contrôlé, il n'y a plus de liberté d'expression et les gens se retrouvent découragés. C'était important de montrer que malgré la dureté du quotidien, des personnes étaient encore capable de créer. Ça redonne de la force, et l'imagination nécessaire pour agir. Ça donne envie de faire quelque chose à son tour, de surpasser ceux qui se bougent déjà pour essayer de faire changer les choses... Du moins, je l'ai ressenti comme ça. En plus, les élèves se rassemblaient grâce aux concerts, ils partageait un bon moment ensemble, et à la fin, tous avaient de nouvelles idées à proposer pour rendre la vie plus pénible aux Carrow.


L'interview se poursuivit avec une grande facilité et il constata même, non sans un certain plaisir, que Liliana se retenait du mieux qu'elle le pouvait pour garder le ton de la profession et ne pas transformer cet entretien en conversation. Ce qu'il avait à dire était donc si intéressant ? En tout cas, chacune de ses interventions relançait une nouvelle question. Si elle n'avait rien préparé avant de l'aborder, elle semblait plutôt bien inspirée. Tout se passait pour le mieux lorsque la Serpentard leva soudain un regard mauvais par dessus son épaule et se rapprocha assez de lui pour presser un genou contre sa cuisse. La réponse qu'il était en train de former s'évapora aussitôt. L'illusion professionnelle venait de se rompre et Liliana parlait de « sa copine ». Il se retourna pour constater, au désespoir, qu'Amalia se dandinait sur place dans l'espoir de voir le canapé se libérer. Surpris de son retour, il chercha Robin du regard et vit qu'il n'y avait plus qu'une fille avec lui, la moins belle évidemment. Le leader était manifestement entré dans une séquence de drague plus sérieuse. Un regard extérieur aurait pu prendre ce qui n'était qu'une affaire de cul pour le début d'une histoire d'amour. Mais Neil n'y croyait pas un seul instant. L'ex-Gryffondor n'était jamais resté en couple plus de trois semaines. Simon raillait parfois son instabilité. Mais, à vrai dire, ce grand blond n'était pas mieux. Il disait aimer l'amour, donc, il se donnait un minimum de trois mois pour larguer ses copines. Toutes les filles qui succombaient à leurs charmes nourrissaient l'espoir secret d'être leur première relations durables. Amalia devait cependant laisser tomber ce projet. Robin se fichait éperdument d'elle.


- Mais... je ne la connais pas plus que ça en fait..
., se justifia-t-il à moitié consterné par cet acharnement dérangeant.

Il se sentait enfin prêt à détailler les circonstances de cette rencontre malheureuse mais le retour des Botrucs Vulgaires jeta un froid dans les coulisses et le bassiste des Mystics Sombrals tituba vers eux les bras chargés de bières. Le concert n'avait pas commencé et le musicien ne tenait déjà plus debout, il tomba sur Liliana et se rattrapa à son décolleté en révélant le bord de son soutien-gorge. La pression de sa main gonfla le haut de son sein et... Le sang lui monta au visage et il détourna la tête un temps trop tard. Pour qui se prenait ce mec ? S'il n'avait pas été aussi gêné, le poing qu'il venait de serrer se serait retrouvé sur sa mâchoire. C'était une honte franchement. Comment pouvait-on boire autant avant une entrée sur scène ? La plupart des élèves présents attendaient leur entrée avec impatience et le bassiste était ivre. Comment pouvait-il maintenir le rythme des compos dans un tel état ? Certains musiciens osaient prétendre qu'ils géraient même bourrés. Mais Neil n'était absolument pas d'accord, la qualité était forcément moins bonne puisque l'investissement n'était plus le même. Et c'était un manque de respect envers le public, tout simplement. La remarque que Dave lui adressa à propos du chanteur de son groupe eut pour toute réponse un regard ouvertement hostile, trop violent pour relever de la simple vexation. « Casse toi ou je t'éclate » était sans doute la plus fidèle traduction. Le succès rendait vraiment les gens détestables. Il était déçu de découvrir un bassiste dont il admirait la technique sous un jour aussi minable, et ce n'était pas les tentatives peu convaincues de Liliana pour l'excuser qui le feraient changer d'avis.

- Il faut être plus que con pour oser jouer devant des fans dans cet état
, rétorqua-t-il sèchement. Il avait complètement oublié l'outrage infligé à Liliana.

Mais tout n'était pas terminé. Alors que la colère brûlait encore dans son regard, Amalia lui tomba dessus en poussant un hurlement strident qui écorcha les tympans. Cette fois, s'en était trop, il n'avait plus envie de rester gentil.


- Putain, dég....


Sa phrase fut coupée par la détonation d'un sortilège d'expulsion. La Gryffondor vola et atterrit aux pieds d'un gobelin qui se venait d'aborder le chanteur des Botrucs. La dispute enflammée entre les deux groupes menaçait de dégénérer et l'utilisation du maléfice annonça le début de la guerre. Cédant à ses pulsions le gobelin pointa son doigts vers le visage du chanteur et celui-ci plongea aussitôt son visage dans ses mains en hurlant. Comme toujours dans ces cas là, les choses se précipitèrent. Le chanteur sortit sa baguette et attaqua le gobelin en même temps que le guitariste du groupe tandis que deux sorciers en étaient venus aux poings. Neil se releva en lançant un regard inquiet à Liliana qui, toujours excédée, s'excusait de lui avoir fait rater son coup... En un sens, qu'elle se mette dans un tel était pour une fille qui le collait était plutôt flatteur mais il n'avait pas le temps d'analyser cette réaction, surtout qu'Amalia revenait baguette en main et prête à en découdre.

- TU VAS CREVER VANLOOCK !!!


Aie... Il fallait absolument calmer le jeu avant que tout ne dégénère de leur côté aussi. Neil sortit sa baguette pour dissuader la Gryffondor éméchée de faire un pas de plus vers eux. Mais que pouvait-il dire pour la raisonner ? Dans les faits, Liliana était la plus coupable. Il était difficile d'excuser la serpentard sans décupler la colère de la rouge et or... Heureusement, le capharnaüm avait attiré Simon et Robin. Le premier s'était approché, au cas ou, et le second, plus réactif contourna Amalia pour lui arracher la baguette des mains en mimant un tour de passe-passe.


- Et hop, plus de baguette ! Si tu veux récupérer va voir Simon, c'est le spécialiste !


Et il lança la baguette vers Simon qui l'attrapa en levant simplement la main. La Gryffondor enragée ne goûta pas à la plaisanterie. Elle essaya de gifler Robin mais son bras fut bloqué et il la serra contre lui en lui demandant de se calmer. Il lui parlait comme à un enfant, comme il convenait de faire avec un bourré en colère et cela sembla la calmer. Neil était étonné par la rapidité de son intervention. Ce n'était vraiment pas pour rien s'ils avaient pu poursuivre les concerts sous les Carrow. Ces gars savaient gérer les situations houleuses. Simon éclata de rire à côté de lui.


- T'en a de la chance, j'aimerais bien que des filles se battent pour moi...

- C'est que notre petit Neil devient un grand garçon ! Scanda Robin qui avait passé un bras ferme autour de l'épaule d'Amalia.
- Fermez-la, répondit-il entre ses dents.

Mais au fond, il leur était reconnaissant, et il n'ajouta rien lorsque Simon lui signala qu'ils ne seraient pas toujours là pour gérer ses problèmes avec les nanas. Ces mecs étaient des connards, rien à faire, et il devrait se préparer à se faire charrier pour les semaines à venir. Du côté des adultes, la bagarre s'aggravait et tous jugèrent préférables de quitter les lieux avant d'être blessé par un maléfice perdu. Il fut cependant le plus rapide à réagir. Sa priorité était de fuir au plus vite la bande de gryffondors avant que leurs moqueries ne deviennent plus gênante. Liliana le supporterait encore moins que lui...


- Heu..., dit-il en se tournant vers la jeune fille, Je crois qu'il va falloir renoncer au reste des interviews... Je suis désolé pour ce qui vient de se passer, mais on ferait mieux de sortir tout de suite...

Passa sa basse sur son épaule - hors de question de la laisser à la merci des sorts – et se dirigea d'un pas vif vers la sortie en espérant être suivi.
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Liliana Vanloock
Serpentard, 6 ème Année
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Ven 10 Déc - 19:30:36

Plus le temps passait, plus Neil semblait intéressant et doué d'une maturité qui le plaçait, aux yeux de Liliana, au-dessus des autres membres de son groupe qui préféraient draguer des minettes plutôt que de parler de leur musique et s'intéresser davantage à une jeune femme qui, si elle le voulait, pouvait transformer ce groupe naissant en véritable phénomène rien que par la magie du "bien écrit". Il était si facile d'encenser comme de descendre plus bas que terre avec une simple plume. Cependant, Neil par ses marques de réflexions sensées, l'encourageait à être clémente avec les Nimbus 2000, voir généreuse. Elle aurait même volontiers continué la conversation avec ce jeune homme de si agréable compagnie après l'interview, malheureusement, il eut fallut que Dave surgisse entre eux et prenne sa poitrine pour appui. L'envie de gifler le bassiste ne lui vint qu'après, lorsque la gêne la submergea. Elle jeta un regard noir au grand blond qui se barbouillait à présent tant bien que mal de rouge à lèvres tandis que Neil, lui, explosait contre le bassiste.
- Ils passent leur temps à inhaler de l'Ephedra sinica dissolue. Ils ne ressentent plus les effets de l'alcool quand ils prennent ça. Et puis Dave est jeune par rapport aux autres, il perd un peu plus pied que Chad, par exemple. D'ailleurs, il n'a carrément plus les pieds sur terre depuis la dernière fois où je l'ai vu. En fait...
Il n'était pas si "con", il manquait juste de repères. Liliana l'avait ressenti en le retrouvant ce soir, à travers son regard, sa gestuelle, ses blagues plus ternes qu'il y avait deux ans de cela. Il semblait cacher un mal-être qui le rongeait de l'intérieur. Ayant vaguement suivit les articles qui se publiaient tous les trois matins à propos des Mystics Sombrals, la jeune femme avait bien compris qu'il cherchait à détruire lui-même sa réputation, mais que chaque arrestation, chaque scandale qu'il déclenchait accentuait encore un peu plus sa célébrité et l'admiration que le public lui portait. C'était un des bassistes les plus talentueux de sa génération. Un des meilleurs parmi les plus grands, un enfant précoce de la musique. Même Chad avait reconnu son talent en le laissant composer une grande partie de leur nouvel album, comme il lui avait révélé un peu plus tôt alors qu'ils discutaient.
- Peu importe. Tu as raison dans le fond, c'est un con. Mais il est beaucoup moins bête qu'il en a l'air.
Elle n'allait tout de même pas prendre ouvertement sa défense alors qu'il venait de lui tripoter les seins, ç'aurait été un comble.

Cet interlude lui avait fait perdre le fil de l'interview. Elle jeta un coup d'oeil rapide sur ses notes et constata qu'elle en avait peut-être assez, finalement, pour avoir un article cohérent et intéressant. Cependant, elle brûlait de poser une dernière question qui lui avait traversé l'esprit un peu plus tôt afin de conclure. Une dernière, et elle pourrait partir tranquillement avant que les Botrucs Vulgaires ne rentrent et que les Gobelins Déchainés ne leur sautent à la gorge. Mais il fallait encore qu'un évènement grotesque ne perturbe son travail et le plaisir qu'elle en tirait, qu'Amalia surgisse à nouveau entre eux et que la Serpentard perde son sang froid.
La vision obscurcie par une froide colère, elle ne remarqua pas au premier abord les dégâts qu'elle avait occasionné. L'esclandre avait éclaté entre les deux groupes de rock et une partie des membres en venaient aux mains, cependant Liliana n'eut pas le temps de constater les dégâts qu'elle avait encore si brillamment occasionné. Amalia revenait vers elle comme un boomerang en hurlant une menace qu'elle préféra prendre au sérieux. Elle leva sa baguette et se tendit à la manière d'un chat, prête à éviter le premier mauvais sort que lui lancerait la Gryffondor, mais avant qu'elle ou Amalia n'ait pu faire le moindre geste, Neil avait sortit sa baguette. Encore plus rapides, les deux dragueurs en herbe des Nimbus s'étaient rapprochés d'Amalia. En une seconde, elle fut débarrassé de sa baguette et enserrée fermement par les bras de Robin, qui se mit à la consoler comme on console un caniche qui a perdu son maître dans la foule. La pauvre fille était assez pitoyable. Au moins, l'orage était passé. Celui-là du moins. La Serpentard rangeait lentement sa baguette sans quitter le duo du regard, quand une moquerie dégradante retentit du côté de Simon.


- Je te demande pardon ?
Entonna Liliana d'un ton particulièrement froid. Ce genre de phrases d'ado tout juste pubère avaient le don de lui chauffer le sang. Elle se leva, prête à en découdre avec les deux garçons en leur rappelant ce pourquoi elle était là et l'interview qu'ils avaient loupé, mais un sortilège lui passa à ras de la tête. Elle eut tout juste le temps de se baisser et d'attraper son chapeau sur l'accoudoir du canapé avant qu'il ne soit frappé par le sortilège. Plutôt que d'aggraver encore un peu la situation, mieux valait fuir au plus vite les loges, Neil avait raison. Liliana attrapa son interview qui lévitait encore dans les airs mais un deuxième sort fit exploser littéralement sa plume. Sans demander son reste, la rédactrice en chef fila sur les talons de Riley en le priant de l'attendre tandis qu'elle serpentait tant bien que mal dans la cohue.

Les pétarades des sortilèges furent remplacés par les riffs sanguins d'une guitare et la voix torturée de Chad. Dehors, les Mystics Sombrals entamaient leur premier morceau.

- Moi qui rêvais qu'un évènement extraordinaire m'empêche de me plier à mes obligations, je suis servie.
Marmonna Liliana en pliant précieusement le bout de papier qui lui, était demeuré sain et sauf.
C'était tout de même un monde d'avoir des conditions aussi déplorables pour faire son travail. Entre les blagues vaseuses, les intruses collantes et les bagarres, Liliana avait cumulé tout ce qu'il pouvait y avoir de pire pour un journaliste lors d'un concert. Cela faisait beaucoup trop d'évènements le temps d'une seule entrevue.
Devant eux, les élèves riaient, dansaient, criaient ou buvaient en toute sérénité. Ils se laissaient aller au relâchement tandis que Liliana, elle, demeurait tendue, aux aguets, comme si sa malchance allait la poursuivre en dehors des loges. Elle avait le sentiment qu'elle aurait pu passer un bon moment avec Neil mais à présent elle le regardait avec gêne et arborait une expression supérieure pour camoufler l'impact qu'avaient eu les paroles stupides de ses "amis" sur elle. Heureusement qu'il ne lui était pas venu à l'esprit des idées moins chastes vis-à-vis du beau jeune homme, ç'aurait été foutu d'avance. Bien sûr, elle y avait peut-être pensé une toute petite seconde pendant que le bassiste lui parlait avec de plus en plus d'implication, mais juste une seconde. Et peut-être une deuxième fois, quand elle avait remarqué le charme que lui conférait la lumière luisante dans ses yeux tandis qu'il parlait de sa passion. Mais c'était tout. Du moins, elle aurait pu convaincre une personne qui la connaissait bien si elle avait gardé sa verve habituelle et ne se contentait pas rester muette face à Neil, sans savoir que dire pour rattraper le fiasco total des loges.

- Bon... On baise ? Merci pour l'interview, c'était très intéressant. Pour une fois, j'ai eu d'autres choses que des "oui" ou des "non" en interviewant un élève. Je t'offrirais bien un verre pour te remercier tant qu'il n'y a plus grand monde à la buvette, ça te tente ?

Rares étaient les invitations de Liliana, pour une raison très simple. La peur d'être humiliée par un refus. Cependant, elle n'avait pas envie de laisser partir Neil en le dédaignant parce qu'elle avait obtenu ce qu'elle désirait. Et puis, maintenant qu'elle avait l'occasion de s'amuser, autant en profiter !

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Adam Audley
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Lun 13 Déc - 13:06:09

Adam se fichait éperdument des observations de Pinsker à propos de son frère, en effet. Il hocha vaguement la tête, ficha un sourire vide sur ses lèvres fines sans rien répondre de circonstance. Il aimait son frère, mais de là à entretenir une conversation sur lui, il y avait une large marge qu'il se refusait de dépasser. Converser à propos des autres ne l'intéressait pas, de toute façon. C'était généralement stérile, dénué du moindre intérêt à moins de se soucier d'une personne et de chercher confirmation de ses doutes auprès d'un autre avis. Or, il n'y avait pas de doute à exprimer. Neil baignait dans la musique, trouvait une musicalité à des groupes qu'Adam trouvait tout bonnement insupportables et lui expliquait, parfois, l'intérêt et la technique qui se cachait derrière un morceau de métal auquel le Serdaigle ne comprenait rien. Il y avait bien une raison plus intéressante, plus profonde, qui expliquait à quel point le Poufsouffle s'était dévoué à son art, mais Audley n'aurait parlé pour rien au monde plus intimement de son frère. C'était l'un des rares sujets dont il ne se fichait pas comme de son premier bouton de manchette. Mieux valait retourner l'attention sur ce qui touchait son interlocuteur. Adam préférait entendre parler des autres plutôt que de son environnement proche. Cette barrière était claire et nette et la plupart des gens la ressentaient. C'était une protection qui ne s'était encore jamais fissurée. Quoi qu'avec Neil, elle s'ébréchait doucement. Quant à Lenny, il devait se fiche autant que lui de cette conversation de circonstance.

Liliana. Le sujet mis à mal l'assurance fragile du préfet devant Adam. Il venait de toucher un point sensible au vu de la couleur que prenaient les joues de son vis-à-vis et la déclaration que finit par lâcher Lenny le confirmait. La jeune Vanloock n'était pas réputée pour son caractère facile et le préfet en chef imaginait clairement le genre de tensions que pouvaient enclencher un désaccord avec elle, pour avoir déjà entendu quelques uns se plaindre des répliques acerbes de la Serpentard.

- Oh, navré. Ce ne doit pas être facile tous les jours de travailler pour elle.

Néanmoins, elle devait être une bonne chef, dans le sens où elle s'impliquait largement dans les tâches qui lui étaient incombes et n'hésitait pas à mettre ses compétences au service de la Gazette malgré les nombreux volontaires qui se pressaient autour du journal, espérant une petite heure de gloire en parvenant à faire publier leur article. Il ne pris pas sa défense pour autant. Ce n'était ni le moment, ni ne serait très avisé de sa part. Il n'avait jamais eu affaire à elle personnellement. Encore un sujet sur lequel ne pas insister par égard cette fois pour le Vert et Argent. C'était à croire qu'il n'y avait aucun sujet où les deux garçons pourraient disserter.
C'était le problème lorsque l'on engageait la conversation avec un inconnu ou un visage vaguement familier. Il y avait des jours où rien de concret ne sortait, où la conversation peinait à se former et s'amollissait au premier point posé à la fin d'une phrase.

D'une énième phrase de circonstance, un début de conversation sembla éclore cependant. Les rougeurs de Lenny se dissipèrent, remplacées par un sourire naissant lorsqu'Adam le remercia pour l'avoir extirpé des serres empoisonnées des minettes décérébrées de Serdaigle. Oui, il y en avait aussi à Serdaigle. Il ne fallait pas croire que toutes les femmes de ce blason étaient des modèles de sagesse et de maturité, nous en avons eu la preuve un peu plus tôt. Ce fut au tour d'Adam de sourire d'amusement quand le Serpentard lui confia qu'il en avait lui aussi fait les frais, et que son frère s'était retrouvé coincé avec la demi-vélane de Serpentard dont le prénom échappait totalement à Audley. Comment s'appelait-elle déjà ? Lolie ? Lorelie ? Quelque chose avec un "L", mais cela n'avait aucune importance. Le principal qu'il y avait à savoir sur cette fille était qu'elle abusait de ses charmes de la façon la plus vulgaire et la plus minable qui était. Il n'y avait pas de subtilité dans ses provocations, ses soupirs sensuels promettaient l'acte sexuel car elle n'avait rien d'autre à proposer. Pour avoir déjà vu la Lilith à l'oeuvre, Adam s'imaginait que le pauvre Samuel devait être dans une sacrée situation. Un rire s'échappa de sa gorge à cette pensée tandis que l'autre se crispait, sans pouvoir cacher sa gêne derrière une gorgée de bièreaubeurre.


- Je serais toi, je ne m'inquièterais pas tant que ça pour lui. Ce n'est qu'une moitié de vélane et je pense qu'elle est plus sûre de ses pouvoirs qu'elle devrait l'être. Tout ce qu'on peut retenir, c'est la paire de sein qu'elle est capable de coller au visage plutôt que son nom. Samuel ne peut pas en souffrir, elle est tout bonnement incapable de créer un sentiment qui se rapproche du désir amoureux. Elle est simplement bestiale.
La dernière constatation était marqué d'un mépris non feint qui semblait ne pas s'étendre qu'à elle. Comme pour ponctuer cette impression, un groupe de filles titubantes passa à côté d'eux en gloussant.
- Mais il est vrai qu'il serait assez triste de voir son frère succomber aux artifices d'une créature qui n'est même pas totalement humaine. Cette fille ressemble plus à un animal qu'à un être doté de raison... Elle sait parler, mais on croirait qu'elle n'a jamais saisi l'utilité de ce merveilleux outil. Il n'y a aucune sorte de philosophie qui ne s'échappe de sa bouche, ne serait-ce que par miracle... C'est assez pathétique à constater.

Adam ne méprisait pas les créatures à demi humaine, mais les Vélanes, il les abhorrait sans pouvoir contrôler l'animosité qui grondait en lui à la simple prononciation de ce mot. Il n'aimait pas l'idée qu'une créature puisse abuser de lui, annihiler sa raison par un pouvoir magique qui le priverait du libre arbitre, d'autant plus que ces créatures n'avaient de merveilleux que leur apparence et encore. Il était de notoriété publique que les vélanes n'étaient rien d'autre que des sortes d'harpies affreuses qui ne révélaient leur vrai visage que lorsqu'elle étaient poussées à bout. Rien d'autres que des sirènes terrestres, qui attiraient les voyageurs pour perdre leurs esprits.

- Si tu souhaites faire quelque chose pour la repousser, je veux bien te soutenir. Cependant, je ne suis pas sûr que cela serait bien sensé. Samuel risquerait de t'en vouloir... J'ai déjà lu des histoires affreuses à propos d'hommes qui perdaient la tête lorsqu'un ami ou une femme cherchait à l'extirper des griffes de ces... créatures.
Le mot « animaux » avait manqué de sortir, mais Adam l’avait finalement retenu « in extremis ».

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Lenny Pinsker
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Ven 31 Déc - 16:22:00


- En effet…
, répondit-il d’une voix égale à la remarque d’Adam.
Travailler avec Liliana Vanloock n’était pas une partie de plaisir et il n’avait aucune envie de développer le sujet. La réputation de la Serpentard suffisait à donner une bonne idée de son comportement en tant que supérieure. C’était le genre de personne qui s’accrochait à son travail comme à sa vie. Lenny ne partageait pas du tout sa vision de la Gazette. Il ne pensait pas révolutionner la société sorcière en écrivant des articles, même si, grâce au travail acharné de sa collègue, les kiosks du Chemin de Traverse distribuaient désormais le mensuel de Poudlard. Certains articles étaient plus riches en information que la Gazette du Sorcier. Le Ministère ne les contrôlait pas, ils disposaient de meilleures libertés. Cependant, Lenny n’avait pas d’ambition journalistique. Il se contentait d’exercer sa plume et de se forger une bonne expérience en soignant son statut d’élève sérieux qui s’investit dan la vie scolaire. Et qu’aurait-il fait de son temps libre s’il ne participait pas à ce genre d’activités ? Il n’avait pas beaucoup de temps à accorder aux autres. Ame solitaire de Serpentard, il aimait s’occuper dans son coin et il s’amusait très bien tout seul. Liliana lui ressemblait de ce point de vue mais ses journées d’élève étaient rythmées par la Gazette. Elle ne pensait qu’à ses articles, ne lui parlait que pour lui imposer un nouveau reportage, souvent ennuyeux mais absolument nécessaire. L’époque où la revue de Poudlard contenait un sommaire idiot orienté sur les ragots entre élèves semblait révolue. McGonagall les avait félicités pour le numéro de septembre et espérait que celui d’octobre serait du même niveau. Alors, bien sûr, la jeune fille ne se contrôlait plus et enchaînait les interviews comme une furie… Lenny soupira. Il n’était pas certain de tenir longtemps son rôle de secrétaire de rédaction à ce rythme. Liliana devrait apprendre à traiter le nom des Pinsker avec un peu plus d’égards si elle ne voulait pas crouler sous le travail et devenir à moitié folle. Mais le préfet avait confiance. Il savait qu’elle ne trouverait pas aussi facilement qu’elle le prétendait un partenaire aussi rigoureux que lui.

Lenny ne chercha pas à revenir sur la discussion précédente. Parler des frères, de la famille, était beaucoup trop personnel pour intéresser un inconnu. Il ne se sentait pas d’affinités particulières avec Adam et ce dernier n’avait visiblement pas l’intention de tisser un lien d’amitié avec lui. Par conséquent, les deux jeunes hommes se retrouvaient en face à face comme deux idiots qui n’avaient rien à se dire. En général, le blondinet comptait sur les autres pour débattre d’un sujet. Il s’immisçait volontiers dans les conversations qu’il pouvait contredire en affirmant son goût pour une culture élitiste et son rejet des standards populaires. Dans ces instants, il s’imaginait éminemment imposant et ne voyait pas les regards ennuyés de ses interlocuteurs. Mais, en temps normal, Lenny parlait très peu. Il ne savait pas soutenir un échange à la fois banal et naturel à moins de rencontrer un garçon bavard et tout à fait charmant… Une si belle occasion ne se produisait pas souvent. Il lui arrivait cependant de passer du temps avec des premières années et d’écouter avec la plus grande passion l’histoire de leurs premières amours de maternelle… Ce n’était pas sa faute si ces bouts de choux étaient adorables. Cependant, il ne l’aurait reconnu pour rien au monde. Lenny commençait à désespérer, il faudrait sans doute renoncer à l’idée de terminer cette soirée en bonne compagnie et abandonner Adam avant que la conversation ne finisse par le ridiculiser. Or, ces remerciements lancés à tout hasard par le préfet-en-chef offrirent enfin une belle accroche. Finalement, ce n’était pas différent de la plupart de ses échanges, il invoquait le mépris, celui des filles, à la différence que, pour une fois, son acidité était partagée. Le Serpentard s’étonna même de la haine avec laquelle le Serdaigle s’exprimait.

Il écouta la tirade d’Adam quelque peu décontenancé par la violence de ses propos au sujet de Lorelei. Bien qu’il n’aimât pas la jeune fille, il ne se serait pas permis d’aller aussi loin. Sa collègue préfète avait quelques qualités, et pouvait s’avérer de bonne compagnie lorsqu’elle daignait se montrer aimable et mettre de côté ses défauts féminins. Mais Adam ne la connaissait pas. Il la jugeait à son pouvoir, et Lenny comprenait aisément son dégoût. Les vélanes étaient des créatures envoûtantes, souvent mauvaises et manipulatrices. Beaucoup d’hommes s’étaient perdus pour elles. Le charme des vraies vélanes étaient si puissant, disait-on, qu’elles avaient aussi le pouvoir de troubler les femmes. Elles manipulaient grâce à leurs charmes, mais cela ne demandait pas d’intelligence particulière, rien d’autre qu’une beauté parfaite et un parfum enivrant. Lenny avait ce parfum en horreur, il lui donnait envie de fuir plutôt que de rester à ses côtés lorsqu’elle s’avisait d’en user. Il acquiesça doucement aux propos d’Adam en se demandant si le jeune homme avait une mauvaise expérience avec une vélane à lui dissimuler. Son âcreté était tout de même étrange. A vrai dire, elle ne le mettait pas vraiment à l’aise, pour une raison qu’il n’expliquait pas. La colère froide du Serdaigle était telle qu’il le considéra avec surpris lorsqu’il se proposa de secourir son frère. Mais les paroles empreintes de sagesse qui suivirent le dissuadèrent d’intervenir. Samuel lui en voulait probablement d’avoir gâché sa soirée malgré lui. Il savait que son frère n’était pas assez idiot pour succomber aux charmes de la Serpentard, c’était un garçon trop farouche, pas du genre à tomber amoureux au premier regard. Cependant, Lorelei pouvait le salir, éveiller les désirs qui sommeillaient en lui et s’en amuser. L’idée que cette fille touchât son frère lui était absolument insupportable. Et, en y songeant bien, il préférait rompre cet instant plutôt que de la laisser abuser de lui, son frère dusse-t-il lui en vouloir un mois entier…


- C’est gentil à toi de me proposer ton aide…
, dit-il à Adam alors que le nouveau groupe entrait sur scène. Mais je ne voudrais pas te mêler à ces histoires qui ne te regardent pas, je m’en occuperai tout seul… A vrai dire, je ne pense pas non plus que cette fille puisse manipuler Samuel d’un point de vue sentimental. Je pense qu’elle ne cherche qu’à s’amuser avec lui pour la soirée, et je ne la laisserai pas s’exhiber ainsi avec mon frère… Même s’il m’en veut, je ne peux pas l’abandonner à cette dégradation…

Oui, c’était décidé, il interviendrait. Ses yeux gris sondèrent avec inquiétude les silhouettes de son cadet et de la préfète. Entre deux mouvements de foule il nota que les adolescents s’étaient rapproché d’une façon assez équivoque et ses poings se serrèrent rageusement. Il cherchait un moyen de les aborder sans provoquer une situation de crise. Hélas, l’idée brillante ne venait pas. Aucune situation n’arriverait à le faire passer pour un héros. Samuel était en colère et le haïra quoiqu’il fasse… Se donnant un temps de réflexion supplémentaire, il ajouta sur un ton plus amical :

- Je n’avais encore jamais entendu un garçon parler des vélanes comme tu viens de le faire… Moi non plus je ne comprends pas très bien la fascination autour de ces créatures. Lorelei est tellement sûre de ses charmes qu’elle ne supporte pas me voir lui résister… Je n’aimerais pas que Samuel en subisse les frais à ma place…


L’évocation de ce grand problème assombrit à nouveau son front. Il se demandait de quelle manière cette petite tirade serait interprétée… Peu de personnes connaissaient le petit jeu de séduction de Lorelei. La jeune fille n’avait jamais eu l’occasion de le faire éclater au grand jour puisqu’il avait réussi à contrer toutes ses approches. Lenny se rendait compte qu’il attendait encore l’avis d’Adam quand à l’attitude à adopter. Soudain, l’opinion du garçon devenait très importante, comme si ses paroles acerbes avaient imposé une autorité insidieuse dans l’enchaînement de ses pensées. Ses certitudes vacillaient, et il ne savait même pas pourquoi il hésitait.


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Neil Riley
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Lun 3 Jan - 17:50:48

Neil n’avait pas l’habitude de juger les inconnus avec sévérité. Il acceptait généralement le fait que chacun avait son vécu particulier, ses fractures, ses frustrations, et que rien n’était jamais gratuit. Un ivrogne renonçait à sa fierté, un camé sombre dans la schizophrénie confuse du manque, et, même si cette attitude est lamentable d’un point de vue extérieur, une seule personne se détruit, celle qu’un esprit en bonne santé ose mépriser. Non, il n’aimait pas ces condamnations faciles qui confortaient les égoïstes dans leur vie prétendument saine et équilibrée, mais les dérivés de la musique l’effrayait. Le côté sex, dugs & rock’n’roll ne le laissait pas rêveur. En soirée, l’alcool ne prenait pas le dessus sur lui. Il parlait beaucoup, refaisait le monde, enchaînait bières et joints, puis, lorsque son cerveau s’alourdissait, que la cohérence quittait son discours, il se posait dans un coin et dormait. Faire l’idiot, surtout avant un concert, ce n’était pas pour lui. Mais il sentait bien qu’il s’engageait sur une pente glissante. Robin et Simon n’avaient pas essayé de le préserver. Tout avait commencé par une simple bièraubeurre après les répétitions, puis il avait goûté les bières de ses aînés et vu la quantité de bouteilles vides s’allonger au fil des mois. Le temps où il crapotait sur une taffe de shit lui semblait loin, maintenant il roulait ses propres joints, et c’était devenu un rituel quotidien, même s’il s’en cachait. Une année sous la Terreur avait quelque peu aggravé son addiction. Pour l’instant, rien de très nocif évidemment, mais il voyait que Robin et Simon commençaient à déconner. Parfois, il avait l’impression qu’ils ne grandiraient jamais, qu’ils continueraient à s’échanger les filles et deviendraient un jour ce genre de freaks complètement à la rue que plus personne n’a envie d’approcher. Il les soupçonnait aussi d’avoir déjà touché à des drogues plus dures et craignait le jour où ils en apporteraient en répète.

Les commentaires compatissants de Liliana à propos de Dave Cordell firent monter en lui une colère qu’il n’expliquait pas. Il avait déjà entendu parler de ses scandales. Certains fan se plaignaient parfois de son attitude déplacée en concert, d’autres le trouvaient au contraire hyper cool lorsqu’il s’amusait à insulter des journalistes. Peut-être… Mais jouer dans un groupe de rock célèbre ne signifie pas éclater ses guitares contre les murs, s’envoyer en l’air dans les limousines et détruire les chambres d’hôtel… Il y avait un pendant à tout cela, des étoiles filantes, des Kurt Cobain , Janis Joplin, Sid Vicious et autres Nick Dake qui s’engluaient dans une époque, la marquaient, se dissolvaient et disparaissaient. D’autres vivaient, dans un état de plus en plus affligeant. Neil ne répondit pas à la jeune fille, il se contenta d’observer Dave d’un regard emprunt de pitié, en se demandant vaguement s’il y avait une explication à ses égarements. De toute manière, le débat qui n’avait pas commencé fut interrompu par l’arrivée d’Amalia, et l’explosion de toutes les tensions trop contenues. La loge s’était transformée en véritable champ de bataille et ils avaient dû la quitter en courant. Le seul avantage de cette catastrophe était qu’elle avait permis de séparer Liliana de Robin et de Simon avant une nouvelle prise de tête. Ces deux imbéciles de Gryffondor n’avaient pu retenir des commentaires idiots, puérils et embarrassants qui avaient eu le don de renfermer la Serpentard sur elle-même. Elle avait très mal pris le fait d’être mise dans le même panier qu’Amalia et c’était tout à fait normal…

Dehors, l’excitation était à son comble. Il était difficile de trouver une parcelle de tranquillité mais l’hystérie devant la scène lui faisait plus envie que celle de la loge. Se mêler aux pogos et ne pas les quitter avant d’avoir les cabossés de bleus, voilà ce qu’il lui fallait ! Cependant, Liliana ne l’abandonnait pas. Il n’osait pas s’éloigner d’elle et s’étonnait de la voir rester et même de poursuivre la conversation alors qu’un malaise évident persistait entre eux. Il la regarda ranger le parchemin de l’entretien qu’elle avait réussi à sauver et ajouta dans un sourire timide :


- Au lieu de deux interviews tu écriras une brève sur cette bagarre, ils ne méritent pas mieux après tout…


Beaucoup de concerts dégénéraient en baston, mais il était plutôt déçu de l’attitude des Botrucs Vulgaires. Ces gars-là semblaient plutôt corrects pourtant… Enfin… Les événements ne se maîtrisaient pas toujours. Il n’aurait pas forcément apprécié qu’un connard vienne le chauffer en insultant sa musique, et, malheureusement, en cas d’agression, il valait mieux répliquer, ça faisait parti des risques et du jeu. Avait-on vu un groupe de rock se sauver la queue entre les pattes ? Oh, oui, maintenant les adolescents jouaient de la gratte le petit doigt levé, mais Neil n’avait certainement pas envie de ressembler à une nouvelle génération coincée qui venait sur scène en costume d’étudiants attarder pour chanter des paroles gentillettes sur un air qui ressemblait vaguement à du rock. Il y avait une limite à la retenue… Et, heureusement, la sagesse n’était pas au rendez-vous ce soir !

Bien sûr, ce genre de réflexions ne l’inciterait pas à se montrer un peu plus entreprenant avec Liliana mais il se sentait un peu plus léger depuis qu’il se trouvait devant la scène, plus libre d’agir comme bon lui semblait. La jeune fille lui proposait même de lui offrir un verre pour le remercier de lui avoir offert un bon entretien. Il hésita un instant. D’habitude, l’invitation revenait au garçon mais quelque chose lui disait que la jolie blonde n’apprécierait pas qu’il insistât pour payer à sa place comme un vrai gentleman.

- Avec plaisir,
dit-il finalement, je veux bien une pression s’il te plait.

Un peu de bière fraîche ne ferait pas de mal, et, au moins, ce n’était pas très cher. La Serpentard lui donnait un bon prétexte pour l’inviter une prochaine fois. Ils se dirigèrent vers la buvette sans un mot. Concentré sur la musique, Neil n’essayait plus vraiment d’entretenir la conversation. Il mourrait d’envie de rejoindre les excités du public et se trouvait pris dans un profond dilemme. La compagnie de Liliana était très agréable également… En observant les élèves plus en retrait il nota la présence d’Adam qui avait finalement bien fait de ne pas venir dans la loge. Son frère était en grande discussion avec le préfet des Serpentard. Tiens ? Depuis quand se connaissaient-ils ? Et, surtout, il était rare de voir le Serdaigle en tête à tête avec un garçon à Poudlard. Les filles qui lui tournaient autour ne lui laissaient pas beaucoup de place pour respirer. Etait-ce un plan drague ? Il haussa doucement un sourcil. Ce choix l’étonnait un peu… Plutôt que se perdre dans des circonvolutions incertaines il se roula un joint derrière une poutre de la buvette pendant que Liliana commandait les boissons et l’alluma avec sa baguette. La musique engourdissait à nouveau ses pensées. Il la remercia vaguement à son retour mais laissa passer une bonne minute avant de trouver autre chose à dire…


- Ce concert a l’air énorme ! Même les botrucs n’avaient pas un aussi bon son, et pourtant, leur matos est impeccable… mais il faut dire que leur musique n'envoie pas de la même façon... Tu les as déjà vu en concert ? J’ai cru comprendre que tu les connaissais assez bien…


Ce n’était pas une introduction exceptionnelle mais il fallait bien relancer un peu la discussion, et Liliana lui avait posé tant de questions qu’il pouvait bien prendre son rôle un peu. Il tira une taffe et concentra toute son attention sur la scène en attendant la réponse de la jeune fille.
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Adam Audley
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Ven 7 Jan - 14:45:34

Les vélanes, vaste sujet sur lequel aurait pu disserter Adam pendant des heures, afin de démontrer par a plus b à quel point ces créatures s'éloignaient de la pensée, de la raison, de la mesure qui faisaient de l'homo sapiens sapiens un être doté d'humanité. C'était un parti pris absolument subjectif, un dédain qui le poussait chercher dans les tréfonds de son âme la haine et la violence qui croupissait derrière les belles idées de cet esprit affuté. Il aurait été marin qu'il aurait tenu des propos similaires, si ce n'était parfaitement identiques au sujet des sirènes. Ces deux êtres, l'un de la terre et l'autre de la mer étaient des objets de perdition et ni la poussière ni les remous des vagues n'éteignaient le feu de la passion qui brûlait à l'intérieur de ces femelles. Elles étaient le symbole effrayant de la lutte des désirs sauvages contre l'intellect. Une lutte que chaque humain, moldu comme sorcier, entreprenait dès son plus jeune âge, premièrement pour s'ancrer dans les moeurs de la société puis, secondement et c'était chose plus rare, afin que l'esprit s'émancipe ou au moins dépasse le corps et ses racines si profondément ancrées dans les choses terrestres. Les vélanes privaient de l'esprit par une violence tyrannique et de fait purement négative. Derrière elles, leur beauté enchanteresse ne laissait qu'un no man's land dévasté sans que l'homme n'ait la consolation de voir son désir réellement satisfait. Une minute d'ivresse se payait cher auprès d'une vélane. Un maniaque du contrôle tel que lui préfèrerait la tuer de ses mains plutôt que de succomber sans retenue aux fantasmes de l'imagination perverse qui coule insidieusement dans le sang de chacun. En un sens, la passion charnelle inassouvie se transformait en haine viscérale.
Alors, Adam comprenait mieux que n'importe quel autre jeune homme ici le sens du mot "dégradation" qu'employait Lenny. Mais peut-être que chez eux, deux significations s'entremêlaient. Pour le préfet des Serpentard, il s'agissait certainement d'une dégradation sociale et si tel était bien le cas, il entrait dans le vrai lui aussi. S'il y avait éducation et moeurs, c'était bien pour se forger une place en tant qu'humain ici-bas. Chez Adam, l'interprétation était plus profonde encore, et plus grave. Il annonçait des dommages bien plus profonds dans la chair et l'âme des hommes qui s'éprennent et qui perdent. L'usage sensé des connexions du cerveau s'apprenait et se gagnait trop durement pour se laisser déconnecter sous la fragrance maléfique d'un être de chair pure.

Il hocha lentement la tête. Si Lenny voulait agir seul, il le laisserait faire malgré le plaisir qu'il éprouverait à refouler une vélane, aussi demi était elle, là où sa place devait être. Il la haïssait sans la connaitre, comme le chasseur oriental haït le tigre et redoute son approche.

- Peut-être parce que les autres garçons ne sont pas aussi catégoriques sur ce qui fait de l'homme un homme. Je pourrais te parler de toutes les raisons qui me poussent à considérer ces créatures comme mauvaises et profondément destructrices et je jouirais certainement d'avoir une oreille assez sensée pour m'écouter, cependant ce n'est malheureusement pas le lieu, ni le moment adéquat pour ce genre de conversations.
Professa-t-il d'une voix plus rapide et plus passionnée qu'il n'en était à l'accoutumé. L'engagement qu'il posait dans ses propos était palpable.
- Si tu veux bien recevoir une dernière fois mon avis, mieux vaudrait-il réfléchir à la situation qu'avancer tête baissée pour éviter la catastrophe à laquelle pourrait mener une action précipitée et mal pensée. Heureusement, Lorelei n'est pas le diable personnifié et n'est pas aussi puissante que ses cousines les pures vélanes, mais je crains plus que ton jeune frère ne se braque si tu t'interposes entre eux deux comme un vieil oncle entre son petit neveu et son jouet préféré...

Sa comparaison saugrenue alluma un bref instant son regard. Ce genre de paroles imagées avaient le don de l'amuser et de le satisfaire lorsqu'une dépassait ses lèvres sans qu'il ne l'ait mûrement réfléchi. Celle-là avait au moins la qualité d'être originale tout en restant parfaitement représentative de la situation qui découlerait si Lenny, ou si Lenny et Adam, débarquaient comme deux taureaux prêts à mettre les deux pieds dans le plat.
- L'alcool n'est pas réputé pour affûter l'intellect, malgré tout je prendrais volontiers une dernière bière pour me rafraîchir l'esprit. Cela te dirais ? J'imagine bien que tu ne dois pas avoir la tête à cela, cependant mieux vaut ne pas gâcher le moment présent en attendant l'arrivée d'une brillante idée pour sauver Samuel du bec de la demi-vélane.
Adam interrogea Lenny du regard tout en se tournant vers la buvette qui s'était largement vidée depuis l'arrivée de Mystics Sombrals sur scène. À peine avait-il braqué l'oeil sur Chad Blackson que son intérêt pour ce qu'il se passait au sein du concert s'accrût. La musique sourde et noire des morceaux envahirent ses tympans aussi facilement qu'ils avaient fait abstraction des morceaux des Botrucs Vulgaires. Ses lentilles lui permirent de voir, en blonde compagnie, son frère nonchalamment installé à quelques pas du stand et cette dernière tentation lui fit oublier la politesse. Sans attendre d'être suivit, il s'engagea en direction du serveur qui profitait d'un moment de calme pour s'allumer une cigarette. La présence de Liliana, au vu de ce que lui avait confessé Lenny, risquait d'être problématique pour se joindre à eux, aussi se contenta-t-il d'adresser à Neil un sourire accompagné d'un pouce levé en guise de félicitations pour la performance qu'il avait su tenir sur sa première grande scène.


[Désolé pour ce petit délire à moitié philosophique, mais j'avoue que ça m'a bien amusé !]

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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Sam 8 Jan - 17:04:02

Les Mystics Sombrals était un groupe qui attirait particulièrement le public et, après deux autres concerts, la foule était chauffée et s'agglutinait au plus près possible de la scène en victime consentante de cette force d'attraction presque surnaturelle. De ce fait, la buvette s'était vidée en un rien de temps et Liliana n'eut aucun mal à être servie rapidement. Son pas était plus léger lorsqu'elle ramena les boissons et tendit une pression à Neil. La musique avait un étrange pouvoir euphorisant et, lorsqu'un de ces morceaux préférés s'ouvrit sur une lourde basse qui soulevait l'estomac, son corps se mit à la démanger. Une envie de céder au rythme l'envahissait et elle la contint en avalant une longue rasade rafraîchissante de sa bière. Même si l'idée de s'approcher de la foule et de se joindre aux plaisirs de la danse lui paraissait plaisante, elle n'avait pas l'habitude de se livrer à ce genre d'attitude expansives. Une certaine retenue l'en empêchait, son côté réservé était plus fort que sa passion pour la musique. Et puis, maintenant qu'elle avait offert un verre à Neil, elle ne pouvait pas le planter là pour aller faire la folle comme n'importe quelle autre élève surexcitée. Elle ne chercha pas à faire la conversation et ne s'en sentit aucunement gênée, mais, loin de noter ce détail, elle gardait le regard rivé en direction de la scène, les yeux pétillants tandis que le guitariste se pliait en deux sur son instrument. C'était toujours impressionnant de voir à quel point ils faisaient corps avec leur musique, la Serpentard ne devait pas être la seule à les envier.
La voix de Neil retentit clairement entre deux accords. Lui aussi appréciait le spectacle, certainement mieux qu'elle qui, si elle avait étudié le solfège, le chant et le piano, n'avait jamais été une virtuose en maîtrise des instruments. Elle acquiesça vivement, le sourire aux lèvres et répondit sans ambages à la curiosité du jeune homme.

- Je les ai vu il y a quelques années à un concert privé, ainsi qu'au stade de la coupe du monde de quidditch, où ils ont joué il y a un peu plus d'un an. Pour faire court, ma mère était une de leur ferventes admiratrices et elle a élaboré une série de costumes de scène pour eux. Ils sont venus diner quelques fois à la maison et depuis, nous sommes en assez bons termes. Quant à leurs instruments, ils nous ont expliqué qu'ils ont été conçus sur mesure par un expert en la matière aux États-Unis... Un certain Morley, ou quelque chose comme ça, je ne me souviens plus très bien.

L'odeur du joint parvint aux narines de la rédactrice, qui tourna un regard curieux à l'objet incandescent que tenait Neil entre ses doigts. Elle ne l'avait pas remarqué jusqu'alors et lui adressa un regard faussement désapprobateur, que son demi sourire rendait complètement faux.
- Ces musiciens, tous des drogués...!
S'amusa-t-elle avant de reporter son attention sur le concert. La prise de drogue ne la dérangeait pas. C'était un sujet pour lequel elle n'avait pas vraiment d'avis et dont elle se fichait bien. Elle avait été élevée dans un milieu certes bourgeois, mais assez relâché sur le sujet. Sa mère, par exemple, n'avait jamais caché à personne qu'elle avait usé de plantes illicites dans sa jeunesse et qu'elle en avait pris encore, lorsque son entreprise lui demandait nuit sur nuit de travail. Le corps avait ses limites que certaines drogues permettaient de repousser. Liliana, elle, n'avait jamais touché à quoi que ce soit mais ni l'odeur (qu'elle trouvait plutôt plaisante), ni le fait que l'on fume une drogue légère devant elle ne la gênait.
- Si ça te tente de les connaître davantage, tu pourrais m'accompagner à leur interview après le concert, si ça t'intéresse et que tu n'as rien de prévu.
Une vision d'horreur la coupa dans sa bonne humeur. Lenny s'approchait dangereusement en compagnie d'Adam qui les avait déjà repéré et faisait signe à son frère tout en commandant des boissons. Son humeur s'assombrit légèrement à la vue du Serpentard. Elle détourna le regard, feintant de ne pas le voir et noya ses lèvres dans la mousse de sa pression avant de glisser sa langue contre le rebord de sa bouche, tic nerveux qui trahissait un soupçon de mauvaise humeur. Les mots qu'avait prononcé Pinsker à son égard lui étaient restés en travers de la gorge.

- Et bien, il a finalement recueillit les impressions de ton frère à propos de ton concert... Il aura au moins fait quelque chose de sa journée. Si tu veux aller voir Adam, n'hésites pas, je pense que je vais m'approcher un peu de la scène... Je ne veux pas louper le solo de guitare.
C'était certes une excuse pour ne pas voir approcher Lenny, cependant il n'était pas vraiment question de rester tout le reste du show collé à la buvette.

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Neil Riley
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Jeu 20 Jan - 1:32:39

[Bon voilà j'ai beau être crevée, j'écris trop quand même. Désolée si c'est un peu inégal ^^]

Il battait la mesure malgré-lui. Son pied écrasait l’herbe, ses doigts tapotaient le bois hérissé d’échines de la buvette. Ce morceau était excellent, et même le retour de Liliana n’arriva pas à le faire revenir complètement sur terre. Devant la scène, les mains s’élevaient, les corps ondulaient, glissaient jusqu’à former une véritable vague humaine. Il voulait se mêler à la chaleur, à la sueur du public endiablé. L’impression d’être piégé dans un bloc de chair, enveloppé dans une peau qui ne réagissait plus qu’à la musique, comme si les notes remplaçaient les globules sanguins, lui manquait. Son dernier festival datait de juillet dernier. Il avait passé trois jours de pur bonheur. Adam était même venu avec lui. Ils étaient restés ensemble le premier jour, puis ils avaient fait quelques rencontres pendant les balances, et ils s’étaient dispersés. Dans ce genre de concert il y avait toujours des passionnés avec qui on pouvait discuter. Neil ne cherchait rien d’autre. Il privilégiait les rencontres entre musiciens, c’était tellement plus enrichissant qu’un plan drague ! Mais que devait-il penser de cette entrevue prolongée avec Liliana qui le privait d’une partie du spectacle ? De son côté en tout cas, il semblait bien que la tournure des événements ne lui était pas tout à fait indifférente. La Serpentard était une fille intéressante. Il n’imaginait pas se rapprocher d’elle en de telles circonstances, alors qu’il se trouvait dans son élément. S’il l’avait croisée à Poudlard, il aurait été incapable d’aligner deux mots corrects. Ici, il avait l’impression d’être changé. Il ne se voyait plus vraiment comme un poufsouffle maladroit et insignifiant. Il était bassiste, il jouait dans un groupe de rock, et il évoluait dans un monde où rien ne lui échappait.
Neil avait posé une question à la jeune fille mais la musique l’égarait. La tête lui tournait un peu. Il ressentait doucement les effets de l’alcool mêlé à la drogue et à la mélodie. Ce riff de guitare était excellent, et le bassiste tenait la rythmique comme un dieu, son entente avec le batteur était tout simplement parfaite. Il ne formait pas un aussi beau duo avec Simon, même s’il n’avait jamais eu à se plaindre du jeu de son partenaire. Il plana, et les mots de Liliana, percèrent la brume pour le tirer de sa rêverie.
La jeune fille évoqua une parcelle de souvenirs et il trouva cela étrange, insolite. Qui eût cru que Liliana Vanloock lui parlerait un jour comme à un bon ami. Il n’avait osé l’imaginer. Et la belle blonde ne se contentait pas seulement d’avoir un charisme à lui couper le souffle, sa vie semblait passionnante. Elle connaissait les Mystics Sombrals, sa mère avait travaillé su les tenues des plus grands. C’était une existence particulière, différente de la sienne. Que pouvait-il répondre à cela ? Que ses parents avaient un joli petit cottage en Angleterre et travaillaient tous les jours de huit heures à dix-sept heures dans une banlieue londonienne où la jeunesse n’était pas toujours facile ? Parfois, ils avaient des invités, des profs, des gens qui passaient le dîner à s’épandre sur leurs histoires de boulot. Un petit univers bien tranquille, bien banal, sur lequel il n’y avait pas grand-chose à dire. Neil sentait un peu douloureusement la frontière qui le séparait de la Serpentard. Leurs milieux s’opposaient radicalement. Mais la musique les avait reliés. Et ici, il pouvait rayonner à sa façon.


- J’avais lu ça pour leurs instruments oui. Ce sont de véritables œuvres d’art, pour leur style comme pour leur son d’ailleurs. Je n’ose même pas imaginer le prix d’une seule guitare. Moi je me traine la même basse depuis quatre ans
, ajouta-t-il en riant. C’est ma mère qui me l’a récupérée, mais je pense qu’elle a encore de belles années devant elle.

Il s’abstint de préciser que sa bonne vieille basse avait aussi son petit prénom et aspira une nouvelle bouffée de tabac pour dissiper la gêne qui l’envahissait à chaque fois qu’il parlait. Il avait appris récemment la mort de la mère de Liliana. La jeune fille l’avait mentionnée sans émotion. Sa pudeur était remarquable, il aurait pu penser qu’il ne s’était rien passé. Comment faisait-elle pour reprendre une vie d’adolescente normale ? Ce n’était peut-être qu’une façade bien sûr, mais elle était particulièrement réussie. Neil n’arrivait pas à imaginer les faiblesses de la belle. Il ne voyait que son éclat, et sa force l’impressionnait…
Ses réflexions vaseuses ne lui permirent pas d’anticiper les accusations de Liliana. Il fumait, c’était vrai, et il sursauta en rougissant légèrement lorsqu’elle le traita de droguer.


- Mais heu… je…
, bredouilla-t-il avant de noter la présence d’un sourire moqueur. Il le lui rendit maladroitement. Pendant un instant, il lui avait semblé qu’une crise cardiaque le guettait. Sortir un joint de sa poche était devenu un geste banal, personne n’y prêtait attention. La plupart du temps, ses amis lui réclamaient une taffe. Il faillit en proposer une à Liliana mais il se retint en songeant que ce qui était une politesse dans son « milieu » serait une insulte à sa bonne naissance.

Un peu plus gêné, il termina le joint rapidement et avala la fumée de travers lorsque la jeune fille lui proposa soudain de l’accompagner à sa prochaine interview. Sérieux ? Elle était prête à le supporter toute la soirée et à lui offrir des entrées spéciales ? Il avait les larmes aux yeux. Non pas à cause de l’émotion mais parce qu’il dût retenir une quinte de toux ridicule. Le tabac lui brûlait les prunelles.


- Absolument rien de prévu
, dit-il d’une voix rauque avant de s’éclaircir la gorge. Je veux bien, si ça ne te pause pas de problème bien sûr. Je ne voudrais surtout pas te déranger dans ton travail.

Et lui, qu’avait-il à lui proposer ? Liliana ne lui tendait-elle pas un maximum de perches depuis tout à l’heure ? Mais non, il ne fallait pas se montrer entreprenant parce qu’une fille était gentille avec lui. Elle le trouvait agréable et avait envie de lui faire plaisir. Un jour elle lui annoncerait qu’ils étaient de bons amis, et puis elle lui parlerait d’un jeune homme séduisant qui l’aurait séduite à une soirée, un inconnu débarqué de nulle part, à qui elle offrirait tout ce qu’il n’avait jamais eu. Dans la réalité, les choses se passaient toujours de cette façon. Rien ne venait jamais comme on le souhaitait. Neil préférait ne pas se faire d’illusions. Il n’avait aucune envie de ressembler à Eddie, à un empoté qui imaginait monts et merveilles après un sourire condescendant… D’ailleurs, le sourire de Liliana se décomposa dans la seconde qui suivit. Un peu inquiet il suivit son regard et aperçut Adam. Son frère s’était rapproché de la buvette, suivit de près par Pinsker. Décidément, les deux garçons ne se quittaient plus. Comme il leva un pouce vers lui il lui répondit par un sourire puis se retourna, plus soucieux, vers Liliana. Heureusement, ce n’était pas Adam mais Lenny qui lui posait problème. Visiblement, ce dernier avait refusé de faire son boulot de journaliste et c’était la raison pour laquelle elle se retrouvait seule à faire les interviewes. Il ne pouvait pas s’en plaindre. Si le préfet de Serpentard était venu, il n’aurait peut être pas eu la chance de s’entretenir avec la jeune fille. Cependant, son attitude était assez déplacée. Les musiciens n’étaient pas toujours très stables, il aurait dû escorter sa collègue pour assurer sa sécurité. Mais il ne fallait pas trop en demander à ce petit égoïste efféminé.
Soudain plus distante, Liliana lui annonça qu’elle allait se rapprocher de la scène. Même si cette déclaration scellait la fin de conversation il en éprouva un vif soulagement. Enfin, il allait vivre ce concert de près !


- Non c’est bon, je t’accompagne, c’est sympa d’être en coulisse mais on finit par manquer l’essentiel du spectacle.


Il espérait ne pas passer pour un gros lourd un peu trop collant en la suivant jusqu’à la scène. Au pire, s’il se sentait de trop, il s’avancerait dans la fosse.
Il vida son verre à la hâte et s’approcha d’Adam pendant que la blonde l’abandonnait. Il avait un petit service à lui demander. Comme Lenny semblait sur le point de parler il s’excusa d’un signe de tête et déclara d’une traite :


- Hey comment ça se passe pour toi ? J’espère qu’on a pas été trop mauvais sur scène. Tu me diras tout ça tout à l’heure hein ? Tu as bien fait de ne pas venir dans les loges, une baston vient d’éclater entre les Botrucs et les Gobelins. Les sorts fusaient de partout, j’espère qu’on aura pu les arrêter avant d’avoir des blessés… Enfin, je vais essayer de m’approcher de la scène pour les dernières chansons des Mystic Sombrals, tu peux me garder ma basse s’il te plait ? J’ai pas pu la laisser dans la loge du coup. Enfin… j’veux dire, je compte sur toi pour lui lancer un reducto ou un truc comme ça pour être tranquille jusqu’à ce que je puisse la récupérer enfin heu… j’y vais à toute à l’heure !


Liliana avait disparu de son champ de vision et il laissa sa basse entre les mains d’Adam sans attendre son approbation pour se lancer à sa poursuite de sa dulcinée. Il était étonnant de voir Neil dans un état d’excitation aussi violent. Pendant un instant, il avait ressemblé à un adolescent survolté, prêt à foncer tête baissé sur toutes les belles occasions qui se présentaient à lui et à sublimer toutes les petites joies qui se glissaient dans sa vie. Au fond de lui, c’était ce qu’il était. Evidemment, ce relâchement serait oublié dès qu’il retrouverait la Serpentard, en espérant que cette dernière n’avait pas utilisé un prétexte pour se dérober.
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Jeu 20 Jan - 1:59:41

[Adam, je t’adore. XD ]

Maintenant que Siobhan jouait à ne plus être mon amie, je passais le plus clair de mon temps avec mon cher collègue préfet blond : Lennychou. Je me doutais bien qu’il devait me fuir mais, dès que je le voyais, il fallait que je m’approche pour lui écorcher un peu les nerfs. Je faisais exprès, en soi, pour essayer de le mettre hors de lui. Je n’y pouvais rien, c’était plus fort que moi : j’adorais me faire détester de Lenny Pinsker. Et il était beaucoup trop coincé pour me faire dégager brusquement et efficacement. J’avais fait de cette activité un passe-temps extrêmement divertissant. Les moments les plus comiques étaient ceux où je draguais ce pauvre Nyny comme si ma vie en dépendait. J’avais depuis longtemps compris que, par un mystère qui m’échappait, je ne l’intéressais pas et je m’en réjouissais. Son dédain me comblait, car il me donnait l’impression d’être une vraie personne et pas seulement ce corps qui faisait l’envie de tous les autres mecs. Alors, je redoublais d’ardeur pour essayer de le faire craquer et son indifférence me ravissait. Ma mère n’aurait pas été fière de moi.

Sammy était beaucoup moins souvent l’objet de mes machinations féminines et manipulatrices, car il était moins divertissant à frustrer. Si Lenny m’amusait lorsqu’il ne savait plus comment me faire comprendre que ma présence lui était insupportable, Sammy m’était beaucoup plus sympathique. Je le devinais plus sensible à mes charmes, d’ailleurs, ce qui devait aider à ma cause. Néanmoins, il était beaucoup moins épuisant à côtoyer que la plupart des autres mecs, son cher frère compris. C’était probablement pourquoi, en ce très peu joyeux soir de fête, j’avais choisi d’aller vers lui plutôt que vers n’importe qui d’autre. Je trouverais bien à m’amuser en sa compagnie. Peut-être même lancerait-il quelque chose sur ma poitrine, comme à la rentrée…

Je retrouvai dans les yeux de Samuel ce que je savais faire naître chez presque tous les hommes et je me sentis rassurée. D’une certaine manière, je détestais la partie de moi qui n’était pas humaine mais, en même temps, je n’arrivais pas à m’imaginer vivre sans pouvoir me réfugier derrière mon charme. Être seulement belle était si facile.


-Tu... tu es magnifique Lorelei.

Je sais.

La main du garçon se posa sur ma cuisse et je fus agréablement surprise par son geste. J’aurais dû me douter, pourtant, que Sammy n’était pas spécialement du type à refouler ce qu’il avait envie de faire : il m’avait tout de même aspergée de soupe brûlante devant toute l’école. Je commençais enfin à vraiment m’amuser à cette fête. Je décidai d’en faire part à Sammy chéri et je me penchai vers lui pour lui murmurer ma réflexion à l’oreille, en gardant mon visage tout près du sien.


-Grâce à toi, je commence enfin à m’amuser, ici.

Puis, je m’éloignai doucement de son oreille pour immobiliser mon visage juste devant le sien. Très, très proche.
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Lenny Pinsker
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Ven 21 Jan - 16:43:32

Ce qui fait de l’homme un homme ? De plus en plus perplexe, Lenny n’était pas certain de suivre les raisonnements tranchés de son interlocuteur. Il n’avait jamais soutenu l’affirmation de la virilité. S’il préférait la compagnie des garçons à celle des filles il ne se reconnaissait pas dans les clivages de la société. Sa réflexion sur les vélanes n’était pas aussi approfondie que celle d’Adam. Ces créatures l’écœuraient parce qu’elles étaient la synthèse de tout ce qu’il détestait le plus chez une femme. Leur pouvoir, en revanche, rendait leurs victimes plus méprisables. Il voyait ces hommes s’abandonner à une pulsion, succomber à une apparence vulgaire, à un désir qui lui échappait complètement. Partager le lit d’une femme était une chose répugnante. Bien sûr, il savait qu’il ne pourrait protéger Samuel de cette flétrissure. Il ne souhaitait pas à son frère de rester vieux garçon toute sa vie, cependant, Lorelei n’éveillait pas une attirance positive. Seul le corps parlait et ces réactions là étaient animales, ignobles. Une grimace légère chassa les visions d’horreurs qui s’emparaient de lui. Adam trouvait son opinion sensée. Il accueillit ce compliment avec un sourire reconnaissant mais il n’était pas certain d’être sur la même longueur d’ondes que le préfet-en-chef et cette possibilité l’embarrassait. S’ils avaient pu développer le sujet, les propos se seraient peut-être éclaircis mais le Serdaigle estimait qu’il était inutile d’aller plus loin, et il avait sans doute raison. En tout cas, Adam ne s’étonnait guère de son indifférence vis-à-vis des vélanes. Elle faisait honneur à son discours. Cependant, Lenny ne se trouvait pas plus sage qu’un autre. Il n’aimait pas les filles. Son sang se glaça néanmoins à l’idée d’un homme doté du même pouvoir. Succomberait-il bêtement ? Cette perspective était haïssable.

Son état demeura tendu lorsqu’Adam revint sur le cas de son frère. Malheureusement, il n’y avait pas de solution délicate à envisager et Samuel n’était pas tout à fait victime d’un envoutement, ce qui compliquait son intervention. Il sentait que son cadet grandissait et que la puberté le faisait peu à peu changer d’attitude, qu’il regardait les filles, qu’il s’intéressait à des sujets d’ « adulte ». C’était une évolution d’autant plus difficile à accepter qu’il ne la connaissait pas de la même façon que lui. Chez lui, les désirs s’étaient figés dans la terreur. Il n’en parlait que d’un point de vue extérieur, comme s’il devait y rester étranger, car comment provoquer ces choses sans se trouver honteux et ridicule ? Il n’avait pas encore résolu cette question. Et puis, ce n’était pas comme s’il pouvait se contenter d’une fille. Il lui était arrivé d’hésiter devant les avances de Lorelei. Le nier serait de mauvaise foi. Il s’était déjà demandé ce qu’il pourrait éprouver en se laissant embrasser, juste une fois, par curiosité. La jeune fille l’avait poussé au bord de ce précipice plusieurs fois et il n’avait pas pu aller au bout. Sa proximité le dégoûtait, un simple baiser sur la joue lui donnait envie de la frapper. A force d’insister, la demi-vélane l’avait mené à la conclusion définitive qu’il ne pourrait jamais se réfugier ans les bras d’une fille. Comment réagirait-elle si elle l’apprenait ? Serait-elle vexée ? Il n’était pas temps de le savoir, puisqu’il refusait de montrer le fond véritable de ses sentiments. Mais il relativisait un peu la situation. Adam avait calmé la violence de ses pensées en déversant sa haine sur Lorelei, et en s’ouvrant à lui comme il le faisait peu avec les autres. N’avait-il pas sa chance lui aussi ? Cela faisait des années qu’il rêvait d’aborder l’impressionnant Serdaigle, et ce dernier venait de l’inviter à prendre un verre avec lui. N’était-ce pas incroyable ?


- Je n’ai pas l’habitude de boire de la bière mais puisque c’est toi qui me le propose, je me vois mal refuser…
, déclara-t-il en retrouvant le visage étrangement fermé de celui qui ne veut rien laisser deviner…

… Alors qu’au fond il aurait pu crier comme une adolescente qui vient de recueillir le sourire du plus beau garçon du collège. Ses amis le croiraient-ils s’il leur racontait que le noble Adam Audley l’avait invité à prendre une bière ? Une bière, oui, parfaitement ! Ce garçon était surprenant. Il correspondait de moins en moins à l’image qu’il s’était fait de lui et, curieusement, ce n’était pas pour lui déplaire. Abandonnant un instant son frère des yeux il suivit le Serdaigle jusqu’à la buvette et le laissa passer la commande en le remerciant. Que dire à présent ? Il but une gorgé de sa pression du bout des lèvres, pas forcément convaincu par le goût amer de cet alcool d’orge, et constata avec une vive contrariété que Liliana avait quitté les loges. Visiblement, elle s’était trouvé un ami en la personne de Neil Riley, quelle ironie du sort ! Bon, il devait absolument montrer à la blonde qu’il était très occupé afin d’éviter son retour… Mais, avant qu’il eût trouvé une bonne réplique à lancer, Liliana quitta la buvette. Leur petit accrochage avait bien plus amoché sa fierté qu’il ne l’avait pensé. Neil se précipita vers Adam pour lui raconter le plus de choses possibles en moins d’une minute, lui confier sa basse et repartir à la charge vers la Serpentard. Il fallait croire que les adolescents vivaient la saison des amours en retard. Voir le Serdaigle encombré de l’instrument l’amusa un peu. Il songea aussi à cette histoire de bagarre dans les loges, tout ne se passait pas aussi bien dans les coulisses que sur scène.


- Eh bien… Ton frère serait-il toujours aussi pressé ?
plaisanta-t-il en souriant doucement. J’espère en tout cas que cette histoire de bagarre ne va pas entamer l’humeur du public. L’idée d’organiser un concert pour apaiser les âmes m’a semblée un peu saugrenue mais au fond, je préfèrerais voir cette initiative réussir…

Les élèves de Poudlard encore majoritairement traumatisés par ce qu’ils venaient de vivre n’avaient pas besoin d’un autre drame. Ces musiciens étaient-ils donc incapables de se tenir tranquilles, même pour une soirée à caractère officiel ? Il prit une nouvelle gorgée de bière et l’avala de force.


- J’avoue avoir un peu de mal à comprendre l’engouement qu’il y a autour de cet alcool. Ça n’a vraiment rien de très agréable… Je préfère le vin.


Cependant, il n’avait pas envie de gâcher son gobelet et le descendit tout doucement. Le passage à la buvette l’avait un peu coupé de ses réflexions à propos des vélanes mais il repéra très vite Samuel et Lorelei avant de se figer d’effroi. Les deux adolescents étaient tellement proches que l’échange d’un baiser semblait inévitable.


- Je suppose que je ne dois pas l’empêcher de vivre ses premières expériences…
, dit-il d’une voix blanche.

Mais s’il ne le faisait pas, comment affronterait-il les sentiments contraires qui l’envahiraient ensuite ? La logique réclamait la tolérance, mais il sentait ses mauvais côtés près à éclater ? Il savait qu’il allait les détester. Et pourtant, que pouvait-il faire ? Samuel recevrait sa colère plus tard, elle serait froide et pleine de déception. Il le lui ferait regretter. Pour l’instant, le désespoir ne lui inspira rien d’autre qu’une longue gorgée de bière. L’alcool passait plus facilement dans ce genre d’état. En plus, la tête commençait à lui tourner un peu.

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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Lun 7 Fév - 17:26:05

Tout en tendant la pression à Lenny, Adam observait avec une curiosité naissante l'étrange duo que représentait Neil et Liliana. Il s'en était douté, compte tenu des regards appuyés qu'il avait perçu chez Neil en direction de la Rédactrice en chef, alors qu'ils conversaient dans les couloirs de l'école et qu'elle les croisait, où encore lors des cours où les trois années étaient rassemblés. Les voir ensemble le confirmait. Neil avait-il osé passer le cap des regards empreints d'envie ? Adam qui se fichait tant de la vie des autres se retrouvait face à une vive curiosité en la matière. L'amusement le submergea même un instant, alors qu'il s'imaginait les petites piques qu'il lancerait à son cadet pour le faire parler. Mais ce qui prédominait sur ces deux sentiments, c'était l'espoir pour l'adolescent. En effet, il n'avait aucune envie de retrouver son frère dans un état de morosité avancée à fumer joint sur joint, noyé sous les consolations stériles du boulet d'Eddie qu'il se traînait au pied depuis sa première année parce que la Serpentard avait refusé ses avances. De plus, Liliana était une fille vive et intelligente qui avait bien plus de classe et de tenue que toutes les traînées qui gravitaient autour des Nimbus. Voir le Poufsouffle s'enticher de la petite bourgeoise n'était pas sans le rassurer sur le bon goût de son frère. Il avait oublié la demi-vélane, le frère de Lenny et Lenny lui-même tandis qu'il se plaisait à parier pour lui-même que, malgré la chance qui se présentait à lui, Neil n'ait pas encore osé la moindre tentative de séduction. C'était un pronostique un peu mesquin mais, connaissant son frère, il en était bien capable.
Quant à ses chances de séduire Vanloock, il était incapable d'émettre la moindre supposition. Le fait qu'elle reste à ses côtés ne signifiait pas grand chose étant donné le nombre d'autres garçons qu'elle fréquentait pour des raisons diverses et qui nourrissaient des rumeurs fantaisistes quant à ses relations amoureuses.

Adam finît par daigner poser de nouveau les yeux sur Pinsker tout en avalant une gorgée de bière, mais avant qu'il n'ait put réanimer la conversation mourante, la silhouette de son frère déboula dans son champ de vision. Audley n'eut ni le temps de répondre aux questions de Neil, ni de refuser ou d'accepter la basse qu'il lui tendait que le garçon repartait déjà en courant à la suite de la grande blonde qui s'éclipsait dans la foule. Une basse dans la main, le regard braqué sur l'endroit où le Poufsouffle avait disparu, il était en proie à un vif étonnement. Il était rare de voir son frère excité comme un jeune adolescent en pleine découverte des plaisirs de la vie et, l'espace d'un instant, il éprouva l'envie d'en rire. Un sourire discret éclaira son visage quand Lenny renchérît à ce sujet.

- Je pense qu'il est simplement satisfait de ce concert...
Ironisa-t-il en portant cette fois toute son attention sur Pinsker. Ce dernier avait déjà quitté tout humour pour se soucier des dérives qui s'étaient produites dans les loges, ce dont se fichait éperdument le préfet en chef. Lenny semblait apprécier davantage le plaisir de se soucier de tout et de rien plutôt que celui de profiter. Dérider le jeune garçon pouvait se révéler être un sacré défi, qui lui traversa l'esprit aussi soudainement qu'un cognard sur un poursuiveur. C'était une idée à creuser. Qu'en tirerait-il ? Rien d'autre que s'occuper un peu plutôt que de passer la fin de ce concert en solitaire.
- L'entreprise est d'ors et déjà réussie. Les gens adorent avoir un évènement imprévu sur lequel discuter et émettre toutes les suppositions possibles et imaginables. Regardes-les, on croirait qu'il ne s'est jamais rien passé d'affreux dans leur vie. Ils trouveront peut-être même les deux groupes plus cool parce qu'ils ne rechignent pas à se battre pour leur point de vue.

Répondit-il tout en sortant sa baguette. Il pointa la basse qu'il avait oublié malgré son poids et en réduisit la taille d'un sortilège informulé. L'instrument pouvait maintenant tenir dans sa poche, mais il pris le soin de faire apparaître une boucle à l'extrémité du manche qu'il fixa à un bracelet discret qui lui ceignait le poignet. Il y avait moins de risque de briser la miniature à cet endroit que dans l'une des poches de son slim. Lenny, pendant ce temps-là, se plaignait du goût de sa bière.
- Malheureusement, il n'ont plus de grand cru en stock.
Lâcha Adam d'un ton laconique tout en reportant son attention sur la scène. La musique s'imposait à nouveau d'elle-même, entraînant avec elle cette sensation puissante qu'il avait nourrit à son arrivée et qui avait été si vite abolie. Si la conversation du Serpentard l'ennuyait, la perspective de libérer de gré ou de force le jeune homme si réservé se nourrissait d'elle-même et s'étoffait au rythme du tempo qui s'accélérait de minute en minute, aussi bien sur scène que dans la foule immense d'élèves. Même Neil s'amusait au point de courir tête baissée sur les talons de sa promise, même Bryan avait quitté ses livres pour danser langoureusement contre un garçon qu'il n'avait remarqué ni d'Eve, ni d'Adam (ahah). Bien qu'il s'était plu à rabaisser Lorelei en compagnie de Lenny, une autre envie prédominait, maintenant. Celle de cesser de se morfondre et de pousser Pinsker à dépasser le mur de glace qui le freinait. Alors, quand le jeune homme soupira après son frère bien trop proche de la bouche de la demi-vélane, le préfet s'avança et chercha le couple du regard pour pointer discrètement sa baguette en leur direction quand il les eu enfin trouvé. Il prononça du bout des lèvres une incantation et un mince filet transparent, à peine visible, s'échappa de la pointe de son arme. D'un léger mouvement, il envoya le sort jusqu'au semblant d'humain qu'était Lorelei.
- Le problème sera très vite réglé.
Entonna Adam d'un air soudainement enjoué. Se débarrasser de ce problème lui ouvrait de nouvelles portes pour profiter du concert et c'était cela plus que la satisfaction de blesser Lorelei dans son orgueil qui le rendait si enthousiaste.
Il n'avait pas jeté le sort le plus subtil qui soit, mais c'était le premier qui lui était venu à l'esprit. Le mince filet était sensé s'engouffrer dans la bouche de la demi-vélane et lui donner une si mauvaise haleine que, malgré ses charmes, Samuel risquait d'hésiter à deux fois avant de tenter le moindre baiser. Il se fichait d'ailleurs de l'accomplissement de son sort tant que Lenny le pensait réussi.

- Je crois que tu n'as désormais plus à t'en faire pour ton frère. Allez, viens. Fêtons l'humiliation prochaine de Lorelei.
Sans lui laisser le moindre choix, sans hésiter face à la réserve du garçon, Adam attrapa le préfet par la hanche et le guida jusqu'au devant de la scène.
- Ne t'inquiètes pas, je te promets que tu t'amuseras.
Rajouta-t-il en posant un regard sur Lenny, un sourire charmeur sur les lèvres. Il n'avait pas embarqué le plus festif des garçons avec lui, mais c'était certainement cela qui rendrait la suite des évènements plus intéressante. Avec ce genre de cas, le défi en valait parfois la chandelle.

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Samuel Pinsker
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Mar 22 Fév - 0:02:37

Depuis quelques instants déjà, Samuel n'entendait même plus les pulsations puissantes de la musique. Pourtant, les basses se propageaient jusque dans leurs corps à travers le bois de l'estrade, et donnaient une agréable sensation de fourmillement ; mais le blondinet avait oublié jusqu'à la présence de son groupe favori sur scène. Il ne faisait plus attention, en réalité, qu'à la somptueuse jeune fille à ses côtés ; il sentait vibrer sa cuisse sous sa main, et se demandait avec anxiété s'il pouvait oser davantage. Il n'avait pas remarqué que Lenny, de la buvette, lui jetait des regards scandalisés, ou qu'Adam Audley, qui tenait compagnie à son frère, arborait une moue dédaigneuse en regardant Lorelei. Peu lui importaient les réactions idiotes du commun des mortels, alors qu'il se trouvait si près de la plus jolie fille de l'école – et qu'elle venait de lui adresser l'un de ses redoutables sourires.

Il se sentit chavirer à la vue de ce sourire, mais ce n'était qu'un début. Un instant après, elle murmurait à son oreille, si près qu'il sentait son souffle chaud sur sa peau... puis elle rapprocha son visage de celui du blond, lentement, presque à le toucher. Il ferma à demi les yeux, redoutant un peu ce qui allait suivre. C'était si prévisible, à la fois excitant et terrifiant... il n'avait qu'à avancer son visage de quelques millimètres... Il lui fallut quelques secondes pour oser le faire, le coeur battant à tout rompre.

Les lèvres de Lorelei étaient incroyablement douces, et un léger parfum fruité s'en dégageait. Samuel ferma complètement les yeux pour se laisser porter par les sensations de l'instant. Le baiser ne dura pas aussi longtemps qu'il l'avait imaginé ; quelques secondes, pas du tout un baiser hollywoodien d'une minute. Le sale gosse profita de la proximité avec la jeune fille pour remonter un peu la main qu'il avait posée sur sa cuisse ; très doucement, il vint la placer sur la hanche de Lorelei, en répondant à voix basse :

-Ravi que tu commences à t'amuser... pour moi aussi l'après-midi devient nettement plus agréable.

Du coin de l'oeil, il aperçut son frère, à plusieurs mètres de là, en grande conversation avec Adam. Ils devaient se raconter des choses pas drôles, car tous deux arboraient des mines sérieuses ; ils ne cessaient de jeter des regards dans la direction de Samuel et Lorelei, et Audley les visa même de sa baguette. Qu'avaient-ils donc ? Le cadet Pinsker, cependant, n'eut guère le loisir de s'interroger sur leur étrange comportement ; ce n'était pas le moment, décida-t-il en posant à nouveau ses lèvres sur celles de Lorelei. Elle était si belle... Il ne désirait plus rien que ces lèvres, ce parfum subtil, cette perfection presque irréelle. Pour la première fois, il s'interrogeait sur son propre physique ; à côté d'elle, comme il devait paraître laid ! Comme pour chasser cette idée désagréable, il prolongea le baiser, et laissa ses mains vagabonder sur le corps de Lorelei. Tant qu'elle ne le repoussait pas, c'est qu'il pouvait se permettre davantage d'audace, non ? Il espérait, du reste, qu'elle aussi laisserait ses mains se promener sur son corps. Il en oubliait presque l'endroit où ils se trouvaient - une place publique, un concert, exposé aux regards de tous et surtout de son frère, ce parangon de vertu... Il avait envie de plus, tant le charme de la semi-Vélane brûlait chaque once de son corps. Il se rapprocha encore de la jeune fille, au point que leurs poitrines entrèrent en contact. Cette sensation acheva de faire perdre la tête au garçon, et il murmura :

-Lorelei... veux-tu... on devrait aller ailleurs... au calme...

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Lenny Pinsker
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Mar 22 Fév - 23:47:32

Adam avait l’air heureux pour son frère. Son regard ne s’assombrit pas un seul instant tandis que le Poufsouffle s’élançait à la poursuite de Liliana. Il avait de la chance. En même temps, leur relation était différente. Ils n’étaient pas frères de sang. Ce garçon qui courait vers la débauche ne partageait pas ses gènes, sa famille n’appartenait même pas au monde sorcier. Mais Samuel portait son nom. Tout en lui rappelait leurs origines, de la blondeur de ses cheveux aux traits de son visage. Il était impossible de nier leur ressemblance. Ils étaient étroitement liés et ce garçon qui lui ressemblait tant succombait au pire des péchés. La vélane n’était qu’une créature de luxure. Comment se réjouir ? Lenny ne se pensait pas assez mauvais pour mépriser les sentiments amoureux de son cadet. Mais il ne s’agissait certainement pas d’amour. Samuel n’avait jamais montré une attirance particulière pour Lorelei. Le monstre profitait simplement de ses charmes inhumains pour l’envouter, le pousser à succomber à une passion criminelle qui ignorait les charmes de l’esprit et se roulant dans la fange charnelle. Il était inquiet. Poussé à la dépravation, son frère risquait de très mal tourner. Son manque de tenue ou de religion n’étaient rien à côté des égarements qui l’attendaient. Combien de femmes avaient perdu les hommes ! Ces pestes faisaient voler la moralité en éclats, et Samuel, trop heureux de profiter des plaisirs qu’on lui offrirait, ne se méfierait pas, c’était répugnant. Pourquoi n’était-il pas comme Neil ? Songea-t-il encore avec regret. N’était-il pas plus sain d’écouter son cœur ? Le corps n’inspirait que la perversion. Avait-il donné le mauvais exemple ? Hélas, il n’avait jamais quitté le droit chemin. Peut-être qu’il n’était plus un modèle pour Samuel… Son autorité disparaissait complètement. Son frère n’avait plus besoin de lui. Non, impossible. Il noya ses interrogations dans l’alcool en poussant un soupir à réveiller les morts.

Adam avait abandonné le sujet des vélanes pour se désoler de l’attitude de ses camarades. Le visage exsangue, l’esprit ailleurs, Lenny approuva doucement. Il gardait son mépris pour plus tard. L’envie de discourir l’avait quittée. Seule la question de son frère le préoccupait. Il voulait l’arracher des bras de cette fille et le garder avec lui, contre lui, pour s’assurer que personne ne les séparerait jamais. Ce n’était pas juste. Pourquoi Samuel avait-il moins besoin de lui ? La présence d’Adam n’était pas grand-chose à côté de celle dont on était en train de le priver. D’ailleurs, le préfet-en-chef venait de pointer sa baguette sur le duo prêt à s’embrasser. Il prononça une formule inaudible et Lenny posa un regard interloqué sur lui. Le jeune homme semblait satisfait de son coup. Il disait que le problème était réglé, qu’il n’avait plus à s’en faire.


- Mais qu’est-ce que tu…
bafouilla-t-il sans comprendre.

Cet agissement ne le rassurait pas. Avait-il lancé un maléfice à son frère ? Non, il parlait désormais de fêter l’humiliation de Lorelei. Mais comment ? Pourquoi ? Il jeta un coup d’œil vers les deux serpentard mais un groupe d’élève passa devant lui au même moment et Adam passa soudain un bras autour de sa taille pour l’éloigner de son poste d’observatoire. Ses joues blafardes se piquèrent d’un rouge vif. La proximité soudaine avec le beau Serdaigle arriva même à chasser les pensées qui l’obsédaient. Il était tellement gêné. Ses jambes tremblèrent un peu, le cœur s’alourdit dans sa poitrine. L’alcool accentuait sa confusion. Il suivit Adam sans plus rien comprendre à ce qui se passait et il s’autorisa même un geste audacieux en se resserrant contre lui, comme pour prendre sa revanche sur Samuel qui se compromettait avec Lorelei. Son humeur morose et l’ivresse naissante le rendaient curieusement étranger à son environnement. Le regard perdu, il se laissa guider dans la foule sans vraiment entendre la musique qui lui vrillait les tympans. Il ne percevait qu’une vague cacophonie d’instruments et de cris. C’était troublant. Il ne se détacha pas d’Adam mais se laissa peu à peu porter par le mouvement, comme un automate lui sembla-t-il, une chose vaine et inutile. Pourtant, toute cette chaleur humain avait quelque chose de réconfortant. Plus rien ne comptait au milieu de cette masse absurde…


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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Ven 25 Fév - 1:44:25

[J'ai décidé que Lorelei ne serait pas touchée par le sort parce que je veux flirter avec Sammychéri. (Néanmoins, Adam, je me vengerai.) Je ne parle pas du sort dans mon post parce qu'écrit à la première personne, ça fait étrange de lire à propos d'un truc dont elle n'a pas conscience. XD]

Dès que j'avais compris que j'avais un charme que la plupart des autres filles n'avaient pas, j'avais commencé à m'en servir. Enfant, je ponctuais mes bêtises de sourires innocents et on me punissait bien moins sévèrement. Seule ma mère n'était pas dupe. Mon père était ma victime préférée. J'obtenais de lui tout ce dont j'avais envie et, comme ma mère agissait de la même manière avec lui, elle ne pouvait même pas me faire la morale. D'ailleurs, je ne savais pas vraiment ce que c'était, la morale. Je faisais ce que j'avais envie de faire et c'était tout.

D'une certaine manière, mon comportement pouvait sembler illogique. D'un côté, je profitais de mon pouvoir de vélane pour me rendre la vie plus facile et, de l'autre, je me teignais en brune parce que je n'étais pas à l'aise avec cette partie de moi. J'aimais avoir de l'attention, mais seulement lorsque je l'appelais à moi. Je ne voulais pas être constamment observée et désirée. De loin, j'étais une brunette comme les autres, mais avec une silhouette avantageuse. Blonde, même de loin, on m'aurait remarquée, avec ce connard de soleil qui faisait briller ma couleur naturelle d'une manière presque indécente. Il ne fallait pas croire que je n'étais pas en faveur de l'indécence, toutefois, mais je tenais à l'organiser moi-même, à ma manière.


-Ravi que tu commences à t'amuser... pour moi aussi l'après-midi devient nettement plus agréable.

J'aimais plus que je ne l'aurais crû me retrouver près de Samuel et j'appréciais étrangement qu'il me touche, alors que j'aurais repoussé presque n'importe quel garçon qui aurait osé poser la main sur moi sans avoir d'abord demandé la permission. Je devais avouer qu'il était très loin d'être laid et, de très proche, il était assez beau pour me faire perdre un peu de ma contenance. Heureusement, j'étais très habile pour dissimuler tout ce qui aurait pu laisser croire que je n'étais pas parfaitement en possession de mes moyens. Il était excessivement rare qu'un garçon arrive à me troubler, car ils étaient tous complètement tarés, ou presque. Cette seule pensée suffisait généralement à me rappeler qu'ils n'étaient rien de plus que des jouets insignifiants et pareils les uns aux autres. Bien sûr, certains modèles étaient plus attrayants, mais ils restaient tellement semblables à l'intérieur que c'était ridicule de constater que les mêmes tactiques entraînaient toujours des réactions similaires. Avec Sammy, ce soir-là, je ne m'attardais pas à ces considérations. Je mettrais probablement cela sur le dos de Siobhan, lorsque j'aurais terminé d'y réfléchir. Ou d'Alek. Ou même de ma mère. En fait, tant que cela ne venait pas de moi, je serais satisfaite. S'il fallait que je me laisse prendre à mon propre jeu...

Une chaleur un peu déroutante se répandit comme une vague en moi lorsque le corps de Samuel se colla au mien et je me retint de fermer les yeux.


-Lorelei... veux-tu... on devrait aller ailleurs... au calme...

-Suis-moi.

Avec mon habituel air de séductrice, j'agrippai la main de Sammychou en me levant, et je le tirai loin de la foule. Je m'arrêtai après l'avoir entraîné sous la scène où se déroulait le spectacle. La scène était faite pour être transportée et j'avais vite trouvé un passage pour tirer Samuel entre les poutres de métal qui la soutenaient. C'était l'endroit parfait : on entendait la musique à un volume normal, car elle était orientée vers le public, et il faisait juste assez sombre pour qu'on ait la paix. J'étais géniale.

Je lâchai finalement la main de Sam pour glisser les miennes autour de son cou et l'attirer vers moi.
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Samuel Pinsker
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Dim 20 Mar - 9:43:07

La sensation était vraiment curieuse, songeait Samuel en savourant chaque seconde auprès de Lorelei. Il avait l'impression, non pas d'être présent, mais d'assister à la scène de l'extérieur... Il analysait chacun de ses mouvements avec une lucidité inhabituelle, et s'agaçait de les voir si lents, si maladroits. C'était elle qui menait la danse, il s'abandonnait à son bon vouloir... Ses bras étaient de plomb. Chaque geste lui demandait un véritable effort, comme si son corps ne répondait plus... Ses mains brûlaient, pourtant. Il aurait voulu quitter ce concert – la musique lui parvenait, de très loin – et pouvoir se réfugier loin de cette foule... Il aurait voulu qu'elle passe ses mains sur son corps, directement sur sa peau... Pour la première fois, il se demandait si son corps était attirant pour une fille. Jamais, auparavant, il ne s'était posé la question ; il était raisonnablement bien fichu, avec une musculature correcte, pas de difformité particulière, mais était-ce suffisant ? La fille près de lui était somptueuse, tout simplement ; pouvait-il soutenir, toutes proportions gardées, la comparaison ? Il brûlait de connaître son opinion, mais savait qu'il n'oserait pas la lui demander.

Lorelei prit sa main, et l'entraîna à sa suite. Il ne savait où elle l'emmenait, mais il la suivit docilement jusque sous la scène ; dans un éclair, il aperçut Lenny, toujours avec Adam, quelques autres visages connus, des professeurs, puis ils se retrouvèrent dans l'obscurité protectrice de la scène. L'endroit était vraiment bien choisi ; ils étaient tranquilles, loin des regards, avec l'impression que la musique n'était jouée que pour eux, en sourdine. Dans la pénombre, Samuel adressa un sourire à Lorelei, sans pouvoir réfréner une certaine appréhension. C'était maintenant ou jamais... La jeune fille passa ses mains autour de son cou et se colla contre lui ; il sentait ses cheveux sous ses doigts, ses seins écrasés contre son torse, son souffle contre sa peau, et la tête se mit à lui tourner légèrement. Elle était si belle.. et se lovait entre ses bras à lui... Non, ce n'était pas possible. Il y eut un nouveau baiser, un peu plus vigoureux que ceux qu'ils s'étaient permis en public, puis Samuel prit la main de sa compagne pour poser ses lèvres à l'intérieur du poignet, à l'endroit où la peau fine laissait deviner le tracé des veines, en murmurant :


-Lorelei... j'ai du mal à croire à ce qui m'arrive... c'est tellement...

Il n'acheva pas sa phrase, incapable de trouver un mot pour désigner tout ce qu'il ressentait. Son coeur battait à tout rompre. Doucement, il posa la main de la jeune fille sur sa poitrine pour qu'elle puisse sentir les pulsations, et souffla :

-Tu vois ?

Leurs visages étaient tout proches, et il en profita pour poser un regard éperdu sur Lorelei. Un regard presque suppliant, pour lui demander de continuer à diriger les opérations. Lui n'osait pas prendre d'initiative, de crainte d'être incorrect ; il espérait qu'elle comprendrait ses réserves, et, pour se faire pardonner, il posa un nouveau baiser sur le bout de ses doigts. En même temps, il rapprocha encore son corps de celui de Lorelei, ses mains calées sur sa chute de reins, sans oser s'aventurer davantage. Une petite voix diabolique lui soufflait bien de profiter de la situation pour peloter Lorelei sans vergogne, mais il se disait qu'un peu de délicatesse n'a jamais tué personne. Même pas un garçon en train de perdre la tête.



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