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Après la guerre, la paix nouvelle reste précaire et menacée...
 
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 Le grand concert de rock !

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Alix Craft
Préfet de Serdaigle, 5 ème année
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Ven 27 Aoû - 12:02:30

[HJ: Mary j'ai essayé de ne pas jouer ton perso, mais si quelque chose ne te vas pas n'hésite pas à me le dire... Razz ]

Alix était aux anges, il était enfin dans son éléments ici. Ses yeux dorés avaient eut le temps de changer de nouveau pour redevenir aussi bleu que des cieux tranquilles. Le jeune sorcier délaissa finalement son compagnon pour éviter de se retrouver face à la petite bande de Samuel et de son débile de frère. Jack qui aimait sans doute se montrer, provoquer l'embrassa rapidement sur les lèvres, aussi bien par plaisir que pour marquer son territoire sans aucun doute, quoiqu'on en dise, en tout objectivité... Un jeune mannequin avait quand même du succès, autant limité celui-ci en marquant chasse gardé. Le concerné, ravi de cette petite crise de jalousie qu'il suscitait se laissa faire, un peu inquiet quand même de se montrer ainsi devant tout le monde mais tant pis, vu les bruits courant dans les couloirs et les surnoms que lui donnaient les plus méchants on se doutait un peu de ses tendances... Il ne prit donc que le côté positif et quitta la main chaude du Poufsouffle en trainant un peu, laissant ses doigts glisser dans la paume de ce dernier avant de revenir se mêler à la foule. La scène avait eut lieu devant Lenny et les autres, sans même qu'il ne s'en aperçoive; d'ailleurs l'adolescent disparut bientôt de leur vue, happé par les autres, se retrouvant non loin de l'espèce de lutin bizarre et de celui qui semblait être un membre far de Poudlard qui allait jouer... Le mannequin trouva ses vêtements bien choisis quoiqu'un peu trop sinistres et son maquillage exagéré mais dans l'ensemble, en toute objectivité le modèle reconnaissait que c'était bien fait, juste que ce n'était pas son style.


Petit à petit le préfet remarqua qu'il commençait à se faire à la situation, se laissant entrainer par l'esprit de fête, le garçon évita habilement le professeur Solange Messenger à moitié soul qui le dégoûtait quand même pas mal-bien qu'il essaye de ne pas le juger, c'était dur d'avoir de l'estime pour lui.-et se dirigea vers une fille de Poufsouffle qui semblait chercher quelqu'un ou quelque chose, elle avait aussi l'air d'avoir mal et portait un hématome sur le front; le préfet n'eut aucun mal à se rendre à ses côtés car la foule allait en ce sens, lui souriant d'un air un peu contrit, le mannequin décida de se lancer... Aujourd'hui était son jour de chance en ce qui concernait la communication, tentons le tout pour le tout.

-Salut-comparé à tout à l'heure où il était seul dans un coin avec son chéri sourd, la différence près de la scène était frappante et ses oreilles n'appréciaient pas trop, ni sa voix mais tant pis... On faisait avec hein...- Tu as l'air d'avoir mal, tu veux que je te guérisse ça?

Le sorcier se souvint que Jack l'avait bien prit lorsqu'il lui avait jeté un "Episkey" sans lui demander son avis mais le souvenir de Samuel réagissant au quart de tour pour une proposition d'aide en cours demeurait cuisant, on ne savait jamais! Cette fille croirait peut-être qu'il se mêlait impunément de ses affaires alors qu'il voulait juste aider... Ce que les gens étaient compliqués parfois! En tout cas, là le jeune sorcier préférait faire attention... Histoire de ne pas se prendre une gifle ou une insulte dans la figure, sait-on jamais... En réfléchissant bien le garçon se souvint d'avoir vu la fille dans les couloirs, une Poufsouffle apparemment mais comment en jurer? Il y avait tant de monde dans cette école! Le Serdaigle était connu par la plupart à cause de son rôle de "héros" de la résistance et du fait qu'il soit préfet mais lui ne pouvait pas, au contraire savoir qui était qui, surtout que pendant des années il avait été plutôt marginal; mais bon ça n'empêchait pas les autres de ne même pas savoir qui il était parfois, ce qui ne l'offusquait nullement. Dans ce cas, Alix se chargerait de faire les présentations après avoir soigné la pauvrette qui avait une espèce de tâche bleue un peu égratignée entre les deux yeux...
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Lenny Pinsker
Préfet de Serpentard, 5e année
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Ven 27 Aoû - 23:11:38

Là, Lorelei ne riait plus du tout. Mais il n’était pas certain d’avoir adopté la stratégie la plus porteuse. Il évitait les attaques personnelles d’ordinaire. C’était accorder trop d’importance à l’insecte vulgaire qui s’agitait autour de vous, préférer la tapette à mouche quand il suffisait d’un vaporisateur empoisonné. Sa collègue recevait les honneurs de sa cruauté, il ne l’avait pas dédaignée et connaissait suffisamment ses lamentables petites histoires pour la toucher en retour. Il avait, un instant, perdu l’envie de l’ignorer. Et le trouble mauvais qui se peignait sur le visage de la demie-vélane était diablement satisfaisant. Elle n’avait plus rien de beau, son âme semblait si laide… Bien que de nature prudente, Lenny ne s’inquiétait pas des conséquences. S’il lui avait accordé une petite victoire en répondait à sa provocation, il savait qu’elle signerait son échec en sombrant dans une colère passionnée. Ses sous-entendus l’avaient mis mal à l’aise, en effet, mais il gardait la tête froide quand Lorelei semblait déjà sur le point de perdre ses moyens. Il avait gagné cette manche. La conscience tranquille, il ne voyait vraiment pas comment sa « partenaire » parviendrait à le ridiculiser sans provoquer la consternation de l’assemblée. Elle pouvait s’en prendre à son homosexualité, là où elle devinait la faille, mais cela passerait pour un acharnement stupide et infondé. Mais ne se rassurait-il pas lui-même ? Les réactions imprévisibles de la jeune fille avaient un quelque chose de séduisant. Au fond, il jouait autant qu’elle, et ne réagissait jamais sans guetter la suite de ses manœuvres. Peu de personnes le poursuivaient avec cette insistance épuisante. D’habitude, les élèves préféraient l’éviter ou se contentaient de discussions fermées, comme ces camarades qui improvisaient leur fête intime à Poudlard. Il entretenait cette querelle stérile avec un plaisir masochiste. C’était peut-être la seule chose qui tirait son quotidien de sa monotonie. Samuel était revenu sur ces entrefaites et il l’avait à peine remarqué, trop occupé à surveiller Lorelei, à observer Alix qui, depuis les commentaires de la préfète, semblait le narguer malgré lui, ou à subir les frasques du professeur Messenger qui, pour ne rien arranger à son cas, s’exclamait qu’il avait vomit… Le vide s’était formé autour de lui. Beaucoup d’élèves affirmaient, dégoûtés, qu’il venait de s’assurer le plus rapide renvoi de l’histoire de Poudlard. Probable…

Comme Lorelei était momentanément hors de combat, Lenny en profita cependant pour commenter le comportement du professeur en feignant de ne plus se soucier de la petite altercation en suspension. Or, l’infernale Miss Summers n’avait pas dit son dernier mot. Ce qu’elle lui annonça le glaça. Qu’allait-elle dire à cet Aleck ? La surprise retint la panique qui menaçait d’affaisser ses traits. Il se composa à la hâte une expression sceptique sans perdre une miette du manège de son adversaire. Le sixième année avait l’air d’un garçon raisonnable, il le voyait mal participer aux combines de sa collègue. Son attitude était celle d’une gamine. Quand une fille se ruait sur vous pour lancer un malicieux « mon copain là-bas a dit que… » la plupart des gens lui renvoyaient une moue ennuyée. Les plus paranoïas s’imaginaient même très vite qu’une plaisanterie au sein du groupe les visait directement. Néanmoins, songer qu’elle lui prêtait peut être des propos déplacés qu’il ne pourrait pas entendre restait insupportable. Il redoutait le pire lorsqu’elle revint en trainant le pauvre garçon de force mais, à la mine désemparée du Serdaigle et les airs faussement réjouis de Lorelei, il en conclut très vite que, plus vexée qu’elle n’en paraissait, la jeune fille s’était servie d’un prétexte mesquin pour séparer le petit couple parfait qui obscurcissait sa vue. Sa susceptibilité était décidément très enfantine.

Il nota impassible les surnoms idiots dont elle venait de les affubler. Ces imbécilités lassantes ne méritaient pas d’être relevées. Ponctuant cette présentation d’un soupir affligé, il but une longue gorgée de bierraubeurre en étudiant Alek qui ne savait plus où se mettre au-dessus de son verre. Il le voyait souvent à la bibliothèque. Parfois, leurs tables étaient voisines mais, plongés chacun de leur côté dans leurs lectures, ils n’avaient jamais été amenés à discuter. Avant de connaître l’identité de sa petite amie, Lenny trouvait ce garçon très mignon et même, n’ayons pas peur des mots, franchement attirant, avec ses airs studieux et réservés. Il ne comprenait pas ce qu’il pouvait trouver à une pimbêche aussi quelconque que Siobhan. C’était décevant. Mal à l’aise, le bleu et bronze tenta une approche chaleureuse. Il se voulait probablement drôle. Mais, les réactions des frères Pinsker firent tomber la plaisanterie à plat. Samuel était une fois de plus contrarié par les tensions de la conversation. Lorsque Lorelei était dans les parages, son cadet finissait souvent dans l’ombre. Lenny s’en voulut. N’était-il pas censé l’accompagner à ce concert et profiter du spectacle avec lui ? Il se retrouvait désormais au centre de l’attention pendant que Samuel essayait sans conviction de suivre les sauts exagérés du chanteur des Nimbus – qui par ailleurs chantait de plus en plus faux. Le préfet entendit la réponse terne de son frère et hésita sur l’attitude à adopter. Alek était peut-être un garçon intéressant qui ne méritait pas un si mauvais accueil. Il serait injuste de le juger à l’aune de sa petite amie. Cependant, il voyait clair dans les manigances de Lorelei. La jeune fille avait changé de victime et les utilisait pour faire diversion afin séparer les deux amants. Il n’avait aucune raison de l’aider à accomplir ce dessein. Il n’avait pas besoin non plus de se retrouver au milieu d’une imminente querelle entre deux ex « meilleures amies » de Serpentard. A son tour, il préféra la neutralité, sur un fond plus piquant. Mais, le sourire qu’il tourna à Alek était d’une amabilité sincère. Ce n’était pas leur faute s’ils se retrouvaient contraints à engager la discussion.


- En effet, et Lorelei a d’ailleurs bien mauvais goût en matière de diminutifs grossièrement affectifs. Il semble cependant que notre société l’ennuie assez pour qu’elle éprouve le besoin d’y ajouter un élément nouveau…, murmura-t-il en démentant implicitement leur amitié et les raisons faussement innocentes de cette charmante réunion. Appelle moi plutôt lenny, enchanté Alek.

Il se demandait vraiment comment la préfète comptait contrôler cette rencontre forcée que personne ne désirait. C’était son problème. Haussant les épaules, il termina son verre en deux gorgées en oubliant qu’il n’était pas très raisonnable ni poli de vider une bierraubeurre aussi vite. Samuel était quand à lui à des années lumières des standards de bienséance. Il venait de jeter son gobelet au beau milieu d’un groupe d’élèves. Lenny lui lança un faible regard désapprobateur. Allait-il se comporter comme un sauvage aussi ? Ce genre d’attitude avait le don de faire dégénérer un rassemblement de masse. Il suffisait que les plus éméchés rendent la pareille avec des objets beaucoup plus lourds et une vingtaine de personnes finissaient aux urgences. Sur scène, le chanteur annonçait la dernière chanson, et plusieurs voix commençaient à scander le nom du prochain groupe sans respect pour la prestation de leurs condisciples. Heureusement, devant, un groupe d’irréductibles fans tenait bon. Etrangement, il n’avait pas envie de reprendre son frère à l’ordre. Une personne dans la foule lui donna même un élan surprenant.


- Tu veux te rapprocher un peu de la scène Sam’ ?

Adam Audley en personne se trouvait parmi le public. Bien sûr, il ne pouvait pas manquer le premier grand concert de son frère. Mais le très guindé préfet-en-chef avait visiblement l’intention de rester. Il se mêlait au petit peuple, toujours très classe, même avec une bierraubeurre à la main. Et, soudain, l’imiter semblait moins honteux. Lenny se demandait s’il resterait jusqu’à la fin de la soirée. Il consentait mesurer l’ambiance de plus près, ne serait-ce que pour comprendre ce drôle de phénomène – ou en tout cas, être le mieux placé possible pour observer l’objet de sa fascination. Rester en retrait, en tenaille entre Alek, Lorelei et peut être Siobhan était de toute manière une très mauvaise perspective de soirée.

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Liliana Vanloock
Serpentard, 6 ème Année
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Sam 28 Aoû - 16:36:24

Les poches magiques étaient définitivement une bénédiction pour les sorcières. Malgré sa robe charleston courte, agrémentée d'un long collier d'argent plusieurs fois tourné autour du cou, Liliana n'avait nul besoin d'emmener de sac pour emporter son calepin de note, sa plume ainsi que son passe pour les coulisses. Le sourire sur ses lèvres teintées de pourpre, elle enfila quelques bracelets et grimpa dans ses escarpins en prenant tout le soin du monde pour ne pas filer ses bas. À Pré-au-Lard, la première partie devait avoir largement commencé, mais qu'importait. La Serpentard n'avait pas besoin de subir les fausses notes et autres pains pour savoir que dire de la musique de ces "Nimbus". Tout en sifflotant, elle releva ses cheveux du plat de la main et posa son chapeau capeline en haut de son crâne, légèrement incliné, et sortit du dortoir désormais vide.

S'avancer dans la troupe d'élèves agglutinés n'était pas la tâche la plus aisée du monde. Liliana situa la scène d'un coup d'oeil et serpenta entre les élèves, sans prêter attention à ceux qu'elle croisait. Être seule dans la foule ne la gênait plus. Sûre d'elle, elle n'hésitait pas une seule seconde à pousser du plat de la main ceux qui gênaient sa route pour s'approcher de la scène. Elle n'était pas là pour s'amuser, elle, elle avait un article à rendre sur le concert. Elle devait avoir l'oeil sur tout, mais, de peur de perdre la totalité de la prestation des jeunes musiciens, elle préfèrait tout d'abord se concentrer sur les notes qui s'extirpaient avec une force surhumaine des enceintes. Le son était bien trop fort pour un groupe qui ne savait pas jouer correctement. La pâle copie de playboy qui chantait en avant de la scène n'avait jamais travaillé sa voix, et cela s'entendait par les séries de notes inconnues au bataillon qu'il libérait en l'espace d'une minute. La guitariste était trop excitée pour s'appliquer un tantinet et rester dans le rythme, et le batteur, lui, avait l'air un peu trop derrière la basse, qui, elle, gardait un rythme parfaitement correct et donnait un peu de logique au morceau. D'ailleurs, compte tenu du niveau du groupe, cela relevait du miracle.
Les morceaux, quant à eux, étaient sans grande ambition. L'air suffisant du chanteur l'en exaspérait d'autant plus. Impossible qu'elle interview celui-là à la fin de leur concert. La jeune fille s'immisça dans les premiers rangs pour observer tour à tour les quatre phénomènes qui vomissaient encore leur son alors que le public, lassé, réclamait déjà le groupe suivant. Nous verrons sur qui elle jettera son dévolu plus tard, d'autant plus que quelques irréductibles spectateurs s'approchaient en sautant comme des épileptiques en pleine crise.

La vipère reporta son attention sur les personnes autour d'elle. Elle devait trouver Lenny. Hors de question qu'elle se charge du travail toute seule, alors qu'elle avait, elle aussi, envie de prendre un peu de bon temps. Le connaissant, il devait se trouver en retrait de la dangereuse masse d'élèves, dans les environs, peut-être, de la buvette. Alors qu'elle s'y dirigeait, elle l'aperçu s'approcher d'elle, vers les devant de la scène. Tiens, il osait ? C'était étonnant. En bousculant sans trop de gêne les corps agglutinés autour d'elle, elle trottina jusqu'à lui.

- Hey, Lenny ! Lenny !
Tenta-t-elle par dessus le solo de guitare le plus raté du monde. Elle grimaça lorsque la pédale d'effet accentua un accord déplacé, et parvint enfin à poser la main sur l'épaule du préfet.
- Salut.
Lança-t-elle aux deux frères.
- Dis-moi, Lenny, ça te dirait de venir faire les interviews avec moi, en coulisse ? À deux, ce sera plus vite fait.
Continua-t-elle en bousculant légèrement Samuel de côté, sans même s'en rendre compte. Trop soucieuse de ses projets, elle avait déjà oublié son existence. Elle ne s'en rappela que lorsque tout en marchant, elle tourna la tête de côté pour lui demander de lui ramener, il serait très aimable, une bièraubeurre. Sans attendre de réponse, elle lui posa quelques pièces dans le creux de la main, avec un sourire sucré aux lèvres.
- J'ai cru voir Audley à la buvette, c'est son frère le bassiste, non ? Il doit se sentir bien seul, vu la nullité de son groupe... Enfin, au moins il n'a pas l'air aussi mauvais musicien que les autres... L'autre gominé n'a du déjà chanter que sous sa douche avant de se retrouver là.
Lâcha-t-elle machinalement, incapable de retenir la critique qui lui brûlait les lèvres. Néanmoins, elle s'arrêta là. Critiquer pour le plaisir n'était plus dans ses habitudes.
- Enfin... Je m'en chargerai, si tu veux bien m'accompagner, je te laisserais ceux que tu préfèrerais rencontrer.
S'il n'acceptait pas, de toute façon, il risquait de se retrouver avec tout le travail de la semaine prochaine sur les épaules, mais la vipère s'abstint de toute menace. C'était inutile, et elle n'avait ni envie de gâcher sa soirée, ni celle de Lenny. Cela serait allé contre ses plans.
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Minerva McGonagall
Directrice de Poudlard
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Lun 30 Aoû - 20:36:13

[Changement de groupe sur scène !!!]

Le seul trouble à signaler ne venait pas de devant la scène où les amis des Nimbus passaient les barrières de sécurité pour rejoindre les musiciens, chanter encore plus faux que Robin Alfson, et se jeter dans le public où trois garçons costaud les saisissaient au vol en riant bêtement. Il était certain que l’interdiction de servir de l’alcool aux mineurs à la buvette n’avait pas empêché la plupart des étudiants de mélanger du whisky pur feu à leur soda… Mais McGonagall ne fronçait pas les sourcils sur ces démonstrations bon enfant. Le spectacle lamentable du professeur Messenger lui causait beaucoup plus de soucis. Après avoir vidé tripe et boyaux cet enseignant à l’essai n’avait décidément plus rien à faire ici. Elle attendit la fin de la prestation des Nimbus pour envoyer une escouade d’elfes de maison débarrasser le plancher de l’épave qui avait, un très court instant, tenu le rôle de surveillant. Quel exemple pour la jeunesse ! Et qu’allait-on lire dans la Gazette si un journaliste était assez mesquin pour relever l’incident ? Elle se promit d’avoir une discussion avec Solange Messenger à la fin des festivités. Si la situation dégénérait et qu’un élève se retrouvait blessé, elle l’en tiendrait responsable.

Les Nimbus quittèrent la scène sous les applaudissements mais sans rappel. C’était le lot des premières parties, le public impatient attendait déjà la suite, Les Botrucs Vulgaires. A peine plus âgés que les membres des Nimbus, les Botrucs commençaient à faire parler d’eux dans les milieux rock sorciers les plus pointus. Originaires d’Ecosse pour la plupart, cette bande de joyeux drilles était connue pour ses concerts survitaminés. Deux guitares magiques aux notes électriques, une cornemuse, une basse, une batterie et un chanteur à la voix éraillée venaient à bout des salles les plus endormies.
Un air des Highlands annonça leur arrivée, et le public se masse devant la scène, guettant le premier signe d’agitation. Côté look, McGonagall, qui était très attachée à ses racines, ne put retenir une grimace désapprobatrice. Certains portaient des kilts déchirés aux couleurs criardes, oranges et bleues, d’autres s’étaient taillés des pantalons traversés d’épingle à nourrices dans le même tissus. Les cheveux étaient longs, décoiffés, dressés à travers un chapeau traditionnel troué, rasés sur un côté, … Un véritable étalage de mauvais goût, selon la directrice de Poudlard. Le pire était peut-être ces grosses bottes cloutées portée sous les kilts, ou le t-shirt en résille de la bassiste qui, bien qu’elle n’eût pas une poitrine très prononcée, ne portait apparemment rien en-dessous. Dame, quelle indécence !

Mais l’ancienne professeur de Métamorphose n’était pas au bout de ses surprises. Les lamentations de la cornemuse s’étirèrent bientôt dans un véritable chaos musical. Le son était lourd, rapide, puissant, et ses chers élèves s’entrechoquèrent comme des fous devant la scène pendant que le chanteur crachait tout une pléthore d’expressions politiquement incorrectes dans son micro et quelques paroles un peu trop bien senties à l’adresse des familles de sang pur qui avaient participé à la ségrégation (c’était du moins le thème d’une chanson à la moitié du spectacle).
On disait que les Mystics Sombrals pourraient assurer une transition plus « apaisée » avant l’entrée en scène des Gobelin Déchainés. Ce simple nom donnait la chair de poule à la directrice qui se demandait comment le dernier groupe pourrait obtenir une anarchie plus grande. Allait-elle vraiment récupérer ses élèves entiers à la fin de la soirée ?


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Siobhan Greene
Serpentard, 4 ème Année
Serpentard, 4 ème Année
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Jeu 2 Sep - 11:07:06

Cette pute allait crever étouffée par ses cheveux d'or. Et si ils ne lui arrivaient pas tous seuls dans sa parfaite petite bouche, je lui enfoncerai moi-même - tout le plaisir est pour moi.

J'acceptai volontiers la proposition d'Alek et le laissait partir à la recherche de quoi boire pour nous deux. Lorsqu'il revint, je lui laissai juste le temps de poser les verres près de nous. Je me jetai sur lui dans le but de répondre à ses baisers et ses caresses précédentes. Et cette fois j'y mis toute la fougue que je savais lui faire plaisir, non seulement parce que j'avais décidé d'être gentille avec lui en ce jour, mais en plus, parce que j'avais remarqué que nous avions des spectateurs, et pas des moindres. Lorelei ne savait pas tout le plaisir qu'elle me faisait en nous jetant des coups d'oeil à la dérobée - elle aurait mangé un troll entier qu'elle aurait eu le même air crispé sur le visage. Et près d'elle, ce cher Lenny Pinsker, ce qui était d'autant plus amusant. Le pauvre Alek ignorait tout cela bien entendu, mais je crois que même s'il était au courant il ne m'en voudrait pas, tant il était... amoureux. Cela me faisait toujours étrange de penser cela; je lisais dans ses yeux tout l'amour qu'il me portait. je le trouvais parfait, agréable, gentil, discret comme il le fallait, et surtout, tellement accro à moi que je pouvais obtenir ce que je voulais. Vraiment, je ne l'aurais échangé pour rien au monde. Néanmoins... Je ne ressentais rien de particulier. Pourquoi? Aucune idée. De l'attirance physique quand j'étais dans ses bras, oui, de la satisfaction à être tout pour lui, etc. Mais de l'amour... Peut-être en étais-je incapable?

Je n'eus pas le temps de me donner en spectacle plus longtemps car une Lorelei à la mine décidée s'immisça brutalement entre nous. Sans un mot, je la dévisageai, les bras toujours autour du cou d'Alek. Je souriais du coin des lèvres: chérie, je sais tellement pourquoi tu viens. Tu n'as rien à nous dire mais tu ne supportes juste pas de nous voir ensemble.


-Bonsoir, vous deux. Heureuse de vous voir ici. J'ai entendu dire que Laura te cherchait... Alors, je t'emprunte ton copain, le temps que tu la trouves.

Bien sûr... Bien qu'il soit techniquement possible que Laura me cherche, et d'une elle serait venue elle-même, et de deux, elle se serait approchée de Lorelei pour lui faire passer le message. Au vu des regards que cette chère Vélane nous lançait depuis quelques secondes, je n'avais pas besoin de réfléchir plus longtemps pour percuter que tout cela était faux.

- Ça me fait tellement plaisir de te voir, la saluai-je sur le même ton poli et faux qu'elle nous servait. Et je ne bronchai pas, me demandant quelle serait la tournure de la suite des évènements.

Je pensais honnêtement qu'Alek, surtout après la façon dont je l'avais embrassé, renverrait poliment Lorelei d'où elle était venue. Je cachais mon amère surprise tandis qu'il se glissa hors de mes bras et suivit Lorelei comme un petit toutou... Bien sûr, quel mec peut résister à une Vélane! Hors de moi, mais le visage fermé, j'attrapai le verre qu'il m'avait rapporté un peu plus tôt. Toujours adossée à la paroi d'un stand, je les suivis des yeux, les sourcils fronçés. J'avalais quelques gorgées - whisky pur-feu. Presque immédiatement j'en ressentis l'effet, car avec tous les médicaments que je prenais, je supportais plutôt mal l'alcool. Enfin... Il agissait plus vite, pour être plus juste. C'eût le don de me détendre et je m'accordai encore quelques minutes à observer mon ex-meilleure amie et mon copain en train de discuter au milieu d'un petit groupe. J'allumai également une cigarette - Alek ne pourrait s'en prendre qu'à lui. Et je réfléchis à la meilleure manière de faire regretter son geste à cette garce de Summers.

A vrai dire, tout cela, je m'en foutais. Je m'en foutais car seule comptait pour moi la faculté d'être en vie et de profiter de la vie. La maladie qui me rongeait était ma seule et secrète ennemie: tout ce que je pouvais faire, c'était la combattre. Or, la combattre, c'était de faire en sorte qu'elle n'existait pas, c'est vivre et agir comme si je n'étais pas dépendante de ma santé. Je ne cherchais, partout et tout le temps, qu'à vivre et m'amuser, qu'à faire ce dont j'avais envie.

De quoi avais-je envie en cet instant exactement? De cracher à la gueule de Lorelei. De faire regretter à Alek d'être parti avec elle. Et d'embêter un peu Lenny le Préfet Parfait si possible. De boire aussi. De faire la fête. Rien d'impossible, finalement.

Je finis mon verre cul-sec et attrapai celui encore plein d'Alek. D'un pas résolu, je rejoignis le petit groupe, la tête haute. Alek et Lenny en était à faire les présentations, il me semble. J'entrai dans la ronde sans un regard pour les autres et m'adressai à Lorelei sur un ton mielleux:


- Laura voulait simplement que je t'offre un verre... Oups! Je fis mine d'avoir un geste maladroit et renversai le contenu du verre dans le décolleté de cette chère Lorelei. J'eus une petite moue fausse pour m'excuser. C'est chose faite.

Après quoi, je perdis mon air aimable et me tournai vers Alek pour lu lancer un regard incendiaire. Lâcheur. Faible. Il allait me supplier à genoux pour s'excuser de cet affront. Je lâchai une bouffée de fumée en sa direction.

Alors, sur scène, il y eut un peu de remue-ménage et un nouveau groupe monta sur scène, déchaînant instantanément le public. J'entendis Lenny proposer à son frère de se rapprocher et, sans doute pour la seule fois dans ma vie, je lui donnai raison. Sans ménagement, d'un ton froid, j'apostrophai Alek:

- J'ai envie de faire la fête. Tu viens avec moi ou tu préfères rester avec elle?

A en juger de mon air il comprendrait aisément qu'il n'avait pas le choix. C'était elle ou moi et c'était maintenant. Faisant quelques pas en avant, je me retournai alors, lui lançant un regard de braise. Oserait-il me défier?
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Neil Riley
Poufsouffle, 5 ème Année
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Sam 4 Sep - 18:37:10

Neil rangea sa basse dans son étui et ouvrit une bouteille de bière. Ses pensées étaient confuses, nébuleuses. Il revenait d’une demi-heure d’ailleurs. C’était à peine s’il avait vu le public. Il lui semblait que la foule s’étendait à perte de vue, et il n’avait pas osé s’y intéresser, trop intimidé par l’intérêt soudain que des centaines de regards s’apprêtaient à lui porter. Il laissait à Robin le soin d’attirer l’attention sur lui. En général, le bassiste n’était pas le membre du groupe le plus exposé. Il n’y avait que les mélomanes pour apprécier la qualité de leur musique, les autres s’extasiaient sur le chanteur ou rêvaient de se défouler sur scène avec une belle guitare électrique. Quelques filles avaient peut-être crié son prénom. Chaque Nimbus avait son petit cercle d’admirateur disait-on. Mais le vacarme que faisaient tous ces adolescents enfiévré ne lui avait pas permis d’identifier ses éventuelles admiratrices. Il était de toute manière probable qu’une hallucination auditive lui ait joué un tour. Robin les avait cependant briefés au début du spectacle en notant en lettres majuscules sur un parchemin le mot COMMUNICATION. Ils devaient établir un dialogue avec le public, une complicité humaine à travers leur musique, ce genre de choses indispensables pour qui veut retenir une assemblée en concert. Neil savait que les groupes qui se contentaient de réciter leurs morceaux appris par cœur éveillaient peu de passions et donnaient une impression d’intense platitude alors que leur son était parfois très bon. Une première sur une grande scène, avant trois groupes professionnels impliquait une peur de l’échec dominante. Et Neil n’avait pas vraiment réussi à se montrer très expressif. Ses rares sourires semblaient jetés au hasard. Il redoutait la fausse note ou le décalage. Simon maîtrisait parfaitement sa batterie, il était heureux de pouvoir se reposer sur lui pour maintenir une base rythmique solide quand Alexia s’emballait dans des sets de guitares trop erratiques.

Leur prestation était criblée de petites imperfections. L’une des chansons avait tourné à la véritable catastrophe et il était conscient de s’être laissé déconcentrer par Robin dont la voix était plus fausse que jamais. Mais, tout en buvant une gorgée fraîche et réconfortante, il songeait que tout aurait pu être pire. Ne venaient-ils pas de donner leur premier concert d’importance ? Il y avait des chances pour qu’un encadré leur soit dédié dans la Gazette du Sorcier. L’histoire du groupe avait déjà fait couler beaucoup d’encre sur les dossiers Résistance. Hélas, Neil se demandait si la qualité de leur musique pourrait jamais donner un succès mérité à leur très humble formation. C’était à peine s’ils avaient quelque chose de nouveau à proposer et, à regarder l’enthousiasme de Robin qui venait d’ouvrir la loge à trois filles fardées de noir, qui portaient sans grâce bas résilles ou collants déchirés, il se demandait s’il avait conscience d’avoir donné l’un de ses plus mauvais spectacle. Simon s’était assis sur une table avec une petite copine encore inconnue à ce jour – le nombre de conquêtes de ce mec discret forçait le respect – et Alexia était déjà devant la scène pour acclamer l’arrivée des Botrucs Vulgaires. Ils avaient raison après tout… Ils avaient donné leur premier « vrai » concert et la soirée ne faisait que commencer. Neil voulait en profiter à sa façon cependant. Il avait encore du mal à se raccrocher au monde et toute l’énergie que dégageaient ses semblables avait un caractère hautement agressif. Il regrettait déjà la scène. Une demi-heure sur une telle structure était vraiment trop court. Ah… S’il le pouvait, il volerait la place du bassiste qui accompagnait les Botrucs…


- Saluuuut ! Neil c’est bien ça ?

Le fan club de Robin avait visiblement décidé de perturber le flot paisible de ses rêveries… Il leva un regard morne vers la jeune fille qui venait de la déranger. Elle portait un collant rouge déchiré, un minishort élimé, et un débardeur noir orné d’une tête de mort fantaisiste. C’était une jolie brune comme on en voyait tant, un peu plus âgée que lui, en septième année peut-être. Il opina d’un vague signe de tête.
- Moi c’est Amalia, je suis à Gryffondor. Tu m’as peut-être déjà vu avec Robin, l’ambiance à Poudlard n’est vraiment plus pareille sans lui, tu ne trouves pas ?
Il se garda bien évidemment de lui faire remarquer que la plupart des filles qui disaient bonjour à Robin le matin avaient l’impression de compter parmi ses meilleures amies, et qu’il ne pouvait pas conséquent pas retenir ses connaissances les plus insignifiantes… Même s’il pouvait reconnaître à cette fille un certain charme que les deux autres admiratrices de son ami n’avaient pas. Robin avait des goûts plutôt grossiers en matière de filles. Peut-être qu’Amalia, l’ayant compris, essayait de se rabattre sur lui.
- Je ressens moins son absence à Poufsouffle mais c’est sûr que maintenant ça sera plus compliqué de répéter
, dit-il en haussant les épaules. Mais je crois qu’il va trouver une combine pour qu’on ait un local à Pré-au-Lard le week-end.
- Oooh ça serait bien ! Il faut que McGo vous aide, et je suis sûre qu’elle vous soutiendra ! Votre groupe est génial, vous devez continuer !
- Ah bon, tu trouves ?
Malgré le désintérêt manifeste de sa question, il avait très envie de connaître son opinion détaillée sur le sujet. Mais sa critique enthousiaste était sans surprise. Elle était simplement heureuse de connaître trois garçons qui avaient leur petite notoriété à Poudlard et était un bien mauvais juge musical. En revanche, son bavardage ne tarissait pas. Neil dût ouvrir une seconde bière pour supporter sa conversation sans paraître trop impoli. Il préférait encore endurer un interrogatoire détaillé à propos de sa vie à Poudlard plutôt que se mêler à la foule déchaînée qui pogotait sur les Botrucs. Les groupes suivants étaient meilleurs. Et il préférait qu'Adam vienne le trouver ici, s'il n'était pas déjà parti...
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Samuel Pinsker
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Sam 11 Sep - 9:27:09


Il semblait que les Nimbus avaient bientôt terminé leur prestation ; ils étaient sur le final d'un morceau qu'ils faisaient durer à plaisir, et qui n'était pas désagréable – forcément, le chanteur ne chantait pas. Sur le plan musical, ils n'étaient pas si mauvais, finalement... Indifférent à la petite tragédie qui se jouait autour de lui, Samuel tendait le cou pour regarder vers la scène. Quelle triste idée d'être à un concert et de rester si loin... surtout pour devoir subir les humeurs de ces demoiselles. D'après ce que Sam entendait, il y avait une histoire de rivalité entre Lorelei et Siobhan... et Alek, le type qu'on venait de parachuter dans le groupe, était au centre de cette histoire. Normal, donc, qu'il n'ait pas l'air très à l'aise. Le blond regretta fugitivement d'avoir répondu n'importe quoi à son salut, et lança, dans le bref silence tendu qui suivit la « maladresse » de Siobhan :


-Mon pauvre vieux... j'voudrais pas être à ta place.

Et voilà comment, en quelques mots, se mettre à dos les deux tigresses les plus redoutables de Serpentard... Samuel n'en avait cure, il n'avait guère réfléchi aux conséquences éventuelles de ses propos, et d'autres soucis plus urgents monopolisaient son attention. Avec un enthousiasme inédit, Lenny avait en effet proposé à son frère de s'approcher de la scène. Proposition ô combien judicieuse puisque le groupe suivant montait sur scène, et qu'il s'agissait précisément des Botrucs Vulgaires... Le moment à ne pas rater. Il aurait même fallu se coller contre la scène, pour être totalement dans l'ambiance... mais avec Lenny, c'était mal barré, parce que devant la scène, y a du bruit, y a plein de monde par forcément très propre et en plus, ça risque de me décoiffer... Bon, si déjà on pouvait être à une distance correcte, ce serait inespéré.

Tandis qu'ils marchaient vers la scène, Lenny semblant chercher quelqu'un du regard, Liliana Vanloock les rattrapa. Elle voulait parler à Lenny, bien sûr, et bouscula son cadet sans même s'en rendre compte, comme s'il n'avait été qu'un élément du décor. Ce simple fait, pourtant prévisible – ce n'était pas comme si Samuel n'avait pas l'habitude – exaspéra la blondinet. C'est qu'il en avait marre de ce genre d'attitude avec lui... Il savait bien que son frère était la perfection incarnée, mais était-ce une raison pour le lui rappeler sans cesse en lui portant autant d'attention qu'à une plante verte ? Pour mettre le comble à sa colère, lorsque Liliana daigna enfin remarquer sa présence, ce fut pour lui demander d'aller lui chercher à boire... Elle n'avait qu'à se payer un elfe, si elle voulait être servie. Incrédule, il considéra un instant les pièces qu'elle avait fourrées dans sa main, puis les lâcha en répondant sobrement :


-Va t'faire foutre.


Et il détala, plantant là Lenny et la rédactrice en chef. Il n'avait même plus très envie de suivre la performance des Botrucs Vulgaires, et il alla s'asseoir sur les marches de la tribune d'honneur, que personne ne surveillait et d'où il avait une vue satisfaisante sur la scène. Il était si contrarié que même le fait de voir son groupe préféré en concert ne lui faisait pas vraiment plaisir, et il suivait les évolutions des Botrucs d'un oeil morne, le visage dans ses mains. Le spectacle était pourtant d'une haute qualité, surtout après la bouillie infligée par Nimbus, mais le gamin ressassait trop de pensées négatives pour apprécier. Si dérisoire que cela parût, le comportement de Liliana lui avait réellement miné le moral, et il hésitait entre regagner Poudlard immédiatement ou aller boire comme un trou à la buvette.

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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Dim 12 Sep - 22:49:21

Je n'étais pas stupide. Enfin, pas complètement. Je devais avouer qu'aller voler Alek à Siobhan n'était pas précisément l'idée du siècle. Je savais bien que, de cette façon, elle viendrait ensuite gâcher ma soirée. Le simple fait de la savoir au concert rendait la musique moins agréable et l'ambiance plus lourde. Alors, l'avoir à moins de deux mètres de moi était un moyen très efficace de me donner envie de rentrer et d'oublier ma promesse de m'amuser. Toutefois, je me devais d'être plus forte que mon envie de partir et de me prouver que j'étais capable de vivre, peu importent toutes les Siobhan Greene de la terre.

En allant chercher Alek, je n'avais pas réfléchi du tout à la réaction de mes chers copains blonds. D'une certaine manière, ils ne me déçurent pas: ils se comportèrent exactement comme je l'avais prévu. Même si j'aimais les surprises, je savais apprécier cet espèce de confort que m'apportaient ces choses que je connaissais bien, que je pouvais deviner facilement. Naturellement, ce doux Alek n'était pas particulièrement à l'aise; comme si je ne m'en fichais pas complètement. Il n'était qu'un gentil accessoire comme un autre. Et sa propriétaire ne tarderait certainement pas à revenir le chercher.

Je sentais une lente explosion de bonheur malsain se diffuser en moi alors que je retrounais sans cesse la même idée dans ma tête: Alek m'avait suivi. Siobhan pouvait maintenant me sortir toutes les méchancetés du monde: son petit copain avait choisi de ME suivre en la plantant là, comme si elle ne valait rien. Et c'était précisément ce que je voulais lui faire vivre: le sentiment de vide, d'inutilité, l'impression d'être fade. Elle ne méritait pas mieux. Savoir que je pouvais me servir si facilement d'Alek pour la blesser m'euphorisait, laissant couler tout autour de mon coeur la douceur amère et brûlante de la cruauté délibérée, un peu comme la lave d'un volcan qui l'aurait réchauffé lentement...et je n'avais rien à faire des cendres.

La garce revint, d'ailleurs, très certainement avec une forte envie de me faire payer d'être née meilleure qu'elle.


- Laura voulait simplement que je t'offre un verre... Oups!

Autant l'alcool pouvait être brûlant dans ma gorge, autant il était froid sur ma peau. Cependant, je ne fis même pas un geste pour l'essuyer. De toute manière, je n'avais rien pour le faire et, aussi, ma poitrine attirait maintenant encore plus l'attention. Oui, c'était futile, mais j'en avais besoin, même si personne ne me l'entendrait dire. Je me contentai donc de rester immobile et bien droite alors que l'alcool formait des perles et des ruisseaux sur ma peau et de fixer Siobhan avec un air à peine ennuyé.

-C'est ce que tu as trouvé de mieux? C'était un bel essai.

Mon ton était blasé et, alors que j'étouffais un faux baillement, j'entendis ce cher Sammy...

-Mon pauvre vieux... j'voudrais pas être à ta place.

Ouais... Mon oeil qu'il ne voulait pas être entre les deux plus jolies filles de l'école. Essayait-il de s'attirer la sympathie d'Alek? Le pauvre... Il ne savait pas à quel point le petit ami de mon ancienne meilleure amie pouvait se montrer d'un ennui proche de la torture. Je me demandais ce qu'elle lui trouvait, d'ailleurs. Il était si gentil, bien dressé, prévisible... NUL. Pourtant, Siobhan était tout le contraire de lui. Elle pouvait se montrer surprenante, raffraichissante, merv... Woh, elle restait tout de même une pétasse. Je ne me lancerais donc pas dans un débat solitaire sur le couple le plus moche de l'univers.

- J'ai envie de faire la fête. Tu viens avec moi ou tu préfères rester avec elle?

-Oh, je te le laisse, Siobhan. Je n'ai pas besoin de lui en particulier pour ne pas rester toute seule.


Ce n'était pas particulièrement gentil de ma part et j'en étais fière. Sous-entendre que mon ancienne amie restait avec Alek simplement par désespoir de trouver quelqu'un d'autre était très bas et je me réjouissais de prouver, une fois de plus, mon appartenance à la maison des verts en me conduisant comme une vraie vipère. Heureuse de l'effet, visible ou non, que je devais avoir eu sur Siobhan et son cher sans-personnalité, je leur tournai alors le dos pour constater que ms blondinets m'avaient abandonnée. Je ne pouvais pas leur en vouloir, après la peu joyeuse atmosphère que j'avais crée en attirant Siobhan parmi nous.

Je les cherchai du regard et je remarquai Lenny, en compagnie d'un fille... ce qui m'étonna beaucoup, venant de lui. N'étais-je pas la seule à avoir la volonté nécessaire pour entretenir une conversation avec lui? J'en sentis une espèce de jalousie me ronger. Quelqu'un accaparait ma victime sans mon autorisation. Je fis quelques pas dans leur direction, mais mon regard trébucha sur un Sammy aux allures assez peu enthousiastes installé dans les marches de la tribune. Il n'était pas question que je le laisse tout seul, surtout pas avec cet air sombre. Je changeai donc de direction en songeant que Lenny Pinsker pouvait bien se farcir une autre garce en attendant que je revienne lui user les nerfs. J'attrapai au passage les boissons de deux garçons qui discuraient et, après le sourire meilleux que je leur lançai, ils semblèrent vraiment comblés de me les avoir laissées.

Bondissant devant Sammy chéri, je lui tendis une des deux boissons - que j'espérais alcoolisées- en me penchant involontairement de manière à ce qu'il ait une vue très appréciable sur mon décolleté.


-Tiens, mon Sammy adoré! Tu nous as vraiment déniché une place de rêve pour voir le spectacle.

Puis, je pris place à côté de lui en avalant presque la moitié de ce que contenait mon verre. Et je ne fus pas déçue: c'était bel et bien de l'alcool.
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Lenny Pinsker
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Lun 20 Sep - 14:04:13

On ne pouvait rester près de Lorelei et Siobhan sans que la situation ne vire au ridicule. Sentant venir le danger, Lenny s’était rapproché de son frère. Il avait trop parlé. Mentionner les tensions qui existaient entre les deux ex-amies était une très mauvaise idée. Les filles s’attachent à des relations superficielles. Mesquines par natures, elles préfèrent les querelles aux liens fraternels. Ce n’était d’ailleurs pas un hasard si cet adjectif existait sous une forme masculine unique. Son regard se chargea de mépris lorsque Siobhan se rapprocha d’un pas vif. Les créatures les plus clichées se rassemblaient à Serpentard, la seule maison qui réunissait des qualités admirables chez les hommes et regrettable chez les femmes, puisque sous exploitées. Demandez de la stratégie au sexe faible, vous ne recevrez qu’une intrigue amoureuse plus cruelle que brillante. Elles réclamaient l’indépendance et ne vivaient que pour les hommes, se vantaient d’un bon mariage, se vengeaient en séduisant. Les jeux galants étaient au centre de leur logique. Elles se consolaient de leur sécheresse intellectuelles en félicitant leur sensibilité – bien souvent confondue avec de la sensiblerie. Les moldues justifiaient les préjugés de la société par une force physique moindre qui ne leur permettait pas de lutter à égalité avec les hommes. Mais, grâce à la magie, les sorcières disposaient des mêmes armes. Quelles excuses avancer ? Le problème était tout simplement installé dans les gènes. Il semblait évident qu’une espèce était conçue pour se soumettre à l’autre, et les femmes l’acceptaient en estimant que leur plus grand pouvoir venait de leur influence sur les hommes. Qu’étaient-elles sans leurs charmes ? Alek pouvait souligner toute l’insignifiance de leurs procédés en abandonnant Siobhan et Lorelei à leurs disputes stérile. Ce garçon était trop gentil. Lenny le lui reprochait presque. Détournant son regard d’un si triste spectacle, le préfet suivit son frère au milieu de la foule.

A l’écart des tensions, il se sentait plus léger. Samuel ne lui avait pas caché sa joie lorsqu’il lui avait proposé d’assister à l’entrée sur scène des Botrucs Vulgaires. Il était heureux de rendre le sourire à son cadet. Ils étaient venus passer une bonne soirée ensemble. Samuel l’avait traîné de force au festival, il devait à présent tout faire pour profiter au maximum de cette sortie. Ce n’était pas tous les jours qu’ils partageaient quelque chose ensemble. Lenny n’arrivait pas à intéresser son frère à ses passions. Une pièce de théâtre ou un opéra se transformaient vite en séance de torture lorsqu’on les suivait à travers le regard de Samuel. Par conséquent, Lenny estimait plus juste de s’approcher des plaisirs plus simples de son jeune frère. Si des subtilités lui échappaient dans les riffs de guitare, rien ne nuisait à la compréhension de l’ensemble. Les adolescents s’amusaient sur une musique entraînante dont la fonction principale était de libérer assez d’énergie pour que la fête soit totale. Ils étaient jeunes et ne demandaient rien de très compliqué. Tous voulaient profiter au maximum des années folles avant de ressembler au portrait angoissant de leurs parents. Ce qui lui paraissait vain était d’une importance capitale pour ses camarades. Tant mieux. Pendant qu’ils jouaient avec la fumée il nourrissait un feu de plus en plus puissant. Il étudiait, préparait un avenir où les jours étincelleraient au-dessus de la grisaille de tous ces futurs bureaucrates. Oui, Lenny voyait les choses de cette façon. La débauche était incompatible avec la réussite. Son supérieur préfet-en-chef n’était-il pas de cet avis ?
Il aurait aimé connaître l’opinion d’Adam Audley. Hélas, une nouvelle arrivée indésirable rompit sa réflexion en même temps que la promesse de passer une belle soirée en compagnie de son frère.

Liliana n’entrait pas tout à fait dans la catégorie de toutes ces filles qui lui faisaient horreur. Elle avait la stature d’un véritable chef. Son élégance n’avait rien d’érotisant, elle affirmait au contraire son autorité. Les garçons n’essayaient pas de la séduire, elle n’était pas obligée de les contraindre à un jeu de séduction pour les dompter, ils marchaient au pas comme ils l’auraient fait avec n’importe quel homme despotique. C’était pour cette raison que Lenny se pliait à ses lois. La direction de l’école l’avait jugée apte à prendre la tête de la Gazette et son travail était impeccable. Son côté tyrannique l’exaspérait souvent mais il n’était pas mécontent de lui laisser toute la gestion du journal. Ecrire des articles n’était qu’un passe temps, il n’avait pas l’intention de s’occuper d’une rédaction. Cependant, Liliana le prenait pour son homme de main. Le choix était flatteur ; il était en effet le journaliste le plus compétent de Poudlard. Sérieux, toujours disponible, bon écrivain, Lenny avait toutes les qualités requises pour se retrouver pieds et poings liés aux heures supplémentaires et aux corvées. Mais il était en congé et n’avait pas l’intention d’abandonner Samuel pour des interviews.

Alors qu’il s’apprêtait à décliner la proposition, Liliana bouscula son frère et lui demanda d’aller chercher des boissons sans prendre la peine de s’excuser. Elle reprit son petit discours comme s’il était habituel de renvoyer Samuel dans un rôle de larbin. Le regard hostile de Lenny ne la troublait même pas.
Profondément vexé, Samuel jeta les pièces qu’elle lui avait confiées et prit la fuite sans attendre la réplique de son aîné. Belle performance, bravo. Cette sombre idiote venait de gâcher toute la soirée. Son frère ne s’amuserait plus à présent. Il l’avait jeté dans l’ombre malgré lui, à cause de tous ces gens qu’il n’avait aucune envie de voir et qui s’obstinaient à lui coller aux basques. Au final, Samuel garderait le souvenir de son insignifiance. Lenny, préfet de Serpentard, secrétaire en chef de la Gazette, était sollicité jusqu’aux frontières de son élément. Alors que l’ambiance de ce concert semblait plus adaptée à la personnalité de son cadet, c’était lui que l’on venait trouver…


- Liliana…
, commença-t-il d’une voix glaciale. Il me semble que tu n’es pas le genre de fille à manquer d’éducation, n’est-ce pas ? Et je ne crois pas non plus que la situation présente justifie un manquement aux bases du respect les plus élémentaires. Mon frère n’est pas un valet que tu peux diriger à ta guise. Ne compte pas sur moi pour t’aider si tu continues à le traiter de cette façon.

Et que pourrait-elle y faire ? Il participait à la Gazette en bénévole. Il se priverait sans regret du plaisir de rédiger des articles si cela devait montrer que personne n’était assez important pour négliger son frère sans perdre son soutien. Mais, sa sortie fut compromise par Lorelei.
Il comptait rejoindre Samuel lorsqu’un regard de côté lui indiqua que ce dernier avait de la compagnie. Même s’il ne voyait pas cette association d’un très bon œil, Lenny jugea qu’il valait mieux laisser son frère mener sa vie. Cette sortie était un désastre. Peut-être que sa soirée connaîtrait une fin plus heureuse sans lui. Il se retourna vers Liliana, la mort dans l’âme.


- De toute manière, je ne connais pas la scène à laquelle appartiennent ces groupes. Je peux toujours aller recueillir les impressions d’Audley sur le premier concert de son frère. Pour le reste, débrouille-toi.


Ce n’était qu’un prétexte pour lui épargner un instant la grande solitude qui le menaçait. Dommage, ces interviews auraient pu le distraire, lui faire découvrir quelque chose de nouveau, des individus avec lesquels il n’avait pas l’habitude de discuter. Son entretient avec Adam Audley risquait de tourner court. Il ne savait même pas comment l’aborder. Ses éternelles groupies gravitaient autour de lui. L’en débarrasser serait peut-être une bonne approche…


- Bonjour Adam !
Lança-t-il en passant devant ses compagnes. Ton frère vient de donner son premier concert sur une grande scène je crois, pourrais-tu me donner quelques impressions pour la Gazette ? ça ne sera pas long, mais je préfèrerais me tenir un peu à l’écart du bruit si tu es d’accord…

Il lui fit un signe de tête pour l’inviter à s’approcher des tables. Les filles comprirent très vite qu’elles n’étaient pas invitées. La mine dépitée, elles attendaient et espéraient une réaction d’Adam en leur faveur. Lenny savait qu’il ne serait pas suivi de gaieté de cœur. Les interviews ennuyaient toujours les personnalités trop demandées. Cependant, il gardait un sourire amène et espérait décourager un retour furieux d’une Liliana contrariée par la répartition des tâches.


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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Mar 21 Sep - 15:37:59

Le sourire aux lèvres et les yeux brillants d'engouement face à l'idée de ne pas se trouver seule à interviewer ce tas de célébrités décadentes, Liliana avait surestimé l'amabilité avec laquelle elle s'était adressée au frère de Lenny. Elle l'observa, interloquée, lui dire d'aller se faire foutre et le regarda partir avec des yeux aussi rond que des billes. Mais quel toupet. N'avait-elle pas été aimable avec lui ? Il avait certainement crut que c'était un de ses stratagèmes pour l'éloigner de ce qui ne le regardait pas. Au contraire. Elle aurait bien voulu inviter le Serpentard à les suivre, certes, afin que le Préfet soit plus enthousiaste à l'idée de la suivre dans les backstages. Mais celui-ci, trop susceptible, ne lui avait pas laissé le temps de le lui proposer.
- Tu ne sais pas ce que tu rates, Pinsker. Tant pis pour toi.
Lâcha-t-elle dans son dos, assez fort pour être entendue de lui malgré le bruit infernal de la foule. Elle allait partager son indignation avec le frère, quand ce fut à son tour de lui rétorquer sèchement, en osant lui rappeler les bonnes manières.
- En parlant de bonnes manières, tu ferais mieux de tenir ce discours à ton frère. Que je sache, j'ai été aimable avec lui, me répondre ainsi n'était pas non plus des plus intelligent. J'allais lui proposer de nous accompagner, si tu veux tout savoir. Mais puisque vous êtes tous les deux décidés à jouer aux bêtes et méchants, que veux-tu que je te dise. Vas donc prendre les impression d'Audley, ce sera toujours mieux que rien pour m'aider. Merci, vraiment je te remercie, c'est très aimable de me soutenir assez pour que je puisse profiter de la fête.

La colère au ventre, elle s'éloigna d'un pas raide en direction de la scène, les longs rebords de son chapeau flottant au rythme de son déhanché. Un mois, même pas, c'était le temps où elle avait pensé pouvoir compter à cent pour cent sur ce soit disant secrétaire de rédaction. Un concert minable, auquel il ne devait, le connaissant, ne porter pourtant aucun intérêt et elle se retrouvait seule. Il y avait bien Lovegood qu'elle pourrait solliciter, mais elle supportait mal sa présence et la laisser interviewer des personnalités importantes dans le monde musical conduirait au fiasco total. Elle avait bien été forcé de l'accepter dans l'équipe, cette Miss Héroine, au risque de passer autrement pour une fille qui ne considère pas le caractère plus profond des personnages qu'elle acceptait dans son milieu, voir pour une de ces Serpentard qui regrettait l'ancien temps. Ses actions auraient pu être balayées d'un coup de vent, si elle rejetait les jeunes héros de Poudlard.

Arrivée aux portes des coulisses, la jeune fille se recomposa un visage aimable et enthousiaste, bien que le coeur n'y était plus. Elle présenta son badge et entra dans l'arrière scène, le dos droit, menton légèrement relevé, ses yeux de lynx scrutant le visage de chacun des musiciens présents. Il y avait déjà quelques groupies agglutinées de ci de là, en particulier devant le chanteur des Nimbus. Sa petite célébrité minable lui profitait bien. Liliana, elle, ne mangeait pas de ce pain là. Sa mère avait été une femme internationalement reconnue pour la qualité de ses produits, et ses robes enchantées se vendaient par sacs de gallions à la plus haute bourgeoisie sorcière. Quelques invendus, exposés dans les locaux de son entreprise, avaient été acheté en un rien de temps après sa mort. Et, il fallait le dire, après la guerre. Porter du Arrawn à l'époque où les sang-mêlés étaient considérés comme des parias n'avait plus vraiment été au goût du jour. Alors, ces gens respectables pour leur célébrité, elle en avait croisé, parfois dans son propre salon.

- Hey ! Mais c'est la petite Vanloock !
S'écria une voix éraillée, tandis qu'un homme grand et svelte à l'allure dégingandée se levait du fauteuil où il était confortablement installé en sirotant une bière. C'était Chad, le chanteur des Mystics Sombrals, qu'elle avait rencontré il y avait quelques années dans les loges lors d'un de ses concerts, en compagnie de sa mère. Cette dernière lui avait préparé une série de costumes des plus excentriques, bardés de sortilèges qui avaient été du plus bel effet pour leur jeu de scène. Des hors-série spécialement conçus pour chaque membre du groupe. Ils étaient d'ailleurs venus diner à la maison, quelques temps plus tard, pour la remercier. Cela avait été gratuit pour eux, mais Jane avait reçu en retour un de ses plus brillants coup de pub.
- Chad !
Susurra Liliana en tendant les bras au jeune homme qui s'approchait d'elle. Ils s’étreignirent et le chanteur s'écarta d'elle pour la considérer du regard.
- Putain, t'as grandit.
- Sans rire.
- Je savais que tu deviendrais encore plus canon que ta mère. Ah... Au fait, je suis désolé. Enfin, mes condoléance. Vous avez reçu ma lettre, quand... c'est arrivé ?
- C'est rien, Chad, tu peux parler d'elle, ça va. Et oui, c'était vraiment sympa, la famille te remercie, t'étais pas obligé.
- C'était la moindre des choses, on les utilise encore ces putains de costumes, ils sont vraiment classes. Et ta mère était cool.
- Euh ouais, ça, c'est toi qui le dit ! Ricana Liliana.
Et son travail pour la gazette fut oublié lorsque les Mystics Sombrals au complet l'invitèrent à prendre une bière. Installée auprès d'eux, elle ricana un moment sur leurs discussions entrecoupées de blagues salaces. Ces deux imbéciles de Pinsker avaient vraiment loupé quelque chose. Bien fait !
Ce fut un des membres des Gobelins déchainés qui coupa court à sa verve, en l'abordant d'un oeil lubrique.

- Hey bébé, je savais qu'une petite minette débarquerait avec son joli badge de Rédac' en chef, mais je ne pensais pas qu'elle serait aussi bonne. Tu ne viendrais pas m'interviewer en privé, y a un petit coin reculé, là-bas, on serait tranquille...
Les rires retentissaient déjà du côté des Mystics Sombrals, qui connaissaient assez les Vanloock mère et fille pour s'attendre à la répartie de la jeune femme.
- Désolée mon garçon, mais il va falloir que tu attendes ton tour. Et puis, je ne suis pas là pour récupérer les mots des sous-fifres, je ne parle qu'aux meneurs de groupe. Ce n'est pas toi, que je sache ?

Le type s'en alla en maugréant une insulte sous les rires et les moqueries des autres. Liliana se réinstalla confortablement dans son siège, jambes croisés, savourant sa petite victoire. Elle détestait ces stars qui se prenaient pour les maîtres du monde et qui pensaient qu'aucune jeune fille ne sauraient leur résister. Amalia, d'ailleurs, venait de lui jeter un regard interloqué. Liliana n'avait pas encore remarqué la Gryffondor qui se tenait près de Neil Riley, le bassiste des Nimbus. C'était celui qui semblait, parmi les membres du groupe, le plus disponible pour ses questions. D'ailleurs, il avait l'air de s'ennuyer ferme en sa compagnie. Il fallait dire qu'Amalia aurait bien été le genre de femme à crier au monde entier qu'un des membres des Gobelins Déchainés était venu lui adresser la parole. Une de ces filles excitées à l'idée de répondre à ses invitations salaces. "Oh oui ! Ce genre d'évènement ne se présente qu'une fois dans une vie minable comme la mienne !". Le genre de fille qui exaspérait profondément Liliana, mais cette dernière n'avait jamais fait montre d'animosité envers elle, malgré le fait qu'elle soit une Gryffondor. La petite gueguerre entre les deux maisons était bien loin pour elle, et Amalia n'avait pas fait parti de ces filles qui s'étaient soudainement révélées pro-Voldemort. Ce fut l'unique raison qui poussa la Serpentard à hausser les épaules et à lui adresser l'ébauche d'un sourire.
- Je suis désolée les mecs, mais je dois vous laisser, je dois parler aux Nimbus maintenant, sinon McGonagall va me tomber sur le dos. Merci pour la bière, je repasserais vous voir après votre prestation.
- D'acc' ! Répondit Chad.
- Hey, prends-en une deuxième pour la route ! Ajouta le guitariste.
C'était sûr, pour les trois mètres à parcourir, elle avait bien besoin d'un remontant. Elle accepta cependant la bière que lui tendait le sorcier avec un sourire, puis s'éloigna.

Alexia, la guitariste, avait disparu. Elle était certainement devant la scène à apprécier le jeu de scène des Botrucs Vulgaires. Robin, lui, était entouré de filles, comme d'habitude. Simon était en plein flirt. Et Neil, accaparé par Amalia. L'analyse fut rapide. Elle n'avait aucune envie de se frotter au chanteur, qui l'exaspérait à profiter de sa petite gloire et elle trouvait Simon un brin insipide, bien qu'il soit parmi les meilleurs musicien de la composition. Ce qui n'était de toute façon pas difficile.La Serpentard n'avait aucune envie de chercher Alexia qu'elle trouvait trop surexcitée à son goût. Quant à Neil, il avait l'air d'un très bon bassiste malgré quelques petits ratés, et devait être le plus disposé au bavardage. Qui plus est, il dégageait une aura d'elle ne savait quoi qui l'avait porté dès le départ vers lui plutôt que vers les autres. Il avait un charme bien à lui, ce qui entrait largement en ligne de compte, tandis que son calme olympien ferait de lui un sujet plus sérieux et appliqué dans ses réponses que les autres. C'est vers lui qu'elle se dirigea, son regard pétillant d'un brin de malice et de complicité braqué sur lui.
Mais ce ne fut pas à lui qu'elle adressa la parole. Arrivée à sa hauteur, elle se tourna vers Amalia et l'étreignit rapidement comme une bonne anglaise face à une copine.

- Salut Amalia, comment vas-tu ? J'espère que je ne vous dérange pas et si c'est le cas je m'en excuse, mais j'aurais quelques petites questions à poser à Monsieur Riley pour la Gazette. Si ça ne te dérange pas de nous laisser seuls un petit moment...
Ou comment renvoyer aimablement dans ses appartements une inopportune. Elle agrémenta ses propos d'une frappe amicale sur l'épaule, puis se tourna vers le Poufsouffle.
- Et si Monsieur Riley le veut bien, évidemment...

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Sdez Tugakx
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Ven 24 Sep - 15:06:20

Quel concert de merde. Ouais, c’était la seule pensée qui me venait à l’esprit pour définir la prestation des gosses de Poudlard. Paroles à la con, chanteur ridicule, mauvais accords, un son pourri et une bande de fans qui méritait de se faire écraser dans un mouvement de foule. J’ai vidé toute ma conso de shit pour me retenir de faire mes griffes sur la groupie qui m’éclatait les tympans à chaque « vous allez bieen ??? » du crétin au micro. Voilà donc l’avenir de la musique sorcière d’après-guerre ! Il paraît que les mouvements artistiques s’essoufflent quand tout va bien. Chez les humains, le processus a l’air rapide. L’art gobelin n’a jamais évolué vous me direz. Mais au moins il reste authentique. Nous n’avons rien perdu de nos premiers talents, alors que vous enviez toujours les splendeurs de la culture greco-latine… preuve de votre mauvais goût d’ailleurs, parce que ces vestiges sont franchement moches.

La soirée s’annonçait franchement longue avant les Gobelins Déchaînés. J’étais vraiment pas sûr de tenir le coup jusqu’au bout, à moins de finir complètement camé ou raide mort. Mais pas sûr que ces états plus supportables me permettent d’apprécier le spectacle. Beaucoup de personne débarquent à des festivals gratos pour l’ambiance. L’ennui, c’était que les humains ne savaient même pas s’amuser. Je me voyais mal faire le guignol en sautant sur place et en me défonçant joyeusement contre le public… qui m’aurait piétiné vu ma taille. Alors j’aurais bouffé une cheville pour me dégager, lacéré quelques poitrines au passage et on serait revenu à cette histoire de trêve brisée entre sorciers et gobelins. Bien sûr ! Faut pas toucher aux sorciers, même quand ta vie est menacée. Ce genre de morale à sens unique ne vous donne-t-elle pas de folles envies de meurtres ? Mais ouais ok, c’est bon. Je suis sage. Tellement sage que j’ai préféré m’éloigner de la scène un peu avant la fin pour commander la boisson la plus douteuse du bar, celle qu’on gardait en stock pour ne pas contrarier l’éventuelle clientèle gobeline ou vampirique, le cocktail du marécage. C’est un bon plan bourrage de gueule à Deathlymonds quand tu veux rester dans les premiers prix : du sang de verracrasse et de la vodka, ou de la téquila à la limite, par contre avec du rhum et du whisky c’est immonde, je déconseille. Le mélange est meilleur avec de l’alcool d’algue marine, mais cette buvette n’avait à l’évidence pas la recette exacte. C’était même assez mal dosé. Trop d’alcool, pas assez de sang. Je crois que les serveurs n’ont pas compris le concept de cette boisson. Ils ont voulu me faire plaisir en insistant sur la vodka, sympa, j’avoue, mais le plus important, c’est le sang, un peu âcre, un peu boueux, mais pas cher. Une bonne gorgée vous remontait toujours le moral.

Le groupe avait fini par changer, et je ne connaissais pas non plus le deuxième. Le nom en soi ne m’inspirait rien de génial : Botrucs Vulgaires… ça sentait la chanson paillarde à plein nez. Mais en fait, c’était pire. Les mecs se la jouaient punks celtiques et grands défenseurs de la cause sorcière. Devant la scène, c’était la folie, et cependant les paroles me plaisaient de moins en moins. Je rêve ou ils s’amusaient à insulter les gobelins ? Et osaient lancer des appels à la fusion des deux mondes ? Sans rire. Et nous, on devenait quoi dans cette histoire, les lépreux de Grande-Bretagne ? Le pire, c’était que la majorité du public les acclamait avec enthousiasme. Pris dans la fête, ils ne se rendaient peut-être pas compte. Je me demandais quand même quel genre de message la directrice de Poudlard voulait faire passer pour la jeunesse avec une telle programmation. Les Gobelins Déchaînés étaient cool, ok. Ils soutenaient le rapprochement des liens entre sorciers et créatures dans une certaine mesure. Les gobelins étaient globalement contre la politique de Voldemort. Pour une fois, on soutient la paix. Mais il y a des limites. Faut pas non plus nous prendre pour des elfes de maison !

Je me suis rapproché d’assez mauvaise humeur en tendant les oreilles. Je me suis dit qu’il fallait que je parle à quelqu’un pour éviter de m’énerver tout seul dans mon coin. Ceci dit, si mes amis entendaient les provocations du groupe sur scène, j’étais même pas sûr de les voir jouer au final. Y’avait plus qu’à espérer que le tout dégénère au moins en bagarre. Sinon, j’étais définitivement venu pour rien. Et ça la fout mal quand on a pas l’habitude de faire des trucs pour faire plaisir aux autres. La gentillesse, encore une invention idiote des hommes.
Mon verre à la main, je me suis approché de la gonzesse de tout à l’heure, il n’était pas très loin et avait l’air plus tranquille que les autres gamins. Oui je dis « Il » parce que la « gonzesse » est un mec, jusqu’à preuve du contraire… Quoique je n’ai pas été le vérifier. Bref. Ce pédé parlait à une jeune fille toute mignonne qui ne semblait pas non plus du genre à faire des vagues. Je les ai abordés sur un ton abrupt.

- Vous connaissez les mecs sur scène ?

Et mon regard fixait le chanteur du groupe d’un air violemment hostile. Pas sûr qu’ils puissent me renseigner, mais la question retenait toujours le moment d’égorger ce traître…. Ce que je ne pouvais évidemment pas faire, à moins d’un soulèvement général. Et tout cas, il était clair que d’une manière ou d’une autre, cette nuit s’achèverait dans le sang. C’était toujours la même chose lorsque je côtoyais trop d’humains d’un coup, je finissais par en tuer une belle poignée dès que je pouvais retourner côté moldu et attraper quelques promeneurs nocturnes souvent éméchés.


[Pour précision, je parle de Mary et Alix Smile ]
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Samuel Pinsker
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Sam 25 Sep - 19:54:47

Les Botrucs Vulgaires se déchaînaient, les pulsations sourdes de leur musique semblaient provenir de sous la terre, et l'estrade tremblait sous leurs sauts endiablés. En temps normal, Samuel aurait été tout devant, à mêler sa sueur et ses hurlements à ceux des autres fans. C'était précisément ce qui révulsait le plus Lenny dans ces concerts ; tant de promiscuité, de violence inutile, de débauche calculée – n'importe qui venait vous embrasser, vous sauter dessus, vous hurler aux oreilles... Où était ce faux frère de Lenny, d'ailleurs ? En train de faire des courbettes devant Liliana, probablement, alors que son cadet avait été offensé d'une façon indigne. L'infâme se foutait pas mal que Samuel soit malheureux, ulcéré d'avoir été traité comme un larbin... Suivant d'un oeil éteint les évolutions du groupe, le blondinet mijotait des vengeances en boucle. Contre Liliana, d'abord, puisqu'elle avait osé le rabaisser de cette façon. Contre Lenny, ensuite, qui manifestement se battait l'oeil des malheurs de son frère. Le gamin s'enfermait dans des raisonnements spécieux, et concluait d'une façon injuste que si un autre élève avait essuyé une telle humiliation, Lenny serait intervenu. Mais bien sûr, pour lui...

Le gamin redressa un peu la tête, l'oeil attiré par la scène. Son humeur sombre se dissipa très légèrement : l'un des musiciens venait d'arracher son kilt, et de le balancer proprement dans la foule ; il continuait à sauter partout en vociférant, les cuisses nues, faisant d'ailleurs mentir la légende selon laquelle un kilt se porte sans rien dessous.

Mais même ce bucolique intermède ne suffit pas à rendre sa bonne humeur à Samuel. D'amères réflexions tournaient toujours dans son esprit, des promesses macabres adressées à Liliana, à Lenny, ainsi qu'à quelques autres qui n'étaient objectivement pour rien dans l'incident qui venait de se dérouler. Le petit blond était prompt à se pourrir la vie avec des détails qui auraient semblé insignifiants à n'importe qui d'autre, mais qui revenaient un peu trop souvent dans sa propre vie. Lenny attirait l'attention, les affections, les compliments, et son cadet restait dans l'ombre. Lorsqu'on s'intéressait à lui, c'était généralement pour quelque sottise, et on ne manquait pas de lui citer en exemple cet aîné si parfait. Et cela l'exaspérait – d'autant plus que les deux garçons étaient presque inséparables.

Comme il ressassait ainsi, battant négligemment la mesure du bout du pied, il fut rejoint par Lorelei qui, curieusement, semblait très contente de le voir. Pourquoi cette soudaine joie ? Ils n'avaient jamais eu de problèmes, mais n'étaient pas des amis proches pour autant... Samuel était dans un état d'esprit trop sinistre pour penser que quelqu'un pût être content de le voir, tout simplement, sans calcul... Il accepta sans mot dire le verre que lui offrait Lorelei, mais oublia d'en prendre la moindre gorgée ; la jeune fille venait de lui offrir une vue imprenable, et prolongée, sur un décolleté particulièrement troublant. La gorge soudain sèche, il murmura en se poussant :


-Tiens, assieds-toi si tu veux, y a de la place pour deux...

Il y avait de la place, à condition de se coller l'un à l'autre, mais était-ce gênant ? Le regard de Samuel s'attarda, comme par inadvertance, sur les formes de sa camarade, en se demandant ce que signifiait son comportement. Car tout était calculé dans sa façon d'arriver, de l'appellation « Sammy adoré » à l'exhibition contrôlée de ses charmes, et ce n'était certainement pas pour rien.

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Adam Audley
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Sam 25 Sep - 21:35:35

Des questions, toujours des questions. Et des regards, dociles, chaleureux, enthousiastes, aguicheurs et sensuels... Audley n'en avait cure. Il ne se souciait pas même de perdre son pari, ce genre d'inepties entre "camarades" n'avaient aucune sorte d'importance pour lui. Il aurait voulu profiter de l'entrée en scène des Botrucs Vulgaires, rire du kilt balancé soudainement sur le public le plus en avant, malgré le sens douteux des paroles crachées dans le micro. Se libérer un peu n'était pas possible, entouré qu'il l'était de ces sortes de groupies collantes, et de ces centaines d'élèves qui attendaient de lui une image faite dans le respect et la droiture. S'ils savaient ce qu'il renfermait au fond de lui. Il ne serait, d'ailleurs, certainement pas Préfet-en-Chef aujourd'hui. Les apparences étaient sauves, et il n'était finalement pas plus mal que ces filles trop maquillées soient venues lui débarrasser l'esprit de toute idée extravagante. Il devrait même les en remercier, mais au lieu de quoi, il continuait à les ignorer en buvant une longue rasade de bière en guise de prétexte pour ne pas répondre à leurs sollicitations. Elles commençaient à se lasser, bien que s'enthousiasmant entre elles. Une d'elles finît même par partir à l'approche maladroite d'un de ces canons de beauté que l'on retrouve quelque fois entre les remparts du château. Adam observa le jeune homme en léchant délicatement la mousse de sa bière qui reposait discrètement sur ses lèvres. Il n'était pas vraiment son genre, avec son air gauche alors qu'il tentait une approche sensuelle. Mais il était bien fait. Il n'était pas vraiment grand, mais on sentait derrière son blouson de cuir noir des épaules carrées et bien faites, un corps de sportif, bien proportionné. Son visage carré était d'une virilité qu'adoucissait sa jeunesse, et ses cheveux châtains, mal coiffés, lui donnait un petit genre. Cet homme n'était qu'un physique. Il ne ressortait de ses prunelles bleues aucune sorte de profondeur. Tout ce qu'Adam y voyait était un sentiment d'incertitude, preuve d'un manque indiscutable de confiance en lui. Les beaux garçons n'étaient pas toujours les plus sûrs et les plus forts dans leur esprit. Leur regard se croisèrent et le Préfet lui adressa un clin d'oeil d'encouragement qui n'était qu'hypocrisie. Tout ce qu'il avait souhaité, c'était qu'on le débarrasse maintenant de ces filles, et lui l'avait fait en partie.

- Dis, Adam, tu m'écoutes ?
- Pardon ?
Elisa lui avait apparemment adressé directement la parole, mais il n'avait pas saisit un traître son des mots qui s'étaient envolés de sa bouche. Il ne les avait même pas entendu.
- Je te demandais... si... Enfin je te disais que j'aime beaucoup ce morceau, ça te dirais qu'on danse ?
Le pire venait d'arriver. Le mauvais sort avait du le prendre pour cible ce soir. Le Serdaigle eut un regard soudainement fixe et dépourvu d'émotion, que la jeune fille dû confondre avec le trouble au vue de la couleur que prenaient ses joues.
- Hm... Je ne sais pas si ton petit-ami prendrait bien la chose...
- Oh, tu ne savais pas, on a rompu la semaine dernière !
Quel dommage... Cela aurait été l'excuse parfaite. Adam gonfla le torse en retenant un soupir. Encore une fois, ce mouvement dépourvu de calcul et d'ambiguité sembla ravir la jeune femme. Les choses seraient certainement plus simples pour lui, s'il révélait au grand jour son homosexualité. Or, il considérait cette information comme intime. Nul n'avait besoin d'être au courant de ses préférences si ce n'étaient les concernés par cette attirance originale : ses conquêtes. De plus, il lui était arrivé quelques fois de se laisser aller à des moeurs plus libérées avec quelques jeunes filles, par curiosité, peut-être, mais jamais sans grande passion. C'était pour lui plus une lubie, un plaisir fugace sans grande intensité qu'il se réservait lorsque le coeur lui en disait. Et cela n'était encore arrivé qu'avec des filles qui sauraient garder leur secret, et respecter le fait que jamais rien d'autre ne se passerait entre eux. Bien sûr, il y avait eu quelques erreurs de jugement, et cela lui avait fait regretter amèrement son petit instant de plaisir. Les femmes en générales lui paraissaient trop émotives et collantes, trop susceptibles et calculatrices. Chaque geste d'un homme était épié et interprété, souvent d'une manière parfaitement fausse. Ni l'homme ni la femme ne cogitaient de la même façon. L'esprit de la gente féminine était inadapté au sien propre.
Il ne s'était passé que deux petites secondes, mais l'impatience grandissait chez Elisa, qui commençait à trépigner imperceptiblement. Il savait parfaitement ce que cela signifiait, et n'aimait pas cela. Ce fut un petit miracle qui vint le sauver.

Une chevelure blonde sur un visage affable dépassa les deux filles qui gloussaient face à l'impétuosité de leur congénère. Elisa, elle, demeurait très proche d'Adam, les joues encore roses, l'oeil soudain braqué sur l'individu qui venait d'entrer comme un cheveu dans la soupe dans ce qu'elle s'imaginait être le premier acte d'une parfaite petite romance. Ce garçon n'était autre que le Préfet des Serpentard, Lenny Pinsker, aussi connu pour être le bras droit de Vanloock, cette grande blonde qui gérait d'une main ferme la Gazette de Poudlard. Elle était, d'ailleurs, le genre de femmes avec qui Adam avait eu de courtes aventures. Ce genre qui savait n'avoir rien à envier à ses pairs, qui n'abusait ni de sa sensualité, ni de ce qu'elle savait ou pourrait savoir. Ce genre qui tenait derrière sa bouche close les petits secrets qu'on lui demandait de garder, malgré son poste qui lui conférait un rôle de fouineuse. C'était du moins ainsi qu'il la ressentait, et ce qui transparaissait à travers le sérieux des articles qu'elle avait jusqu'alors écrit. De plus, elle n'avait rien à vanter pour mieux paraître, elle avait déjà eu beaucoup, dont le poids de la célébrité de sa défunte mère. Lenny était du même genre. Du moins, c'était ce qui semblait à Adam. Il tenait son rôle de secrétaire de rédaction sans éclat et avec rigueur, certainement pour le plaisir que cela lui conférait. Quant à l'adolescent en question, il ne savait pas grand chose de lui, du peu qu'il lui avait parlé. ...S'il lui avait déjà directement adressé la parole, lors de briefings entre Préfets.
De ce fait, sa vue l'enchanta seulement parce qu'il voyait son approche comme une issue qui lui permettrait de se soustraire aux indésirables. Mais lorsque Lenny s'arrêta devant lui et lui adressa la parole, son espoir s'amoindrit immédiatement. Encore des paroles d'usage, une sollicitation de plus, cette fois à propos du concert de son frère. Une pulsion noire émergea, et aurait volontiers renvoyer Lenny jouer au journaliste ailleurs, mais comme à l'accoutumé, rien ne transparu à travers les yeux d'Audley. Il était accoutumé à ces accès de violence intérieure. Elle grondait toujours tandis que sa raison lui soufflait que c'était le moyen idéal de décliner l'invitation d'Elisa et de s'éloigner un peu de tous ces corps bougeant, criant et suant en rythme, comme une seule âme dont il était exclu. Elle lui soufflait aussi qu'il devait bien cela à son petit frère, même s'il ne savait trop que dire de la prestation mitigée des Nimbus. Mais il devait aussi le rejoindre dans les coulisses, il le lui avait promit. Il n'avait pas envie de manquer une énième fois à sa parole, pas après ce qu'ils avaient vécu tous les deux l'année passée. Il regrettait sincèrement de s'être autant éloigné de son frère et d'avoir dédaigné leur complicité première, au fil de ses années à Poudlard.

- Désolé Elisa, on remettra cela à plus tard, peut-être ?
Commença-t-il en se tournant tout d'abord vers la sus-citée. Cela n'avait rien d'une question ou d'une proposition, malgré la pointe d'interrogation de sa voix. L'instinct féminin de l'étudiante s'en rendit compte. Ses épaules s'affaissèrent légèrement, avant qu'elle ne baragouine un vague "Oui, on verra." plutôt sceptique. Audley ne s'inquiéta pas plus des émois intérieurs de la jeune femme que des moqueries susurrées par ses soit disantes copines. Il se tourna aussitôt vers le Serpentard pour lui adresser un sourire parfaitement artificiel, mais qui passait pour sincère.
- Bonjour Lenny. Oui, bien sûr, ce sera plus simple pour s'entendre.

Audley prit les devants en attrapant délicatement Pinsker par le bras et en s'éloignant d'un pas leste de la buvette. Tout en avançant vers l'arrière de la fosse, il avala une nouvelle gorgée de bière afin de se donner un peu de courage. Une goutte parvint à s'échapper de la commissure de ses lèvres, qu'il essuya négligemment du revers de son pouce. Il réfléchissait sans prononcer un mot à ce qu'il pourrait raconter, pour paraître à la fois neutre et encourageant vis-à-vis du jeune groupe, mais aussi pour faire plaisir à Neil.
Lorsqu'ils parvinrent à plusieurs mètres du dernier rangs de spectateurs, le Préfet-en-Chef s'arrêta enfin et lâcha le bras qu'il retenait de crainte de perdre Lenny dans la foule. Cela avait été stupide, le perdre aurait été la meilleure échappatoire à une interview surprise.

- J'avoue que je ne m'attendais pas à ce qu'on me demande mon avis sur le concert, entama-t-il en riant à demi, alors je n'ai préparé aucun beau discours, sur les performances scéniques des Nimbus ! Mais soit, je veux bien me plier à la torture. Que dire...
Le Serdaigle balaya le scepticisme de sa dernière remarque par un regard enthousiaste que le khôl noir cernant ses yeux rendait un brin cynique, sans qu'il ne le veuille ni le sache.
- Pour une première grande scène, je trouve que les Nimbus se sont bien débrouillé dans l'ensemble, bien que les paroles et l'interprétation du chanteur laissent, il faut bien l'avouer, un peu à désirer. Je suis sûr cependant, que s'il ne s'arrêtait pas à la surface et s'attelait à la profondeur de sa musique, son jeu de scène aurait plus de poids. Alexia maîtrise assez bien les accords qu'elle a répété avant son entrée en scène. Quant à Neil, je suis assez fier de sa prestation. Je l'ai vu commencer à ses débuts, et il a grandement évolué depuis ses premières années où il s'usait les doigts sur une vieille basse qu'il avait récupéré on ne sait où. Le rythme est bon, et il s'accorde parfaitement sur le batteur... Simon, c'est ça ? qui n'est pas mal dans son genre. Hormis quelques petits accrocs de ces deux là, ils forment une bonne base rythmique pour les morceaux interprétés.

Le jeune sorcier s'arrêta, la gorge un peu sèche. Lenny avait-il percé les sous-entendu dépréciateurs qui transpiraient à travers les paroles tenues envers le chanteur et la guitariste des Nimbus ? Qu'importait, il espérait cependant que le garçon retranscrirait sur le papier mot pour mot ce qu'il avait dit. Neil avait assez de recul pour comprendre le compliment qu'il lui avait adressé, et rire des piques qu'il avait lancé aux autres.
Il s'humecta les lèvres contre la canette de sa bièreaubeurre et attendit une réaction du journaliste.

- Tu as des questions ?

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Camille Edzi
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Sam 2 Oct - 9:15:15

Camille était surexcitée, un concert de rock rien que ça ! Dès que l’annonce avait circulée dans le château, une tension nouvelle et presque palpable avait envahi le vieux bâtiment. Les élèves ne parlaient plus que de ça et partout les projets de sortie s’arrangeaient. Un sentiment électrique parcourait les couloirs et seuls quelques excentriques parvenaient encore à travailler. Camille quant à elle restait songeuse malgré son enthousiasme. La décision de MacGonagall l’avait surprise. Elle n’avait pas imaginé que la directrice donnerait son accord pour un projet pareil. La jeune serdaigle se demandait d’ailleurs qui était derrière cette idée. Mais quel que soit ce bienfaiteur, la galloise le remerciait de tout cœur. Cette distraction allait pouvoir lui changer les idées et elle espérait y rencontrer beaucoup de monde. Depuis quelques temps la jeune fille se sentait assez seule. Elle n’avait qu’une envie : profité à fond de sa soirée !
Le temps promettait d’être de la partie et Camille s’habilla donc en conséquence. Elle revêtit une simple robe noire plutôt légère qu’elle embellit d’un collier de faux saphir qu’elle trouvait particulièrement élégant. Quand elle fut à peu près satisfaite de son image, la serdaigle dégagea une mèche de cheveux qui lui tombait devant les yeux et se rendit dans le hall d’entrée pour se rendre au village de pré-au-lard où avait lieu le concert. Elle était déjà très en retard et seuls quelques derniers retardataires se pressaient encore pour passer la porte du château. Le vent légèrement froid lui effleura la peau et la galloise frissonna. Elle repensa avec envie à sa veste en laine qu’elle avait laissé sur son lit dans le dortoir des filles mais décida de continuer sa route vers le village. Elle avait déjà perdu assez de temps, elle se réchaufferait sur place avec une bierreaubeure.
Quand elle arriva dans les rues pavées de pré-au-lard, la serdaigle fut soufflée. Des stands remplis d’articles en tout genre étaient disposés le long de toutes les rues pour la plus grande joie des touristes et des élèves qui formaient une foule compacte, voyageant d’étals en étals. Elle croisa plusieurs connaissances à qui elle n’adressa qu’un léger signe de main tant son regard était attiré par toutes ces couleurs et ses objets insolites. Quand elle repéra un vendeur de bierreaubeure, Camille s’empressa de commander une chope qu’elle englouti avec délice. Le liquide chaud coulant au fond de sa gorge lui fit du bien et une nouvelle vigueur s’empara d’elle. Le froid reflua quelque peu et c’est avec une nouvelle énergie qu’elle se mêla à la foule. La fièvre qui animait ses camarade la gagna peu à peu et elle se surprit très vite à sautiller comme les autres, impatiente d’entendre la musique.
Aussi rapidement que le déplacement en foule le permettait, la galloise se rendit au-devant de la scène où le premier groupe s’apprêtait à entamer le spectacle. Elle ne connaissait pas ces musiciens et devant la mine peu enjouée de quelques-uns de ses camarades, elle se douta qu’il ne devait pas s’agir du groupe tant attendu les « gobelins déchainés ». La jeune fille pu attraper au vol quelques commentaires sur ce groupe inconnu mais seul le mot « nimbus » retint son attention, mais avant qu’elle ne puisse se pencher sur la question de la présence de ce mot à un spectacle rock, la musique commença.
Le peu de connaissance que Camille possédait en matière musicale ne l’empêcha pas d’apprécier la chanson et très vite elle perdit la notion du temps et d’espace. Crier, sauter et rire étaient désormais des attitudes aussi naturelles que respirer et la fête entra dans son cœur.
Au bout d’un moment indéterminé (elle n’aurait su dire depuis combien de temps elle était là) le groupe quitta la scène et une attente fébrile s’empara des spectateurs dans l’attente des musiciens suivant. A sa gauche, une fille hystérique hurla le nom des «Botrucs» et la musique recommença, plus forte, plus rapide et encore plus hypnotisante.
Après plusieurs chanson à hurler et à chanter des paroles inconnues reprisent en cœur par le publique tout entier, la serdaigle repris peu à peu ses esprits et décida de quitter les devants de la scène. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et l’excitation retombant quelque peu, elle se rendit compte qu’elle mourrait de soif.
La galloise fendit la foule et se dirigea vers le stand de biereaubeure le plus proche. En passant elle distingua plusieurs élèves de cinquième année qui mélangeaient du whisky pur-feu à un autre liquide indéterminé en riant comme des déments. L’alcool ne rendait décidément pas les gens plus engageant.
Arrivée au stand, Camille échangea la somme exigée contre une chope de biereaubeure qu’elle porta à ses lèvres avec empressement. Soudain un peu de liquide reversé vint mouiller ses doigts et le verre lui glissa des mains pour s’exploser par terre avec fracas, répandant la moitié de son contenu sur la robe de la jeune fille. Quelle gourde !
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Neil Riley
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Sam 2 Oct - 17:15:57

- Tu as déjà vu les Botrucs Vulgaires en concert ?
Une question le tira de sa rêverie. Il avait réussi à oublier Amalia. Son regard allait depuis cinq bonnes minutes d’un groupe de musique à l’autre. Les Mystic Sombrals plaisantaient entre eux et empilaient joyeusement les bouteilles de bière sur la table. Leurs discussions tournaient surtout autour de la musique et il regrettait de ne pouvoir se joindre à eux. Les formations lycéennes n’intéressaient pas les professionnels. Il y avait toujours un mépris du débutant. Les groupes expérimentés considéraient que des gamins n’avaient rien à partager. Pourtant, les bribes de leur conversation lui inspiraient parfois quelques réponses argumentées. Il se serait mêlé aux débats s’il l’avait osé. Mais son refus d’attirer l’attention le privait de belles rencontres. Il devait se contenter du bavardage stérile de la belle Amalia.
Le regard posé sur les deux prétendantes de Robin, la Gryffondor se moquait de leur jeu de séduction. Neil l’approuvait d’un air absent. Il savait qu’elle ne demandait pas mieux que de se faire siffler par le séduisant chanteur.
Son attention s’était tournée sur les Gobelins Déchaînés qui semblaient fermement décidés à ne pas se mêler à la vie de la loge. Ils fumaient penchés sur une table de billard au tapis brûlé. Le Poufsouffle était un peu déçu de découvrir une bande de gars aussi désagréables. Il aimait leur musique mais il semblait que leur récent succès ait exacerbé un naturel prétentieux chez la plupart de ces musiciens. Ils venaient pour jouer et se fichaient éperdument des autres artistes. Certains prétendaient même que le guitariste avait réclamé un local personnel. Neil espérait ne jamais perdre l’esprit de partage et de soutien dans la galère avec la célébrité. Il ne fallait cependant pas compter sur Robin ou Simon pour garder la tête sur les épaules. Une simple notoriété locale leur inspirait déjà des attitudes de star.

- Alors ? La question te demande tant de réflexion ? insista Amalia en lui prenant sa bière des mains pour boire une gorgée.
Que lui avait-elle demandé au fait ? Il rassembla ses idées à la hâte et répondit en récupérant sa bouteille.

- Heu non, jamais, mais…
- Moi non plus ! Il paraît que c’est le groupe à connaître du moment. Tu veux aller regarder de plus près ? le coupa-t-elle en se redressant brusquement.
- J’aimerais bien rester tranquille un moment… Je ne suis pas très fan de leur musique, j’attends plutôt les Mystic Sombrals.

Il avait essayé de décliner l’invitation le plus délicatement possible mais Amalia se renfrogna et prit une mine contrariée que les garçons ont toujours un mal fou à interpréter. Les filles sont imprévisibles lorsque leurs idées fixes ne correspondent plus à la réalité. Un simple mot pouvait se transformer en déclaration de guerre ouverte et il n’avait aucune envie de recevoir tous les reproches du monde pour avoir fait comprendre à une jeune fille qu’elle ne l’intéressait pas. Neil s’en tint au silence en espérant le départ d’Amalia. Mais cette dernière ne se découragea pas. Elle but à nouveau dans sa bouteille et lança :
- Ouais t’as raison, je ne suis pas trop fan des Botrucs, leurs paroles sont vraiment vulgaires ! Je crois qu’ils se croient drôle mais ça me fait pas vraiment rire…


Un regard vers les Mystic Sombral lui fit à nouveau perdre le fil de la conversation. Liliana Vanloock riait à la table du groupe. Oui, bien sûr, en voilà des mecs cools, doués, séduisants et plein d’humour. Pourquoi n’était-il pas allé à leur table ? Avec un peu de chance, la belle Serpentard l’aurait peut-être estimé fréquentable. Mais il fallait qu’elle le découvre aussi insipide que ses compères, isolé dans un canapé, blasé, contre une fille dénuée de classe et d’intérêt. Amalia s’était en effet rapprochée de lui. Elle ne semblait pas tout à fait sobre et descendait la bière encore plus rapidement que lui. Sa cuisse frôlait son baggy. Neil commençait à ressentir un certain malaise, il n’avait aucune envie que Liliana le surprenne avec cette fille. Ni avec aucune autre d’ailleurs.
Il prit le prétexte d’aller chercher deux autres bouteilles pour s’éloigner d’Amalia et s’installer à l’extrémité du canapé à son retour. Que pouvait-il faire hélas ? Boire et observer la rédactrice en chef de la Gazette à la dérobée semblait la seule possibilité. Il n’avait pas assez de culot pour l’approcher en lui réclamant une interview comme le guitariste des Gobelins qui s’intéressait enfin à une personne extérieure à son groupe. Etait-ce une façon de parler à une jeune fille aussi élégante ? S’il avait été plus près, il lui aurait sans doute cassé la gueule. Cette arrogance était tout de même incroyable ! Heureusement, Liliana n’avait pas besoin de gros bras pour le remettre à sa place. Cette fille avait une classe folle, une prestance époustouflante. Il était admiratif, et découragé d’avance à l’idée de lui parler. Il ne supporterait jamais de se faire éconduire de cette façon, ce qui arriverait probablement. Il n’avait aucun sens de la communication. Les filles lui reprochaient souvent d’être vexant mais il n’avait pas encore réussi à identifier l’origine de ce défaut. La remarque venait toujours après une phrase complètement anodine, et la colère qu’il recevait en retour le dépassait.


- Tu as entendu ça ?? N’importe qu’elle fille rêverait de se retrouver à sa place et elle le remballe !
s’était exclamée Amalia, une main choquée sur la bouche.
- Ah vraiment ? Je ne suis pas une fille mais je crois que je n’aimerais pas être traité comme la plus belle pomme d’un étalage… répliqua-t-il sèchement.

Amalia avait un air éberlué. La remarque du Poufsouffle la prenait de court. Elle avait une image beaucoup plus douce de lui, celle d’un garçon gentil quoiqu’un peu renfermé, qu’il était amusant de provoquer. Le regard écœuré qu’il lui assenait n’entrait pas dans le cadre où elle l’avait fixé. Que se passait-il ? Sa stupéfaction s’acheva dans un sourire. Elle lui servit la réaction classique d’une fille soumise mais contre le machisme.

- C’est pour ça que je t’aime bien Neil. Tu as du respect pour la dignité des gens. On voit tout de suite que t’es pas un salaud. Et tu sais, je sais les reconnaître à force. Tous mes ex m’ont déçue, j’aurais dû rencontrer un garçon comme toi plus tôt…


La jeune fille fit un geste pour lui prendre la main et Neil s’esquiva à l’instant même où Liliana surgissait devant lui. Elle venait sans doute saluer la Gryffondor. Cependant, son nom franchit très vite les lèvres de la belle. Elle voulait lui poser des questions, à lui, le misérable bassiste d’un groupe sans avenir. Robin serait vert de jalousie s’il voyait qu’on faisait passer son avis avant celui du leader. Mais le chanteur avait des préoccupations de starlette autrement plus passionnantes, il avait rompu avec sa dernière copine la semaine dernière, il fallait bien qu’il se trouve un autre plan cul pour le week-end. Neil ne cherchait pas à provoquer la rivalité entre les membres du groupe. Cependant, il était ravi d’attirer l’attention sur lui pour cette fois et comptait bien garder ce privilège le plus longtemps possible. Or, Amalia se jeta soudain sur lui en serrant ses bras autour de sa taille et en posant sa tête échauffée par l’alcool contre sa poitrine.

- Moi j’veux pas, c’est le mien, tu touches pas !

- Je crois qu’elle a trop bu…
- Même pas vrai !
Sa patience finissait toujours par le perdre. Il aurait dû repousser Amalia depuis le début, Liliana l’aurait trouvé seul et personne n’aurait pu mettre à mal l’entretien inespéré qu’elle s’apprêtait à lui accorder. Neil essaya de se dégager de l’éteinte de la Gryffondor, mais cette dernière s’accrochait fermement.

- Oh Robin t’a-t-il dit qu’il avait apporté une cuvée de guiness pour fêter le concert ? Tu devrais aller le voir avant qu’il ne boive tout avec tes amies…
lui souffla-t-il à l’oreille.
L’avantage des individus engagés sur la pente de l’ivresse est qu’ils sont prêts à renoncer à tous leurs projets pour obtenir une boisson intéressante. Amalia maugréa quelque chose d’incompréhensible puis se redressa et fila réclamer son dû.

- Je suis vraiment désolé, tu peux prendre sa place maintenant… heu enfin, venir sur le canapé si tu veux t’asseoir ! Merveilleux, il avait visiblement assez de talent pour faire fuir deux filles en moins d’une minute. – Alors… Tu avais des questions à me poser ?

Sa première bourde lui avait fait perdre tout son sang-froid. Les joues rouges de honte, il évita son regard, convaincu que la jeune fille regrettait déjà d’avoir jeté son dévolu sur lui.

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Alek Turner
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Mer 6 Oct - 23:56:43

[HJ: Désolé du délai... Sad]

Alek ne se sentait clairement pas à sa place. L’ambiance qui régnait dans le petit groupe le mettait plus que mal à l’aise. Il pouvait ressentir l’animosité ou du moins le non-enthousiasme flagrant des deux autres jeunes hommes et regrettait d’avoir choisi de suivre Lorelei. Après tout, c’était toujours ses idées à elle qui finissait mal. Alek s’efforçait d’ailleurs de ne pas trop penser à la proximité du corps de la jeune femme et ainsi garder ses esprits clairs. Siobhan pouvait revenir à tout moment et tout le monde les voyait. Alek se déplaça donc discrètement, de façon à ce que son corps et celui de Lorelei ne soient plus en contact l’un avec l’autre.

-Salut. Samuel, enchanté. T'as pas l'air super content d'être là, Alex... Alek... Tu sais, t'es pas obligé de rester, hein...

Si Alek avait douté du fait qu’il n’était clairement pas le bienvenue, ces paroles auraient suffit à tout faire changer. Son interlocuteur n’avait fait aucun effort pour l’intégrer dans leur petit groupe, tout comme il n’avait aucunement respecté autrui en balançant son gobelet par-dessus bord. Il pourrait heurter quelqu’un et peut-être même le blesser, on en sait pas. Mais qui donc était cet être si égoïste et insouciant? Et qu’est-ce que Lorelei faisait à traîner avec lui? Le fait qu’il n’ait même pas porté attention à son prénom n’était en rien un point positif en faveur du jeune homme. Alek aurait eu envie de lui foutre son poing dans la gueule, juste pour voir s’il resterait aussi indifférent longtemps.

-Enchanté aussi. Mais euh… j’suis seulement un peu timide tu vois…?

Le Turner avait vraiment essayé de ne pas être trop bête et méchant avec lui, mais ne savait pas si son ton froid et son attitude fendante l’avait aidé. Mais il s’en fichait. Comme pour marquer ce fait encore un peu plus, il décida de détourner son attention de sur Samuel et de plutôt regarder la scène et la foule. Mais il ne les regardait pas vraiment. Il cherchait plutôt une raison de retourner auprès de Siobhan, tout en essayant du mieux qu’il pouvait de ne pas regarder trop longtemps Lorelei. Cette fille avait généralement le don de l’embraser et ce n’était vraiment pas une bonne idées dans les circonstances…

- En effet, et Lorelei a d’ailleurs bien mauvais goût en matière de diminutifs grossièrement affectifs. Il semble cependant que notre société l’ennuie assez pour qu’elle éprouve le besoin d’y ajouter un élément nouveau… Appelle moi plutôt Lenny, enchanté Alek.

Ce deuxième jeune homme lui donna un bien meilleur effet que le premier. Alek eut même un petit sourire suite aux propos de celui qui voulait qu’on l’appelle Lenny. Mais peut-être était-il simplement plus hypocrite? Alek n’aimait pas faire de nouvelles rencontres, car il ne savait jamais si les gens étaient sincères ou non. Sauf dans le cas de Samuel, lui il était clair…

-C’est de mauvais gout, je l’avoue…

Alek voulait taquiner Lorelei, question de se venger du mieux qu’il pouvait de l’avoir placé lui dans une telle situation. Il lança pour la première fois un regard direct à Lorelei et le regretta aussitôt. Elle était si belle ce soir, c’était à en couper le souffle. Alek avait envie de la toucher, de lui prendre la main, non la taille et de l’embrasser… Il ne put cependant pas se perdre bien longtemps dans ses pensées adultères, car sa bien-aimée revint. Siobhan atterrit parmi eux comme une bombe atomique. Elle était arrivée rapidement et avait pris la parole tout aussi vite. Alek n’avait donc pas eu le temps de la prendre par la taille et de lui retirer le verre qu’elle tenait, car elle l’avait déjà balancé sur les vêtements de Lorelei. Et Siobhan avait beau faire comme si tout cela était un accident, mais Alek savait bien que c’était faux.

-C'est ce que tu as trouvé de mieux? C'était un bel essai.
-Mon pauvre vieux... j'voudrais pas être à ta place.


Alek avait eu envie de répondre que lui non plus ne voudrait pas être à sa place, mais il se retint. Son amoureuse était déjà assez furieuse, pas la peine d’en rajouter. Il sut rapidement, cependant, que la rage que Siobhan ressentait face à lui était véridique. Ses yeux ne mentaient pas et son regard était tellement noir qu’Alek se serait cru au milieu d’un gouffre sans fin. Elle semblait vouloir lui crier une poignée de bêtises par la tête, ce qui commença a faire naître les regrets en lui. Alek remarqua qu’elle fumait et elle lui envoya même sa fumée en plein visage alors qu’elle savait très bien qu’il détestait quand elle fumait. Il prit donc la cigarette des mains de Siobhan, la jeta par terre et l’écrasa, tout ceci avec un grand sourire. Lorsque sa bien-aimée était dans cet état, il savait que ce n’était pas la meilleures des idées de la provoque et que c’était inutile d’essayer de parler, mais en même temps, ile ne pouvait pas rester là à ne rien faire et à la laisser gâcher la soirée de tout le monde…

- J'ai envie de faire la fête. Tu viens avec moi ou tu préfères rester avec elle?

Alek regarda Siobhan et Lorelei en alternance deux ou trois fois, il ne savait pas trop. Il avait plus envie d’être avec Lorelei, mais c’était plus convenable et gentil d’aller avec Siobhan… Cependant, il n’eut pas le temps de répondre. Lorelei avait pris les devants, encore une fois…

-Oh, je te le laisse, Siobhan. Je n'ai pas besoin de lui en particulier pour ne pas rester toute seule.

Alek dût cacher sa douleur d’être ainsi traité par Lorelei. Il fixa le vide au loin et serra légèrement la mâchoire. Après tout ce qu’ils avaient partagé, elle le laissait tomber aussi cruellement? Alek ravala ses paroles mesquines et son petit amas de tristesse tandis que Lorelei s’éloignait. Il reporta ensuite son attention sur sa petite amie et lui sourit sincèrement. Cela lui faisait du bien de la voir. Même avec son air buté et enragé, elle restait très belle. Elle restait celle avec qui il avait le plus envie de passer du temps et celle avec qui un baiser signifiait réellement quelque chose. Cela lui faisait étrange de ressentir plus de désir pour Lorelei que pour sa petite-amie, mais il savait que c’était de Siobhan qu’il était amoureux et se disait que cela compensait suffisamment…

-Mon amour, tu n’as pas à être fâchée… Tout s’est passé tellement vite! J’ai à peine eut le temps de me rendre compte que Lorelei tirait sur moi que déjà j’étais rendu dans le petit cercle… Et une fois dedans c’était gênant d’en ressortir…

Alek prit le menton de Siobhan avec douceur et la força légèrement à relever la tête vers lui. Il appuya son front contre le sien, frotta leurs deux nez et effleura à peine ses lèvres.

-Alors… est-ce que tu me pardonnes? Parce que tu vois, je crois qu’on avait commencé une discussion très intéressante avant que la chipie débarque…

Alek voulait seulement enterrer la hache de guerre et ne surtout plus penser à Lorelei…


Dernière édition par Alek Turner le Mar 12 Oct - 14:35:13, édité 1 fois
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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Ven 8 Oct - 17:40:35

Liliana n'avait aucune sorte d'estime pour Amalia et elle avait bien raison. Cette fille n'avait aucune tenue, ni aucune sorte de classe. Hormis son joli minois, il ne transparaissait pas en elle une classe particulière qui la ferait se démarquer des autres, ni un charme très percutant. L'unique fait qui la mettait un peu à l'écart du reste de ses amies étaient qu'elle n'était pas en train de s'acoquiner avec ce pseudo leader de Robin, qui se mettait en avant comme un jeune coq infatué. Le fait qu'il ait près de lui un des groupes les plus célèbres du monde sorcier ne le remettait même pas à sa piètre place. Liliana trouvait ce comportement désespérant et dénué de recul. Moins désespérant, cependant, que la réaction que venait d'avoir la Gryffondor alors que la Rédactrice en chef lui demandait poliment d'aller voir ailleurs le temps d'une interview. Les sourcils de la grande blonde se froncèrent imperceptiblement, le temps d'un clignement d'oeil, avant qu'un sourire coquet ne se dépose sur ses lèvres avec une facilité désarmante. Au fond d'elle, elle avait particulièrement envie de botter l'arrière train de la donzelle en bonne et due forme. Devait-elle réveiller la vieille guerre Serpentard contre Gryffondor pour expédier Amalia ailleurs que dans son espace vital, quelque part vers la nébuleuse stratosphère de son esprit noyé dans une canette de bière ?
Une patience infinie se lisait sur le visage opalescent de la Serpentard, mais ses doigts qui frappaient sur un rythme tout autre que la musique en sourdine la trahissait. Cette fille n'avait vraiment, définitivement, aucune tenue. Si la bière que Liliana avait bu lui montait légèrement à l'esprit, elle savait, elle, continuer à se tenir convenablement.

- Ne t'en fais pas, j'essayerais de ne pas te l'abimer... Du moins, pas trop.

La proximité entre Neil et Amalia l'exaspérait. Le Poufsouffle baissait dans son estime aussi vite qu'il y était grimpé. Lui aussi, finalement, était-il en train de jouer le jeu de la "petite gloire" que lui avaient conféré sa présence sur une grande scène ? Au moins semblait-il gêné d'être pris sur le fait, et tentait tant bien que mal de repousser l'étreinte de sa camarade ivre. Liliana lui adressa un regard particulièrement provocateur alors que le souffle de sa voix s'était à peine éteint. Mesquinement, elle cherchait à accentuer l'embarras du garçon, comme si s'en prendre à lui relevait d'une petite vengeance personnelle vis-à-vis de cette bande de manchots incapables d'aligner proprement un seul de leur morceau.
Finalement, une phrase de Neil parvint à les débarrasser de l'intruse. Elle avait été murmurée, et Liliana n'avait comprit à travers le brouhaha ambiant que les mots "Robin" et "bière". La liaison était faite, et alors que la Rouge et Or la dépassait, Liliana la suivit du regard en émettant un sifflement sec de mépris.

- Gentille fille...
Murmura-t-elle alors que cette dernière se précipitait quelque peu violemment sur le chanteur des Nimbus. Il aurait été un temps, la Serpentard lui aurait expédié dans le dos un sort de glissade afin de la couvrir de ridicule. Une chance pour la Gryffondor qui ses élans vipérins avaient évoluée en une maturité, bien que pavée de ruse, qui annihilait une partie de son impulsivité naturelle.

Ce furent les excuses de Riley qui la ramenèrent sur l'instant présent. La jeune fille lui adressa à nouveau un regard, cette fois dénué de tout sous-entendu. Une vague sympathie courait dans ses yeux, avant de se figer et de se résorber sous l'impact des mots maladroits du bassiste. La fraction de seconde qui s'ensuivit furent couronnés par un levé de sourcils dubitatif, avant que la bourde n'apparaisse à l'esprit du jeune homme. Les rougeurs qui montaient à ses joues arrêtèrent la pique acérée que s'apprêtait à rétorquer Liliana. Les Poufsouffles semblaient définitivement être des experts en matière de gaffe, mais la bonne humeur que lui avait apporté ses retrouvailles avec Chad lui permis d'en sourire. Neil, lui, n'osait plus rencontrer son regard. Après tout, peut-être n'était-ce qu'Amalia qui avait voulu jouer la groupie, et alors, son instinct ne l'avait pas trompé sur la nature du jeune homme. Elle aurait trouvé cela attendrissant, si elle était d'un caractère à s'émouvoir de ce genre de chose. Au lieu de quoi, son esprit taquin frappait à la porte de son esprit, priant pour qu'on le laisse enfin surgir.

- Oh, comme c'est dommage... J'aurais tellement aimé prendre sa place, puisque tu as l'air si confortable, Neil.
Lâcha-t-elle avec un petit air moqueur, avant de prendre place sur le canapé à ses côtés.
Avant de répondre aux interrogations du garçon, elle retira son chapeau et le posa sur l'accoudoir à côté d'elle, avant de sortir son carnet de note et sa plume enchanté pour écrire sans l'aide de la main de sa propriétaire. Enfin, elle croisa les jambes avant de croiser les yeux de Neil.

- Oui, en effet, j'aurais quelques questions pour la Gazette si cela ne t'ennuie pas...
Murmura-t-elle assez fort pour être entendu malgré le cliquetis de la canette de bière qu'elle ouvrait. Son air ennuyé, quant à lui, trahissait sa désinvolture. Elle avait bien du mal à se remettre dans la peau de la Rédactrice-en-Chef après avoir été en compagnie de la joyeuse bande des Mystic Sombrals. De plus, elle n'avait pas noté ses questions et celles-là semblaient flotter quelque part loin de son esprit, hors de portée de ses doigts.
- Bien, avant d'entrer dans le vif du sujet, je voudrais que tu...

La Serpentard n'arriva pas au bout de sa phrase. Des éclats de voix se démarquaient des rires et des bavardages anodins, en provenance des Gobelins Déchaînés. Son regard passa du Poufsouffle aux musiciens, qui s'étaient rapprochés les uns les autres d'un air particulièrement mécontent. Son flair lui susurrait que quelque chose s'apprêtait à se produire et sa plume commençait à frétiller à la mesure de ses pensées, tandis que la demoiselle enchantait le vélin pour léviter à côté d'elle. Sa curiosité la démangeait, cependant, elle n'avait aucune envie de se frotter au groupe alors qu'ils semblaient comploter entre eux, d'autant plus qu'ils étaient tout sauf un modèle d'amabilité et de serviabilité. Détournant le regard, elle chercha à rattraper le courant premier de ses réflexions.
- Désolée, un moment d'égarement. Je sens qu'il va se passer quelque chose du côté des Gobelins Déchainés, mais ce tas de Veracrasse ne mérite pas mon attention. Je te disais donc que je voudrais que tu me dise quelques mots à propos des Nimbus. Comment vous êtes vous rencontré ? Qu'est-ce qui vous a poussé à former votre groupe et surtout, comment vous qualifiez-vous par rapport à votre musique ? Cela sera notre introduction.

Son attention ne quittait à présent plus la plume qui se gorgeait magiquement d'encre. Elle préférait toujours, dans un premier temps, se concentrer sur ses outils que sur les personnes qu'elles interrogeaient, de peur qu'un d'eux ne la lâche ou que la plume ne se mette à se transformer en plume à papote, transformant chaque phrases en inepties affligeantes.

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Lenny Pinsker
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Dim 17 Oct - 0:07:17

Quelle fille détestable ! Lenny retirait toutes les qualités qu’il avait trouvées un peu plus tôt à Liliana. Elle ne valait finalement pas mieux que Siobhan et Lorelei. Le démon féminin avait juré de lui gâcher toute la soirée. Criant par-dessus son épaule, Miss Vanloock soutenait avec une incroyable mauvaise foi qu’elle n’avait jamais eu l’intention de mépriser son frère. Or, Lenny trouvait la réaction de Samuel légitime. Son cadet ne devait rien à une fille qui le traitait en domestique. Cette situation n’appelait aucune courbette. D’où lui venait donc cette manie de croire que tout lui était dû ? La mort de ses parents ne l’avait pas rendue plus humble. Il n’était pas étonnant qu’en cinq années d’études Liliana n’ai pas noué la moindre amitié. L’autorité seule ne suffisait pas, et personne n’avait envie de la suivre, mis à part quelques amants transis qu’elle humiliait systématiquement. Elle pouvait aller faire sa belle dans les loges, il s’en fichait. Si les filles aimaient se rendre importantes en s’entourant de musiciens il lui ferait grâce de cet instant. Après tout, que dirait-il à ces starlettes dont l’intelligence se concentrait au bout des doigts ? Il préférait garder ses distances avec les phénomènes de mode d’un instant et s’approcher du garçon le plus brillant de l’école. Mais des filles viciaient toujours la zone. Elles se pressaient autour du Serdaigle et contribuaient – c’était évident – à noircir son humeur. Lenny ne s’était pas gêné pour interrompre la conversation puisqu’il avait déjà observé la condescendance avec laquelle Adam avait l’habitude de traiter ces demoiselles. Il s’étonnait chaque jour de leur acharnement. Les sous-entendus moqueurs pleuvaient sur leur crâne décérébré et elles ne le relevaient jamais. Plût au préfet en chef que ses groupies les plus tenaces ne fussent pas de Serpentard. Celles-là se vexaient d’un rien, et leurs vains emportements se perdaient en heures de justifications stériles.

Adam avait saisi la sortie qu’il lui tendait. Les prétendantes retournèrent à leur anonymat et le jeune homme l’entraîna d’une main ferme à l’écart de la foule. Lenny était surpris. Il n’était pas habitué à ce genre de familiarité. La plupart des élèves évitaient de le toucher. Une sorte de barrière invisible les dissuadait d’effleurer sa peau, même pour se donner meilleure contenance. Mais le préfet-en-chef n’était absolument pas touché par son aura de froide majesté. Il avait assez de force pour le dominer tout entier et passer outre ses jeux d’intimidation. C’était prévisible, le Serdaigle ne l’aurait pas attiré sans cet état de fait, et, pourtant, Lenny n’était pas particulièrement rassuré. Le terrain sur lequel on le conduisait ne lui appartenait plus, il serait à la merci d’Adam Audley. Le Serpentard savait qu’il n’y avait pas d’amitié à espérer de la part du bleu et bronze. Il savait reconnaître les sourires artificieux, et les affabilités feintes, pour les pratiquer lui-même avec un talent moindre. Ce garçon n’était qu’un portrait adroitement esquissé. Il l’intriguait, mais il n’était pas suffisamment audacieux pour le défier à son jeu. Lenny s’enfermait dans une impassibilité sécuritaire qui le protégeait du monde. A découvert, il était faible. Ses finesses flanchaient souvent sous le coup d’une émotion. S’il était bon calculateur, il faisait un très piètre improvisateur. Quelles questions allait-il poser ? Il rechignait à verser dans le trop classique face à un personnage recherché que les sollicitations devaient lasser. Il était bien aisé de rabrouer un journaliste incommodant qui ennuyait sans originalité…

Mais le problème ne se posa pas longtemps. Adam avait pris l’habitude de se mettre à la disposition de n’importe qui et il tint son rôle à la perfection. La critique du concert se délia tout naturellement. Les phrases défilaient comme si elles avaient été méditées tout le long de la prestation des Nimbus. Lenny en demeurait ébahit. La plume magique qu’il avait sorti à la hâte glissait à toute allure sur son parchemin. D’ordinaire, les interviewés étaient peu diserts. Il fallait généralement les assommer de question afin d’orienter soi-même la tournure de leurs propos pour obtenir quelque chose d’intéressant. Or, chose étonnante, Adam avait une opinion parfaitement ciselée même pour un sujet aussi vulgaire que celui d’un concert de rock. Lenny était soudain quelque peu honteux de ne pas pouvoir vérifier la qualité de son jugement. Il n’avait pas écouté grand-chose et avait tout au plus relevé la technique très médiocre du chanteur et le vide des paroles. Il nota cependant que le préfet-en-chef avait réservé les compliments à son frère. Son discours était très mesuré, il restait assez juste tout en évitant de froisser la sensibilité de son cadet. Lenny appréciait l’attention. C’était une belle preuve d’affection que de souligner les qualités sans oublier de mentionner les défauts. Neil Riley méritait peut-être mieux que ce groupe de pacotille. C’était en tout cas l’avis implicite qui semblait se dessiner derrière la critique. Adam était peut-être plus qu’une statue d’ivoire aux gestes diablement sensuel. Oui, c’était assez incroyable mais même sa façon d’appuyer sa cannette contre ses lèvres avait quelque chose de troublant. Pris au dépourvu puis hypnotisé, Lenny ne tenta rien avant la relance du garçon. Il se reprit en plaquant à son tour un sourire artificiel sur son visage pâle.

- Je crois au contraire que je ne pouvais espérer une question plus complète. Relever les impressions du public se traduit généralement par une série de « Oui, c’est bien » difficiles à développer… Je suis désolé de t’avoir retenu pour un simple témoignage, mais le premier concert public d’un frère cadet me semblait assez important pour le mériter. Même si je ne connais pas beaucoup Neil, il a l’air vraiment investi dans ce qu’il fait…


Un sourire plus sincère passa et s’évanouit sous un front morose. Il songeait à Samuel à qui rien ne réussissait. Ou plutôt, qui n’avait pas assez confiance en lui pour s’engager dans quoique ce fût. Il ne manquait pas de qualités pourtant. Sa maîtrise du piano était bien meilleure que la sienne, et ses dessins s’amélioraient d’années en années. Mais ces talents ne lui suffisaient pas. Il n’essayait pas de se démarquer par ce qui lui réussissait. Neil avait un frère beaucoup plus brillant et charismatique que Lenny ne le serait jamais. Pourtant, le Poufsouffle n’avait pas mal tourné, il réussissait à sa façon, dans son domaine de prédilection, là où Adam n’avait sans doute aucun don particulier. Etait-ce vraiment sa faute si Samuel se renfermait ? Il ne savait plus quoi penser, ni ce qu’il était bon de faire.


- Mais je ne veux pas te retenir plus longtemps, je suppose que ton frère attend de connaître tes impressions. Il les appréciera bien mieux que moi.


Et, comme pour signifier la fin de l’entretien, il ferma son carnet. La douceur aimable de ses yeux gris donnait à son sourire un ton naturel très inhabituel. Ce n’était hélas qu’une illusion. Son humeur n’avait rien d’heureux puisqu’elle se piquait d’envie. En cet instant, Adam et Neil formaient une alliance fraternelle parfaite. Ils étaient le reflet de son échec. Samuel lui échappait chaque jour un peu plus. Il redoutait de le retrouver, certain d’être une fois de plus jugé coupable de ses malheurs alors qu’il venait de se mettre la rédactrice-en-chef à dos pour lui… Adam avait intérêt à ne pas faillir à son rôle d’aîné. Il n’avait même pas le cœur à engager une autre conversation avec lui. Egoïste à sa façon, il ne voulait pas être trompé dans cette belle idée qu’il se faisait d’une relation fraternelle autre que la sienne…


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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Dim 21 Nov - 16:21:42

Etre musicien, plutôt mignon – disait-on – et célibataire était une situation dangereuse après les concerts. Des filles qu’il ne connaissait pas lui lançaient des regards plus longs, et semblaient l’envisager d’une toute autre façon. Neil ne participait pas à ce petit jeu-là. Il n’en avait jamais vu l’intérêt. Les groupies de Robin et de Simon étaient d’une fadeur extrême. Elles minaudaient, jouaient les gamines, les petites ingénues, riaient à toutes les plaisanteries vaseuses. Etant le membre le plus jeune du groupe, il ne s’était jamais senti très concerné par ces histoires. Il s’était toujours vu dans ce rôle de « petit garçon de la bande » que les copines de ses aînés adoraient taquiner. Mais un changement très mal appréhendé venait de se produire. Il avait grandi cet été. Son entrée en cinquième année lui faisait intégrer la catégorie des bons coups. Amalia avait sérieusement jeté son dévolu sur lui. Et, tandis qu’elle se serrait contre lui, Liliana gardait un sourire hypocrite qui ne le trompait pas. Ce n’était pas le genre de fille à s’amuser de ces tristes démonstrations. Elle allait perdre patience et partir s’il ne réglait pas très vite le problème. Et que pensait-elle de lui en cet instant ? Elle se le figurait peut-être comme les autres, comme Robin qui profitait d’une mauvaise plaisanterie pour peloter les seins d’une admiratrice. La fille venait de le repousser avec un cri aigu et faussement offusqué. Intérieurement révolté, il essaya de se débarrasser de la Gryffondor mais la réponse de Liliana le décourageait d’avance. Le regard pénétrant qu’elle venait de lui lancer, et la poitrine d’Amalia qui se pressait dans un même temps contre son torse le mettaient au supplice. Elles allaient le tuer. Finalement, ce serait peut-être à lui de fuir, il était beaucoup trop gêné pour supporter leur petit manège très longtemps. Une idée, pas forcément brillante, le tira cependant de son embarras. Amalia l’oublia en l’entendant prononcer le mot guiness et il se retrouvait seul avec une Liliana au mépris affiché.

Neil aurait aimé trouver un truc intelligent à dire. Mais la condamnation sévère de la belle blonde le troublait. Il ne songea pas un seul instant à dissiper le malentendu. Il opta même pour la pire sortie quoi soit, il prononça des excuses coupables. Hélas, ce n’était pas le plus maladroit. Une magnifique erreur de tournure aiguisa le quiproquo. Il s’était réduit tout seul au rang de grossier dragueur. La réaction de Liliana fut immédiate et la gifle aurait probablement fusée s’il ne s’était pas repris assez vite pour apaiser sa fureur. Il avait plutôt intérêt à assurer s’il voulait rayer l’à priori désastreux sur lequel débutait leur entretient. Ce n’était malheureusement pas un art dans lequel il excellait et Liliana, en bonne vipère, avait senti la faille et en jouait. Sa moquerie le renfrogna instantanément. Il était à la fois rouge de honte et fermé dans une sorte de mutisme contrarié. Amalia était un parasite dont il aurait dû se débarrasser plus tôt. Peu doué pour le dialogue, il ne démentit rien et garda le silence. Neil avait la fâcheuse tendance de se braquer dès que la situation virait à son désavantage. Il n’essayait pas de se justifier. Pour une raison qu’il n’expliquait pas, les arguments ne venaient pas. Alors il laissait passer l’orage, et arrivait à s’étonner lorsque des accusations absurdes qu’il n’avait jamais contredites circulaient à son sujet…

Liliana avait repris un ton plus professionnel. Elle ne cherchait pas à en apprendre davantage et il n’avait plus qu’à répondre à ses questions. Ce serait un rôle sans risques. Tant qu’il ne disait pas de bêtises, il n’y avait aucune raison pour que la discussion se dégrade. Il répondrait en simple bassiste, sur un ton impersonnel, la Serpentard serait satisfaite et ils se sépareraient comme deux inconnus. Ce n’était pas tout à fait ce qu’il souhaitait bien sûr, mais il ne se sentait pas capable d’en faire plus sans commettre une faute irréparable. Cependant, l’alcool et l’heure faisaient monter la tension dans la loge. Les Gobelins Déchaînés s’emportaient. Visiblement, quelque chose n’allait pas. Si rien ne se résolvait, ils étaient bien capables de déclencher une baston. Le nom des Botrucs Vulgaires revenait de temps à autre dans leurs éclats et Neil commençait à redouter la fin du deuxième concert. A ce rythme, les gars sur scène allaient se faire casser la gueule dès la sortie. Liliana semblait prête à se mêler à l’affaire. Si elle le lâchait déjà à cause de leur scandale, le Poufsouffle se jura de profiter d’une bagarre pour coller une mandale à un de ces connards. Ce serait idiot, mais après toutes ces frustrations, ça lui ferait foutrement du bien.

Son visage assombris s’éclaira légèrement lorsque la journaliste traita les Gobelins de verracrasses. En voilà une déclaration pleine bon sens ! Il acquiesça doucement avant de se retrouver assailli de questions. En définitive, il n’était peut-être pas très opportun qu’il se charge de la communication du groupe. Cette interview aurait été plus adaptée à Robin ou Simon, c’était leur création. Il ne s’était jamais senti complètement investi dans les Nimbus. Ce groupe n’était qu’une bonne occasion de jouer, il interprétait les musiques qu’on lui donnait, améliorait régulièrement les compositions mais les structures de chaque morceaux étaient le fruit de la collaboration entre les deux Gryffondor qui évitaient la plupart du temps de faire appel à lui. Ceci dit, l’arrivée d’Alexia avait quelque peu changé la donne. C’était une femme de tête qui avait son mot à dire sur tout et la domination de Robin et Simon s’effaçait peu à peu pour donner une véritable cohésion de groupe. Que devait-il faire ? Assumer le rôle d’un leader au risque de déclencher une querelle au sein du groupe lorsque l’interview paraîtrait ? Il acheva sa canette pour se donner du courage et commenta d’un air vague les événements qui se passaient sous ses yeux :


- Oui, à mon avis les idées politiques des Botrucs ne doivent pas leur plaire. Mais enfin c’est débile, même si leurs paroles sont engagées elles ne vont pas au-delà de la provocation facile, c’est un peu la convention de leur genre de musique…


Mais il ne pouvait pas repousser éternellement le moment de répondre. Il hésita, ouvrit une autre canette puis songea que Robin ne pourrait s’en prendre qu’à lui. S’il n’était pas aussi occupé à draguer trois filles en même temps il aurait pu s’occuper de faire sa publicité lui-même. Or, cet imbécile était déjà trop ivre pour remarquer qu’une journaliste s’était approchée de son bassiste. Neil commença néanmoins la présentation du groupe avec humilité.

En fait pour notre rencontre je ne suis pas forcément le mieux placé pour en parler parce que c’est Robin qui a eu l’idée de fonder le groupe avec des amis à lui quand il était en cinquième année. Donc tout est parti avec trois amis de Gryffondor, ils étaient dans la même classe et inséparable depuis leur première année. C’est Simon qui m’a recruté. Ils cherchaient un bassiste pour compléter leur formation et comme la plupart des élèves qui veulent se mettre à la musique apprennent la guitare ou la batterie ils n’avaient pas tellement de choix.

Les mots lui venaient plus facilement qu’il ne l’avait pensé. En fait, il aurait pu parler des heures de son groupe de musique, et l’alcool aidait un peu, il fallait l’avouer.


- Il m’a vu jouer une après-midi dans le parc, on s’est mis à discuter et comme il me trouvait pas mal doué malgré mes deux ans de moins, il en a parlé aux deux autres et j’ai été intégré au groupe. A l’époque, je ne savais pas encore très bien comment les choses allaient se passer, j’étais juste super enthousiaste à l’idée de faire parti d’un groupe de musique et je savais que pour jouer dans un truc un minimum sérieux je devais aller vers des gars plus âgés. Finalement, même si on n’était pas du même monde, on a réussi à trouver un bon terrain d’entente sur la musique. Mais l’année dernière, Jason, notre guitariste, a décidé de tout plaquer. Je crois qu’il a pété un câble avec les Carrow et tout ça. On a essayé de le relancer mais il ne voulait plus entendre parler du groupe. Du coup, les élèves qui nous soutenaient se sont proposés pour le remplacer. Alexia était celle qui nous a le plus convaincue, ça va faire six mois qu’elle joue avec nous et je pense qu’au final ce changement va donner une bonne évolution à ce qu’on fait, une fille de Serdaigle dans une formation qui est partie sur la base de trois gars de Gryffondor ça ne peut qu’apporter des idées nouvelles…


Il eut un vague sourire. Cette phrase était en réalité lourde de sous-entendus. Mais il ne pouvait pas dire que Robin manquait de créativité et que Simon n’avait aucun sens des initiatives. Ce duo-là ne lui avait jamais donné envie de proposer des idées. Ils parlaient peu de musique ensemble. Tout ce qui les intéressait l’année dernière lorsqu’ils se retrouvaient pour bavarder était de l’inciter à coucher avec une fille. Alexia était finalement la seule avec laquelle il pouvait vraiment parler musique. Sur ces réflexions, il se demanda s’il ne s’était pas embarqué dans une tirade un peu trop longue et poursuivit plus prudemment :


- Enfin… tu peux le dire si je parle trop hein… Je sais pas trop où je pourrais situer notre musique par contre. On essaye de composer avec les influences de chacun. Mais je crois que l’idée principale des Nimbus était de faire une musique rock pleine d’énergie sur laquelle on puisse s’amuser. C’est devenu un peu plus engagé l’année dernière mais on a toujours eu la volonté de dégager un truc positif. J’aime bien les musiques qu’il suffit d’écouter un coup pour te rappeler que tu as envie de vivre. Je pense qu’on a tous envie d’arriver un jour à ce résultat…

Oui, c’était vague mais il ne voulait pas saouler Liliana de paroles. Cependant, l’essentiel était dit, même si, à première vue, les ambitions du groupe ne semblaient pas très hautes, il s’agissait des plus importantes pour lui. Pas la peine de s’embarquer dans du bavardage technique qu’aucun lecteur ne comprendrait, c’était bon pour les magazines spécialisés.

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Liliana Vanloock
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Lun 22 Nov - 17:19:33

Difficile de se plonger dans une activité sérieuse lorsque l'on venait de passer un bon moment et qu'on espérait seulement réitérer l'action. Liliana brûlait de renchérir aux propos qu'avait tenu Neil sur les Botrucs Vulgaires, mais elle se contenta de se mordre la lèvre pour ne pas se laisser emporter dans un discours qui était en hors-sujet total avec ce pourquoi elle s'était approché du bassiste des Nimbus. Elle se contenta d'un simple hochement de tête et adressa un regard au jeune homme pour l'encourager à parler tandis qu'il ouvrait sa canette de bière. Elle même gouta une gorgée de la sienne, non sans trinquer de prime abord avec Riley. Bien sûr, elle n'était pas là pour profiter de l'alcool, mais cela demeurait un maigre réconfort alors qu'elle se trouvait obligée de se priver d'une partie de la fête pour mener seule les interview. Lenny, cet égoïste prétentieux, lui paierait cela.
Avant de penser à la vengeance, elle devait cependant se concentrer sur son début d'interview. Elle observait les mots s'écrire soigneusement sur le parchemin en boucles rondes et bien formées et, lorsqu'elle estima que son matériel retranscrivait assez parfaitement les mots de Neil, elle lâcha sa plume du regard pour observer le jeune homme.
Il parlait bien et avec assez d'humilité pour que ses propos soient pris au sérieux. La belle histoire d'un jeune Poufsouffle enrôlé par trois Gryffondor avait toutes les chances de plaire au public et, ainsi, ne faisait pas regretter son choix à la Serpentard. Cette dernière répondit au sourire du bassiste lorsque ce dernier acheva de raconter l'incorporation d'Alexia dans le groupe. Doucement, des questions plus pertinentes lui venaient à l'esprit, mais elle ne se pressa pas. Il était toujours plus intéressant de laisser parler que de submerger de questions l'esprit de l'interviewé. Elle laissa le plan de son interview se former tandis que Neil achevait sa tirade en craignant de trop submerger la Rédactrice de paroles ennuyeuses. C'était le signal pour parler, et rassurer son vis-à-vis.

- Ne t'inquiètes pas, je ferais le tri si besoin est. Je préfère laisser parler le plus librement possible quand il y a possibilité, car cela peut apporter des éléments auxquels je n'aurais pas pensé. De toute façon, je dois enchaîner quatre interviews et je n'ai aucun plan, alors tu peux y aller...

La Serpentard avala une nouvelle gorgée de bière et s'enfonça dans le canapé en jetant un oeil sur ses notes. Les cris des Gobelins Déchainés la déconcentrait et elle craignait qu'ils ne finissent par tout détruire avant qu'elle n'ai pu s'échapper des loges. Il était définitivement hors de question qu'elle s'approche d'eux seule et sans escorte.
- Le genre de musique que nous aurions eu besoin d'écouter l'année dernière. Était-ce justement pour cette raison que vous avez osé plusieurs concerts clandestins durant cette période de troubles ou cela était-il plus personnel ?
Elle gardait distraitement un oeil sur les Gobelins déchainés tout en écoutant la réponse de Neil et en approfondissant du mieux qu'elle le pouvait ses questions au fur et à mesure de l'interview. Liliana avait été chanceuse. Dans une formation, il n'y avait en général qu'une personne déléguée à la communication, mais Neil en simple bassiste se débrouillait bien. Elle l'encourageait sobrement lorsqu'un point l'intéressait davantage, et souriait professionnellement lorsque le moment s'y prêtait. S'en serait presque devenu un moment de plaisir, si une intruse n'était pas réapparue dans son champ de vision, deux canettes en mains et tournant comme un animal en cage à qui on aurait fait boire un fût d'hydromel. Imperceptiblement, la Rédactrice se rapprocha de Neil, comme pour signifier à Amalia qu'il était encore chasse gardée.
- Elle est un peu collante ta copine.
Maugréa-t-elle au moment même ou un mouvement de foule survint dans les loges. Les Botrucs Vulgaires venaient de rentrer en coulisse, les cheveux collés par la sueur et empestant de vapeurs d'alcool. Dans leur coin, les Gobelins s'étaient figés, chacun arborant une expression des plus antipathiques. Les Mystics Sombrals, quant à eux, commençaient à s'éloigner des Gobelins pour se rapprocher des Nimbus. Seul Dave demeurait en arrière et tentait de rapatrier le plus de bières possible. Il s'avança finalement en titubant en direction de Liliana, avec cet air important de mec bourré qui s'apprête à faire quelque chose de complètement stupide mais de très important pour lui à ce moment. Figée, la jeune femme haussa les sourcils, prête au pire.
- Liliana, il faut absolument que tu m'aide.
- Euh... Commença-t-elle, gênée, mais le bassiste ne lui laissa pas le temps de réagir. Il s'écroula à moitié sur elle en déversant un flot de canettes sur le canapé et s'appuya d'une main sur son décolleté sans même sans rendre compte.
- Il faut que tu gardes mes bières, sinon ils vont tous les boire et moi j'en aurais plus.
Le regard fixé sur la main refermée sur son sein, la jeune femme demeura incapable de réagir, blanche comme un linge et une partie de sa bière renversée sur son bras.
- Oh c'est confortable ! Tiens et salut mec, t'es le p'tit bassiste du groupe d'avant c'est ça ? Ton chanteur est nase, tu devrais le virer.
Marmonna-t-il avant de s'en aller comme si de rien n'était. Cet interlude aurait fait rire la Serpentard si le souvenir de la main bien visible de Dave sur sa gorge ne s'était pas encré dans son esprit. Pour se donner contenance, elle avala le reste de sa canette en une longue rasade et la jeta au loin tout en posant une main pudique sur sa poitrine effroyablement offensée par cette main intruse.
- Il est un peu con quand il s'y met. Argumenta-t-elle timidement alors que ses joues prenaient de la couleur. Elle toussota, s'essuya le bras imbibé d'alcool et fut soudain secouée par une furie qui déboula sur Riley en poussant un petit cri hystérique.
- Le bassiste des Mystic Sombrals t'as parlé ?! Qu'est-ce qu'il t'as dit ? Et l'interview est finie ? Tu peux partir Van...

La pauvre Gryffondor n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'elle fut propulsée dans un jet de lumière à l'autre bout des loges sous le regard flamboyant de la Serpentard excédée. L'accumulation des évènements lui avait fait perdre son sang-froid et lorsqu'elle s'en rendit compte, le mal était fait. Elle osa tourner un regard contrit à Neil en abaissant sa baguette qui lançait encore de petites gerbes d'étincelles pourpres.
- Désolée, je crois que je viens de casser ton coup.

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Adam Audley
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Mer 24 Nov - 9:08:04

Les sourires amènes et les manières insipides ne trompaient jamais Adam, qui en faisait depuis trop longtemps usage pour ne pas percer la part d'ombre mystérieuse que renfermaient derrière des pupilles légèrement dilatés les yeux de ses interlocuteurs. Lenny ne l'avait pas entraîné à l'écart seulement pour quelques secondes de son temps, il le sentait autant qu'il le voyait au détail subtil qu'il venait de noter. Il demeura cependant droit et noble, camouflant une curiosité naissante derrière un regard impassible, presque obscur. Laissant le temps d'arrêt s'imposer de lui-même, il attendit que Pinsker prenne à nouveau la parole, curieux de voir ce que son silence déclencherait chez l'adolescent.
Il fut vaguement déçu. Sa curiosité s'évanouit en même temps que les paroles d'au revoir du Serpentard s'évaporaient entre eux. Lenny ne semblait pas être un garçon très entreprenant, il était étouffé derrière un rempart de froideur, lui même camouflé par des sourires aussi faux que ceux du Serdaigle. Il n'avait pas l'aspect des jeunes hommes intrigués ou impressionnés par le charisme inné du Préfet en chef, cependant, il donnait l'impression d'attendre quelque chose qu'il n'osait pas demander. L'ombre d'un sourire amical se dessina sur les lèvres d'Adam tandis qu'il enfonçait sa main libre dans la poche de son pantalon.

- En effet, c'est un garçon passionné par ce qu'il fait. J'ai quelques bases musicales également, mais cependant, je n'ai pas sa sensibilité dans le domaine.
Finit-il par lâcher sans fausse modestie. Il reconnaissait sans la moindre arrière pensée la supériorité de Neil dans la musique. Quand lui s'évertuait à corriger ses défauts au violon sans le moindre plaisir, son cadet s'était déjà tourné vers les instruments qui lui parlaient le plus et en avait rempli sa chambre. Lorsque Mrs Riley abandonna finalement l'idée d'apprendre le violon à ses enfants, elle eut pour consolation de voir Neil se passionner pour la basse, tandis que la chambre d'Audley, elle, se remplissait de livres divers et variés.
- Il m'attend oui, mais il me semble qu'une interview est prévue à la fin de son concert, je ne voudrais pas le perturber s'il est occupé. D'ailleurs, Miss Vanloock se serait-elle finalement rendue seule dans les loges ? Il me semblait que deux passes journalistes avaient été imprimé pour la Gazette de Poudlard.

Si son intérêt pour le Serpentard s'était effondrée aussi vite qu'elle était venue à lui, il continuait de mener la conversation par automatisme. Mais sans grande conviction. L'ennui le poussait à échanger ce genre de paroles insipides, il ne pouvait faire mieux pour le préfet. Il n'y avait pas de grands débats à nourrir, pas d'idées intéressantes à développer et Adam parlait rarement pour ne rien dire. Seulement, abandonner un ersatz de conversation le livrerait de nouveau à sa solitude et à sa morosité.
Il se tourna rapidement en direction du petit groupe de femelles qui l'avait assaillit un peu plus tôt et fut soulagé d'observer qu'il avait jeté son dévolu sur un joueur de quidditch qui avait eu le malheur de passer par là. À leur âge, les phéromones rendaient parfois Poudlard insupportable, mais ce garçon là ne semblait pas en être contrarié. Au contraire, il se tenait droit et fier, trop heureux d'aiguiser la curiosité de jeunes filles par sa tenue extravagante. Le sexe prédominait dans les relations sociales et un concert tel que celui-ci exacerbait les passions en pleine germination des étudiants. Adam, lui, avait dépassé le stade où les conquêtes s'avéraient être source de fierté, si tenté qu'il soit déjà passé par là. Ces manifestations qui frisaient l'exhibitionnisme, comme un jeune couple s'embrassant à pleine bouche à quelques mètres d'eux, avaient quelque chose de honteux, dénué d'amour propre.
Il soupira en se tournant vers Lenny, but une gorgée de bière et attendit la répartie du jeune homme en le considérant d'un regard amical.

- Au fait, merci de m'avoir débarrassé de ces plaies. Elles ont tendance à mettre à mal ma patience.
Prononça-t-il sur un ton qui travestissait le mépris qu'il adressait au petit clan de Serdaigle en humour.

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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Ven 3 Déc - 1:04:00

[Saminou!!!! Je m'excuuse! ♥ Pour me faire pardonner, tu peux toucher ma poit... Tu vois quoi.]

Sérieusement, pour un concert de rock, c'était plutôt ennuyant. Je m'étais attendue à quelque chose de plus grand, de plus fou, peut-être... Habituellement, j'arrivais même à m'amuser dans les fêtes les plus petites et ordinaires et, pourtant, ce soir-là, dans un concert avec plein d'autres jeunes qui avaient envie de tout sauf s'ennuyer, j'arrivais presque à regretter d'être venue. Je n'arrivais pas à trouver ce qui clochait. J'avais de jolis vêtements, un maquillage parfait... La musique était entraînante et j'avais même réussi à être le centre d'attention de mes blonds préférés et, en plus, d'Alek. Normalement, ç'aurait été assez pour me faire flotter, mais je restais obstinément collée au sol. C'est en me rendant vers ce cher Sammy que je compris ce qui m'arrivait: je n'avais aucun réel enthousiasme. Que du faux.

C'était probablement à cause de Siobhan. La savoir à cette soirée, en train de me détester passivement, me rendait dingue. À une époque, on se serait préparées ensemble. Elle m'aurait regardée comme si j'étais la plus magnifique de l'univers et, moi aussi, j'aurais apprécié son allure. On se serait fait nos habituels compliments en gloussant comme de sympathiques attardées mentales avant de se rendre à la fête. Et on aurait passé la soirée ensemble, à critiquer tout le monde, à boire et à adorer être l'une avec l'autre. Mais c'était terminé. En fait, je n'avais pas du tout envie de m'amuser à ma première fête sans Siobhan. Et le réaliser me frustrait totalement.

En m'approchant de Sammy chéri, je décidai donc de combattre cette tristesse stupide qui menaçait de m'empêcher d'apprécier chaque chose qui avait été liée à Siobhan par le passé. Je trouverais bien comment m'amuser ce soir, pour commencer.


-Tiens, assieds-toi si tu veux, y a de la place pour deux...

Il était étrange, soudainement. Sa voix, surtout, avait quelque chose de bizarre. Peut-être que je le dérangeais de me pointer ici et d'entrer sans permission dans sa bulle. Il semblait broyer du noir, avant que j'arrive, et je n'avais pas l'intention de le laisser continuer, surtout pas en ma présence. Il s'amuserait, lui aussi. Je ne lui en laissais pas le choix.

Je m'installai donc à côté de Sam en me collant sur lui. Exagérément, bien entendu.


-Tu sais, je m'ennuie, ce soir.

Mes paroles avaient été mi-murmurées, mi-chantées. J'avais planté mon regard dans celui de Sammy avec un air de défi difficile à ignorer. Puis, j'approchai un peu mon visage du sien. De loin, tout cela semblait parfaitement normal: une discussion entre deux personnes à un concert bruyant. De proche, avec le sourire qui venait de se tailler une place sur mes lèvres, l'invitation devait être évidente.

-Heureusement que tu es là, non?

Après un demi-sourire à la fois innocent et charmeur, j'assénai mon coup de grâce en mordillant légèrement ma lèvre inférieure. Habituellement, aucun garçon ne pouvait résister à ça...
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Lenny Pinsker
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Ven 3 Déc - 23:42:22

Lenny n’était vraiment pas à l’aise. Il en oubliait l’agitation du public, les vociférations du chanteur dans le micro qui hurlait plutôt qu’il ne chantait sans que cela ne dérangeât personne. L’écoutait-on seulement ? Dans une salle d’opéra, le public respectait la prestation des musiciens. Ils soupesaient chaque note d’une oreille attentive, se laissaient emporter par les variations d’une symphonie et n’applaudissaient qu’à la fin du mouvement. Ici, il lui semblait que l’armée de fan qui sautillaient, pogotaient et se montaient les uns sur les autres ne comprenaient absolument rien à ce qui se passait sur scène. Ce n’était qu’un prétexte pour faire les idiots. Un groupe d’une qualité moindre n’aurait pas provoqué moins d’hystérie. La seule chose qui les motivait était de savoir que les Botrucs Vulgaires étaient populaires. Mais, visiblement, Adam pouvait donner un avis professionnel sur chaque formation. Son analyse musicale s’était faite sans le moindre mépris, il reconnaissait même à son frère des talents qu’il n’avait pas en matière de sensibilité artistique. Alors, n’aurait-il pas dû se diriger vers du classique ? Un monde de certitudes se fissurait. Toutes les compositions d’origine plus modernes ne seraient pas à rejeter… Il songea alors à quelques morceaux que ses camarades dont les goûts étaient connus pour être élevés lui avaient fait écouter. Ce n’était pas digne d’être joué dans un opéra, c’était un rock qui se voulait plus intellectuel, il y avait même de la recherche dans les paroles, et, sans se l’avouer, il avait trouvé le son plutôt agréable. Tout à ses réflexions, il répondit machinalement au préfet-en-chef :

- Oui, je suppose qu’il consacre une grande partie de ses journées à la musique… J’aime jouer du piano ou du violon mais je n’ai jamais éprouvé le besoin de créer, et je ne sais qu’appliquer. Ce doit être agréable d’avoir ce genre de sensibilité…


Seulement, Adam se fichait éperdument de ce type d’observation. C’était bien ce qui suscitait la gêne du Serpentard. Il n’y avait pas de charisme réel dans son discours. Même s’il connaissait beaucoup de choses, il n’était pas capable d’amener d’emblée les « grands sujets » qui forçaient les interlocuteurs à vous écouter et à lancer un débat passionné. Adam attendait probablement une inspiration érudite, il voulait être distrait et le silence qu’il lui retournait, ses regards indifférents, ses paroles prononcées sur un ton presque monocorde formaient une bulle tendue, prête à exploser, autour d’eux. Elle éclata lorsqu’il prononça le nom de Vanloock. Fort embarrassé par ses remarques qui le mettaient délibérément en tort, Lenny rougit jusqu’aux oreilles. Il n’avait pas l’habitude de perdre le contrôle de cette manière, mais il ne se sentait vraiment pas dans son état normal. Il n’était pas dans son élément, il ne maîtrisait rien, et il avait peut être un peu trop bu. Quatre bièraubeurres en moins d’une heure ce n’était pas rien pour un jeune garçon frêle dont les seules expériences avec l’alcool se limitaient au verre de vin du kiddouch qu’il prenant avec ses parents lors des célébrations familiales. Il se demandait quelle serait l’opinion d’Adam sur son retrait soudain de l’équipe de la Gazette, et, surtout, il redoutait les déductions qu’il pourrait en faire, puisqu’elles expliquaient assez clairement le fait qu’il soit venu vers lui. En d’autres circonstances, il aurait menti en lui servant son plus beau sourire. Liliana avait préféré s’occuper des loges seule, il la rejoindrait sans doute plus tard, et s’occupait de récolter quelques témoignages en attendant de voir si elle avait besoin d’aide ou non. Mais son jeu d’automate défaillait doucement. Il répondit d’une voix évasive et sombre :


- Nous avons eu un différent… Je pense qu’elle s’en sortira très bien sans moi.


Etait-il stupide ? Se reprocha-t-il la seconde qui suivi. Il ne pouvait pas laisser entendre au public que des querelles internes semaient le trouble entre les membres de la Gazette ! Mais, au fond, il n’avait aucune envie de protéger Liliana en cet instant. Elle avait rompu le lien fragile qui l’unissait à son frère pour cette soirée et il ne le lui pardonnait pas. De plus, Samuel se retrouvait seul avec Lorelei et cette union ne lui inspirait vraiment rien de bon. Cette petite salope était bien capable de le séduire avec ses pouvoirs pour se venger de lui. Diantre ! Ses pensées se chargeaient de vulgarité ! Ce festival ne lui était décidément pas très bénéfique. La confusion ambiante et la douce étourderie de l’alcool révélait une personnalité plus instinctive. Mais Adam n’avait bien heureusement rien remarqué. Il ne le regardait même plus. Cependant, il restait près de lui, aussi seul et abandonné que lui. C’était une aubaine. Ou plutôt, l’occasion eut été belle s’il avait pu l’intéresser. Hélas, malgré le regard amical qu’il lui adressa en se retournant vers lui, Lenny sentait bien qu’il s’efforçait de paraître aimable en attendant l’apparition de Vanloock ou de Neil. Sa gratitude à moitié feinte lui arracha tout de même un début de sourire. Pour une fois, son initiative n’avait pas été mauvaise, il avait bien fait de s’immiscer dans le groupe des Serdaigle sans y être invité. Bien décidé à tout faire pour maintenir cette discussion, le Serpentard répondit à son tour sur le ton de la plaisanterie :


- De rien, je sais ce que c’est… Je viens moi-même de me débarrasser de deux plaies de Serpentard… Ce concert les rend encore plus insupportable qu’à l’ordinaire. On leur dit que l’événement est important, et elles font tout et n’importe quoi pour provoquer des scènes idiotes… D’ailleurs, je crains un peu pour mon frère qui est resté avec l’une d’entre elle, cette peste de semi-vélane…


L’humour feint de sa répartie s’était quelque peu crispé sur la dernière phrase. Il entrevoyait déjà les pires scénarios, imaginait son frère envouté, n’ayant plus d’yeux que pour cette mégère. Elle était bien capable de lui faire des avances affreusement déplacées. Et que faisait-il encore ici ? N’était-il pas de son devoir de le libérer des griffes de cette pécheresse ? Il ne savait plus. Il se sentait complètement désemparé et porta en guise de renoncement son verre à ses lèvres… Mais il était vide.


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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Jeu 9 Déc - 16:32:23

[HJ : ce n'est pas l'endroit que tu m'avais autorisé, c'est bon quand même ?]



Lorelei s'était assise au plus près de Samuel, aussi collée à lui que si elle risquait de tomber dans le vide ; il sentait son corps pressé contre le sien, et, malgré l'humeur noire qui lui faisait mépriser le monde entier, il eut envie, soudain, de profiter de la situation... Il n'en fit rien, cependant ; pas tout de suite, ce n'était que partie remise. Pour l'heure, il était encore trop démoralisé pour se jeter sur une fille, même si elle lui faisait ouvertement du gringue. La question, d'ailleurs, était de savoir pourquoi elle lui faisait tout d'un coup du rentre-dedans... Jusqu'alors, elle ne s'était jamais vraiment souciée de son existence ; enfin, si, elle lui parlait et se montrait à peu près amicale, mais elle ne s'était jamais intéressée à lui sous cet angle... Alors ? Qu'avait-il de spécial, soudain, pour qu'elle vienne le draguer ? Était-ce encore une de ces cruelles plaisanteries dont les filles, surtout les Serpentard, surtout la préfète, avaient le secret ?

Elle était d'une beauté éblouissante, et la mauvaise humeur de Samuel ne pouvait pas longtemps rivaliser. Même si ce n'était qu'un simple jeu pour elle, il ne fallait pas laisser passer l'occasion ; pouvoir dire « je suis sorti avec Lorelei Summers », fût-ce en oubliant de préciser que ça n'avait duré qu'un quart d'heure, ça vous classait un garçon à Poudlard. Pas question pour le cadet Pinsker, donc, de laisser passer sa chance... D'autant qu'il n'aurait peut-être plus jamais l'occasion de fréquenter d'aussi près une demi-Vélane.

Toujours troublé par la vue fantastique que Lorelei venait de lui offrir de son décolleté, Samuel se força à sourire, à poser sur la jeune femme un regard un peu moins éteint. Que pouvait bien peser l'humiliation qu'il venait d'encaisser face à la réjouissante situation qui était désormais la sienne – un verre à la main, une fille superbe collée contre lui ? Un peu embarrassé par l'espèce de paralysie qui avait soudain pris possession du bas de son corps, il pivota légèrement, de façon à ne plus se trouver à côté de Lorelei, mais légèrement de trois quarts. De cette façon, il pouvait sans retenue la dévorer des yeux, ce qu'il ne se priva pas de faire. Tant pis pour la retenue. Après tout, c'était elle qui avait commencé, non ? Le sourire de l'adolescent se fit moins forcé lorsqu'il songea à ce que dirait Lenny s'il le surprenait à lorgner ainsi sur la poitrine de sa collègue préfète, et il décida, sans savoir comment s'y prendre, de joindre le sens du toucher à celui de la vue.

Elle lui avait parlé, mais il n'arrivait pas à lui répondre. Peu importait, à la vérité, ce qu'elle avait dit ; elle le fixait d'un regard déterminé, en se mordillant la lèvre inférieure d'une façon qui acheva de paralyser Samuel. Pour essayer de masquer son trouble, il avala une gorgée du breuvage qu'elle lui avait donné, et lança soudain, sans trop savoir ce qu'il disait :

-Tu... tu es magnifique Lorelei.

Ses doigts se desserrèrent, et il lâcha le verre d'alcool qu'il tenait pour venir poser, sans se gêner, sa main sur la cuisse de la jeune fille. Là, au moins, il serait vite fixé ; si elle ne le repoussait pas, il suffirait de poursuivre les manoeuvres d'approche. À condition, bien entendu, de pouvoir bouger ; car depuis que sa paume était entrée en contact avec la cuisse de la préfète, il lui semblait que son corps était définitivement hors de contrôle. Surtout une partie.

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Minerva McGonagall
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MessageSujet: Re: Le grand concert de rock !   Jeu 9 Déc - 21:49:35

Les Botrucs Vulgaires tenaient un discours un peu trop décomplexé sur la guerre qui venait de s'achever. Les fans de la première heure acclamait chaque commentaire provocateur, mais d'autres s'étaient rassemblés en petits groupes et lançaient entre deux murmures des regards pleins de haine au chanteur, un sang-mêlé qui n'aurait pas tant fanfaronné s'il avait connu le sort des nés-moldus, la baguette brisée, le baiser du détraqueur dans le pire des cas. Si les uns étaient heureux de trouver un porte-parole, les autres, à majorité sang-purs, ne lui reconnaissaient aucune légitimité. Les huées qui fusaient parfois au fond du public étaient cependant contrée par des moqueries acerbes qui, en invitant les rires, enfonçait douloureusement l'image des sorciers conservateurs. McGonagall voyait ces démonstrations inutiles d'un très mauvais œil. Malheureusement, le choix des groupes avait été déterminé par un collectif d'élèves. Il était impossible de satisfaire les goûts de tout le monde. Le plus ennuyeux ne venait d'ailleurs pas des attaques à l'encontre des Sang Pur, qui n'étaient finalement qu'un revers de médaille contre lequel les principaux visés auraient bien du mal à se défendre. Non, les Botrucs Vulgaires avaient oser frapper plus loin. Ils affirmaient que le secret magique devait être aboli, qu'il était temps que la séparation des deux mondes ne soit plus qu'un lointain souvenir. A quand l'alliance de la technologie et de la magie ? Et les échoppes sorcières en plein Londres ? Ils rêvaient. Et cette utopie risquait de ne pas plaire à aux gobelins et autres créatures magiques qui voyaient leur existence menacée par l'avancée égoïste de l'humanité. Le groupe des Gobelins Déchainés devaient assurer la dernière partie, et la directrice de Poudlard redoutait un soulèvement dans les loges. Les musiciens ne bénéficiaient pas d'agents de sécurités particulier. C'était sans doute une erreur...

En attendant, le public ne se souciait de rien. Les Botrucs Vulgaires jouaient le titre qui avait fait leur succès et le refrain était repris en cœur par ceux qui ne se jetaient pas à corps perdu sur leurs camarades avant d'être envoyés dans le décors. Cette dernière chanson n'avait bien heureusement aucune résonance politique, elle s'intitulait « Une cuite à la bièraubeurre » et raillait gentiment les sorties à Pré-au-Lard.


« Le whisky pur feu, c'est bon pour les vieux !
Si on a pas le droit à l'hydromel,
aux Trois balais la vie reste belle
Viens on va s'faire un concours de boisson
10 à 12 packs, c'est ce qu'il nous faut !
Ce sera au premier qui se roulera par terre,
Même les gosses ont droit à la bière !

Une cuite à la bièraubeurre
Pour se mettre de bonne humeur !
Une cuite à la bièraubeurre
Laissez place aux gros buveurs ! »


Une acclamation mitigée accompagna les Botrucs Vulgaires jusqu'à leur sortie de scène et le backliner apparut pour débarrasser la scène des instruments du groupe d'un coup de baguette magique. Le décor resta vide un moment, laissant le temps au public de se remettre de ses émotions. L'euphorie retomba peu à peu et une atmosphère d'attente s'instilla. Alors, le backliner revint sur scène et agita sa baguette. Une basse rouge sang rutilante, une guitare métallique, une seconde noire et une batterie particulièrement imposante apparurent dans un écran de fumée noire qui s'agrandit pour emplir toute la scène avant de s'évaporer lentement. Et là, entre deux volutes de fumée, les Mystic Sombrals apparurent, les instruments déjà en main. Des hurlements s'extirpèrent des premiers rangs et à la première note de basse, tout le public fut contaminé. Les quatre hommes vêtus de cuir, de latex et de capes noires, les yeux bardés de far rouge et noir, regardaient par delà les têtes des élèves agglutinés. Le bassiste, un rouge pétant aux lèvres, tanguait légèrement sur place mais ses doigts, par miracle, semblaient sûrs sur les cordes de sa basse. Heureusement, les trois autres semblaient tenir fermement sur leurs jambes, certainement grâce à l'étrange potion verte qu'ils avaient snifé avant d'entrer sur scène. Seul Gabriel, le clavier, portait une chemise à col dur sanguine et un par dessus de velours où s'animaient des broderies finement cousues, des hyppogriffes aux becs et aux crocs acérés. Les autres étaient plus provocateurs dans leur costume comme dans leur maintient. Chad, d'ailleurs, commença à se mouvoir langoureusement, à la manière d'un serpent au premier mot du morceau qui résonnait déjà sous l'impulsion d'une grosse caisse grondante. Il s'agissait de leur premier tube, le plus connus et le plus chanté de tous : Strangulation. La violence de leur musique s'extirpait d'eux comme s'il ne s'agissait de rien de moins que d'une extension de leur corps, le souffle d'une aura obscure et sexuelle qui finit d'enivrer le jeune public, avide de charnel, témoin des doutes et du chaos qui régnait en maîtres dans leur vie et que la musique retranscrivait à merveille.



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